Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,
j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus.
Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.
J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!
Une belle soirée turque!
Je crois avoir perçu à nouveau une excellente façon de passer ses soirées autrement que sous l'influence de l'alcool. Et mieux encore, quand on cherche à faire quelque chose de différent, on se retrouve à connaître quelque chose de vraiment différent. Pour illustrer le contexte, imaginez un gars de 36 ans, accompagné de deux belles filles de 19 et 20 ans...ouhouhou, j'entend déjà les commentaires! Naaaan, mes copines demeurent mes copines, Audrey m'a invité plus tôt cette semaine, ainsi qu'Émilie, sa grande amie fusionnelle, à aller fumer la shisha dans un café turc, la Gitane, sur la rue Saint-Denis. L'occasion a été belle pour connaître un autre endroit de la « montréalité ». On a bien rigolé ensemble, en attendant les autres amis qui se sont décommandés à la dernière minute, sauf Julien, le chum d'Audrey, venu nous rejoindre un peu plus tard. J'ai eu un beau compliment d'Audrey, vers la fin de la soirée. On tentait d'expliquer pourquoi on s'entend si bien, malgré les multiples différences entre nous: « dans le fond, tu as 20 ans dans ta tête ». Voilà, c'est la même chose que je ressent, même si l'image que me renvoie le miroir, quand je me rase le matin m'indique un certain viellissement. Les temps qui grisonnent très lentement, un menton de la trentaine, mais pour les reste, ça se maintien.
Et puis la shisha, ça vaut l'essai, même pour le non-fumeur de toujours que je suis. Le petit buzz que ressent l'accro à la nicotine, je l'ai ressenti amplement hier, avec le goût de la pomme et du citron, les saveurs que nous avons choisi. Rien de rude pour la gorge, la fumée que nous aspirons dans le narguilé passe par l'eau. Accompagné de la tisane au pomme à la turque, la sensation est parfaite. Avec l'ambiance de café moyen-oriental que l'établissement a tenté de recréer, la soirée est loin d'être banale, avec la musique arabo-turque jouée à plein tube. Ça s'est mis à danser dans les allées, c'est tout dire.. Ça m'a changé des Foufs et du punk que j'écoute tout le temps.
Être jeune à 36 ans.
L'évidence même. C'est loin d'être vieux, cet âge. Je commence peut-être à sentir des limites, notamment sur ma capacité de récupérer d'une grosse soirée de bière et de pizza, ou encore les rhumatismes lorsqu'il fait très humide, sur les jointures de mes doigts et mes genoux. Quand je constate jusqu'où on peut aller, avec la dame Winnifred Bertrand, qui nous a quitté hier à 115 ans, je n'ai pas à m'inquiéter sur le fait d'être vieux ou non. Et quand j'ai vu l'entrevue d'Henri Salvador à « Tout le monde en parle » l'an dernier, toujours là à chanter et à rire comme il le fait, je me dit qu'il faut que j'en profite. La platitude à répéter, c'est que la jeunesse, c'est entre les deux oreilles. Je ris quand je vois les Denis Drolet faire les pitres, j'ai été dans le trash à Conflict, je réagis toujours promptement devant l'injustice, la course à l'enrichissement me rebute, je m'habille presque tout le temps d'un style entre le punk et le metal...est-ce que ça veux dire quelque chose? Je vois que je ne change pas, de mes vingt à trente ans. Cependant, je ne pourrais accepter de me faire traiter d'immature. On confond trop souvent l'immaturité à la jeunesse. Je me vois comme mature, sans aucun doute. Les immatures, c'est une autre catégorie. Des gars qui sacrifient leur vie familiale, pour aller travailler davantage afin de pouvoir payer rapidement non pas un confort supplémentaire à leur femme et leurs enfants, mais pour se payer leur jouet d'adulte, le gros Jeep avec des pneus monstrueux ou la moto sport en plastique avec le moteur ultra-puissant. L'ex-conjoint d'une de mes cousines, c'était son genre. De l'immaturité, c'est aussi refuser d'aller voter, puis se plaindre que les politiques publiques ne nous conviennent pas, voire que la démocratie ne convient plus et ce qu'il nous faudrait, c'est un dictateur... Les aigris des lignes ouvertes, les fans des démagogues à la Jeff Filion, la base de toutes les dictatures, la catégorie que je trouve la plus immature dans notre société.
