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catherine gégout

bonjour, voilà quelques images et des mots pour partager avec vous mes voyages

Pourquoi ce site

Voyages en Amérique Latine 

Un rêve, parcourir l'Amérique latine, sac à dos, seule, à l'aventure, pour connaître, comprendre les pays, les gens, me remplir les yeux et le coeur. Alors, c'est ce que j'ai fait, pendant 3 mois en 2004... une expérience passionnante, le bonheur des rencontres et de la découverte, l'envie de continuer. Et je suis repartie, encore 3 mois, au Brésil, en 2005. Puis au Vénézuela en 2006 et 2007. Au Paraguay , au Mexique, en Colombie en 2008, en Equateur et en Amazonie brésilienne en 2009. A quand le prochain? Comme on me demande de raconter, alors je le fais ici, où chacun pourra lire et voir ce qui lui plait. Et puis j'y mets aussi d'autres voyages.


Catherine


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Routes barrées, indiens en lutte | 10 mars 2005

Direction La Paz, en passant par Desaguadero, à la frontière Pérou-Bolivie. Là ils m'ont dit qu'on ne passait pas et je suis restée la nuit.

Le matin idem, alors j'ai essayé quand même (sinistre, boueux et glacé, Desaguadero...) et ça m'intéressait de voir de plus près comment ça se passait, tant pis pour le risque de rester en rade sur la route, bloquée par indiens des comités d'habitants d'El Alto, un quartier de 800 000 habitants au dessus de La Paz , exigeant du gouvernement qu'il résilie le contrat avec Aguas de Illimani (filiale de Suez-Lyonnaise des eaux). Quelques jours plus tard ils ont gagné (voir plus bas...)

On est arrivés sans problème jusqu'à environ 25 km de La Paz. Ensuite barrages. Les barrages étaient des monticules de terre et de pierre, avec un drapeau et pas mal de piquets de grève. Beaucoup de femmes, assises par terre.

Et puis des milliers de gens, à pied, dont aucun ne savait combien de kilomètres il allait falloir faire.

Publié par cathgegout à 11:17:21 dans Bolivie | Commentaires (0) |

C'est parfois lourd, un sac! | 10 mars 2005

Quelques triporteurs proposaient leurs services. J'ai pu faire transporter comme ça mon sac à dos sur deux kilomètres par des gamins... c'était toujours ça.  Bien sûr, je poussais le triporteur avec eux, même si je ne suis pas sur la photo. 4000m d'altitude, avec 20kg sur le dos, c'était beaucoup pour moi, mais j'allais doucement, et puis c'était facile de parler avec les gens, aussi bien ceux qui marchaient que les grévistes. J'aimais bien voir leurs réactions quand je leur parlais des piquets de grève en France. Ils sympathisaient très vite. Les femmes riaient et ne voulaient pas que je les photographie. Finalement je n'ai pas porté mon sac plus de 8 ou 9 km. Des lycéens m'ont aussi aidée. Puis un vieux monsieur en triporteur, si vieux que finalement c'est moi qui ai dû le pousser.

Publié par cathgegout à 11:15:41 dans Bolivie | Commentaires (0) |

La Lyonnaise des eaux expulsée | 10 mars 2005

La grève civique était organisée par la Fédération des plus de 500 comités de quartiers, la Fedejuve, qui exigeait la résiliation pure et simple du contrat de la filiale bolivienne du groupe français Suez (ex Lyonnaise des Eaux), " Aguas del Illimani " (AISA), et son expulsion. Elle demandait aussi que des actions judiciaires soient entamées contre l'entreprise pour abus et non-respect de contrat. Les " pobladores " de El Alto reprochaient à la transnationale de n'avoir, d'une part, pas tenu ses engagements de développement du réseau d'eau potable et d'égouts, et, de verser des salaires mirobolants à ses gérants et ingénieurs, plus élevés même que les émoluments du président de la République, et enfin de tenir des propos insultants pour la population de la ville.

La Fedejuve, était soutenue par la Fédération des irrigateurs de Cochabamba qui n'en est pas à son premier combat pour le contrôle de l'eau.

Le président Carlos Mesa a signé un décret suprême résiliant le contrat, et ils reviennent à une gestion par les deux municipalités concernées, La Paz et El Alto, avec participation des représentants des associations d'habitants.

Quel précédent pour les multinationales! AISA réclame à l'Etat bolivien soixante millions de dollars d'indemnisation....

Et les indiens se mobilisent déjà vers d'autres entreprises à qui le service public avait été concédé, notamment l'électricité.

Publié par cathgegout à 11:13:34 dans Bolivie | Commentaires (0) |

La Bolivie en ébullition | 10 mars 2005

Dans tout le pays, et particulièrement dans les grandes villes comme Santa Cruz, Sucre et Cochabamba, ont lieu des manifestations, parfois violentes, contre les hausses des tarifs des carburants de 10 à 23% – qui touchent particulièrement les plus pauvres mais devraient rapporter à l'Etat quelques 25 millions de dollars- et pour une nationalisation du gaz et du pétrole sans indemnisation.

Publié par cathgegout à 11:11:11 dans Bolivie | Commentaires (0) |

Alliance université-patrons! | 10 mars 2005

A Santa Cruz, je vais me balader (a l'ombre, 33 degrés) et je tombe sur la place centrale sur un meeting organisé par le recteur de l'université autonome, en grève de la faim avec toutes les autorités de l'université, contre la hausse des prix de l'essence et du diesel. 400 personnes, pas mal d'universitaires, des gens sur la place qui s'agglutinent. Une tente, des chaises d'université a tablettes.

Une ambiguïté plus qu'évidente: interventions successives contre les multinationales du pétrole, pour l'unité de la Bolivie, contre le président Mesa qui est "le meilleur allié des multinationales", mais en même temps unité d'action avec l'oligarchie des entreprises de Santa Cruz, carrément à droite, et qui ne demandent qu'une chose, l'autonomie du département qui concentre à lui seul une bonne partie des ressources pétrolières du pays. Les discours des universitaires va dans le même sens, mais au nom de la nécessaire décentralisation face aux milliers de fonctionnaires qui régentent tout depuis La Paz.

Intervention d'un dirigeant étudiant (trotskiste, et contre Mesa lui aussi): " attention, on risque de faire le jeu des entreprises qui elles pratiquent des bas salaires et ont des intentions politiques. Le recteur devrait consulter les étudiants pour parler au nom de l'université ". Le recteur, furieux, dit on n'a qu'à voter, " si vous voulez que votre recteur arrête sa grève de la faim... je la fais avec le conseil... " mais finalement ils ne répondent pas à l'étudiant.

Un autre professeur: "il n'y a pas à consulter, il faut agir, on ne va pas tout le temps payer pour le reste du pays..." (au moins c'est clair!). "C'est bien joli, ils ont gagné à El Alto, mais les 60 millions de dollars de dédommagement à l'entreprise française, qui va les payer, c'est nous."

Sur ce, arrive en fanfare une petite manifestation, drapeau rouge et drapeau vert et blanc en tête. Ce sont les entrepreneurs, et toutes les radios et télés se précipitent pour saisir l'embrassade historique entre le recteur et les entrepreneurs. Derrière le recteur, une effigie de Mesa que ceux-ci ont traîné par terre avec une corde.

Discours de Franco, dirigeant des entrepreneurs de la viande, se félicitant de l'unité d'action des patrons et de l'université. Ce même dirigeant avec ses petits camarades, a augmenté le prix de la viande l'année dernière.

Je demande a mon voisin si le recteur est de droite, il répond que non mais qu'il n'a jamais voulu se situer... Bon, maintenant c'est fait !

Pendant ce temps, sous les arcades de l'autre coté de la place, indifférents, une vingtaine de grévistes de la faim. Si la revendication (générale) que la loi sur les hydrocarbures soit adoptée est bien présente, il y a pêle mêle des employés communaux, des sans emploi, des universitaires, avec des revendications diverses.

Je ne verrai pas la suite, je pars en Uruguay demain. Pour l'instant ils bloquent l'entrée principale de l'aéroport, mais le microbus passe par des chemins aussi poudreux que détournés. On verra bien.

Publié par cathgegout à 11:09:23 dans Bolivie | Commentaires (0) |

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