"Light shines through darker days eyes close and lose their way slip away the night while the whole town's asleep caught between the space where you wanted to be death acts and life reacts spent time turning looking back clues along the track leave the following kind the ground that seems to be new winding up the same every time"
La route qui nous conduit vers les montagnes est droite, mais elle mène à une autre sinueuse à donner le vertige...
Le bitume encore chaud de la veille nous accueille dès le matin, avec ces lignes blanches peintes, et ces pointillés réguliers qui bercent notre parcours. Ma main est sur sa cuisse, elle me sourit, alors je lui montre là-bas les montagnes enneigées. Elle me sourit encore, comme pour me dire qu'elle a aimé nos ébats, cette nuit, dans ce motel. Ma main se fait plus ferme sur sa cuisse, et remonte un peu. Elle me laisse faire. Je regarde la route et je devine au loin un chemin qui part vers la droite. Je ralentis, et m'y engage. Elle ne me quitte pas des yeux et ne se soucie pas de notre itinéraire momentané. Je m'enfonce un peu plus dans le bois où mène ce chemin caillouteux jusqu'à ce que je décide de stopper. Nous défaisons nos ceintures respectives. Dehors, toujours ce calme, à croire que nous somme les seuls survivants sur cette planète, comme dans ces romans d'anticipaton des années 50. Nous nous regardons dans les yeux, et décidons au même moment, car souvent nous pensons en synergie, de descendre du véhicule. Nous allons vers les profondeurs de ce bois d'arbres secs, main dans la main, guidés par notre désir commun. Là, un coin plus plat, plus confortable, plus douillet et qui nous convient, nous nous allongeons... Les corbeaux chantent notre intimité, et leur son me fait prendre conscience de la beauté sauvage du lieu. Comme si tout célébrait ici la fusion de nos deux corps, ciselés par la lumière qui transperce au travers des branches nouées...