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Ayant des problemes concernant le menu sur ce blogg et apres mille et une peripetie pour comprendre pourquoi ce menu est en bas, j ai decide d'immigrer sur une autre plate-forme: voila le lien:
http://bethechange.tooblog.fr/
I get too much problems with these blogs concerning the characters and the menu who after many change is still difficult to access. I decide to move to another platform more stable but less creative concerning the design: http://bethechange.tooblog.fr/
Take care - A bientot
Publié par langegabriel à 10:00:09 dans Bangkok - Lost in Pollution | Commentaires (0) | Permaliens
Pour tous les activistes et ceux qui ont des problemes d'ambition: "Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde".
Publié par langegabriel à 09:22:48 dans Thailande | Commentaires (5) | Permaliens
Massacre à la bouteille d'eau : la Thailande célèbre Songkran.
Thailand under attack, Songkran festival
Photo from Bangkok Post
Songkran est le nouvel an lunaire en Thaïlande. Du 13 au 15 avril, la Thaïlande est en pleine effervescence car ce sont les vacances nationales. Connu des touristes sous le nom de « water festival », le nouvel an thaï ressemble plus au carnaval français qu'au nouvel an chinois. Avril étant le mois le plus chaud, les thaïs rendent hommage en arrosant tout le monde, vieilles personnes et marmots compris. Voila la théorie
En pratique cela donne : des pick-up remplis d'enfants armés jusqu'aux dents de pistolets à eau longue portée et de boîtes de talc (l'équivalent de la farine chez les petits farceurs du mardi-gras), des flics mouillés et talqués de la tête aux pieds, des travailleurs thaïs complètement retournés par le whisky qui finissent par bombarder tout ce qui bouge avec des seaux d'eau, enfin c'est dans certaines ruelles bondées de Bangkok que les vraies batailles ont lieu : des milliers de personnes débarquent du métro, de leur pick-ups, des tuk-tuks et se livrent une guérilla urbaine à faire trembler Los Angeles.
Bon c'est ce que j'ai vu, mais ce que j'ai expérimenté est différent. Seul blanc dans ma ruelle (soï en thaï), je formais la tête de turc parfaite ! En bref après m'être retrouvé a boire du whisky à 3 heures de l'après-midi à la table de mon petit troquet favori, une grand mère est passée derrière moi, vidant un seau d'eau complet dans mon dos, pendant qu'un jeune thaï m'assaisonnait avec sa boîte de talc. Pour sortir de la ruelle, ce n'était pas facile ; je me suis fait attaqué par une bande de gamins et talqué 2-3 fois. 15 douches après, je décidais enfin de me joindre sur la rue principale à une équipe de thaïs, spécialisée dans le bombardement de bus, surtout ceux qui par chance, ont des fenêtres bloquées ! Une vraie guerre civile où tout le monde sourit.
De plus, il n'est pas bien vu de se plaindre à Songkran. Même les flics doivent accepter le rituel avec sourire. Souvent la personne qui vient vous arroser s'excuse au préalable. La remercier est aussi bien vu. Sans rancune, surtout quand il fait 38 degrés.
PS : Vous comprenez maintenant pourquoi je n'ai pas pris de photo !
The practice is far more extreme: some pick-ups full of kids with water guns and buckets of water are doing patrol around their neighborhood, cops are wet and looks like ghost, recovered of talc (a revenge against their corruption!!!!!!), some thai workers completely canned by the whisky are splashing everything that move with their buckets; last but not least this is in some crowded streets of Bangkok that the real battles are taking place: thousands of persons loom from the skytrain, from their pick-ups, from tuk-tuks et make a real urban war where the riots of Los Angeles would look like a small family conflict.
That's what I've seen, but what I've done was a bit different. I am the only white man in my alley (soi in thai), and this made me a good target. I was invited by my favorite street food store to drink whisky. I didn't have even sit that a grandma passed behind me and empty her bucket in my back and a kid whiten me with his box of talc. To go out of the soi was not that easy too, I had been attacked by kids and talc recovered 2-3 times more. After a dozen of showers, I decide to join a team of young thai people, specialized in bus bombing, aming especially the ones who had windows stucked. A real guerilla where everybody is smiling.
Also, it is not really well seen to complain, during Sonkran the cops have even to accept the ritual with a smile. Often the person who is coming to splash you, apologizes in advance, to thank him or her is well seen. No problem, especially when the outside temperature reach 38C.
PS: Now you know why I didn't took any photos.
