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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Serai-je candidat aux prochaines élections? | 17 février 2007

Le dilemme de ce matin : vais-je me représenter ou non aux prochaines élections? Avouez que ce n'est pas le même choix entre les œufs miroirs et les œufs brouillés.

 

Hier soir, j'ai reçu un appel de Bernard, un camarade de Québec Solidaire. Il était tard et je m'apprêtais à visionner « La constance du jardinier ». Bernard est l'ami qui ne m'appellerais pas pour rien, surtout à 21h30. J'aurai dû m'en douter, c'était pour me demander un service, le même qu'en 2003, du temps de l'UFP :

-Ça te tentes-tu de te présenter pour Québec Solidaire?

 

La question à 100 francs. Je me suis présenté pour l'UFP, dans un comté autre que le mien, un comté du nord de l'Île de Montréal, ayant voté très majoritairement pour le Parti libéral à tous les élections, peu importe les circonstances et les années. L'expression habituelle, pour qualifier le comté (je le nomme pas, pour me garder un semblant d'anonymat sur mon blogue), c'est la suivante :

 

-Ici, tu places une boucle rouge à un cochon et il va se faire élire.

 

Ça en dit long sur ce comté. Aucune chance de faire élire autrement qu'un candidat du PLQ, peu importe si c'est un gros dégueulasse crapuleux et corrompu, genre Béranger Lessard du temps de Vision Montréal. Heureusement, le député actuel de l'endroit, tout libéral qu'il est, n'est pas le pire des politicailleurs, il est même plutôt sympa. Je l'ai rencontré à mon ancienne succursale Renaud-Bray, comme client. Il avait du goût dans ses lectures et comme personne, je dois admettre qu'il a ce qu'il faut pour se faire élire ailleurs que dans ce comté archi-sûr pour le PLQ. Quand on se fait élire avec près des trois quarts des voix, c'est un peu gênant pour l'élu. Et ses qualités personnelles, qu'est-ce qu'on en fait?

 

Mon score, dans ce comté, a été à l'image de la campagne de l'UFP : un gros 1%. Trois cent et quelques voix, pour un gars habitant le quartier Rosemont, avec un programme de gauche et indépendantiste, dans un coin du nord-ouest de Montréal. Je me suis classé 4e sur les six candidats, tout de même! J'ai battu le candidat du Parti marxiste-léniniste du Québec et, mieux encore, le candidat du Parti Égalité/Equality Party, le parti des anglos fâchés. D'ailleurs, ce dernier monsieur ne parlait pas un mot de français, un vrai anglophone d'ancien régime. Il avait pourtant fait un semblant de campagne...

 

Maintenant, le dilemme. Se présenter dans un comté, surtout celui-là, assez loin de mon domicile, ce n'est pas évident pour s'y rendre, quand on est un piéton. J'ai ma maîtrise à terminer, voyez-vous. Il faut que je fasse un travail considérable, soit recueillir 100 signatures valides d'électeurs du comté. Ça constitue une charge, je me rappelle comment ce n'était pas l'évidence même. En fait, il faut solliciter au moins 125 signatures, pour être certain de son coup. Plusieurs électeurs ont le don de ne pas changer leur adresse, ou ne sont pas inscrits sur la liste électorale du DGQ. C'est pourquoi j'avais fait du porte-à-porte auprès des propriétaires des maisons unifamiliales, pour être certain de la validité de mes signatures recueillies. Ça prend quelques soirées, pour remplir cette obligation. Je me rappelle que ce n'était pas si pénible. C'est certain que certain type m'ont refusé de signer, car ils étaient opposés à ce qu'un candidat comme moi se présente, le gars à gauche et blablabla les maudits jeunes-sur-le-BS-faudrait-une-dictature-pour-nettoyer-la-racaille... On m'a demandé notamment si j'étais un « séparatiste », vous voyez le genre, avant de me claquer la porte au nez. Mais en général, j'ai eu de très agréables surprises. Je me souviens d'avoir sonné à la porte d'une grosse piaule cossue, le monsieur qui me répond avait l'air du libéral typique, toujours en cravate même à table pour souper, chez lui... il avait souri, puis il a signé ma feuille, en me félicitant de mon engagement. « C'est beau, le jeune, bonne chance dans tes démarches! » en accompagnant le geste avec quelques tapes à mon épaule. Inutile de dire comment la soirée passe vite, avec un si bel encouragement. J'avais aussi remarqué comment des personnes seules avaient le besoin de parler, quand je me présentait chez elles pour leur demander leur signature...

 

J'écris là-dessus, ça me démange d'appeler Bernard pour lui dire que ça me tente en maudit. Comme ma candidature est du type « de visibilité », je n'ai pas à faire une campagne active, peut-être placer quelques affiches et c'est tout. Du reste, c'est rendre service à mon parti et aux possibles électeurs de Québec Solidaire dans ce comté, les trois cent et quelques et peut-être plus. C'est le porte-à-porte pour les signatures, la rencontre avec le DGQ du comté, puis c'est tout. On attend ensuite les résultats le soir des élections, avec les camarades du Parti. Vais-je faire « mieux » que la dernière fois, avec Québec Solidaire, un parti mieux connu que l'UFP en 2003?

 

Ça va peut-être me faire renouer mes cravates et porte mes chemises blanches repassées... c'est comme ça que j'avais fait mon tour dans ce comté... on va laisser faire le look punk-metal pour quelques soirs et je vais m'attacher les cheveux.

 

Ça augure pour une candidature « Oktobre pour député de... ».

 

Nick Cave

 

 

Au moment d'écrire ce texte, je me suis mis le cd «No more shall we part » de Nick cave and the Bad Seeds, au lieu d'écouter Lucide Bouchard nous raconter ses vingt ans à Radio-Canada, à la suite de l'émission de Le Bigot. Quel album! Si vous voulez entendre le meilleur crooner, loin des platitudes fifties-sixties des clones de Frank Sinatra et de Dean Martin, il faut se procurer cet album, un incontournable. Je suis allé le voir en spectacle, lors de la tournée de cet album. J'en suis encore marqué.

 

Je laisse les paroles de la chanson « The sorrowful wife », celle que j'écoute présentement.

 

                                                         

Nick Cave And The Bad Seeds - The Sorrowful Wife Lyrics

I married my wife on the day of the eclipse
Our friends awarded her courage with gifts
Now as the nights grow longer and the season shifts
I look to my sorrowful wife

Who is quietly tending her flowers
Who is quietly tending her .....

The water is high on the beckoning river
I made her a promise I could not deliver
And the cry of the birds sends a terrible shiver
Through me and my sorrowful wife
Who is shifting the furniture around
Who is shifting the furniture around

Now we sit beneath the knotted Yew
And the bluebells bob around our shoes
The task of remembering the telltale clues
Goes to my lovely, my sorrowful wife
Who is counting the days on her fingers

Who is counting the days on her .....
Come on and help me babe
Come on now
Help me babe
I was blind
The grass here grows long and high
Twists right up to the sky
White clouds roll on by
Come on now and help me babe
I was blind
I was a fool babe
I was blind
Come on now
A loose wind last night blew down
Black trees bent to the ground
Their blossoms made such a sound
That I could not hear myself think babe
Come on now
And help me babe
Help me now

I was blind
I was a fool

Publié par oktobre7 à 18:21:55 dans Le subversif | Commentaires (0) |