Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
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Je suis arrivé à cet extrait du roman « Samedi » de Ian McEwan, tout à l'heure dans l'autobus qui me ramenait chez moi. C'est ma lecture actuelle.
J'ai relu le passage deux fois, tant je ne pouvait être qu'interloqué. C'est justement ce que je trouve incompatible avec mes convictions. L'illustration de cette résignation érigée en dogme, devant laquelle nous devons nous plier. N'est-ce pas ce que nous raconte la Presse et, quand il ne nous rabat pas la tête avec la déchéance de Britney Spear, le Journal de Quebecor? Alain Dubuc ou Nathalie Elgraby. Mieux encore, adopter la vision du self-made man, le grand héros de l'Amérique d'avant le krash de 1929. Écraser les autres, ne pense qu'à toi-même. Comme l'écrivait Ayn Rand, la pseudo-philosophe des libertariens, le salut de l'humanité viendra lorsque chacun ne s'occupera que de soi même et prendra comme modèle son personnage John Galt, le grand riche et égoïste que tant d'Américains se sont inspirés... elle appelait ça l'objectivisme. Pour elle, l'altruisme était chez l'individu qui en faisait preuve un signe de sa dégénérescence...
Une demi-heure auparavant, je descendais les escaliers roulant de la station Sauvé, de la ligne orange. En bas m'attendais une petite fille, 7 ou 8 ans, avec un petit récipient carré. Sa mère était là, tout près, assise au sol, adossée contre le mur à ma gauche, un enfant plus jeune au bras. J'ai donné ce que j'ai pu en passant, je ne voulait pas m'attarder plus longtemps, j'ai dû hocher la tête, pour me maudire de ma lâcheté, de ne pas rester davantage, de ne pas chercher à aider, de mon incapacité à en faire plus pour mon prochain. Je me disais que dans le monde réel du modèle de société idéalisé par les Dubuc et Elgraby, il y aurait eu trois ou quatre petites filles en bas des escaliers de la station Sauvé, peut-être de plusieurs autres stations du métro, avec leurs mères et les plus petits autour d'eux.

Rien que pour être dans une ambiance propice, j'avais le dernier album de Napalm Death dans mon discman. Cette chanson jouait, un peu avant que je prenne le métro. En voici les paroles:
Persona non grata
Trodden down like shit underfootUn dur retour chez soi, en somme.
Publié par oktobre7 à 03:05:26 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens