<< Comment je suis (re)devenue moche. | Mulholland Drive Project | Hey Hey My My en concert. >>
2 ans plus tôt. Un coin d'herbe et deux camarades de fac.
A
cette époque, je gaspillais mon temps et mon énergie à simuler
l'étudiante en arts. Un rôle qui m'allait assez mal. Pas pour l'art,
mais pour la fac. J'ai détesté cet endroit à l'instant même où j'y
traînais les pieds et trébuchais laissant s'écrouler dans ma chute tous
mes idéaux édulcorés de ce que pouvait être ou ressembler la vie
estudiantine. Malgré ces désillusions, j'y retournais deux ans plus
tard après avoir simulé l'infirmière.
De simulation en simulation, j'aurais pu finir comédienne, mais il n'en est rien.
Toujours
est-il que ce jour-là, je me mêlais à quelques camarades du cours de 2D
(c'est comme ça qu'on dit en jargon art pla) pour le déjeuner. Des
filles avec qui je partageais un sourire de circonstance, quelques
heures et deux-trois feuilles de cours mais rien d'autre à mon grand
soulagement. Je n'aime pas dire du mal des gens, mais
elles étaient effectivement gentilles.
L'une d'elles, après avoir dévoilé un grand et surpuissant rire gras
bien dissimulé derrière une féminité sans faille, crapotait entre deux
nuages de fumée de clope une éloge au film Mullholand Drive de
Lynch que je n'avais, pour ma part, jamais eu l'occasion de visionner.
La gigue devenue presque invisible dans son brouillard vantait le
caractère mystique de l'oeuvre Lynchéenne et de son attrait pour les
films tordus où -je cite- "on y comprend rien la première fois".
Malgré
le dégoût que m'inspirait le personnage caricatural qui m'adressait ces
conseils avisés de cinéphile hors pair, une certaine curiosité pressante naquit à ce moment précis où j'aurais pourtant préféré courir à
travers les champs de tournesol à Bogota poursuivie par un 4x4 bourré
de testostérone enragée et armée jusqu'aux dents.
J'ai
toujours repensé à ce déjeuner mystique au cours duquel ma phobie des
étudiantes étonnement féminines et rustres la fois est née; et
accessoirement à ce film qui m'attirait irrésistiblement sans raison
apparente comme ce carré de chocolat à la cerise qui dort sagement au fond du
placard.
C'est là, qu'hier, en ouvrant mon igoogle je découvrais le programme
télé du soir où Arte l'a fait (mon voeu). J'allais enfin découvrir en
pixel et en vrai, le seul point commun que je partage avec cette fille
du cours de 2D (en dehors du fait d'avoir été dans la même classe,
uhuh). Le téléphone mis en sourdine et une tarte saumonée plus tard, me
voilà à 20h40 pétantes enroulée dans ma couette devant Arte et Mulholland Drive rien que pour mes yeux.
Ca commence, je jubile. Je veux comprendre ce qu'elle n'a pas compris et faire la fête intérieurement (c'est idiot, je sais, mais j'ai jamais dit que j'étais intelligente, hein).
La femme brune se fait renverser et se réfugie dans un appart, il y a une blonde qui débarque à Hollywood et qui la découvre dans la salle de bains (du même appart). Une femme s'appelle Coco, un blondinet tue trois personnes et un autre type crache un espresso probablement infect. La brune se fait appeler Rita, comme Rita Hayworth sur l'affiche puis avoue finalement à la gentille blonde qu'en réalité elle ne se souvient de rien.
Et moi non plus à vrai dire. En dehors du fait que j'ai pris un appel réel en plein sommeil où j'ai baragouiné jenesaisquelles inepties et que j'ai fait un rêve où il y avait des ballons de baudruche qui flottaient dans l'inondation d'une grande baraque où un milliers d'enfants venait patauger.
Publié par petite lune à 19:52:11 dans 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | |||
| 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 |
| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 |
| 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 |
| 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |