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Le vertige du funambule

Les mots sont suspendus à un fil d'encre.

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Je lave la terre | 18 janvier 2006

Tous les matins, je lave la terre
Dans l'évier.
Je brosse, râpe et lime les aspérités,
Je nettoie le sang rouge mêlé d'ocre,
Je lave les cerveaux crasseux ou pâles
Trépanés ou bien défoncés.
Je laisse tremper tous les péchés, à cœur.
Je rince et laisse sécher les âmes épurées.

Tous les matins, je lave la terre
Dans l'évier
Dans les eaux fumantes et grasses
Les peaux se mélangent et déteignent.
Je retire les balles perdues des corps,
Corps étrangers blottis au cœur.
Je lave les vies que la mort entreprend,
Enfants, adultes ou vieillards égorgés.

Tous les matins, je lave la terre
Dans l'évier.
J'essuie les traces de malheurs,
Quelquefois un sourire sur des lèvres
Encore tièdes, rondes et belles,
Une fleur rose cachée dans une main.
Je lave le vomi des peuples torturés,
La cruauté des seigneurs ou des vassaux.

Quand tout est fini, je prends l'éponge
Je rince et je rince, par routine parfois,
Là haut, de peur que la bête ne revienne,
Je lance les scories et les poussières,
Dans les vents qui balayent l'univers
De sifflements, d'éclairs et de lumières.


Publié par Eric Faruel à 20:12:40 dans Vertiges | Commentaires (0) |

La fee des aurores | 15 janvier 2006


Aurélia tu danses et danses encore
Aux rythmes endiablés d'un tam tam
Aurélia tu danses et danses encore puis
Disparais cachée par des doigts magiciens
Ton corps s'allonge et se cambre en signes

Derrière le voile les ombres se dessinent et
Des gestes diaboliques enfantent cette nuit
Des silhouettes fragiles d'eau et d'argile et
Naissent dans mon imaginaire des femmes
Aux silhouettes fragiles d'eau et d'argile

Aurélia je navigue sur un flot de vagues
Ou sur un nuage de lait de miel et de lune
Et voilée d'une fumée blanche enivrante
Je t'ai vu disparaître ma fée des Aurores
Je pleure et mes larmes écrivent ton nom

Dès l'aurore s'efface le rêve encore brouillard
Le regard bleu rivé sur le jour naissant à l'est
Et le songe rangé au ponant d'une nuit d'été
Pourtant j'entends toujours l'écho envoûtant
Du tam-tam du pays derrière les océanes fées.


Publié par Eric Faruel à 22:12:12 dans Le vertige du funambule | Commentaires (0) |

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