Publié par langegabriel à 10:23:01 dans Thailande | Commentaires (0) | Permaliens
Au nom du "développement durable"
Ca y est, enfin «le Monde » parle de ce projet que la Banque Mondiale a accepté de financer!
Au Laos sera donc construit un des barrages les plus controversés de l'histoire. Le site se trouve sur l'un des affluents du Mekong : la rivière Nam Theun. Le plateau Nakai a été choisi pour édifier la construction malgré l'opposition de plus de 100 ONG, de scientifiques et surtout de la population locale. Le projet est doublement un danger pour l'environnement car le plateau contient une faune et une flore encore sauvages dont de nombreux troupeaux d'éléphants. Il aura un fort impact sur une autre rivière : le Xe Ban Fai qui contient une des plus riches réserves de poissons. Le réservoir, qui dépassera les 400 km2, inondera plus de 40% du plateau et les ingénieurs ont prévu de construire une déviation entre la rivière Nam Theun et la rivière Xe Ban Fai. Le réservoir se videra donc dans cette rivière, changeant les flux et augmentant ainsi sa taille.
Depuis les erreurs commises lors de la construction de barrages comme celui de Pak Mun en Thaïlande ou encore le Yalli Fall au Vietnam qui ont eu d'énormes impacts sur l'environnement et les populations locales, les projets de barrages sont pris très au sérieux. Le projet Nam Theun 2 a fait appel à des scientifiques chargés d'étudier la faisabilité du projet. Alors que plusieurs spécialistes ont mis en avant les dangers d'un tel projet sur l'environnement d'autres scientifiques ont minimisé les impacts. Selon eux, ils pourraient résoudre les problèmes en déplaçant quelques variétés pour attirer les éléphants en dehors du site.
Cela me rappelle l'excellente théorie du one-two punch (double coup de poing) concernant l'utilisation de la technologie. Davis-Floyd le résume très bien :
« Punch One: Take a natural process, like salmon swimming upstream to spawn. Build a dam; now the salmon can no longer reach their spawning grounds. Punch Two: Fix the problem you have created with technology with more technology--build a salmon spawning factory. We tend to think of Punch Two as an accidental by-product of Punch One, but, as anthropologist Peter C. Reynolds has shown, in the technocracy Punch Two is often the point: we so highly value technology, and so deeply fear nature, that we usually think we have made something better when we de- and re-construct it technologically. »
Traduction en français: Coup de poing numéro 1: Prenez un processus naturel très simple comme les saumons qui remontent la rivière pour se reproduire. Construisez un barrage ; à présent les saumons ne peuvent plus atteindre leur lieu de reproduction. Coup de poing numéro 2: Réglez le problème que vous avez créé par la technologie avec encore plus de technologie : construisez une usine pour faciliter la reproduction de saumons. Nous avons tendance à voir le coup de poing numéro 2 comme un sous-produit du coup de poing numéro 1, mais, comme l'anthropologue Peter C. Reynolds l'a démontré, dans une technocratie, le coup de poing numéro 2 est souvent le but : nous sommes tellement fiers de la technologie et nous avons si peur de la nature, que nous pensons habituellement avoir fait quelque chose de mieux en la dé- et re-construisant par la technologie.
Quel bénéfice en tirerait le Laos? Du point de vue économique, la construction d'un barrage demande de nombreux ouvriers et compte-tenu du projet, la région deviendra active. Le second point positif, c'est que les initiateurs du barrage paieront des dividendes qui s'élèveront après 10 ans à plus de 120 millions de dollars par an. Le gouvernement du Laos qui a un des PIB les plus faibles du monde, encourage le projet. Le projet est aussi défendu par son principal actionnaire : EDF avec plus de 35% des parts.
Cependant on peut s'interroger sérieusement sur les arguments mis en avant par la compagnie française concernant l'impact positif sur le développement du pays. EDF fameux défenseur du "développement durable" est en train sérieusement de faire de gros dérapages. Le Laos ne bénéficierait quasiment pas de l'électricité produite par le barrage car moins de 10% de l'électricité resterait sur place, le reste étant exporté en Thaïlande. Alors que la Thaïlande ayant détruit une grande part de ses rivières fait face à de fortes confrontations avec les populations locales, a mis un frein à la construction de barrage au niveau national... quoi de mieux que d'aller chez les voisins construire ce que l'on ne veut et ne peut plus faire chez soi.
Pour ce qui est des dividendes, seulement 25 millions de dollars/an seraient reversés au Laos les premières années, ce qui paraît ridicule en comparaison de la destruction massive de l'environnement qu'un tel projet engendrerait. Et quel avenir pour les communautés qui sont installées sur le plateau depuis des centaines d'années? On ne peut que leur souhaiter bonne chance... Selon Watershed, plus de 100 000 personnes seront touchées directement et indirectement ce projet. C'est ça le développement durable.
EDF nous doit plus que la lumière.;
Pour plus d'infos:
- Le site Web des amis de la terre qui regroupe une sélection d'articles sur le sujet.
- TERRA, une ONG qui se bat depuis 10 ans contre le projet. Ils ont aussi consacre leur dernière revue sur Nam Theun 2. Vous pouvez la voir en format PDF ici.
- Le site en anglais du projet Nam Theun 2, toujours intéressant à voir. ;
Publié par langegabriel à 16:55:32 dans Mekong | Commentaires (14) | Permaliens
Il y a 3 mois déjà, je me décidais à partir pour le sud de la Thaïlande. Je n'avais pas la télévision et ne savais pas trop ce qui se passait là-bas. Ce sont les descriptions de mes collègues qui revenaient du sud qui m'ont encouragés á partir. Les possibilités du moment : aider les pêcheurs á évaluer les dégâts matériels, soutenir les familles dans les hôpitaux, s'occuper des enfants qui n'ont plus classe, reconstruire des maisons, etc. J'ai choisi peut être le plus facile ou le plus dur, a vous de juger : s'occuper des morts. Plus de deux semaines après le tsunami, la plupart des corps avaient été ramassés sur la plage. Les équipes de volontaires ne s'occupaient plus que de la classification, le stockage et l'identification des corps. Les conditions étaient dures : une chaleur monstrueuse, une odeur difficile et des tensions immenses entre les soldats, la police, les équipes thaïes, les docteurs étrangers et les familles. Le 11 janvier, j'ai quitté Bangkok pour Takua Pa une ville très touchée par le tsunami, a une centaine de kilometre de Phuket. J'ai travaillé pendant plus d'une semaine dans le temple de Yan Yao où plus de 2500 corps étaient stockés.
1. L'arrivée dans le temple de Yan Yao
Mon Journal (un peu réarrangé)
Le 12 janvier 2005 : Il n'est pas encore 5 heures du matin lorsque le bus me dépose á Takua Pa. Le temple est à une centaine de mètres de la gare routière. Sans carte ni boussole, l'odeur pestilentielle me mène droit au but.
Devant le temple, des chaises et des tentes alignées font face à une route silencieuse. Un panneau d'affichage est recouvert de feuille A4 où des noms et des visages de disparus forment un sinistre patchwork. De l'autre coté de la route, ce sont les photos des corps qui ont été retrouvés, les visages noirs et décomposés ; les yeux pochés et les lèvres formant des cercles immenses, comme certains personages de manga.
La porte du temple est grande ouverte et personne n'est là pour la garder, enfin si, mais il dort a poing fermé derrière une pile de chaises. Á l'intérieur les néons dévoilent un décor de tentes, de bus, de bouteilles vides et d'indications en tous genre. Seules quelques ombres commencent à s'agiter, ce sont les quelques volontaires matinaux.
2. Premiers travaux
Des le premier jour je m'étais lié d'amitié avec l'équipe chargée de l'identification des corps par les photos. C'est-à-dire que mon premier matin dans le temple, je l'ai passé à regarder des photos de corps décomposés en se demandant : est-ce un homme, une femme, un enfant, un asiatique ou un Farang ? Oui, c'est comme ça que l'on classait les corps. Ils étaient tous rangés dans un petit dossier, puis classer par catégorie quand les détails sur les photos le permettaient.
Le 12 janvier en début d'après-midi, la réception a demandé des volontaires « pour porter les corps » (« we need volunteers to carry the bodies »). J'ai hésité pendant quelques minutes avant de me rendre dans la zone interdite. Quelques tentes ou plusieurs personnes faisaient la queue. Tenue correcte exigée : Bottes noires, une combinaison en plastique, deux couches de gants et deux masques préalablement garnie de baume du tigre pour éviter de s'évanouir pendant le travail. Quelques volontaires inscrivaient au marqueur leur nom et faisaient un petit drapeau thaï ou un dessin. Malgré la tragédie, le camp et leurs volontaires avaient plutôt l'air de sortir de M.A.S.H. que de X-Files. Les filles souriaient, les soldats se mettaient de grosses claques dans le dos pendant que les docteurs hollandais faisaient des blagues sur leurs voisins flamands.