Ou encore les jeunes vieux. Ceux qui ne s'amusent plus depuis un moment dans leur vie, sauf pour vous faire la leçon, avec un air méprisant[1]. Je n'ai pas beaucoup de ce type de personne dans mon entourage. Les gars qui font plus vieux que moi, avant même d'avoir eu trente ans, avec le souci d'avoir toujours l'air sérieux, un look de Robert Bourassa, avec la mentalité de Claude Ryan[2]. Je les vois dans le métro, le cou coincé sous une cravate, dénués d'émotion. Ou encore les filles qui s'oblige à adopter un look très cliché de « matante ». Ça ne veut strictement rien dire, ces apparences de respectabilité. Martin Lacroix, l'escroc à la tête de Norbourg, il avait une bonne tête, tout le côté dignitaire et homme de confiance, ça ne l'a pas empêché de commettre ses crimes au détriment de la retraites d'honnêtes personnes. Et Martha Stewart, quelle bassesse elle a fait, pour sauver un petit 50 000 dollars, de l'argent de poche pour elle? Et Jeffrey Skilling, avec son comparse Kenneth Lay, à la tête d'Enron et du scandale, des milliers d'employés floués, avec du vent comme fond de retraite? Qu'on ne vienne plus me dire que l'habit fait le moine! Souvent, ces jeunes gens bien mis et trop sérieux dès leur vingtaine finissent par être rattrapés par ce qu'ils ont manqué des années plus tôt. Ils se refusent d'admettre que la pression est trop forte, les voilà qui s'échappent ailleurs, les dépenses inconsidérées, les tromperies, les paradis artificiels, toutes sorte de dérapes admise à un âge plus jeune[3], mais dont les effets sont plus dévastateurs lorsque ça arrive plus loin dans sa vie.
J'ai fait une dépression, qui a duré à peu près deux ans. Parfois, je ressent encore les prémisses mais j'essaie de combattre ces symptôme, en assumant ce que je suis. C'est pourquoi j'ai décidé que je ne changerais pas mon apparence, pour toute ces questions aussi vaines que celles exposée plus haut. Je demeure moi-même, au bout des ongles. Mes semblables qui pètent les plombs, je les comprend tellement bien désormais, je leur souhaite qu'ils réalisent que l'adoption de règles incompatibles avec leur vie, ou encore une fausse discipline qui les oblige à apparaître ce qu'ils ne sont pas, c'est la voie tracée vers l'abîme. Je peux vous dire, deux ans à prendre la dose maximale d'Effexor, un anti-dépresseur à effets secondaires remarquables, ça laisse des traces. Pas de libido, 25 livres de surplus de poids, des crises de colère à répétition, je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi.
Je viens de me relire, hé bien! J'ai fait dans la grosse morale, wow! Je ne me connaissais pas comme ça!

[1] « Décroches, tu vois bien que ce n'est plus de ton âge... », on m'envoie parfois cette réplique. Un de mes amis les plus proches me sert aussi le laïus, mais lui c'est pour d'autres raisons obscures.
[2]Pourtant, ces deux-là pouvaient encore s'amuser un peu, comme on a fini par le savoir après leur retraite, sous leur apparente austérité se cachaient des gens plus sympathiques. C'est un de leur adversaire qui l'écrit.
Publié par oktobre7 à 22:41:48 dans Le subversif | Commentaires (1) | Permaliens
Aujourd'hui, je n'avais pas vraiment d'idée sur ce que je voulais amener sur mon blog. Tant de choses à parler et puis rien en particulier. Allez savoir. Puis j'ai reçu cet appel, pour ne pas oublier les événements horribles qui se passent si loin, mais dont nous avons la responsabilité morale d'agir, afin que cessent ces massacres. Je vous laisse lire cet appel conjoint, en provenance du Collectif contre la guerre et de l'Alliance canadienne pour la Paix.
À l'occasion du 4e anniversaire de l'invasion de l'Irak
le 17 mars 2007 :
Le 10 janvier 2007, George W. Bush annonçait l'envoi par les États-Unis de 21 500 soldats supplémentaires en Irak. Quelques semaines plus tôt, Stephen Harper appelait les membres de l'OTAN à envoyer plus de troupes au combat en Afghanistan. Même recette cul-de-sac pour « gagner les cœurs et les esprits » des populations irakienne et afghane ! Le Collectif Échec à la guerre et l'Alliance canadienne pour la paix rejettent ces orientations guerrières et appellent la population du Québec et du Canada à une journée pancanadienne d'action, le 17 mars prochain, contre les guerres d'occupation en Irak et en Afghanistan.
Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, en lançant sa « guerre contre le terrorisme » et en envahissant l'Afghanistan, le gouvernement Bush avait déjà l'intention d'occuper l'Irak. Après douze années d'impitoyables sanctions qui avaient fait plus d'un million de morts en Irak, quatre années d'occupation et de fausses promesses de démocratie et de reconstruction n'ont produit que plus de morts et de dévastation et précipité le pays en pleine guerre civile.
En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait que 655 000 personnes de plus étaient mortes en Irak à la suite de l'invasion. La production pétrolière, la production électrique et l'approvisionnement en eau potable sont tous à des niveaux inférieurs qu'il y a quatre ans, sous les sanctions ! Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (UNHCR), sur une population totale de 26 millions, deux millions de personnes ont fui vers les pays voisins alors qu'il y a aussi 1,7 million de déplacés internes : « Bien que beaucoup de ces personnes aient été déplacées avant 2003, un nombre croissant d'Irakiens fuient désormais la violence sectaire, ethnique et généralisée qui ne cesse de s'intensifier. Pour la seule année 2006, l'UNHCR estime que près de 500 000 Irakiens se sont enfuis dans d'autres parties du pays et que, chaque mois, 40 000 à 50 000 personnes supplémentaires quittent leur foyer ».
Le Collectif Échec à la guerre et l'Alliance canadienne pour la paix rejettent le discours mensonger de la « guerre contre le terrorisme » et du soi-disant soutien aux peuples irakien et afghan pour la démocratie et la reconstruction de leurs pays. Sous la direction du gouvernement des États-Unis et avec l'appui des élites économiques et politiques du Canada, il s'agit plutôt d'opérations de mainmise étrangère en vue d'obtenir, par la force, le contrôle des ressources du Moyen-Orient et de l'Asie centrale. Il ne s'agit pas de reconstruction, comme en témoignent les résultats décrits précédemment, mais aussi les dépenses engagées par nos pays. Alors qu'il annonçait un programme de soutien à l'emploi d'un milliard de dollars en Irak, le 10 janvier 2007, le président Bush s'apprête par ailleurs à demander 100 milliards pour poursuivre les guerres en Irak et en Afghanistan !
Au Canada, les annonces simultanées des ministres McKay et Verner de projets totalisant une vingtaine de millions de dollars en Afghanistan 10 millions pour des salaires de policiers, 8,8 millions pour le déminage et 1,9 million pour stimuler le développement communautaire à Kandahar ne sont que des miettes quand on pense que le Canada consacre plus d'un milliard de dollars par année pour continuer la guerre dans ce pays...
NON aux guerres d'occupation en Irak et en Afghanistan.
OUI au retrait immédiat des troupes étasuniennes et canadiennes.
NON au partenariat militaire Canada-Etats-Unis.
Publié par oktobre7 à 01:07:07 dans Le libraire inconnu | Commentaires (0) | Permaliens
De retour du spectacle des Denis Drolet, en rodage à la Maison de la culture Mercier. Non mais quel duo, à mon avis ils ont de belles années devant eux, tant qu'ils sont encore capable de supporter la couleur brune... des numéros incroyablement absurdes, parfois dans le burlesque et dans l'absurde, toute l'originalité est dans le ridicule. Des costumes sans bon sens (il faut voir la scène de l'école, quand le Denis barbu se déguise en directeur...), des répliques crues, des décors laids au possible et une efficacité au-delà de mes attentes. Le personnage d'émission pour enfant, Monsieur Chartier, restera longtemps dans ma mémoire.
On s'est fait rabattre les oreilles sur le sondage paru dans le Journal de Montréal et ses affiliés. Je n'en rajouterai pas plus, les lacunes de ce sondage apparaissent plus clairement, par son analyse. On n'a pas fait la différence entre le racisme, la croyance envers la supériorité et/ou l'infériorité d'une race sur l'autre/les autres, et la xénophobie, la crainte de l'étranger. Ce que je lis est davantage l'expression de cette dernière attitude, assez normale dans un contexte comme le nôtre. Lire sur l'existence des craintes des gens vivant en région, ne vivant pas la même situation que celle vécue à Montréal démontre amplement le niveau où ce situe ce problème. On a également la démonstration d'un sondage sensationnaliste, menée maladroitement dans un contexte sensible. Ce qu'il faut, ce sont des débats comme celui au « Point » hier soir, entre des personnalités comme Yolande Geadah, Bernard Landry, l'imam dont j'oublie le nom et Me Julius Gray. C'est dans le dialogue qu'on obtient des résultats satisfaisants pour tous. C'est une évidence, mais on a semblé l'avoir oublié cette semaine.
Par ailleurs, on a remarqué comment un politicien de bas étage comme Mario Dumont tente de récupérer ces craintes à son avantages et à celui de son parti. L'ADQ, le rassemblement des réactionnaires de tout poil, tente par tous les moyens de démontrer un semblant de raison d'être, en ratissant chez les aigris. Une journée, il va pourfendre le principe d'accommodement raisonnable, en prenant les exemples de dérapages comme la norme de ces accommodements, l'autre, il tente de se montrer comme le prochain Ronald Reagan, en défendant le modèle néo-libéral comme le grand remède miracle à tous nos maux collectifs. Heureusement, cette attitude le classe pour longtemps dans la frange de droite, celle dont l'électorat ne semble pas réagir très favorablement. Tout au plus a-t-il réussi à refaire sortir les électeurs les plus rébarbatifs à se déplacer, il cherche désormais à les maintenir comme des militants de base. Ainsi, on doit compter le ralliement des anti-politiques à son parti comme un grand succès, la catégorie qui applaudissent à «L'illusion tranquille ». Mais à la longue, ce cantonnement droite néo-libérale/droite conservatrice va lui couper toute chance de faire autrement que représenter les fans des nombreux démagogues sévissant au Québec, qu'ils proviennent des médias ou de l'Institut économique de Montréal. Et c'est une excellente nouvelle, nous ne verrons pas l'ADQ au pouvoir de sitôt.
Et aux racistes convaincus, on se passerait amplement de vous, ce n'est même pas nécessaire de rester à militer à l'ADQ, vous pouvez partir, on ne vous retiens pas. Bon débarras!
Publié par oktobre7 à 13:22:01 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
Bon, ça y est, avant de voir réapparaître les mauvaises habitudes, j'ai pris une décision. Je vais diminuer ma consommation d'alcool. J'ai déjà écrit que j'avais cessé de boire pendant deux ans, cette fois-ci, c'est un ralentissement. Après avoir vécu plusieurs fins de party endormi dans un coin, obligé de demander comment ça s'est terminé aux camarades le lendemain, ça commençait à bien faire. Voilà une déclaration que je vais tenir du meilleur dont je puisse faire.
Encore une belle épisode des « Invincibles » ce soir. Je ne peut qu'éprouver une certaine forme d'identification à Steve, dans sa dépression. J'ai vécu une période dépressive pendant plus de deux ans, d'où mon abstinence citée plus haut. Je comprend le sens de l'interprétation du comédien, le malaise en permanence, les crise de larmes, l'impossibilité de voir autrement mon avenir personnel que très sombre. Aussi, les éléments de la série mis en place, on devrait voir davantage d'interactions les prochaines semaines.
Au lendemain de ma pénible séance au Beaubien, pour ce navet insensé qu'est « L'illusion tranquille », je fait le constat suivant. Comme la marche de la « libarté » à Québec en juillet 2004, en faveur du maintien du permis d'exploitation de CHOI-fm, les néo-libéraux trépignent, ils croient à un éventuel « grand soir », parce que l'activité militante leur est si inhabituelle qu'ils croient à son efficacité immédiate. Comme peu partage leur enthousiasme, les voilà en train d'accuser les critiques de tous les torts et les complots. On peut trouver un bel exemple avec les réponse sur le blogue de Michel C. Auger, dans la Cyberpresse. Son auteur a fait une critique très mitigée de ce brûlot, ça lui a valu des accusations les plus burlesques, comme sa connivence évidente avec les syndicats et le PQ, lui le chroniqueurs de Gesca, collègue d'Alain Dubuc. Comme me disait mon ami Pat, ça va être encore un feu de paille, comme les 41% de l'ADQ dans les sondages de l'automne 2002, l'appui à ce parti a fondu, à la suite de la prise de connaissance du programme politique par les électeurs. L'alternative n'avait rien d'engageante. Le sondage de CROP, au départ supposé de démontrer l'appui des Québécois au projet du groupe des « Lucides », dont les résultats se sont révélé inverses (sans compter le tripotage des questions de ce M. Giguère, son manque de sérieux va peut-être lui coûter son poste...) démontre le rejet massif de ce modèle de société voué au diktats du marché, sans pouvoir intervenir de quelque façon que ce soit.
