Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

Néophyte dans le monde du blogue, ou encore volontairement inconscient des risques encourus en écrivant ses opinions, j'ai eu une surprise un peu désagréable jeudi dernier. Vous avez lu, dans quelques autres textes précédents, mes critiques envers mon employeur. Je ne suis pas le premier qui les exprime ouvertement, d'ailleurs on rapporte souvent le cas d'employés virés pour avoir écrit leurs opinions envers leur patron sur leur blogue. Par exemple :
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/07/18/404-petite-anglaise-viree-pour-son-blog
http://www.lelezard.com/actu/2297/congedie-pour-avoir-blogue-sur-son-patron.html
La Presse en avait fait un article en janvier 2006, je l'ai retrouvé : http://www.cyberpresse.ca/article/20060117/CPACTUEL/601170525/1015/CPACTUEL
Dans l'article, on a fait mention du côté « soupe au lait » des patrons envers l'exercice bloguiste de leurs employés à leur égard. Tellement soucieux de leur sacro-sainte image de gens éclairés, né pour être des leaders et la propagande habituelle, ils détestent donc lire des insanités des plébéiens blogueurs, sans s'interroger sur les motifs de l'existence de ces blogues. Il se trouve que le ou les miens sont également de ce type.
Mon scoop était donc le suivant : j'ai appris jeudi que mon blogue est surveillé. Mon bon patron connaît, ou a une bonne idée de la personne qui a écrit sur lui dans ce blogue. Il y a donc une personne payée pour lire mes articles...à moins qu'il le fasse lui-même?

Alors que l'entreprise traverse encore une mauvaise passe, un déficit de plusieurs millions de dollars, alors qu'on annonce la fermeture d'une autre succursale et la réduction des heures travaillées, alors que la déprime est généralisée chez les employé(e)s et que la direction navigue à vue d'œil et ne sait plus où donner de la tête...j'apprend qu'on me surveille! On m'a transmis que Renaud-Bray n'hésiterais pas à me poursuivre, afin de me faire taire, si je vais trop loin à son goût...C'est trop fort! Peut-être que je suis un petit naïf, je croyais l'entreprise préoccupée par les problèmes exposés précédemment. Mais non. L'image est plus importante, alors le petit employé de succursale qui ose faire du lèse-majesté, on mobilise de l'énergie afin de le contrer...
Enfin, ce n'est pas honnête de ma part de poser ainsi, en David contre Goliath. Un genre de David pas certain de bien tirer avec sa fronde. J'ai appris, il y a quelques semaines, qu'un de mes articles a été lu par un employé d'une succursale de Québec, il a appris par ce biais la décision des coupures d'heures. Notre bon patron n'avait pas jugé bon de prévenir toutes les succursales. La commotion a été telle que la tension a monté d'un cran entre les employés et le directeur de l'endroit, celui-ci étant du même bois des flagorneurs d'entreprise, tellement peu sûr de lui qu'il a décidé de se faire dictateur, une tactique éprouvée pour maintenir l'ordre et l'obéissance. Je ne nie pas le problème que peut causer la divulgation d'information d'entreprise sur ce blogue, mais celle-ci est connue de tout le monde. Est-ce donc de ma faute si mon bon patron ne fait pas circuler l'information dans son entreprise, laissant aux employés le soin de la colporter...avec les résultats aussi peu réjouissants que ceux-ci?
Je reconnais avoir une part de responsabilité dans cette situation. Si mes mots ont pu induire les gens en erreur, je n'ai pas agi dans ce but. Ce que j'écris, c'est en toute bonne foi et conviction. Je crois aussi à la liberté d'expression, qui est au-dessus du pouvoir des entreprises à faire régner l'omerta sur leurs employés. La loyauté à l'entreprise n'est pas synonyme de féodalité, nous n'avons pas à subir les représailles de patrons agissant à l'encontre des droits démocratiques reconnus par la Constitution. Si j'ai une mauvaise opinion de Renaud-Bray, j'ai le droit reconnu de la partager sur ce blogue. C'est mon employeur jusqu'à maintenant et mon désir est qu'il change de façon de faire, qu'il fasse davantage confiance en ses gens dans les succursales, plutôt que la catégorie de « faiseux » peu compétents entourant notre bon patron, dont les décisions et la façon de travailler nous affligent, tant elles sont trop souvent ineptes. Je ne souhaite pas que Renaud-Bray fasse faillite, ça serait un drame pour la diffusion de la littérature québécoise et la culture en général, même si mon opinion est plutôt mitigée dans sa façon de faire, avec la stratégie des "Coups de Coeur". Sans aucun doute, la suite d'une faillite serait le rachat de l'entreprise, évidemment par un concurrent beaucoup plus gros, du type Chapters-Indigo, Quebecor ou même Barnes and Noble, devant lequel les employés auront encore moins de pouvoir et de droits. Et la porte serait toute indiquée, pour la suite de ma petite carrière de libraire...
Je vous invite à visiter le site suivant : http://taisez-vous.org/
C'est un regroupement de citoyens actifs pour la défense de la liberté de parole, devant le pouvoir inquiétant des entreprises à utiliser les tribunaux pour démolir les groupes de pression et les mouvements sociaux. La tactique est simple, l'entreprise poursuit pour un montant incommensurable une groupe d'opposants, de façon à pousser à les pousser à la ruine, par les frais juridique. C'est un bon moyen pour réduire à merci les manants et autre contesttataires de basse naissance avec trop de droits, au goût des Michel Kelly-Gagnon et autre Alain Dubuc de ce pays.
Andy Srougi avait accumulé des preuves flagrantes que l'aide dont il a besoin n'est pas d'un avocat, mais bien d'une douche à l'eau froide et d'un psychiatre. Oups, vais-je être poursuivi?... Enfin, il existe une littérature à découvrir, celle du masculinisme, une idéologie née de la fusion entre la mysoginie et la nostalgie du patriarcat tout-puissant, d'avant la libération de la femme et l'avènement de son égalité en droit avec l'homme. À partir de ce lien, vous devriez avoir accès à leur prose et d'autres sites de ce genre de rétrograde se réclamant d'un autre âge... http://www.papataime.com/
La satisfaction de cette nouvelle est la possibilité que le magazine de gauche À Babord! puisse se tirer d'une fâcheuse poursuite de la part de ce Srougi. En effet, le réactionnaire a intenté une poursuite contre le journal et la chroniqueuse Barbara Legault. Cette dernière a signé un article intitulé « Des hommes contre le féminisme », où est cité Andy Srougi et ses actions. Le Srougi les a poursuivi pour diffamation, pour un montant de 20 000$ en dommages moraux et 4 000$ en dommages exemplaires. La tactique était délibéré, Father-4-Justice avait l'intention de poursuivre tous ses opposants déclarés, afin de les réduire au silence. La poursuite avait pour but de détruire le magazine, perçu comme un organe de « féministes radicales ». Comme le précisait Srougi en décembre 2006 :«Le conseil d'administration de F4J a décidé d'entreprendre des poursuites contre tout organisme ou tout individu qui tente de diffamer F4J, a annoncé M. Srougi, au cours d'un entretien avec La Presse, hier. On a maintenant un avocat salarié dans nos rangs. D'autres personnes citées par À bâbord! vont poursuivre cette revue. En 2007, vous allez voir beaucoup, beaucoup de poursuites, surtout contre les groupes féministes radicaux.»LaPresse,7décembre2006. http://www.cyberpresse.ca/article/20061207/CPACTUALITES/612070766/1060/CPACTUEL
Publié par oktobre7 à 04:44:32 dans Le libraire inconnu | Commentaires (1) | Permaliens