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Dans mon bateau livre, sirènes mugissantes
Je vais n'importe où, Brésil de carnaval
Ou Japon chuchotant après Hiroshima.
Je vois le jet des vapeurs folles du steamer
Et ouïs les cornes de brumes aux matins
Calédonia, me dit-elle, tu te rappelles !
Je vogue sur les vagues rondes et alertes
Blotti dans un rêve en bleu, tout en bleu
Dans la salle sombre des machines hurlantes.
La caresse de ta main sur ma peau morte
Le Titanic longtemps agonise puis se tait
Une porte qui grince et t'annonce enfin.
Le Chadburn's télégraph vocifère encore
Mais déjà plus personne ne l'écoute et
Les corps chaloupent au son d'une harpe.
Je quitte les comptoirs mouvementés du sud
Enivré par le parfum des coriandres verts
Calédonia, me dit-elle, tu te rappelles !
Des mandarines rondes comme des bombes
Terre blessée en silence dans l'univers
Ballons de mes rêves, je me souviens.
Publié par Eric Faruel à 21:42:54 dans Errances | Commentaires (0) | Permaliens
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