Bonne nuit, j'espère dormir plus tranquille ce soir.
Publié par oktobre7 à 05:06:07 dans Le subversif | Commentaires (0) | Permaliens
Une autre journée à oublier.
J'ai encore fait un abus d'alcool, au party de fête chez Pat. Résultat : j'ai passé la journée avec une anxiété insupportable, située dans la gorge et un mal de bloc. Ça me vaut la réflexion suivante (et Arthur va être d'accord) : pause santé, je me tiens loin de l'alcool pour les prochaines semaines. Je vais réfléchir sérieusement à cette attitude un peu nulle de devoir se rendre systématiquement à l'ivresse à chaque fois que je suis à une fête. J'ai resté sobre pendant deux ans, je m'en suis mieux porté, mon portefeuille aussi. Voilà pour la résolution.
Et puis, c'est fou ce qu'on peut faire lorsqu'on a trop bu. Au moins, j'ai fait un heureux et j'ai passé pour un modèle de tolérance. À bien y penser, on a été plusieurs à faire de même. Enfin.
Et ce film... « L'illusion tranquille ». Huit dollars de perdu, une heure et quart de nausée, entouré de twits. Heureusement, je ne suis pas allé seul, j'étais accompagné de quelques autres de mes semblables. Ça ne m'a pas de me faire engueuler par ma voisine, exaspérée de mes (rien qu'un peu) bruyantes réflexions. Il faut comprendre, j'ai trouvé le film réellement insupportable pour plusieurs raisons, et pas seulement idéologiques.
Premièrement, le Québec décrit par l'auteur, Joanne Marcotte, une adéquiste autrefois apolitique, est un Québec rempli d'imbéciles qui n'ont rien vu de ce déclin, trop aveuglés par la puissante machine de désinformation du Parti québécois, des groupes sociaux, de la gauche et surtout des syndicats. Si les groupes décriés a le quart de la puissance que Marcotte et compagnie leur attribuent, je ne suis pas certain que ce film aurait pu avoir vu le jour, c'est certain que nous vivons dans une dictature sociale-démocrate. Plus paternaliste que ça, tu meurs. À entendre l'auteure et les intervenants, les gens ne connaissent rien et se font avoir par ces groupes, décrit comme une masse déshumanisée de parasites. À aucun endroit on a fait mention qu'ils sont constitués de gens ayant pris leurs intérêts en main et les défendent de façon tout à fait reconnue. Le travail de la dame Marcotte, c'est de nier la légitimité de ses cibles, surtout les syndicats. Évidemment, pour une heure et quart de sophismes et de grossièreté, il ne faut pas trop en demander, le film doit convaincre, alors pour la réflexion, on repassera. Je ne sais pas pourquoi cette semaine, les animateurs et journalistes se réjouissaient de la « réflexion » apportée par ce film, je n'y ai vu qu'un tableau grossier d'une situation imaginaire, avec une solution que l'on n'explique même pas mais qu'on devine amplement.
Le propos a un sous-entendu très grave, on a l'impression de voir chez ces néo-libéraux, y compris Alain Dubuc, un désir de court-circuiter le processus démocratique. La « réforme », le « changement », la « modernisation » est un passage obligé, quitte à l'imposer de force. Dubuc a parlé d'une autre révolution, sans mentionner comment ça doit se passer. Non seulement les autres intervenants souhaite que leur idée s'impose, mais l'emmerdement majeure, c'est le caractère politique du changement. Fondamentalement, un néo-libéral ne croit pas aux principes du politique. Comme il n'arrive pas à convaincre de la validité de sa vision du monde, le faible pourcentage de voix de l'ADQ dans les sondages le démontre, il développe un argument d'autorité, basé sur l'économie, en présentant un chaos à venir. Devinez comment Margaret Thatcher a réussi à s'imposer aux Anglais... Mais aujourd'hui, les gens plus renseignés que peuvent le prétendre ces hurluberlus savent de quoi il est question avec la « modernisation ». On se souviendra de l'Argentine, l'élève-modèle du FMI, sombrer dans la faillite, de la façon la plus catastrophique. Les économistes n'ont jamais vu venir la crise, ces grands scientifiques, toujours pleins de leurs certitudes.
