Que celui
qui n'est pas matérialiste lève la main. Que je lui jette un puissant
cailloux dans la poire. Qu'il se relève, je l'abat. Non mais.
Petitami
me tire par la main quand il sent mon regard s'égarer dans une vitrine.
Je traine presque au sol comme l'enfant qui fait son caprice. C'est ça,
en fait. Le caprice.
Si jamais mon oeil pétille, petitami sait qu'il
est cuit et que c'est lui qui va traîner au sol derrière ma fuite vers
le-dit objet de convoitise.
Parce que dans le cas contraire, je vais en
rêver la nuit. Et puis le jour. Et là c'est le drame. Pour lui, mon
amour propre (pour les insultes ou reproches indigestes qui peuvent
s'en suivre) et mon portefeuille.
Ca remonte
à l'époque où, haute comme trois pommes un quart, j'étais tombée en
pâmoison devant un ridicule noeud papillon vert fluo pour homme-clown.
La hiérarchie génitrice, ne cédant ni aux oeillades, ni aux pleurs, ni
aux cris de désespoir, aurait dû me couper les mains avant que j'eusse
le mauvais réflexe de glisser l'affaire dans la poche de mon blouson
rose à capuche en poils de moumoute.
Voilà comment j'ai découvert que
les portiques à l'entrée/sortie des magasins, c'est de la menace
visuelle pour crédules. Et aussi combien on perd en mètre cube d'eau de
son corps, pourtant si jeune et frêle à cet âge innocent, lorsque l'on
brave l'interdit juste pour contenter son désir qui s'éteint aussi vite
qu'il n'a mis le feu à vos sens.
Comment en
arrive-t-on à souiller son âme sainte et presque pure pour des formes
sans âmes, qui n'ont même pas à vous renvoyer ne serait-ce qu'une
lichette d'amour (ou de haine/pitié/n'importe quoi) ?
Si je me
souviens du plaisir jouissif d'avoir pour moi toute seule ce bout de
tissu fluo quelques instants avant que ma mère ne découvre le pot aux
roses et me bassine de morale accompagnée d'une jolie raclée pour
enfant tordu, je ne me souviens pas de la punition. De la puissance de
la fessée, je veux dire. C'est ce qu'aurait dû graver mon disque dur
interne. Mais non.
Au lieu de ça, je traîne ce putain de matérialisme collé à la peau. Je veux, je caprice, je jouis. Et puis plus rien.
Je ne suis
ni médecin, ni avocate ce qui signifie que j'ai de (très) modestes
revenus. Ce qui ne m'a pas empêché de céder à la tentation d'acheter un
jean à un prix scandaleux pour du coton usé. Juste
parce qu'on nous vend du pseudo luxe à coup de marketing bien ficelé.
Et que je trouve le nom de la marque rigolo (je suis d'une stupidité
consternante, n'est-ce pas ?).
Quelque
part, j'imagine que ce qui motive l'envie d'avoir à tout prix, c'est le
message plus ou moins subliminal que renvoi unetelle marque pour des
raisons vraiment obscures.
Qu'est-ce qui nous fait imaginer qu'on
deviendra plus ou moins con si on est estampillé Tartantruc ? Oui, le
marketing, toussa. Ca va très loin.
Parce qu'à force on se construit un
référentiel vraiment idiot et cela nous conduit à des addictions
débiles comme le fait de s'amouracher d'objets.
Si, ça c'est pas über crétinus.
Peut-être
que c'est la faute à la maladie d'amour. Ou peut-être que nous sommes
juste des hyper consommateurs trop cons pour être vrais.