Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Wolfonic premier

farfadet du blog

nuit intégrale. | 27 novembre 2007

loup-garou 
 
  La rue était devenue molle et sous mes pas les pavés s'enfonçaient. Mais malgré tout je continuais à avancer, comme si ma vie en dépendait.
 Là-bas, au bout de la rue, le "bar du bout du monde" saura m'accueillir et je pourrai enfin étancher ma soif!
 Souvent, j'ai erré seul dans la ville, et souvent, la nuit était longue! Mais cette fois-ci, mon instinct ne m'avait pas trahi, il m'avait mené où je devais échouer.
 Le matin, j'aurai eu tout le temps de regretter mes actes, de soigner mes plaies et de digérer ma nuit!
 Pour l'heure, j'avais mieux à faire...Toutes pensées rationnelles étaient une perte de temps et un obstacle à ma lancinante détermination.
 La nuit allait être longue et massacrante...


 
 L'énorme porte en bois sculptée s'ouvrit sur un molosse qui me reçut avec un rictus énigmatique que j'aurais remarqué si j'avais eu la délicatesse de le regarder! Non, je m'engouffrais dans le noir du couloir devant moi, la tête baissée, mes oreilles bourdonnant de l'excitation m'ayant envahi depuis que j'avais cogné à la porte et que je savais que je ne pouvais plus me défiler. Je devinais une musique au loin. Les basses parvenaient à mes tympans et rythmaient mes pas lourds dans ce couloir sombre qui n'en finissait pas de me faire croiser ces créatures de la nuit que je m'obstinais à ignorer.
 Tous ces visages qui me scrutaient, je les sentais avec leurs mauvaises expressions, leurs airs agressifs, essayant de capter par défi mon propre regard. Mais ce parcours des nerfs allait s'achever bientôt, car la musique semblait toute proche, si proche que je pouvais entendre les murmures de ceux qui l'écoutaient et les pas de danse de ceux qui la ressentaient.
  Enfin, le couloir prenait fin et s'ouvrait sur une salle non moins sombre, comme si la lumière n'avait pas son laisser-passer en ces lieux.


 Au milieu des ténèbres, toute source de lumière devient indiscrète, et celle-ci, j'aurais préféré ne pas la détecter! Telle une créature sortie tout droit sortie de l'atelier d'un savant fou généticien, se dandinait devant mes yeux cette forme à priori féminine. Mais si tout ce qui rapportait d'habitude à ces dames me faisait toujours vibrer d'une façon intime et agréable, là tout ce qui s'y référait m'inspirait dégoût et terreur.
 Mon regard était bloqué sur ce ventre ouvert d'où exhalait une odeur fétide, et  se répandaient des formes indéterminables et que je n'aurais pas sonder pour tout l'or du monde! En guise de tête, me fixait un oeil unique qui avait la particularité supplémentaire d'être énorme et qui ne clignait jamais, étant étrangement dépourvu de paupière.
 Le comble de l'horreur n'était pourtant pas atteint, même si mon instinct me l'indiquait à chaque seconde.

Mes yeux parvinrent enfin à se détacher de cette forme mouvante et malsaine qui avec son oeil unique et disproportionné m'avait hypnotisé durant une minute. Sorti de ma brève mais trop longue torpeur, à mon goût, je commençais sèrieusement à m'imbiber de l'ambiance moite environnante. Et quitte à s'imbiber, autant le faire avec le cocktail local! Grand mal m'en a pris! Dès les premières gorgées avalées, j'ai su que ce "profundis vino" n'était pas, malgré son air latin, très catholique!
 Les effets ne se firent pas attendre, mais contrairement à mes attentes pleines d'inquiétude, les prémices furent agréables.
 Tout d'abord, ma vue changea imperceptiblement mais très vite de façon évidente. Je percevais désormais comme l'aura entourant les créatures présentes. Mon ouïe aussi fut modifiée, et un bourdonnement lancinant dès lors couvrait tous les sons. La sensation qui se dégageait de cette mutation inattendue, me paraissait paradoxalement plaisante, du moins pour un instant.
 
 Soudain, ce fut tout autre!
Les fantômes humains s'écartèrent de moi un à un, de telle sorte que je me retrouvais en quelques secondes au centre d'un cercle mouvant et palpitant comme une méduse pluriforme. Je les sentais comme je n'avais jamais senti auparavant aucun être vivant! Je pouvais deviner leur peur, mais plus fort le degré d'angoisse qui animait chacun d'eux. Soudain, ma chair se mût sous ma peau jusqu'à imiter les mouvements malsains d'un reptile rampant sous l'épiderme! Mes muscles se tendirent, contractés de la tête aux pieds, mon corps s'arqueboutant en spasmes puissants. Les regards se firent implorant, le mien s'y mêlant de frayeur. Une frayeur accompagnée par une exaltation bien plus importante, car je savais la suite de ma mutation spectaculaire, pour l'avoir déjà vécue dans le passé. Tout n'était désormais qu'une question de secondes.

 
 Ma peau allait se déchirer dans un chapelet de craquements sinistres, mes muscles se déformer, mon sang déborder de mes veines, mes dents entailler mes lèvres et ma gorge donner naissance à des hurlements inoubliables pour ceux qui auront eu l'occasion de s'en sortir.
 Mon allure avait maintenant bien changée, et même si je me tenais encore debout, plus grand-chose d'humain ne transparaissait dans ma nouvelle silhouette. Mais un oeil averti, et à condition que la peur n'entrave ses capacités d'analyse, aurait pu noter quelques traits vestiges de mon ancienne "identité", comme par exemple la forme de mes épaules ou bien encore mes sourcils restés intacts! Mes gestes s'activèrent sous l'emprise d'une volonté agressive, et  mes ongles changés en griffes tranchantes entamaient les chairs offertes alentour. Les cris atteignant mes ouïes  excitaient encore plus ma quête de sang, et bientôt je n'entendis plus que ma respiration animale et le bruit de mes pas sur le sol trempé du liquide rouge autrefois contenu par les corps de mes victimes. J'avais fini, non pas vraiment une mission, mais plutôt un itinéraire guidé par cette faim particulière me tenaillant cycliquement depuis la nuit où il m'avait choisi. Ce choix qui prit l'aspect d'une morsure vive, et qui inlassablement me poussait à me transformer en bête sanguinaire.
 A chaque fois, cette pulsion qui me menait vers eux, ceux des ombres, les occultes, mes futures victimes coupables...


Publié par wolfy68 à 09:52:38 dans Proses | Commentaires (4) |

Désirs, plaisirs, et envies... ça continue, ça déchire... | 01 septembre 2006

                                      





                                     Surprendre, étendre, tenir,
                                              écarteler, frotter, émouvoir,
                                                faire frissonner, retourner, lécher,
                                                  lisser et fouiller à bout de bras ce corps offert,
                                                   éperdu de ce désir qui la cambre, onde humaine vibrante,
                                                    qui l'ouvre à l'infini comme une fleur humide, obscène et affolante.





 





Je suis affolé...
 



Publié par wolfy68 à 22:56:02 dans Proses | Commentaires (6) |

Les yeux dans le bois... | 31 août 2006



 