Sous un arbre, docteurs et assistants tournaient autour des corps fraîchement déballés de leur sac plastique, pour prendre des échantillons ADN et des photos de la dentition (un autre moyen efficace d'identifier un corps). Un peu plus loin, des soldats faisaient un mur avec de la glace sèche (dry ice) qui en fondant ne laisse pas de liquide. Un camion se gara devant eux, d'autres soldats arrivèrent et le travail commença. Il fallait simplement descendre des corps et les aligner à même le sol. 1 personne suffisait pour le corps d'un enfant, 2 pour un corps léger, 3 à 5 pour un lourd. Les corps étaient imbibés d'eau ce qui explique leur poids. Je me souviens par la suite m'être quasiment effondré sous un corps avec deux autres volontaires, il a fallu 6 autres personnes pour soulever le sac et le poser sur la table du dentiste...
3. Conflits
Deux jours après mon arrivée dans le temple, je revenais à mon tout premier job, l'identification des corps par les photos. Cette fois-ci je prenais le poste laisser vacant par une sympathique australienne : je devais me charger de recevoir les familles étrangères et leur montrer les photos sur l'ordinateur. Les tests ADN prenaient du temps, c'est pourquoi quelques de familles se rendaient directement sur le site pour tenter d'identifier leur proche par les photos. Cependant, a cause des erreurs d'identification et surtout a cause de quelques cas d'escroquerie pour toucher les assurances, les autorités n'étaient guère coopérantes. Ils misaient tout sur les tests ADN et les photos de dentitions. Ils avaient toléré l'identification par les photos juste pour désengorger le temple.
Comment ça marchait ? Simple, une famille se présentait au temple, rempli un formulaire avec nom de la victime et toutes ses caractéristiques physiques (couleurs de la peau, taille, poids, tatouages, piercings, bijoux, portable....)
Une autre équipe de volontaires faisait alors une recherche de toutes ses informations dans leur base de donnée. Ils me donnaient ensuite toute une liste de corps correspondant à la description. Les familles venaient ensuite regarder les photos et dire oui ou non.
Dans la plupart de cas les familles ne trouvaient pas le corps dans la liste, il fallait alors regarder tous les dossiers, en commençant par le dossier Farang Man ou Farang Woman. Quand les familles ne trouvaient rien, elle continuaient désespérément á regarder les 2500 dossiers... Hard
Quand finalement, certaines familles arrivaient à identifier un corps, les problèmes ne faisaient que commencer. La police et les médecins légistes étrangers (l'équipe DVI ou Disaster Victim Identification Team) avaient récupéré l'indentification des corps étrangers. Les corps avaient tous un numéro d'identification donné au début par les thaïs. Cependant l'équipe DVI avait jugé ce système d'identification non conventionnel et pas assez catégorique. En traduction, je me retrouvais après la recherche sur ordinateur avec un numéro thaï obsolète car les corps avaient un autre numéro DVI. Seul la police étrangère pouvaient me dire ou le corps se trouvaient. Par malchance je travaillais pour le centre d'identification thaï, ce qui ne me donnait aucun crédit (même quand la famille était à mes cotés). Plusieurs fois ils ne savaient même pas ou étaient le corps, et ne donnaient aucune explication... Seulement un bon conseil : attendre les tests ADN. Aujourd'hui encore certaines familles les attendent...
4. Le dernier jour
Lorsque je décidais de renter pour Bangkok, le camp se vidait de plus en plus de ses volontaires. La police Thai reprenait peut a peu le travail du docteur Pornthip, (une médecin légiste qui mériterait que je lui fasse un blogg) et remplaçait les soldats. Jugeant négativement le travail de ces derniers, ils fermaient le temple peu a peu aux volontaires non-professionnels.
J'admirais le travail de cette femme et de tous ces volontaires qui étaient les premiers sur le terrain avant que la police ne bouge un pouce. Malgré leur commentaire, le plus dur était fait et ce jour-là tous les corps avaient une place dans un container. Moi j'avais mon billet pour Bangkok.
Publié par langegabriel à 11:45:44 dans Tsunami | Commentaires (17) | Permaliens
First Name/Prénom: Gabriel
Name/Nom: Camelin
Age: 21
Volunteer in Thailand since september 2004. Bachelor-graduated in Cinema in Paris 3-Sorbonne University.
Volontaire en Thailande depuis Septembre 2004.
Licence en cinéma de l'université de Paris 3-Sorbonne-Nouvelle.
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