Durant le film, tout ce que je pensais en les regardant pontifier, c'est « faites de la politique, calvaire, pis essayer de vous faire élire! ». Ça prend des poses d'autorité, ça fait le clown, ça se plaint de voir l'effondrement (en fait, on est déjà dedans, y'en a même un qui a dit qu'on va être le Terre-Neuve des cinquante prochaines années...) et que rien ne se fait pour l'éviter, qu'on fait dans l'immobilisme et voilà, pas un seul a parlé de s'impliquer activement à faire bouger les choses. C'est un paradoxe assez amusant, les néo-libéraux sont avant tout des individualistes militants. Le travail collectif, ils n'aiment pas trop, alors les partis politiques et la possibilité de faire des compromis, c'est impensable pour eux. Après ce film, je suis toujours convaincu du caractère anti-démocratique du néo-libéralisme. Longtemps, j'ai lu les délires de ces militants libertariens du Québécois libre (quebecoislibre.org), Martin Masse en particulier, un grand ami de Maxime Bernier, le ministre fédéral du commerce et de l'industrie. Masse déteste tant la politique qu'il est convaincu que seule l'économie libérée de toute entrave peut et doit mener la destinée des humains. Exit la politique. Masse déteste également la démocratie, et toute chose liée de près ou de loin à la politique. En parcourant le site du Québécois libre, vous allez en lire des belles, entre autres comment ils abhorrent l'écologisme. Ils nient d'ailleurs les changement climatiques, une invention des groupes environnementaux pour ramasser de l'argent « de nos taxes », en plus d'être coupables de promouvoir l'immobilisme...
Un autre élément que j'ai retenu du film, c'est l'identification systématique des syndicats et des groupes sociaux à un nouveau clergé de la Grande Noirceur sociale-démocrate. S'il y a bien une catégorie de gens qui se prennent pour des ayatollahs, c'est bien les économistes néo-libéraux. À aucun endroit du film, ces grands penseurs réfléchis (surtout Réjean Breton...) font quelques nuances, peut être pour réajuster le tir sur le syndicalisme mais surtout, ce sont des convaincus, des purs et durs. Leur religion, l'économisme néo-libérale, leur pensée magique, le marché libre et déréglementé et la privatisation des services sociaux, leur Dieu, la « mains invisible » du marché autorégulé. On a même eu droit à la formule « l'économie nous démontre que... ». Jamais ils ne s'embarrassent de nuance, c'est pour eux un signe de faiblesse plutôt qu'une poursuite d'une réflexion. Et chose frappante, rarement on a vu autant de raccourcis pour arriver à expliquer des problèmes actuels, précurseurs du grand déclin. Un petit cours d'histoire aurait été profitable pour plus d'un mais encore, n'oublions pas que les néo-libéraux vouent un réel mépris envers les recherches en sciences humaines, alors l'histoire... À ce sujet, les néo-libéraux considère que tout le travail d'historien est à refaire, car on aurait manipulé volontairement les recherches, par le biais de l'État, afin de maintenir l'importance de celui-ci, dans l'imaginaire humaine. J'ai en main une citation du livre « Demain le capitalisme » de Henri Lepage, où il nie absolument toutes les horreurs vécus par les travailleurs de l'époque de la révolution industrielle, une « image d'Épinal ». Pour lui, Zola n'était qu'un fumiste. C'est un peu court comme raisonnement, mais c'est toujours ainsi avec eux.
En bref, ce film n'est qu'un pamphlet de propagande, avec la marque très visible de l'ADQ et de l'Institut économique de Montréal. Il n'a rien de nouveau pour les débats, seulement la même bouillie que nous apportent les journalistes néo-libéraux à tous les jours, dans les journaux à grand tirage que sont les publications de Gesca (La Presse, le Soleil) ou de Quebecor (Journal de Montréal/Québec). Quand on gratte un peu le projet de la « modernisation » qu'ils nous promettent, ce n'est que la « barbarie »[1] thatchérienne ou reaganienne, sur laquelle nous avons beaucoup de documentation disponibles, de tous les horizons. Je conseille de garder votre fric pour un bon film pour vous détendre, comme « Babel » ou encore « Jean Philippe ».
Mercredi, je vais aller voir les Denis Drolet, Yéééé!
Publié par oktobre7 à 04:55:41 dans Le subversif | Commentaires (2) | Permaliens