Amicizia corsu
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les pieds sur terre
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<< Expo Palais des Congrès Ajaccio : du 30/05 au 6/06/05 | La Confrérie des Redempteurs. Chapitre XII | Porticcio >>
cHAPITRE XII
Où l'on reparle de l'Etoile Polaire, et de voyages en Italie et en Egypte.
Après une lecture tardive et une nuit agitée auquel le souvenir de Cinnie n'était pas étranger, je me levais de bonne humeur ce matin là. Une douche dans la salle de bains attenante à la chambre, rasé de près, parfumé, changé, je sifflotais en allant ouvrir la porte. Celle-ci ne s'ouvrit pas, fermée de l'extérieur et à clef en plus. Ce geste m'intrigua, et je me souvins que dans la nuit j'avais entendu du bruit dans ma chambre et je m'étais réveillé, ma porte venait de se refermer mais je me rendormis. Je m'aperçu alors de la disparition du livre de Gallo. Quelqu'un était venu le récupérer pendant mon sommeil.
Qu'est ce qui dans cet ouvrage avait motivé ce geste ?
Ce livre devait renfermer des éléments importants susceptibles de m'apporter les clés de cette histoire. Je me souvins de certains passages. Gallo et Cafiero avaient vécu à la fin du XIX° Siècle, tous deux anarchistes, amis, avaient beaucoup voyagé en Europe. J'avais appris qu'après la mort de Cafiero dans un hôpital psychiatrique, Gallo s'était autoproclamé grand maître d'une société secrète, sur laquelle le livre ne révélait que peu de choses. Mais Gallo s'était rendu en Corse avec certains de ses disciples. Il utilisait des termes très durs envers les bandits corses. Mais ce qui était extraordinaire c'est qu'il citait l'existence du bijou détenu par Bellacoscia. Ce bijou aurait été rapporté d'Italie dans la suite de Napoléon alors qu'il n'était que Bonaparte. Bonaparte conserva le bijou et l'avait toujours lors de l'expédition d'Egypte. Contraint de retourner en France précipitamment, il confia ses troupes d'Egypte et certaines de ses malles dont celle renfermant l'Etoile Polaire à Kléber.
Kléber comme nombre de Maréchaux de l'époque était grand amateur de femmes, il en fit cadeau à une splendide berbère avec ce poème :
Rêve voilé
Je ressentais ta pudeur diffuse, héritage d'une éducation bédouine qui passait d'une nationalité à l'autre par le filtre poreux du regard.
Regards des femmes voilées aux mains dessinées..
Regards des jeunes hommes respectueux des traditions.
Silence des regards, frémissements, à la porte du jardin des délices...
Ta peau douce et chaude au goût d'orange sanguine
Ton parfum enivrant mélange de mûres et de mangues.
Je dévorais ta bouche hibiscus, ton nez volubilis.
Et dans mon rêve parisien, je cherchais des yeux la route de Tunis.
L'Egyptienne après le départ des troupes françaises, devint la maîtresse du Bey de Tunis. Ce dernier avait de nombreux otages capturés dans ses expéditions navales en Méditerranée. Parmi ces esclaves, un corse natif d'Ajaccio subtilisa cet objet qui termina entre les mains de Bellacoscia de nombreuses années plus tard.
Gallo parlait de tout cela dans son ouvrage écrit à la fin du XIX°Siècle, lui-même avait entendu parler de Bellacoscia qu'il considérait comme un Bandit d'Honneur.
Ce que je ne comprenais pas c'est pourquoi ce bijou était la proie de tant de sollicitudes, quelles propriétés étranges pouvait il détenir pour générer tant de convoitises en dehors de sa valeur fiduciaire ?
Publié par rans à 21:51:27 dans La Confrérie des Redempteurs | Commentaires (0) | Permaliens
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