Amicizia corsu
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les pieds sur terre
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Billets :
306 billets
Horizon bouché, cri de désespoir dans l'éther universel... |
Le lit refuge, confident muet des errances nocturnes mangeait la chambre avec son fatras d'habits épars. La pièce sentait la maladie, l'encens et le beurre rance.
Le seul mouvement perceptible dans cet espace était la lente lacération des draps pratiqué par les ongles de la brune.
Ongles de femmes, teintés de bleus comme cette âme qui s'épandait sans retenue. Doigts tordus, muscles longs et fins des bras qui se nouaient et dénouaient dans des vagues de douleurs. Visage torturé, ravagé par les pleurs, fontaines de rimmel, yeux gonflés par la souffrance et le manque de sommeil. Cheveux dénoués, méduses attentives au sel du désespoir, dévoreurs de songes, espaces infinis. Contractions cachées de la nuque recherchant les caprices de son maître défaillant. Corps sans sève, souche asséchée, ventre inutile, cuisses, fesses, sexe désertés...Absence...
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Publié par rans à 00:11:32 dans Fuchsia pourpre | Commentaires (0) | Permaliens
Dans un petit village de montagne l'histoire palpitante de deux frères séparés par un bout de rue.
Dominique et Ange vivaient depuis leur naissance dans ce petit village accroché au flanc de la montagne au plus profond de cette île, presque en son centre. Ils n'avaient rien vu d'autre que ce paysage de rochers à nu clairsemés par endroit d'une maigre végétation qui s'accrochait desesperement grâce à l'eau accumulée lors des orages fréquents. A les voir on pourrait les confondre, leur ressemblance allait jusqu'à copier leur tenue vestimentaire, la même casquette vissée sur les oreilles, le même treillis de chasse, jusqu'à la même marque de cigarette vissée éternellement à leurs lèvres depuis l'époque où ils avaient failli partir au service militaire qu'ils n'avaient pas fait, leurs parents étant décédés de la grippe espagnole.
Une chose différait entre eux lorsque l'on prenait le temps et que l'on pouvait les voir se mouvoir, c'était la démarche de l'un des deux, une légère claudication permettait de faire savoir aux initiés qu'il s'agissait d'Ange et non pas de Dominique.
Mais surtout ce qui permettait de les reconnaître de manière flagrante c'est que chacun avait son bout de territoire, un peu comme les chats au sortir du logis. L'espace de Dominique allait de la maison qu'ils partageaient tous deux à l'entrée du village jusqu'à la charcuterie à une centaine de mètres plus loin. Celui de Ange commençait de la charcuterie jusqu'à la boucherie à aussi environ cent mètre encore plus loin.
Dominique avait sa chaise près de la maison, Ange s'asseyait sur le banc de pierre face à la fontaine ou alors cinquante mètres plus loin sur le parapet d'où il pouvait voir l'intérieur du bar et derrière lui les montagnes qu'il ne regardait plus depuis de nombreuses années, trop habitué à leur présence. Les voitures de touristes s'arrêtaient souvent à cet endroit pour admirer le paysage, il ne faisait pas attention à eux, il faisait partie du paysage.
Tous deux passaient leurs journées à arpenter leurs territoires du matin 9h00 jusqu'à l'heure de la soupe, il n'y avait que par temps de pluie ou de neige qu'ils ne sortaient pas. Ils vivaient seuls personne ne les attendait. Vous pouviez savoir l'heure à la position qu'ils occupaient. Assis sur leurs fesses ils regardaient passer les voitures depuis leur enfance, ils en connaissaient toutes les marques et savaient en reconnaître le bruit avant qu'elle ne passent devant eux au sortir du virage. Ils parlaient très peu, juste un petit geste lorsque passait une connaissance. On ne savait pas de quoi ils vivaient, peut être d'une pension, mais on ne les avait jamais vu travailler.
Un matin, Dominique n'est pas venu s'asseoir sur sa chaise, on a aperçu Ange se rendre à l'église. De ce jour là, on n'a plus vu aucun des deux frères et le banc et la chaise sont restés là, vides.
Publié par rans à 15:03:41 dans Fuchsia pourpre | Commentaires (0) | Permaliens
Combat,
Sous ses doigts le fusain voletait sur la toile dans des crissements pénibles déchirant
par moments le silence de la pièce.
Parfois il quittait sa place et s'approchait du modèle comme un chat devant un oiseau,
Puis précipitamment rejoignait l'esquisse et retouchait un trait, une ombre, une courbe
Le corps nu sur le sol, torturé, incongru, recroquevillé dans une pose douloureuse
exprimait sa vie sur le jute glauque.
L'atmosphère de l'atelier sentait la souffrance, la douleur et la peine. Par terre,
contre les murs, faces invisibles, des tableaux reposaient enfin.
Lorsque repu de son modèle, imbibé de son âme et de sa chair il posait le fusain, il
changeait l'esquisse contre une toile nouvelle, vierge et soumise. Et prenant
ses pinceaux il travaillait sans mollesse, mélangeant les couleurs, étendant la pâte
en couches précises, sculptant les détails, allant jusqu'au bout de son art.
Il puisait dans ses ressources la force de peindre. Chaque geste comptant pour saisir
toute une vie, comme quelque chose d'impudique, il rendait ce corps à son
impression première.
Dans ce combat entre l'homme et la toile, pas de place pour le doute, la main
Etait sure et la matière rebelle. Et lorsque épuisé, le modèle évaporé, il retombait
lourd sur son fauteuil déchiré, la toile recouverte d'un linceul nuptial prenait son vrai
nom :...Une œuvre.
Publié par rans à 00:12:39 dans Fuchsia pourpre | Commentaires (0) | Permaliens
on ne choisit pas non plus ses voisins pour l'éternité...
Antoine est un homme très organisé dans la vie. Il ne laisse rien au hasard. C'est un tout petit bonhomme un peu bedonnant.On le voit rarement sourire, pas trop le sens de l'humour, ou alors c'est un humour un peu particulier, pas très prisé sur le continent. Il aime bien faire rire aux dépends des autres, mais n'aime pas être lui-même la source de sarcasmes. Il est très soupe au lait comme on dit couramment d'un homme colérique. D'ailleurs il se plaint souvent de sa bile, il se dit dans le village qu'il couverait un ulcère, mais ceci sans aucune certitude. Toujours occupé à travailler dans son jardin, il fréquente peu l'unique bar du village ; Vous me direz que cela est bien, mais ici, les relations sociales passent par le bar. Imaginez que dans ce village comme tout commerce il n'y a que deux boulangeries, un boucher, un charcutier et quatre restaurants dont seuls deux sont ouverts toute l'année. Il y a aussi la Mairie, la poste et bien sûr l'église qui rythme la vie de la commune. Le boucher et le charcutier ont des horaires aléatoires, ils ouvrent lorsqu'ils sont achalandés en viande, et pour cela il faut abattre des bêtes et ce n'est pas tous les jours.
Le jardin et le champ d'Antoine sont très soignés, en toutes saisons, qu'il neige ou qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il y ait la canicule il a toujours une occupation. Il scie, bêche, retourne la terre, ensemence, son éternel béret sur la tête. Vous le rencontrez et ne pouvez lui donner un âge, il paraîtrait qu'il approcherait les 70 ans.
D' ailleurs il semble que son âge le tracasse ? Car il y a quelques mois il a acheté une parcelle au cimetière et depuis il creuse lui-même sa tombe. Tous les après midi après son travail chez lui il se rend à sa tombe et creuse, il attaque maintenant le ciment pour faire son caveau. Mais voilà, ce qu'il n'avait pas prévu c'est qu'il aurait un voisin pour l'éternité. C'est un des sujets les plus important de discussion au bar du village depuis quelques semaines. Le voisin d'Antoine pour l'éternité. Ce serait un étranger au village, un basané qui vivrait à la grande ville la plus proche. La grande question est : pourquoi lui, un gars de la ville et qui plus est qui n'est pas natif de la région viendrait il s'installer pour attendre la fin du monde, dans un petit cimetière perdu dans la montagne.
Depuis, Antoine est encore plus sombre qu'avant, son béret est continuellement de travers et on le voit plus souvent au bar pour guetter les conversations.Alors on chuchote au lieu de parler, les conversations cessent lorsqu'il entre, ce qui a tendance à le rendre plus nerveux.
Monsieur le Curé a été obligé d'intervenir, un jour il a provoqué une rencontre avec Antoine, il a été répété que Mr le Curé lui aurait promis que la cohabitation aurait une fin, puisque un jour ou une nuit tout le monde serait convoqué chez Saint Pierre et qu'alors lui en bon chrétien aurait d'autres voisins. Il ne semble pas qu'Antoine ait été rassuré par ces propos.Il vient moins au bar et bine avec plus de rage son champ. Une vieille du village aurait rapporté l'avoir surpris à bougonner entre ses dents : »Tu vas voir Saint Pierre ce que je vais lui dire... ! »
Publié par rans à 17:34:10 dans Fuchsia pourpre | Commentaires (0) | Permaliens
J'ouvre ce thème pour y mettre les nouvelles que j'ai déjà publiées sur des sites de littérature ou que je vais y mettre...
A parcourir sans modérations...
Michel
Publié par rans à 17:16:53 dans Fuchsia pourpre | Commentaires (0) | Permaliens
Vous dîtes..?