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Le Subversif

Les joies et colères de la vie de libraire

Oktobre, le joyeux libraire

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs,



j'ai voulu créer une page pour me défouler, écrire ce qu'il se passe ici bas, dans le monde merveilleux des éternels étudiants endettés, avec un boulot peu rénuméré malgré les aptitudes et les diplômes acquis. Les amoureux de la lecture, plus particulièrement les maniaques de livres dont on ne parle pas beaucoup s'y retrouveront. Comme j'aime aussi les cultures métal et punk, c'est certain que je vais écrire quelques lignes là-dessus. 




Et puis moi... je suis désormais un ex-libraire, viré pour avoir exprimé son opinion sur son employeur, Renaud-Bray, malgré mes neuf ans d'ancienneté. Je suis dans la trentaine, ma formation est en histoire et en science politique. Pas d'enfant, pas riche, pas d'auto, pas de REER, pas de télé câblée, pas de colocataire et pas d'animaux. Mais beaucoup de livres et de disques.




J'espère que ce site va vous plaire. Bonne lecture!

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La vague Emo | 24 janvier 2007

Avez-vous remarqué ce petit détail, dans l'épisode des "Invincibles" de lundi dernier? Le personnage de Rémi, en manque de fric pour l'enregistrement de son album, doit vendre une de ses guitares à un type. Le gars, pas mal plus jeune que lui, paie la guitare sans d'autre façon et s'en va. Rémi s'exclame pour lui-même, une fois le type parti, "criss d'Emo".


Un Emo, qu'ossé ça?


La première fois que j'ai entendu parler du truc emo, c'est sur Ebay. J'achète souvent des machins comme des patches ou des macarons. Souvent, à la suite du mot "punk", suit immédiatement le mot "emo". Je me suis demandé ce à quoi ce mot réfère, j'ai fait appel à Google, pour avoir une meilleure idée. La recherche n'a pas été très concluante, sauf sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Emo


C'est de la troisième vague dont il est question aujourd'hui. Lorsque ce courant du punk hardcore, dont mon premier groupe à la fin des années 80 était issu (Morbid Reality, 1988-90), il a fallu qu'on récupère le genre pour créer une mode de toute pièce, à partir de plusieurs genre (punk, goth, metal). La mode Emo était née.


Ça donne comme type de look quelque chose s'approchant de ceci:


 


Plus communément, lorsque vous rencontrez un Emo, il ressemblera à ça:


       


Règle générale, rarement vous verrez un type au-dessus de 25 ans avec un look pareil. Il faut être mince (les bédaines de bière, on oublie ça), tellement qu'il peut être possible de porter des jeans de filles. Il faut avoir l'air angélique, quasi efféminé, d'où l'âge très bas. Comme le souligne l'article de Wikipedia:


Au fur et à mesure que la popularité de la musique s'est accrue, l'emo est devenu de plus en plus un objet de dérision, en particulier certaines modes et attitudes associées à l'emo, et des stéréotypes ont surgi qui ont facilité les critiques et en ont fait une cible facile.


Dans les premières années de la « troisième vague », la critique était relativement légère, amusée, voire parfois de l'auto-dérision. En septembre 2002, Jason Oda lança l'Emogame, qui se moquait des nombreux stéréotypes emo et des musiciens du genre, mais d'une manière qui pouvait être appréciée également des fans et des détracteurs du genre.


Les années suivantes les moqueries ont augmenté de façon exponentielle. Les fans masculins d'emo ont commencé à recevoir des injures sur leur orientation sexuelle supposée, reflet de la mode propre à la « scène » (notamment l'utilisation d'eyeliner et de maquillage),le port de vêtements plus ajustés, parfois même destinés aux filles, et de l'expression des émotions. Les critiques portaient toutefois d'abord sur l'exagération dramatique des émotions et non pas nécessairement sur les émotions en elles-mêmes.


Ce que l'article ne dit pas, c'est justement le fait que le genre a été inventé de toute pièce pour vendre des fringues. Ça été vrai de la période glam des années 70,  ce l'est également pour cette vague. L'anecdote qui me revient est lorsque je suis passé près de la ligne d'attente pour le spectacle d'Atreyu. Tous les spectateurs se ressemblaient, même les filles! Comme me le racontais mon pote André au boulot, une fois à un spectacle de Dillinger Escape Plan, il croyait qu'un Emo passait toujours près de lui, histoire de se faire remarquer...il a fini par réaliser que ce n'était pas le même gars, mais bien plusieurs!


    


                          Atreyu



                               It Dies Today


Avec notre groupe, c'est devenu un "running gag", surtout lorsque Louis-David, le batteur, nous a présenté un DVD du groupe It Dies Today. En voici un extrait, grâce à YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=JGNIHMR4gv0 Sans doute, les gars on du talent, mais lorsque j'ai vu leur allure, hé bien...ça passe un peu difficilement. Peut-être que je suis vieux jeu, ou conservateur dans mon genre, mais j'aime pas trop l'attitude et le look. Il m'apparaît trop exclusif, comme je l'expliquais plus haut, j'imagine mal un gars de plus de 25 ans ou un gars avec un surplus de poid, avec un look pareil. Musicalement, ça pourrait être intéressant. On est très près du death metal et du hardcore, mais au niveau des paroles, "l'émotion" doit être au premier plan et c'est agaçant lorsque ça intervient dans la musique. On se lasse très vite de ce genre.


Je ne prétend pas que les genres auxquels je m'identifie font preuve de grandes créativités, mais leur principal atout, c'est le côté "home-made". Contrairement à ce genre, la créativité provient des fans eux-mêmes. La mode, le look, la musique ne proviennent pas d'au-dessus, par les labels et les concepteurs, mais bien de "l'underground", la scène. C'est vrai, le punk a souffert du même problème il y a bien des années. Comme le chantait Jello Biafra dans "Chikenshit Conformist", une chanson écrite il y a plus de vingt ans:


Punk's not dead


it just deserves to die


when it becomes another stale cartoon


A close-minded, self-centered social club


ideas don't matter, it's who you know


If the music's gotten boring


it's because of the people


who want everyone to sound the same


Who drive bright people


out of our so-called scene


'til all that's left is just a meaningless fad

Publié par oktobre7 à 14:26:19 dans Le subversif | Commentaires (1) |