Amicizia corsu
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les pieds sur terre
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<< Les temps de la sieste | La Confrerie des Redempteurs. Chapitre X | Rivage >>
la Confrérie des Rédempteurs.
-« Que faites vous là lui dis-je.. ! ». Le vieil homme mis un doigt sur sa bouche et me répondit mystérieux :
-« Ne dites plus rien, suivez moi, vous êtes en danger »
Et il nous tourna le dos, et sans plus attendre remonta la rue de son pas hésitant. Nous n'eûmes pas à aller loin, tout juste deux pâtés de maisons et il tourna dans une autre ruelle aux odeurs de couscous.
Là, il s'engouffra sous un porche et nous fit signe de la main. Je voulais en avoir le cœur net et n'avais pas d'autre solution que de le suivre. Il monta un escalier aux tomettes de cuisine rougeâtres et toqua à une porte délabrée. La porte s'ouvrit et une vieille femme aux allures de sorcière apparut dans l'encadrement.
-« Entrez.. ! » nous ordonna t'il. Nous pénétrâmes dans un appartement qui contrairement au quartier sentait le neuf et le soigné. Des meubles cossus meublaient les pièces qu'il nous fit traverser et arrivés dans une grande pièce il nous désigna deux fauteuils à l'aspect confortable. Une fois que nous étions assis et que Cinnie dévoila à nouveau la finesse de ses jambes, il s'assit sur un vieil escabeau qui détonnait avec le reste de la pièce.
J'allais ouvrir la bouche pour laisser libre cours au flot de questions qui me submergeaient, mais il prit les devant et nous demanda si nous désirions boire quelque chose. J'acquiesçait et Cinnie aussi. La sorcière réapparut soudainement avec un plateau sur lequel trônait une bouteille avec un liquide aussi transparent que de l'eau.
-« Apres ces émotions et ce voyage mouvementé, vous devez avoir besoin de vous remonter, voici une eau de vie de mandarine provenant directement de mon jardin, buvez, c'est un peu fort, mais cela ne vous fera que du bien.. Mais avant tout je me présente, je suis Dono Cafarelli, ce que chez nous on appelle un ghio » dit il avec un sourire emprunt de noblesse.
Je trempais mes lèvres et Cinnie m'imita. Je ressentis tout de suite une immense chaleur m'envahir, je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas habitué à la boisson, mais là ce liquide me remonta le moral.
L'homme nous regardait du coin de l'œil avec une lueur de bonté, je sentis tout de suite que nous n'avions rien à craindre de lui. Après avoir pris une longue pause, il parla :
-« Mr Sproutch, vous vous êtes mis de vous-même au centre d'une ténébreuse affaire. Les enjeux sont importants et qui que vous soyez vous ne serez pas de taille à vous défendre seul. Vous êtes au cœur d'une machine de guerre qui poursuit son œuvre dans l'ombre de siècles en siècles. Je ne vous en fournirai pas tous les détails. Juste une anecdote : en 1899, dans le Sartenais Petro Giovanni, auteur de crimes envers la population sera invité à un banquet à son honneur, il se saoulera et fera ripaille, les gens du village l'abattront et mettront son corps en évidence pour que les gendarmes le trouvent*. Petro Giovanni était un « bandit mercenaire ». Ce que vous pouvez savoir c'est que chez nous il existe deux espèces de bandits, les « bandits d'honneur » et les « bandits mercenaires ». Les premiers sont honorables car ils respectent les règles de la société, ils accomplissent une vengeance personnelle car on leur a fait du mal et ne s'attaquent à personne d'autre qu'à celui ou ceux qui sont à l'origine de leurs maux. Les seconds ne respectent rien et sont redoutés de la population car ils sont sans foi ni loi et sans honneur. Pour lutter contre ces derniers, des hommes irréprochables se sont unis et les pourchassent, nous sommesla Confrérie des Rédempteurs. Le meurtrier du cimetière où vous travaillez fait parti des « mercenaires », et dans le train les deux hommes qui ont été sauvagement assassinés étaient deux de nos frères, ils étaient là pour vous protéger et mourir à votre place. Les « mercenaires » sont à vos trousses, vous avez été témoin de l'assassinat du cimetière, ils veulent vous attirer dans un piège et pour cela ils ont kidnappé votre épouse. Nous ferons tout pour vous aider. Nous allons vous cacher et agir à votre place pour vous rendre votre femme. »
Je l'écoutais estomaqué, ce qu'il venait de me dire éclairait d'un jour nouveau cette sombre affaire. Un détail me revint en mémoire : » Mais pourquoi ont-ils utilisé des hiéroglyphes pour me faire venir à Marseille ? »
- « Ils savent tout de vous et connaissent l'existence de votre cousin Fernand, en y mettant du mystère et en enlevant votre épouse ils étaient certains que vous viendriez ».
*Voir l'ouvrage « Vendetta et banditisme en Corse au dix-neuvième siècle » de Stephen Wilson aux éditions A messagera/Albiana, ISBN : 2- 84698-040-3
Publié par rans à 20:08:52 dans La Confrérie des Redempteurs | Commentaires (0) | Permaliens
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