Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Je ne sais pas comment l'exprimer, aujourd'hui a été une journée assez difficile. Je doit admettre que je suis en train... non, je revis les prémisses d'une période sombre de mon existence. Je doit serrer les dents comme je ne l'avais rarement fait ces derniers temps. Bref, je le crains, je revis ma dépression. Écrire le mot me fait mal, pourtant c'est ce que je ressent. Je ne savait pas si ça pourrais être autre chose, le blues d'une hiver peu lumineux et trop froid, une lassitude envers mon travail, un dégoût prononcé sur ce qu'il se passe au Québec, en cette période électorale... il me faut me rendre à l'évidence, les voyants lumineux sont rouges.
Je ne sais pas si plusieurs d'entre vous ont vécu la même chose, mais peut-être en vous en avez une idée ce dont il est question. Ce que je ressent, c'est un grand sentiment d'échec, à plusieurs niveaux. Les pensées sombres, noires comme vous ne souhaiteriez pas ressentir, surtout lorsque vous devez démontrer le meilleur de vous même, à vos collègues et vos amis. Pour donner une petite idée, sans le vouloir, vous êtes à composer une lettre de suicide, pendant que vous discutez avec un client sur les modalités d'une commande spéciale... je n'ose pas écrire davantage, la mâchoire me fait mal, à force de se crisper...
J'écris cela en craignant le côté exhibitionniste de l'activité du blogue, mais je ne pouvais plus dissimuler plus longtemps à moi-même et à mes proches ce que je suis en train de revivre. D'autant plus que je ne souhaite pas revenir à la période de la médication, intensive. De l'effexor, à coup de 300mg par jour. Plus de deux ans à prendre des maudites pilules, prendre un surplus de poids de 25 livres, perdre sa libido, sa concentration, ses émotions, sa mémoire... je ne souhaite pas à personne de vivre ça, c'est un trop long chemin vers une guérison qui, je le crains, s'avère fragile. Pour vous donner une idée, on m'a déjà dit la chose suivante, quelques mois après ma rémission: "Tu sais que dans ce temps-là, on t'a trouvé bizarre, des fois?".
Je dévoile beaucoup, ce soir... la pensée qui me reviens en écrivant ceci, c'est que je me montre vulnérable et faible, mes adversaires vont se réjouir, c'est aussi bête que cela. Je m'en fout, je sais comment nous sommes tous susceptibles de vivre une période dépressive, ça touche autant les yuppies que les prolétaires. Bien malin celui qui se crois au-dessus de ces problèmes. J'en ai voulu longtemps à ceux qui ont toujours une très forte assurance, les "gagnants", les "dynamiques", les "peoples"... jusqu'à ce que j'apprenne comment ceux-là en jettent de la poudre aux yeux, surtout à eux-mêmes. Dans le genre, ce sont les pires. Comme on se le disait, lors de notre conflit de travail chez Renaud-Bray en 2005, un rare avantage de notre classe d'exploités est de tomber de moins haut, lorsque l'adversité nous frappe. Les arrogants de ce monde vivent aussi mal leurs travers et dissimulent leurs angoisses de ne plus être à la mesure de ce qu'ils apparaissent. Une chanson de Plume Latraverse le rappelle bien:
Le Feu D'la Rampe
Ça, c'tait un type qui avait vraiment tout pour être heureux
Son seul bad trip, c'est qu'y pouvait pas faire mieux
Plein d'argent pis pleins d'relations
Qu'est-ce que tu veux d'mieux...pour être heureux?
C'était toujours ben bourré d'monde autour de lui
Toujours pleins d'flashes pour couleurer son ennui
Les filles, les voyages, les bateaux
Qui flottent quand l'champagne coule à flots
Vraiment y avait... tout ce qu'il voulait
Sa présence suscitait partout l'admiration
L'ambulance partait à seule mention de son nom
C'est pour ça qu'moé, j'ai rien compris
Le lundi soir où j'ai appris
Qu'y s'était mis l'feu d'la rampe
En plein dans tempe
Pax !
Elle est dédiée au petit "faiseux" qui m'espionne pour mon bon patron...
Et la suite? Je travaille beaucoup, je ne sais pas trop par où commencer. Je me rappelle très bien comment c'était, la première fois, en août 2003. J'avais éclaté en public, je ne vous raconte pas. Puis ça été les attentes pour de l'aide. Celles-ci sont venues, mais je crois que je n'ai pas appliqué tout le programme, pour m'être rapproché aussi dangereusement et rapidement de cette impasse. Cette fois, je vais essayer de m'en tirer par moi-même, selon ce qu'on m'avait suggéré en thérapie. Rompre avec mes habitudes, avec les habitudes de pensée, les "schémas" qui nous emprisonnent dans une carapace qui devient lourde et inefficace. Je ne peut me permettre de revivre ce que j'ai vécu entre 2003 et 2005, des années perdues à jamais, sans être capable de continuer mes études.
Voilà, je voulais vous faire part de ce qui me touchait plus personnellement. Je sais que mes proches me lisent et l'apprennent ainsi, il faut dire que c'est la première fois ce soir que j'affronte directement le retour de mes malaises intimes. Aussi bien que ça se fasse dans un minimum de formalité, c'est ce que peut m'offrir mon blogue. Ah oui... le blogue est d'ailleurs très conseillé, dans la démarche de rémission, on me l'avait déjà proposé en 2005.

Je vais m'en sortir...
Publié par oktobre7 à 05:03:27 dans Le libraire inconnu | Commentaires (9) | Permaliens