  Ce Matin-là, il se lève, décidé à ne pas se recoucher, à ne pas sombrer dans les abysses de ses draps usés. La radio se réveille même  en retard, il l'a devancée dans la cuisine, faisant chauffer son lait demi-écrémé sur plaque et griller son reste de baguette de la veille. Bientôt, son mini petit-déjeuner sera englouti, et il se douchera moins comateux.
 Le temps d'enfiler son jean et son sweat, le voilà dehors dans le frimas d'une fin d'été bien fraîche. Le râle du métro qu'il vient de louper lui annonce une journée bien sympathique. L'attente sur le quai lui permet au moins de griffonner un dessin sur son petit carnet.
 La correspondance avec le bus se passe à merveille, le chauffeur sénégalais carburant aux amphétamines, à en croire par sa conduite sportive dans les petites rues désertes, heureusement pour les piétons absents.
 Arrivée sans casse à destination. Le bois frémit à son arrivée, c'est toujours ainsi lorsqu'il arrive tôt. Dans les branches, il devine le doux mouvement que le vent donne aux feuilles encore vertes.
 Soudain, la lumière monte à travers les branches, et dessine une forme familière. Il a beau en avoir l'habitude, cela lui fait le même effet à chaque fois. Ce visage qui le fixe, ses yeux durs qui ne le quittent pas mais qui ne le jugent pas. Alors, enfin, il peut se recueillir et aller en paix...

  C'est à ce moment que le radio-réveil gueule et que "putain", il est bien  tard pour s'avaler, ne serait-ce un bout de pain, et hop, plonger dans la douche, ahhhhhhhhhhhhh c'est froid,  aie, et merde, ce coin de lit dans l'orteil, et re-merde ce lacet qui craque... fichue journée, et en plus, je loupe ce bus..........Bon, allez, je vais écrire une connerie!




Publié par wolfy68 à 07:10:15 dans Proses | Commentaires (12) |

Regard dans la nuit... | 04 août 2006



 Ses yeux brillaient avec l'intensité d'un brasier. Encore quelques minutes et ce qu'elle fixait allait se consumer littéralement. La force intèrieure de cette femme débordait par son regard, et quiconque osait défier celle-ci se voyait irrémédiablement capter par ses iris flamboyants.
Les hommes qui l'entouraient à cet instant connurent cette sensation étrange d'être à la fois le bourreau et la victime. Ils avaient abusé de son corps mais à l'évidence n'avaient fait que décupler la force de son esprit, et devant elle, ils s'agenouillaient comme des enfants punis.
Cette soirée d'été avaient échauffé les guerriers et après la bataille du jour, ils cherchaient tous comment trouver le repos. Ils avaient croisé la belle sur le chemin sec et chaud du retour. Elle leur avait souri. Ils prirent cela comme une invitation, et cela en était une en effet. La belle ne se débattait pas lorsqu'ils la déshabillaient de leur épée, et ses jambes faisaient comme une danse aquatique sous leurs caresses brutales et chargées de désirs sauvages.
Sous leurs coups de reins, elle ne rechignait pas à onduler son corps, et elle les rendait fous en leur disant des phrases obscènes.
Ils jouirent chacun leur tour en elle et sur elle, et en retour elle les buvait et les serrait entre ses cuisses, en souriant toujours de son regard brûlant.
A la fin, tous autour d'elle, ils imploraient leurs anciens dieux impuissants, car ils avaient fauté avec le plus puissant d'entre eux... Mephistos, Satan ou le Diable, quelque soit son nom, ce jour-là, avait pris les traits de la plus belle des garces...

Publié par wolfy68 à 04:34:30 dans Proses | Commentaires (4) |

Ses mains... | 02 août 2006



Ses mains me caressent,
du bout des doigts pour commencer,
et me voilà transporté par la fleur de ma peau.
Ses doigts me fouillent doucement,
parcourent mes formes,
comme lorsqu'ils dansent sur son piano.
Je deviens fou de la voir jouer cette partition douce et coquine.
Je me laisse donc aller sur les chemins du plaisir que dessine ses mains.
C'est grisant de se sentir désiré de la pulpe de ses doigts jusqu'à son regard.
Ses mains continuent leur exploration,
et c'est un délice.
Je lui donne mon corps en patûre,
et elle ne se prive pas,
la gourmande.
Je veux être son quatre heures,
son repas du soir,
son dessert,
sa fringale dans la nuit,
qu'elle me dévore sans perdre son appétit...



Publié par wolfy68 à 00:06:46 dans Proses | Commentaires (4) |

1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| >>

Tous les derniers titres