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Karine JABLONKA - ANDRIEUX

Ecrivain jeunesse (Pour commencer...)

Karine JABLONKA - ANDRIEUX






Tout a commencé dans un avion...

Hôtesse de l'air, je ne partais jamais sans mon nounours dans mon sac de voyage...
Il rendait, en escale, ma chambre d'hôtel moins impersonnelle...

Une nuit, sur un transatlantique de six heures, Murphy est sorti de ma valise et a fait rire les petits enfants voyageant seuls...

Commençait alors pour nous deux, une grande aventure :

Murphy faisait les bêtises et moi je notais sur du papier toutes ses péripéties... D'ailleurs, je ne me suis pas arrêtée à lui...




MA DEVISE

Ne rêve pas ta vie, Vis ton rêve...

Don't dream your life, live your dream...

Träume nicht dein Leben, lebe dein Traum...

No sueno tu vida, vive tu sueno...

Mi piaceremu mettè tutti i linguè du u mondu sannu... (Sorenza)

Non sogni la sua vita, la vita il suo sogno... (Tara)

لا تحلم حياتك ، عش حلمك (Ma plume)



♥♥ 10 JUILLET  ♥♥

Bon anniversaire Frangin!




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CHAPITRE SIX | 23 juillet 2008


Pour la sixième semaine consécutive, fidèle au rendez-vous, le chapitre six de "L'OMBRE AU TABLEAU", l'histoire se précise...

A midi, mes amis, je récupère mes enfants!

20 jours sans un baiser, sans une carresse... Je peux vous dire que c'est très, très long... A présent, se profile une semaine avec elles où je serai incapable de leur refuser quoi que ce soit, croyez moi!


CHAPITRE 6


Nous montâmes les marches du grand escalier de pierre très tranquillement. La porte du grenier était ouverte : "on" nous attendait.

Le grenier, le dernier étage sous les combles, était une pièce immense de la surface totale de la maison. Il y régnait un vrai désordre... Des caisses en bois étaient dispersées un peu partout, des vieux meubles étaient recouverts de draps poussiéreux et jaunis par le temps. Il y avait même un piano à queue laqué noir ! Comment les gens ont-ils pu partir en laissant de telles merveilles ? Ont-ils eu peur de quelque chose ? Ou alors ignoraient-ils l'existence de ce grenier ?

- Vanille ?

La voix d' Allister sonnait à l'autre bout de la pièce. Je ne le voyais pas car il était enfoui dans un profond coffre en bois. Il en sortit difficilement, tenant dans les pattes un petit livre relié de cuir sur lequel était gravé le prénom "Elène".

- Je crois que nous avons trouvé !

Il me tendit le livre d'un air victorieux. Le feuilletant rapidement, je compris en lisant quelques lignes qu'il s'agissait du journal intime d'Elène.

- La clé du mystère se trouverait-elle dans ce journal ? M'exclamai-je alors.
- Sans aucun doute. Répondit Allister qui ajouta :
- Rappelle-toi Vanille, lorsque nous étions dans le salon, la voix nous demandait de trouver le journal, je crois qu'il s'agissait en fait, de CE journal... Lisons-le et voyons ce qu'il peut nous apporter.

J'ôtai le drap qui recouvrait un canapé et m'installai confortablement. Allister en fit autant. Je commençai la lecture à voix haute.

- "Je m'appelle Elène de Fraise et si tu me lis, c'est que tu es née un dix-neuf juin." C'est vrai ça, comment sait-elle ça ?

Je repris la lecture car Allister, après avoir haussé les épaules, semblait impatient de connaître la suite. Je le comprenais, il était tout de même question de sa maman.

- "Dix-neuf juin, c'est la date à laquelle j'ai été "libérée" des griffes diaboliques de mon mari Louis Delenfer. Mes parents l'avaient embauché en tant que jardinier et rapidement, nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. Cependant, il était inconcevable pour mes parents que j'épouse un jardinier. Alors il a exploité son talent caché : la peinture. En quelque mois, il est devenu le peintre le plus populaire et le plus demandé partout en Europe.
Mon père a fini par lui accorder ma main et nous nous sommes mariés. Je l'aimais comme jamais je n'ai aimé quelqu'un, j'étais aveuglée par mon amour au point de ne pas m'être rendue compte tout de suite que j'avais épousé un monstre. Louis avait deux visages, celui que je lui connaissais et celui du sorcier qu'il était réellement. Il ne m'aimait pas, il visait en fait la fortune de mes parents. J'étais fille unique et, à leur mort, j'héritais de tout, de l'argent, de la maison... Mes parents avaient du mal à le considérer comme un membre de la famille et ce, malgré notre mariage. Ils ne lui faisaient pas confiance et ils avaient raison !
De ce fait, ils ne l'ont pas couché sur le testament qu'ils avaient pris soin d'écrire quelques jours avant notre mariage. Louis est devenu fou de rage en lisant le document sur lequel il était tombé par hasard. Il créa des peintures ensorcelées et un jour où mes parents étaient sortis faire une ballade en barque, il peignit leur portrait dans un tableau, les faisant ainsi disparaître de la réalité. Je ne suis jamais parvenue à mettre la main sur ce précieux  tableau.
Tout le monde considérait mes parents morts et j'héritais de leurs biens. Louis a commencé à faire pression sur moi, il voulait de l'argent, toujours plus d'argent. Comme je refusais de lui donner ce qu'il voulait, de peur qu'il ne soit dilapidé en un rien de temps, il me prouva son pouvoir en enfermant mon nounours dans un tableau. Il m'expliqua alors que le créateur d'un tableau pouvait décider de tout à l'intérieur de son œuvre, qu'il était le seul à pouvoir le modifier et que tout était scellé grâce à la signature.
Mon nounours, ma douce Luna, je ne la reverrai jamais, elle était ma meilleure amie, ma confidente et tout ce qui me restait.
Louis me dit enfin que si je lui donnais de l'argent, il libérerait Luna. J'étais acculée, j'ai donc cédé.
Il garda Luna enfermée malgré sa promesse. Aussi un jour, alors qu'il était parti en voyage, j'ai essayé de gratter la signature de Delenfer pour libérer mon nounours, mais ça ne marchait pas. Alors, en désespoir de cause, je décidai de peindre dans la hâte, ma propre maison et d'y vivre loin de Louis Delenfer.
Avant de disparaître à jamais, j'ai écris le journal que vous tenez entre les mains, vous devez connaître la vérité, le monde entier doit connaître la vérité.
Maintenant, il faut que j'aille me cacher car mon mari ne va pas tarder à rentrer. S'il y a une solution pour nous sortir de là, trouvez-la, s'il vous plaît. Trouvez-la..."

Publié par roxadian à 10:21:33 dans ♥♥ L'OMBRE AU TABLEAU ♥♥♥ Chapitre par chapitre rien que pour vous | Commentaires (13) |

CHAPITRE CINQ | 16 juillet 2008



Voili, voilou, nous sommes mercredi et comme tous les mercredi depuis cinq semaines, je publie un chapitre de "L'OMBRE AU TABLEAU", les aventures de Vanille et de son petit ourson Allister...

Entre nous seulement, sachez que cette histoire a été classée "coup de coeur" par la maison d'Edition...


CHAPITRE 5


- UN HIBOU ???

Allister n'en revenait pas. C'était pourtant la vérité, nous avions bel et bien eu peur d'un oiseau ! Un gros oiseau, certes, mais ce n'était pas non plus Delenfer !
Il fallait cependant retourner sous le saule.

- Pourquoi ne pas y aller demain ? Demanda-t-il comme si sa proposition était la meilleure qu'il n'ait jamais trouvée.
- Il ne faut pas remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même.
- Ça c'est ta devise, mais la mienne est de remettre au lendemain ce que l'on ne peut pas faire le jour même. Tu cernes la différence ? Emit-il, le menton en l'air.
- Allez, un peu de courage, s'il s'agit de ta maman nous ne risquons rien, tu ne crois pas?

Cette fois, je m'emparai d'une lampe torche et Allister emboîta mon pas d'une façon plus sereine. Lorsque nous arrivâmes près du saule pleureur, nous ne vîmes absolument plus rien. Plus le moindre signal, plus la moindre...

Nos têtes se tournèrent alors vers le grenier où elles furent attirées par de la lumière. Allister s'empara de ma jambe, sa frimousse ne pouvait se détourner du toit, tout comme la mienne d'ailleurs...

Le grenier s'éclairait d'une façon qui ne nous était pas inconnue : il s'allumait trois fois rapidement, trois fois plus longuement, trois fois rapidement...
Le même signal de détresse.
Le S.O.S. en morse.

- J'ai compris Allister, "quelqu'un" nous a fait venir dans le jardin pour attirer notre attention vers le grenier. C'est là-haut que se trouve la clé du mystère. Annonçai-je alors contente d'avoir eu un éclair de lucidité.
- Très perspicace la gente dame. Et vous croyez vous en tirer si facilement ?

Delenfer...

Il était revenu. Toujours aussi noir, toujours aussi menaçant.
Je fis quelque pas en arrière sans détacher mon regard de cet abject personnage.

- Ne vous ai-je pas déjà dit que cette maison m'appartenait ? Que faites-vous encore ici ? Hurla le monstre, nous faisant ainsi sursauter.

La seule échappatoire était d'atteindre la cuisine qui se trouvait à une dizaine de mètres... Dix petits mètres. Trois secondes auraient suffi en courant très vite. Mais comment réagirait cet homme ? S'il s'en était réellement pris à Elène comme nous le prétendions, il pouvait très bien s'en prendre à nous aussi.
Que faire ? Comment faire ?

Doucement, je me baissai vers Allister et le pris dans mes bras pour la simple raison que s'il fallait courir, je courrais plus vite que lui...
Il tourna la tête en direction du grenier et, retenant son sanglot, il sollicita sa maman :

- Maman aide-nous s'il te plaît.

Soudain, comme par magie, une force invisible stoppa Delenfer. Il se mit à crier de douleur et tomba à genoux sous le poids de la souffrance.

- COUREZ!

C'était sans doute la voix de la maman d'Allister, plus fluette, et jusqu'à présent, inconnue.
Sans demander mon reste, je bondis vers la porte de la cuisine et fermai les volets sur un Delenfer tambourinant de ses poings, nous menaçant :

- Vous ne perdez rien pour attendre... Je vous aurai comme j'ai eu les de Fraise et leur espèce de petite chose en peluche !
- Ne fais pas attention à ce qu'il dit, Allister. Il n'y a que lui pour penser ça. Ici nous sommes en sécurité, je le sens. Viens avec moi, si ce à quoi je pense se révèle vrai, nous devrions avoir une surprise de taille.

J'attirai mon nounours vers moi, mais celui-ci recula d'un pas en se rebellant :

- Évite de me faire peur avec tes sous-entendus Vanille, je pense avoir eu mon lot de frayeur pour la journée. Alors dis-moi qu'elle est donc cette surprise et qu'on en finisse.
- Les tableaux, Allister ! Nous devons jeter un œil aux tableaux du salon, car je suis convaincue qu'ils parleront...
- Quoi... Que... Que veux-tu dire par "les tableaux parleront" ? Cafouilla-t-il.
- Je ne peux pas te l'expliquer sans te montrer. Il faut que tu viennes avec moi, mais ne crains rien, pense à ta maman, elle ne te fera aucun mal...

La porte du salon s'ouvrit toute seule, lentement, puis la lumière s'alluma à son tour, toute seule aussi. Malgré cela, je demeurai tranquille. J'étais persuadée que nous ne risquions rien ici, dans notre maison. Allister quant à lui, était terrorisé.

- Et si c'était Delenfer ? Questionna-t-il dans un murmure.
- Non, je ne pense pas, ce n'est pas son genre d'agir de cette façon, il est plutôt... impulsif et, de toute manière, il est enfermé dehors. Je crois au contraire qu'Elène nous montre le chemin.
- Je pensais que nous devions monter au grenier.
- C'est ce que nous ferons dans une minute Allister, après avoir vérifié les peintures.

Je regardai un tableau choisi au hasard et, le sourire aux lèvres, je m'écriai :

- Regarde Allister, j'avais bien raison.

Je pris mon ourson dans les bras afin qu'il puisse voir le tableau de plus près. Son regard s'illumina tout d'un coup.

- Ma maman, elle sourit !

En effet, le portrait peint du nounours n'avait plus rien à voir avec celui observé quelques heures auparavant : la tristesse avait totalement disparu, laissant la place à un sourire resplendissant et à des yeux brillants de bonheur.

- Que s'est-il passé Vanille? Comment as-tu su que les portraits allaient changer ? Questionna mon nounours en sautillant devant moi afin que je lui réponde plus rapidement.
- Je n'étais pas certaine qu'ils changeraient, mais je l'espérais. En fait, Elène et ta maman ont tenté de se faire comprendre en nous envoyant un signal, apparemment elles sont ravies que nous l'ayons obtenu et compris. En tout cas, je crois... Voyons l'autre tableau maintenant.

Nous nous approchâmes de la cheminée afin d'observer ce qui avait changé dans le tableau où était peinte notre maison. Elène était toujours dans le grenier, le doigt dirigé vers le jardin.

-Tu vois ce que je vois ? Me demanda Allister le plus sérieusement du monde.
- Oui, je vois Elène dans la maison. Répondis-je alors en balayant la toile de haut en bas.
- C'est tout ? Reformula Allister.
- Oui, pourquoi, tu vois quoi toi ?
- Tu ne vois pas Delenfer dans le jardin ?
- Non, pourquoi, tu le vois toi ?
- Oui, il parcourt le jardin de long en large, regarde, il est là à présent. Dit-il en touchant l'ombre de son doigt.

J'avais beau regarder de près, de loin, de haut en bas et de gauche à droite, je ne voyais absolument rien... J'en informai donc mon ourson :

- Non, décidément, je ne vois rien... Oh ! Elène, elle vient de retirer sa main... Je crois qu'elle voulait nous montrer Delenfer. Mais c'est bizarre que je n'arrive pas à le voir sur le tableau, alors que j'y arrive dehors... Et maintenant, que fait-il ?
- Il regarde Elène, il est assis en tailleur à côté du saule pleureur. Tu avais raison Vanille, nous sommes en sécurité dans la maison, Delenfer ne peut pas y entrer sinon il l'aurait fait depuis longtemps. Bon, maintenant que je suis rassuré, nous devrions monter au grenier. Je ne sais pas ce que nous allons trouver là haut mais en tout cas, ça ne pourra pas être pire que dehors. Annonça le nounours tel un petit chef, ravi de se sentir mieux.
- Allons-y !

Cette fois, c'était moi qui lui emboîtais le pas...


Publié par roxadian à 11:28:25 dans ♥♥ L'OMBRE AU TABLEAU ♥♥♥ Chapitre par chapitre rien que pour vous | Commentaires (17) |

CHAPITRE QUATRE | 09 juillet 2008



CHAPITRE 4


Les déménageurs étaient enfin partis. Le plus gros du travail enfin terminé. Il ne restait que le contenu des cartons à vider et à ranger dans les armoires et sur les étagères. Rien de bien contraignant si l'on réalisait cette tâche en s'amusant.

Le soir tombait doucement.
Les derniers rayons du soleil rouge orangé scintillaient de mille feux dans l'eau de la rivière. Ce magnifique spectacle était visible depuis le salon où nous étions installés mon nounours et moi.
Des dizaines de dictionnaires encyclopédiques, provenant de la chambre d'Allister, étaient nonchalamment étalés autour de nous, sur le tapis. Il nous fallait rassembler un maximum d'articles concernant la Duchesse, afin de connaître en détail les circonstances de sa disparition. Mais avant, je voulais mettre les choses au clair avec ma peluche.

- Pourquoi ne m'as-tu rien dit Allister ? Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu avais entendu des voix, toi aussi ? Lui demandai-je d'une voix douce.

- J'avais peur que tu me prennes pour un fou voilà tout... J'entendais quelqu'un crier mon nom et ce n'était pas toi. Comment te l'expliquer ? J'ai préféré garder tout ça pour moi, mais je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à qui c'est arrivé.

- Je veux tout savoir dorénavant, je veux que tu me dises tout, qu'il n'y ait plus aucun secret entre nous d'accord... Tiens, regarde ce que je viens de trouver... écoute, je vais te lire cet article de presse...

"Elène de Fraise, épouse du grand peintre Delenfer a disparu mystérieusement alors qu'elle venait d'hériter de la très grosse fortune de ses parents, eux aussi, disparus dans d'étranges circonstances. Nos enquêteurs ont conclu, pour le Duc et la Duchesse de Fraise, à un naufrage en bateau, mais aucun indice, aucun détail ne permet d'affirmer cette hypothèse. Quant à Elène de Fraise, aucun élément n'a pu établir les circonstances et les causes de sa disparition. Les trois corps n'ont jamais été retrouvés, ils se seraient comme évaporés dans la nature. »

- C'est bizarre ça, tu ne trouves pas Allister ? Comment peut-on disparaître sans laisser de trace ?
- Oui, c'est bizarre comme tu dis... OH ! Regarde, c'est un portrait de Delenfer. Cet homme a vraiment l'air terrifiant... À en juger par son physique, on pourrait même imaginer qu'il a quelque chose à voir avec toute cette affaire, tu ne crois pas ?

Le sourcil relevé à la Sherlock Holmes, Allister me fit passer le livre. Mon cœur s'emballa de nouveau. Je balbutiai, effrayée, mais pas autant que s'il se trouvait devant moi...

- C'est lui ! C'est l'homme qui est apparu dans le jardin ! Il était vêtu exactement comme sur cette image. À croire qu'il n'avait que ça à se mettre sur le dos. Je suis prête à parier que c'est lui, Delenfer, qui a peint le tableau sur lequel on ne peut lire qu'un "De". Quel monstre ! J'en ai la chaire de poule...

