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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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Mon cher Monsieur... | 31 janvier 2007

Mon cher monsieur...

 

Cette façon d'aborder son interlocuteur, je l'ai entendu souvent dans ma courte vie. Règle générale, vous ne verrez pas quelqu'un de très jeune prendre cette expression un peu archaïque. Jamais celle-ci ne m'a été aussi antipathique.

 

Cette expression, elle coïncide avec le jour où j'ai réalisé qu'une catégorie de gens, peu importe l'endroit dans le monde, est et sera toujours partisane d'une dictature... bon, là je vais un peu raide, je le sais. Pourtant, lorsque j'entend cette expression, allez savoir pourquoi, je m'attend au pire.

 

Anecdote. J'attend en file à ma caisse populaire, à Lévis, quelque part dans les années 90. On est l'été, j'ai l'air de ce que je suis encore aujourd'hui, pouilleux, t-shirt de Napalm Death, jeans usés avec des patches, fausses Converses noires. Je change de cassette dans mon walkman (une cassette dans un walkman, ben oui, on est probablement en 1995) et j'entend deux vieux qui discutent derrière moi. Deux vieux de centres d'achats, à la retraite depuis on bon bout de temps, du temps libre à s'en dégoûter, une culture de Journal de Québec, des opinions forgés par les tribune radiophoniques.


-Mon cher monsieur, ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne guerre...


(Hein?!?)


-Oui, mon cher monsieur, les jeunes, là, y'ont pu d'allure. (Je replace ma cassette, je fait mine d'appuyer sur PLAY) Dans notre temps, on savait où on s'en allait, hein?


-On nous faisait travailler, on avait de l'expérience, pis quand il fallait le faire...


-On avait notre devoir à faire... moi, mon cher monsieur, j'ai été à l'armée (je ne l'ai pas vu faire, mais je suis certain que j'ai été désigné, d'une façon où d'une autre), j'ai appris à être un HOMME, pis je leur (sic) doit ce que je suis devenu. Quand je vois les jeunes, là je me dit qu'il faudrait qu'ils connaissent la guerre, pour savoir où s'qu'ils doivent aller.


-Mon cher monsieur, ce qu'ils faudrait aussi, c'est un HOMME, un vrai, au gouvernement, pas un Parizeau ou un Johnson, là, les jeunes ils devraient suivre au pas, avec des idées à la bonne place...

 

Manque de chance, si on peut dire cela, mon tour est venu de passer au guichet, je ne me rappelle plus pourquoi. J'ai quand même jeté un regard derrière moi, juste à temps pour voir que les deux compères me regardaient en parlant. Je n'entendait plus ce qu'ils disaient, mais ma paranoïa douce avait l'indicateur à DANGER...

 

On ne peut se faire une idée très précise des suppôts de dictature. Quelques années plus tard, à l'avènement de CHOI avec son Fillion et ses diatribes rétrogrades, j'ai cessé définitivement de penser que seuls des vieux peuvent souhaiter un retour au passé ou encore une dictature, pour soulager leurs maux imaginaires. Avec les vieux désoeuvrés, j'ai ajouté les jeunes techniciens à calottes...et tant d'autres, avec d'autres looks, dissimulés derrières les « majorités silencieuses » auto-proclamées. La nébuleuse réac, fascisante, autoritaire, peu importe la tendance des fans des dictature, a toutes les formes et aucune en particulier. Mais elle est ici, chez nous. Comme partout ailleurs.

 

La prochaine expression que je commenterai, ça sera « Ici, on va parler des VRAIS AFFAIRES ». D'après mes lectures sur d'autres blogues de ce site, cette expression est très populaire...

 

                                             

Publié par oktobre7 à 13:41:11 dans Le subversif | Commentaires (0) |

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