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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Mailloux, Arthur, Fillion, Proulx... | 26 janvier 2007

Ce soir, nous avons appris la nouvelle que nous attendions: Pierre "le doc" Mailloux a été suspendu par le collège des médecin. Pas trop tôt. Un petit démagogue comme lui, toujours à pérorer envers la "race", ses auditeurs auxquels il voue un profond mépris, a reçu la claque amplement méritée par ses pairs. Bien fait pour sa gueule.


                                                      


Les Mailloux de la radio, je ne les supporte très mal. Quand je vivais dans la région de Québec, c'était le supplice Arthur/Fillion, lorsqu'il fallait entrer dans un commerce. Au garage, c'était André Arthur et ses positions de beauf' anarchiste et réactionnaire. Fillion, c'était dans les commerces "jeunes", on en déjà assez parlé ailleurs. Des "Shock jocks". des types auto-proclamés les "proclamateurs de vérité". Comme le disais Arthur à presque toutes ses émissions: "Ici, on va parler et on va dire les VRAIS affaires"... À Montréal, c'est le bouffon à Gilles Proulx, dans le même créneau des deux autres illuminés.


Jeff Fillion à Tout le Monde en Parle     


On n'écrira jamais assez, sur le type de danger que font courir les démagogues de la radio. Pour eux, les institutions démocratiques, les gens qui s'impliquent, les droits reconnus, tous devraient se plier à la seule autorité reconnue par eux, la loi du libre marché. Haineux jusqu'au bout des doigts envers les possibilités à intervenir sur le destin humain soumis aux caprices du capitalisme et des plus riches, ces sales types ont mérité amplement de leurs déboires. Nous en avons soupé de leurs diatribes. Liberté d'opinion,oui, mais à la limite où la liberté des autres risque d'en souffrir. Fillion l'a appris amèrement, Arthur aussi, n'oublions pas que ce type a perdu la plupart de ses causes en cours et s'il n'était de son emploi de député, il était au bout de ses ressources. C'était au tour de Mailloux à déguster. Tant mieux pour nous tous.

Publié par oktobre7 à 04:33:55 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) |

Encore une réplique à ma critique! | 25 janvier 2007

Le 23 janvier, j'avais présenté dans ce blogue les deux répliques à ma critique du consternant navet qu'est "L'illusion tranquille", laissé sur le site http://www.cinemamontreal.com/fr... je ne pensais pas avoir encore des blâmes de la part des fans de ce film. D'après ce que j'ai observé, tous ceux ayany laissé une critique négative pour ce film ont obtenus des répliques. Le dernier dans mon cas, d'une dame Houde, va plus loin et m'accuse de nier la "vérité". C'est assez déconcertant:


A oktobre7@... La chose la plus importante a retenir de l'Illusion Tranquille, est que LE QUEBEC EST UNE PROVINCE PAUVRE! Même si l'on retient rien d'autre, cette declaration est super importante pour definir le futur du Quebec. Ce que je trouve incroyable, c'est que chacun des separatistes a qui je parle, croit que le Quebec est riche a craquer et une des provinces les plus riche du Canada. Je sais le contraire depuis 20 ans... comment se fait t'il qu'autant de personnes ne sont pas au courant. Les politiciens cachent cette verite, pourquoi? Alors les temoignages du film devraient nous porter a constater, reflechir et a agir. Croyez moi, ce n'est pas la France qui viendrait a notre secours suite a l'independence du Quebec. En effet, on devrait envoyer une copie du film a Segolene Royal qui veut acceder au poste de Presidente de la republique francaise, pour qu'elle soit au courant des chiffres avant de faire des declarations sur la souverainte comme elle l'a fait recemment suite la visite de Boisclair a Paris. En descendant le film cher oktobre, vous enlevez probablement la chance pour que certains Quebecois qui ne sont pas claires sur la pitre situation financiere de notre province, connaissent la verite en ignorant le film. J'ai aussi ete amusee avec Borat mais je n'ai rien appris... votre 1/10 va priver des gens de faits importants qui pourraient faire une grande difference dans le Quebec de demain suite a un referendum.


22.1.2007 - reneehoude@ - âge: 50+


Bien sûr, je n'ai pas laissé passer cette occasion d'en rajouter sur ce film:


Madame Houde, ce film mérite amplement son 1/10, du fait de la malhonnêteté intellectuelle qui s'en dégage, de son caractère purement progagandiste et surtout de sa prétention à contenir la seule vérité. Les réalisateurs de ce mauvais pamphlet ne cherchent pas à vouloir engager le débat, en prétendant à promouvoir une "vérité révélée", ils excluent toute réfutation, comme les sectes religieuses. De plus, les réalisateurs prétendent que les gens sont bernés en permanence, comme si tout le monde au Québec ignore ce qu'il se passent ailleurs. C'est une insulte à l'intelligence. Partout en Occident, nous retrouvons le même débat sur les finances publiques et la présence de l'État. Nous avons au Québec tous les moyens d'informations pour faire soi-même son avis. Ce film n'apportent rien rien de plus qu'un exutoire aux néo-libéraux contre leurs adversaires. Je persiste: il vaut un 1/10, même un zéro si c'était possible, car la technique est nulle.


Voilà, ma critique va empêcher le Québec d'avancer... je devrais me sentir mal! Ne soyez pas surpris d'entendre prochainement que la gauche américaine est responsable des attentats du 11 septembre, comme "L'illusion tranquille" dénonce la gauche québécoise (partis, syndicats, mouvements sociaux) comme responsables de tous les maux. Le drôle d'oiseau qui nous a pondu un truc pareil s'appelle Dinesh D'Souza, un ancien conseiller de Ronald Reagan... comme quoi chaque pays contient ses freaks de l'extrême-droite néo-libérale, pour nous relancer avec des inepties, en forme de films ou de livres...


 







The Enemy At Home: The Cultural Left and Its Responsibility for 9/11

Sans doute, quand ce livre sera disponible au Québec, je vais m'amuser à le lire...

Publié par oktobre7 à 13:21:46 dans Le subversif | Commentaires (0) |

La vague Emo | 24 janvier 2007

Avez-vous remarqué ce petit détail, dans l'épisode des "Invincibles" de lundi dernier? Le personnage de Rémi, en manque de fric pour l'enregistrement de son album, doit vendre une de ses guitares à un type. Le gars, pas mal plus jeune que lui, paie la guitare sans d'autre façon et s'en va. Rémi s'exclame pour lui-même, une fois le type parti, "criss d'Emo".


Un Emo, qu'ossé ça?


La première fois que j'ai entendu parler du truc emo, c'est sur Ebay. J'achète souvent des machins comme des patches ou des macarons. Souvent, à la suite du mot "punk", suit immédiatement le mot "emo". Je me suis demandé ce à quoi ce mot réfère, j'ai fait appel à Google, pour avoir une meilleure idée. La recherche n'a pas été très concluante, sauf sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Emo


C'est de la troisième vague dont il est question aujourd'hui. Lorsque ce courant du punk hardcore, dont mon premier groupe à la fin des années 80 était issu (Morbid Reality, 1988-90), il a fallu qu'on récupère le genre pour créer une mode de toute pièce, à partir de plusieurs genre (punk, goth, metal). La mode Emo était née.


Ça donne comme type de look quelque chose s'approchant de ceci:


 


Plus communément, lorsque vous rencontrez un Emo, il ressemblera à ça:


       


Règle générale, rarement vous verrez un type au-dessus de 25 ans avec un look pareil. Il faut être mince (les bédaines de bière, on oublie ça), tellement qu'il peut être possible de porter des jeans de filles. Il faut avoir l'air angélique, quasi efféminé, d'où l'âge très bas. Comme le souligne l'article de Wikipedia:


Au fur et à mesure que la popularité de la musique s'est accrue, l'emo est devenu de plus en plus un objet de dérision, en particulier certaines modes et attitudes associées à l'emo, et des stéréotypes ont surgi qui ont facilité les critiques et en ont fait une cible facile.


Dans les premières années de la « troisième vague », la critique était relativement légère, amusée, voire parfois de l'auto-dérision. En septembre 2002, Jason Oda lança l'Emogame, qui se moquait des nombreux stéréotypes emo et des musiciens du genre, mais d'une manière qui pouvait être appréciée également des fans et des détracteurs du genre.


Les années suivantes les moqueries ont augmenté de façon exponentielle. Les fans masculins d'emo ont commencé à recevoir des injures sur leur orientation sexuelle supposée, reflet de la mode propre à la « scène » (notamment l'utilisation d'eyeliner et de maquillage),le port de vêtements plus ajustés, parfois même destinés aux filles, et de l'expression des émotions. Les critiques portaient toutefois d'abord sur l'exagération dramatique des émotions et non pas nécessairement sur les émotions en elles-mêmes.


Ce que l'article ne dit pas, c'est justement le fait que le genre a été inventé de toute pièce pour vendre des fringues. Ça été vrai de la période glam des années 70,  ce l'est également pour cette vague. L'anecdote qui me revient est lorsque je suis passé près de la ligne d'attente pour le spectacle d'Atreyu. Tous les spectateurs se ressemblaient, même les filles! Comme me le racontais mon pote André au boulot, une fois à un spectacle de Dillinger Escape Plan, il croyait qu'un Emo passait toujours près de lui, histoire de se faire remarquer...il a fini par réaliser que ce n'était pas le même gars, mais bien plusieurs!


    


                          Atreyu



                               It Dies Today


Avec notre groupe, c'est devenu un "running gag", surtout lorsque Louis-David, le batteur, nous a présenté un DVD du groupe It Dies Today. En voici un extrait, grâce à YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=JGNIHMR4gv0 Sans doute, les gars on du talent, mais lorsque j'ai vu leur allure, hé bien...ça passe un peu difficilement. Peut-être que je suis vieux jeu, ou conservateur dans mon genre, mais j'aime pas trop l'attitude et le look. Il m'apparaît trop exclusif, comme je l'expliquais plus haut, j'imagine mal un gars de plus de 25 ans ou un gars avec un surplus de poid, avec un look pareil. Musicalement, ça pourrait être intéressant. On est très près du death metal et du hardcore, mais au niveau des paroles, "l'émotion" doit être au premier plan et c'est agaçant lorsque ça intervient dans la musique. On se lasse très vite de ce genre.


Je ne prétend pas que les genres auxquels je m'identifie font preuve de grandes créativités, mais leur principal atout, c'est le côté "home-made". Contrairement à ce genre, la créativité provient des fans eux-mêmes. La mode, le look, la musique ne proviennent pas d'au-dessus, par les labels et les concepteurs, mais bien de "l'underground", la scène. C'est vrai, le punk a souffert du même problème il y a bien des années. Comme le chantait Jello Biafra dans "Chikenshit Conformist", une chanson écrite il y a plus de vingt ans:


Punk's not dead


it just deserves to die


when it becomes another stale cartoon


A close-minded, self-centered social club


ideas don't matter, it's who you know


If the music's gotten boring


it's because of the people


who want everyone to sound the same


Who drive bright people


out of our so-called scene


'til all that's left is just a meaningless fad

Publié par oktobre7 à 14:26:19 dans Le subversif | Commentaires (1) |

Une critique d'un film pourri... et les répliques! | 23 janvier 2007

Habituellement, lorsque je vais voir un film, je vais laisser une appréciation de ce film sur le site suivant: http://www.cinemamontreal.com/fr Le dernier en titre a été "L'illusion tranquille", vous avez déjà une appréciation sur ce blogue, le 15 janvier dernier. Sur ce site, j'ai laissé la note 1/10, la note la plus basse. J'ai laissé cette appréciation plus détaillée, sous le nom oktobre7@:


Huit dollars de perdus, une heure et quart de nausée, voilà le bilan que je tire du visionnement de ce film. C'est quand même fascinant d'entendre des gens parler de "pensée magique", alors qu'ils ne jurent que par le marché libre, leur grand remède à tous nos maux. La production est d'un amateurisme navrant, il serait étonnant de voir une plus large diffusion. De plus, à ce que je sache, on ne doit pas encourager des idées anti-démocratiques, ni ressasser la conception selon laquelle tout le monde se fait berner, sauf les économistes, les seuls détenteurs de leur vérité révélée. Les nostalgiques du dictateur Pinochet vont trouver leur compte. Si vous tenez à perdre votre temps et votre argent, vous pouvez y aller. Mais même pour vous faire une idée, ça ne vaut pas la peine, c'est un pamphlet ridicule et sans nuance!


Il fallait que je m'en doute, j'ai eu droit à des réplique. La première est d'un dénommé Hobbesetcalvin@, de 50 ans et plus:


"on ne doit pas encourager des idées anti-démocratiques"... euh lesquelles, par exemple? Est-ce qu'aller à l'encontre de la pensée unique et exprimer des idées est anti-démocratique?


Je lui ai répondu:


L'idée anti-démocratique sous-entendue dans le film est la suivante: suggérer l'application de politiques néo-libérales sans passer par le processus démocratique, soit élire des députés, soumettre un projet de loi, débattre en commission parlementaire, entendre les différents intervenants, etc. Quel est l'endroit du film où il en est question? Nulle part. Où est la nuance apportée dans le documentaire, pour démontrer la possibilité de débattre des politiques supposées sauver le Québec? Nulle part. Où est l'endroit du documentaire où elles sont soumises à la critique, ces politiques? Nulle part. Que du sous-entendu, des perceptions d'un seul côté de la médaille, des grandes vérités révélées, des solutions toutes prêtes. À part cela, ce n'est pas du documentaire, ce film est de la propagande, un mauvais film de propagande. La prochaine fois que l'IEDM souhaite financer un autre navet de la sorte, qu'il regarde à deux fois, avant d'encourager un amateurisme pareil.


De la part de Redwardh@, j'ai eu droit à une attaque plus directe.  Le monsieur a tellement aimé le film, qu'il considère entièrement vrai, il a cherché à me discréditer:


Vous donnez 8/10 a Borat qui vous eclaire sur le manque de civilite et 2/10 sur un documentaire qui a pour but de vous informer sur l'etat pitoyable du Quebec et vous incite a penser... hmmm! Quel insouciance!


Je lui ai laissé la réplique suivante:


J'ai donné cette note à "Borat", car le film m'a fait bien rire, il a de l'audace, son concept est inédit et les comédiens principaux ont du talent. De votre film-fétiche, c'est un mauvais pamphlet, propagandiste d'idées éculées, abandonnées un peu partout à travers le monde. Je connais amplement le néo-libéralisme pour savoir comment il se limite à la vision de l'économie, érigé en science exacte, et son postulat anti-démocratique. Peu importe d'où provient un documentaire, un écrit, une opinion émise, il faut toujours prendre du recul. Avez-vous pensé un instant que le couple ayant réalisé ce film aurait peut-être tort à un endroit où un autre, ou les autres intervenants, dans leurs explications? Vous devriez être plus critique, au lieu de prendre les idées telles quelles, sans faire preuve d'un peu de nuance. C'est pourquoi j'ai décerné cette note à ce film ridicule.


Voilà, je voulais partager ces quelques petites confrontations virtuelles. À+! Et gardez le sourire!


                                                   


                                              Le rêve néo-libéral...

Publié par oktobre7 à 13:59:50 dans Le subversif | Commentaires (0) |

Histoire de drapeaux | 22 janvier 2007

La fête du fleurdelisé


Le 21 janvier est la journée anniversaire du drapeau du Québec. Comme l'a souligné ce sondage, pas mal moins controversé que ceux de cette semaine dans la convergence médiatique de Quebecor, il est perçu majoritairement comme celui de TOUS les Québécois. C'est clair, non?


                                         

 
Sondage: le fleurdelisé est le drapeau de tous les Québécois
Presse Canadienne
Montréal
À la veille de la Journée du drapeau au Québec, un sondage révèle que le «fleurdelisé» est considéré par une très forte majorité de Québécois comme le drapeau de tous les Québécois, et non comme celui des francophones ou des souverainistes.

L'enquête de «Repère communication», réalisée pour le compte du Mouvement national des Québécois, indique que 76% des Québécois estiment que le drapeau du Québec est celui de tous les Québécois. Cette proportion passe à 84% chez les 25-34 ans et à 78% chez les francophones.

Pour 14 pour cent des Québécois, le fleurdelisé est d'abord et avant tout le drapeau des francophones. Ils sont moins de 8 pour cent à dire qu'il est celui des souverainistes ou des nationalistes.


Par ailleurs, 84% des Québécois sont d'avis que le drapeau est un symbole national important.

C'est le 21 janvier que l'on souligne au Québec le Jour du drapeau, tel que le prévoit un décret de 1999 du gouvernement du Québec. Il s'agit en fait de l'anniversaire de l'adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel, il y a 59 ans, par le gouvernement de Maurice Duplessis.

Le sondage a été effectué entre le 6 et le 10 décembre 2006 auprès de 1002 répondants. Sa marge d'erreur est de 3,1%.

 (source : La Presse, samedi le 20 janvier 2007) 


Le drapeau du Québec, j'y suis attaché, comme beaucoup de gens. Plus jeune, j'étais probablement un de ceux qu'on appelle en bon français un « flag-weaver ». Les manifestations nationalistes menées par le Parti québécois, la Saint-Jean-Baptiste, j'y suis allé avec mon grand drapeau et un t-shirt avec le fleurdelisé imprimé dessus. Quand je me suis impliqué à gauche en politique, j'ai conservé cet amour, sans le côté quelque peu fétichiste que je vois parfois, chez mes concitoyens. J'ai cousu un drapeau du Québec sur mon sac, à côté des couleurs des Patriotes de 1837. Autrement, je trouve plus important d'aimer son coin de pays mais pas seulement ses symboles, ses gens aussi, peu importe d'où ils proviennent, d'où mon engagement à gauche, dans différentes actions collectives. C'est pourquoi je ne comprendrai jamais ceux qui ont cette prétention d'aimer leur pays, en faisant la promotion de l'idéologie de l'égoïsme, les « lucides » et les néo-libéraux de tout poil. Comme le disait Richard Desjardins dans la chanson « M'as met'un homme là-d'sus » :


-J'ai le sentiment d'rater ma vie,


même mon chien a fait faillite.


J'vas voir un gars qui a réussi,


Condo le jour, condom la nuit.


Y dit « Je frotte ma femme et j'flatte mon char,


J'aime mon pays, mon voisin je l'hais. »


 J'ai retenu aussi les paroles de « Stars and stripes of corruption », des Dead Kennedys. Le compositeur des paroles, Jello Biafra, une des personnes m'ayant le plus influencé dans la vie, avait composé des paroles les plus dures envers le pseudo-patriotisme des Républicains du temps de Ronald Reagan, des gens faisant les grands amoureux de leur pays, mais les plus durs envers les plus humbles des leurs. Ces paroles n'ont pas perdu de leur vigueur :


-...you chicken out and threaten me saying,
"love it or leave it" i'll get beat up if I criticize it
you say you'll fight to the death to save your worthless flag
if you want a banana republic that bad
why don't you go move to one.


D'autres drapeaux...


Des drapeaux, j'en ai plusieurs chez moi sur mes murs. Évidemment, ce n'est rien pour plaire aux anarchistes qui me lisent ici... Outre celui du Québec, j'ai celui des Patriotes, même si certains hurluberlus du MNLQ lui ont donné un côté très négatif, en faisant oublier la présence des anglophones, dans le soulèvement contre l'Empire britannique dans les deux Canadas.


                                            


J'ai celui de la Palestine, j'ai appuyé le mouvement d'émancipation de ce peuple opprimé, malheureusement par des opprimés d'hier. Je me rappelle encore très bien la nouvelle au téléjournal de Radio-Canada, le soir où la planète a appris le massacre de Sabra et Chatila.


                    



Il est dans mon salon, en face de celui de Montréal, cette ville qui m'a si bien accueillie, sur l'autre mur. J'en ai un de Terre-Neuve, que j'ai acheté dans un deux-pour-un lorsque je voulais me procurer un drap à l'effigie de l'album « Legacy of brutality » des Misfits. J'en ai un autre, noir avec une tête de mort, sur le mur où est adossé mon lit. Dans le couloir, j'ai ceux de deux pays disparus : celui de l'URSS, pour rappeler l'utopie derrière l'histoire sinistre de cet État, et celui de la république démocratique allemande (RDA), que je me suis procuré après avoir vu « Goodbye Lénine », un des plus beau film que j'ai vu dans ma vie. C'était pour rappeler cette RDA imaginaire de la mère du personnage principal, joué par Daniel Bruhl.
           


J'ai aussi un drapeau de Black Sabbath, représentant le crâne que l'on retrouve sur la pochette « Sabbath bloody sabbath ». Finalement, un de mes préférés est dans la cuisine, c'est celui de Cuba, avec le visage christique archi-connu de Che Guevara superposé dessus, avec le mot « Revolucion ».


Ça décore, ça fait de la couleur, ça démontre mon absence de sophistication dans la décoration...

Publié par oktobre7 à 03:14:23 dans Le subversif | Commentaires (0) |

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