- Journal... Trouvez le journal... Dit alors la voix qui m'était maintenant familière.

Allister et moi nous mîmes tout de même à crier.

- Tu as entendu comme moi, n'est-ce pas Allister ? Je n'ai pas rêvé ? Bafouillai-je à l'intention de mon nounours.
- J'ai entendu oui. J'ai peur Vanille. Me répondit-il en venant se blottir dans mes bras.

Je me relevai et tournai en rond dans le salon, mon ourson contre moi.

- Je ne pense pas... Je ne pense pas, Allister, qu'il faille avoir peur de cette voix. C'est sans doute celle de la Duchesse ou de ta maman et, à mon avis, elles ne nous veulent aucun mal.
- Comment peux-tu en être sure ?
- Je n'en sais rien, l'intuition féminine sans doute... Viens, je vais faire un peu de café, ça me fera du bien. Tu veux quelque chose Allister ?
- Je veux bien une limonade, double, sans glace et bien tassée s'il te plaît, j'ai besoin d'un bon remontant moi aussi. Plaisanta-t-il, les deux pattes sur les hanches, une fois posé sur le sol.

Je m'éloignai alors en direction de la cuisine. Dehors, il faisait déjà bien nuit. Le soleil avait totalement disparu et seule la lune se reflétait dans la rivière. En d'autres circonstances, je serai sortie pour respirer la nuit, et profiter de la richesse qu'elle offrait, mais aujourd'hui, le cœur ne m'en disait rien. J'avais plus envie de fermer les volets plutôt qu'autre chose. Ce que je commençai à faire d'ailleurs, quand tout à coup...
Au loin, près du saule pleureur, quelque chose se mit à briller...
J'appelai Allister qui se trouva près de moi en moins de trois secondes.

- Regarde là-bas... tu vois ? Lui demandai-je en indiquant le saule pleureur.
- Oui, c'est quoi ? Formula-t-il, inquiet, le nez collé sur le vitrage.
- Je n'en sais rien.

Nous regardions, immobiles, au travers de la baie vitrée ce qui pouvait être des signaux...

- Mais oui, ce sont des signaux ! Il s'agit bien d'un message codé : trois signaux courts, trois signaux longs, trois signaux courts. C'est du morse Allister, ça veut dire...

Il me coupa la parole pour lancer en tremblant :

- S.O.S.
- Tu as tout compris, quelqu'un nous lance un appel au secours.
- Je suis sûr que c'est Elène et maman.
- Je le pense aussi, mais si tel est le cas, nous avons donc à faire à des fantômes, car personne n'est capable de vivre plus de cent trente ans dans ce monde, si je m'en réfère à la date qu'il y a sur les tableaux.
- Personne ? Tu crois ? Ce n'est pas le cas des nounours... Nous, nous sommes capables de traverser les siècles si nous sommes transmis de génération en génération avec soin.
Emit l'ourson tout heureux de m'apprendre quelque chose.
- Sur ce point, tu as raison... Il ne nous reste plus qu'à aller voir sous le saule qui nous envoie ces messages.
 Sur ces quelques mots, Allister fila se cacher sous la table.

- Ah, non ! Moi, je ne sors pas, il n'en est pas question !! Beugla-t-il en sortant juste la tête de sous la nappe. Je me penchai pour mieux le voir et lui parler droit dans les yeux.
- Voyons poltron, ce n'est rien.
- Ce n'est rien, ce n'est rien, tu n'en sais rien !
- Oui en effet, je n'en sais rien, mais si nous n'allons pas voir, nous n'en saurons pas plus.
Je fis les cent pas, à nouveau... Allister proposa alors :
- Vas-y toi, moi je te surveille.
- Ben voyons ! Tu n'imagines tout de même pas que je vais y aller toute seule ! Il s'agit bien de ta maman si ma mémoire est bonne !

Mon nounours sortit alors de sa cachette.

- C'est ça, prends-moi par les sentiments... Tu as gagné, je viens. Mais tu me gardes dans tes bras sinon je reste là.

Chantage ou pas, je pris mon nounours dans les bras et sortis dans le jardin. Il s'accrochait à mon pull-over, que je venais d'enfiler pour sortir, avec une telle force que je sentais ses griffes s'enfoncer dans ma peau. Son nez était enfoui dans mon cou et je sentais qu'il fermait les yeux très fort : il avait manifestement très peur, et sur l'échelle du réconfort à mon égard, graduée de zéro à dix, je lui aurais mis un zéro bien mérité.

Je me rapprochai doucement du saule...

De temps en temps, Allister relevait la tête, ouvrait un œil pour le refermer aussitôt. Mon pas n'était pas assuré non plus, j'en avais pourtant vu d'autre et n'étais pas du genre à trembler au moindre bruissement de feuilles mortes...

Je m'arrêtai brusquement...

Allister releva la tête d'un air interrogateur. Seuls mes yeux, dont il ne pouvait voir que le blanc, lui répondaient.

Un énorme brouhaha se fit soudain entendre...

Le saule pleureur agitait ses branches dans tous les sens quand brusquement, un "HOOOOOOOUUUUUUU" terrifiant s'en échappa...

Nous nous mîmes à hurler Allister et moi, je piétinais sur place, ne sachant plus ce qui m'incombait de faire dans ce genre de circonstance.

- Mais, rentre à la maison Vanille ! Vite ! M'ordonna-t-il en hurlant dans mes oreilles.

Je courus très vite me réfugier dans la cuisine. Mon nounours s'était accroché à mes cheveux, il était ballotté dans tous les sens, comme un cow-boy sur un cheval fou de rodéo.

Publié par roxadian à 13:17:02 dans ♥♥ L'OMBRE AU TABLEAU ♥♥♥ Chapitre par chapitre rien que pour vous | Commentaires (4) |

CHAPITRE TROIS | 05 juillet 2008


CHAPITRE 3

L'odeur des crêpes se propageait un peu partout dans la maison. C'était délicieusement agréable et camouflait, quelque peu, celle des peintures.

Les artisans avaient vraiment fait du bon et joli travail. Toutes les pièces étaient comme je l'avais souhaité : tapissées de couleurs vives et chaudes comme les jaunes et orangés. Je trouvais que ces couleurs donnaient à la maison un côté accueillant et très agréable à vivre, en été comme en hiver.

J'avais laissé, accrochés sur les murs du salon, les tableaux d'origine.
Je les trouvais beaux et ils étaient indissociables de la maison. Selon l'agence immobilière, personne n'était jamais parvenu à les en sortir.

Je me dirigeai donc vers notre salon afin d'en changer leur disposition et de les regarder d'un peu plus près. Je n'avais pas vraiment pris le temps de les admirer car tout était allé très vite depuis que nous étions arrivés ici.
Voyons un peu...

Le plus grand tableau était accroché sur la hotte de la cheminée.
Il représentait notre maison, sans doute peinte au siècle dernier, à en juger par la taille des arbres, si petits sur la toile.
Selon moi, et vu de près, le peintre n'avait pas vraiment l'air doué. Les traits n'étaient pas droits, les arbres ne ressemblaient pas vraiment à des arbres, mais l'ensemble avait tout de même son petit effet et ce, malgré l'empressement de l'artiste. Car, bien que naïve en tableaux, beaux arts et tout se qui se rapprochait de la peinture, il était aisé de déceler le tremblement de sa main au moment il peignait, ou bien alors, de déceler la contrainte ou la précipitation de terminer son œuvre rapidement.

Je m'approchai plus près encore du tableau.
Mon œil avait été attiré par quelque chose de mouvant à la fenêtre du grenier. A ma grande surprise, je pouvais nettement distinguer une silhouette. Celle d'une jeune et jolie fille blonde. Elle bougeait à l'intérieur du tableau, à l'intérieur de la maison peinte sur la toile... Elle semblait demander de l'aide. Elle semblait inquiète, désespérée,  triste. Son doigt pointait, en direction du jardin, quelque chose que je ne voyais pas.
Je dirigeai mon regard en bas à droite du tableau afin d'en connaître le nom du peintre. La signature était propre, claire : "Elène de Fraise, le dix-neuf juin mille huit cent soixante-treize."

Cette œuvre était bien un original peint cent trente ans plus tôt par la Duchesse elle-même. Cette histoire commençait à devenir de plus en plus intéressante. Je me devais d'en apprendre un peu plus sur cette fille qui, jusqu'à présent, m'était totalement inconnue.

Un courant d'air fit soudain claquer la porte du salon et fit se décrocher un tableau. Je sursautai et me retournai d'un bond. Il n'y avait rien...

- Un petit coup de vent, rien de plus. Me dis-je à haute voix.

Je ramassai le tableau et l'observai. Sa peinture me fit bondir...

- Ça alors ! On dirait Allister trait pour trait ! Exactement la même bouille !

Le portrait d'un nounours ressemblant à s'y méprendre à Allister était peint sur fond noir. Ses petits yeux étaient remplis de larmes, ils avaient la même expression que ceux d'Elène, triste, effrayée...
Je m'empressai de regarder la signature.
Il y avait bien une signature en bas du tableau, mais ce n'était pas celle de la Duchesse. Elle était quelque peu effacée, comme grattée. Je déchiffrai tout de même, sans aucune difficulté, un "De" puis la date : encore le dix-neuf juin mais, fait marquant, mille huit cent soixante-douze, très lisible quant à elle. Le tableau avait été peint le même jour, mais un an avant celui représentant la maison.

Cette fois je crus défaillir...

Je n'avais pas réalisé qu'il s'agissait de ma date de naissance, cent ans trente ans plus tôt. J'étais née moi aussi un dix neuf juin...

- Ça alors ! En voilà une chose étrange. Serait-ce un signe ? Un signe de quoi ? Tu te fais des idées Vanille, tu en deviens paranoïaque. Il s'agit d'une grosse coïncidence tout simplement...

Voilà que je parlais toute seule à présent !

La porte du salon s'ouvrit dans un grincement long et sourd...

Prenant mon courage à deux mains, je reculai à pas de velours vers la cheminée sans détacher mon attention de la porte puis, d'une main ferme, m'emparai du tisonnier...

En voyant mon ours Allister dans l'encoignure de la porte, je baissai ma garde. Il était d'une tristesse à vous fendre le cœur. Je ne l'avais jamais vu aussi triste de toute ma vie. D'ailleurs, je ne l'avais jamais vu triste du tout !
Il me dit alors, un sanglot dans la voix :

- Le nounours du tableau que tu tenais dans la main... c'était ma maman...


Publié par roxadian à 20:51:40 dans ♥♥ L'OMBRE AU TABLEAU ♥♥♥ Chapitre par chapitre rien que pour vous | Commentaires (1) |

CHAPITRE DEUX | 25 juin 2008



Rien que pour vous et comme promis, le deuxième chapitre des aventures d'Allister et Vanille.



CHAPITRE 2



Je me mis à courir à vive allure en direction de la maison, bousculant, au passage, un des déménageurs puis, quatre à quatre montai les marches du grand escalier de pierres blanches qui rendait au premier étage.
Je stoppai net, haletante, essayant de récupérer le souffle que je venais de perdre.

- Cet homme n'existe pas Vanille. Il ne peut pas s'en prendre à Allister puisqu'il n'existe pas !

J'essayai par ces quelques phrases de me raisonner toute seule. En fait, j'étais perdue sans trop savoir où j'en étais exactement. J'avais comme l'impression de devenir folle. Si cet homme n'existait pas, pourquoi l'avais-je vu et entendu ? J'étais sûre de ne pas l'avoir inventé, j'étais sûre qu'il n'était pas le fruit de mon imagination.
Il ne me restait qu'à entendre des voix pour me faire appeler Jeanne d'Arc et m'interner, car personne ne croirait une histoire aussi farfelue que celle-ci.

- Bienvenue dans votre nouvelle demeure.

Je tressaillis, jetant un regard inquiet autour de moi.
Quelqu'un venait de parler. Une femme ou une jeune fille... Or, à ma connaissance, parmi toutes les personnes ici présentes, j'étais la seule fille à circuler dans cette maison...
La voix était lointaine, certes, mais ne semblait pourtant pas menaçante pour autant que j'en avais saisi l'intonation. Comme si, au contraire, elle était comme... heureuse de m'accueillir. Il fallait bien me tranquilliser d'une manière ou d'une autre... Le précédent événement avait tout de même faillit me faire mourir d'une crise cardiaque !
Que se passait-il à la fin dans cette maison ? Que se passait-il exactement ? Etait-elle vraiment hantée par l'esprit d'une Duchesse, comme me l'avait annoncé l'homme du jardin ? Cette voix était réelle, audible. On avait bien parlé, j'en étais sûre. On m'avait bien souhaité la bienvenue...
"On"...  mais qui était "on" ?
Prenant sur moi, je demandai, tout simplement :

- Qui est là ? Qui a parlé ?
- C'est Elène, je suis là, dans le salon.

Elène. Je ne connaissais aucune fille prénommée ainsi. Aussi, je descendis les marches une par une afin de me rendre au salon, lentement, la peur au ventre malgré moi...
Toutefois, la crainte étant plus forte que la volonté, je remontai immédiatement me cacher dans la première chambre qui se présentait à moi et m'enfermai à double tour.
Dos à la porte, je me laissai tomber à même le sol dans la position fœtale, tentant de me débarrasser de cette peur une bonne fois pour toute. Cette peur, qui m'habitait depuis quelques minutes seulement et qui me laissait mal à l'aise dans ma propre maison.
Allister était là, assis en tailleur en plein milieu du lit à baldaquin, un gros et vieux livre entre les pattes. Il paraissait tranquille, comme si rien de ce qui venait de se passer ne l'avait affecté.
Peut-être n'avait-il rien vu ni rien entendu tout simplement.
Il me dévisagea de ses grands yeux, surpris. Je venais, de toute évidence, le déranger dans sa lecture.

- Que lis-tu Allister ? Demandai-je alors pour rompre ce silence de monastère.

Il referma le livre si violemment que le bruit me fit sursauter.

- Rien. Répondit-il d'une voix qui ne laissait rien paraître.

Il me fixait.
J'avais l'impression que ses yeux me demandaient de quitter la pièce. Ce n'était peut-être qu'une impression, mais depuis un petit moment, je me sentais quelque peu embrouillée : un rien devenait source de nombreuses questions. Je me torturais l'esprit, persuadée cependant, que je n'inventais rien.
Un silence de plomb se mit à planer à nouveau dans la chambre.
Sans bouger, je me mis à l'observer.

Elle était belle, spacieuse et entièrement habillée de bois clair. Les meubles en chêne massif étaient anciens et paraissaient très lourds. Ils avaient traversé un siècle au moins, ou peut-être plus, sans rien perdre de leur charme.
Dans un coin, à gauche, une bibliothèque sur laquelle des vieux livres reliés dormaient en silence, invitait à la lecture, confortablement installé dans le très attirant sofa bleu.
Tous ses livres semblaient être parés de cuir et de dorures. La fenêtre, quant à elle, ne passait pas inaperçue. Elle avait les dimensions du pan de mur dans sa totalité et ouvrait une vue panoramique sur le jardin et la rivière. Nous avions l'impression, tout en étant dedans, d'être dehors à la fois. Je ne comprenais pas pourquoi ni comment, avec cette vue, Allister n'avait pas suivi l'événement de l'homme en noir.
D'ici, et même du lit où il était assis, il ne pouvait rien manquer. Sans doute était-il absorbé par sa lecture...
Je me relevai alors, imprégnée de quiétude.
Il fallait que je m'active à présent, pour ne plus penser à rien.

- Je vais préparer le goûter, hein Allister ? Quelques crêpes au miel, qu'en penses-tu ? C'est une bonne idée ? Ensuite nous installerons le salon de jardin et irons les manger au bord de la rivière. Tu es d'accord ?

C'était là le seul moyen, très égoïste, de ne pas me retrouver seule dans cette grande demeure, en prenant Allister par les sentiments...
Sa réponse me heurta.

- Je pense que le salon de jardin peut attendre, et puis je n'ai pas faim.

Il semblait plus qu'étrange.

Ce petit gourmand refusait un copieux goûter, qui plus est, des crêpes... ce n'était pas normal du tout. Quelques minutes plus tôt, il était fermement décidé à installer le salon de jardin, gai comme un pinson, et voilà qu'il venait littéralement de se replier sur lui-même.
Que lui arrivait-il ? Que se passait-il dans cette maison ?
Je vais faire les crêpes ensuite, lui et moi aurons une discussion. D'un geste mécanique, je fis tourner la clé dans la serrure afin d'ouvrir la porte. Allister semblait plongé dans ses pensées, les yeux égarés dans la baie vitrée. Je repris :

- Je suis dans la cuisine si tu as besoin de moi... Au fait, est-ce que, par hasard, tu aurais entendu parler de la Duchesse de Fraise ?
- Non. Répondit-il sans réfléchir, sans même daigner me regarder.

D'un haussement d'épaules qui signifiait "tant pis", je quittai la pièce. Allister mentait sans aucun doute possible. Je connaissais mon nounours mieux que personne et je savais, je sentais qu'il se tramait quelque chose de pas naturel autour de ce déménagement. Il le savait aussi. Mais pourquoi tant de mystère ? Je refermai la porte et descendis.
Dans la chambre, Allister releva la tête et fixa celle-ci d'un regard brillant de larmes. Il murmura :

- Vanille sait tout. J'en suis sûr...

Publié par roxadian à 21:10:23 dans ♥♥ L'OMBRE AU TABLEAU ♥♥♥ Chapitre par chapitre rien que pour vous | Commentaires (3) |

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