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GORAN OBRADOVIC Le Serbe a reçu une véritable standing ovation du public valaisan, samedi soir, après le match contre Bellinzone. Il ne se voit pas jouer ailleurs qu'en Valais la saison prochaine.
Samedi soir, 20 h 35. Goran Obradovic quitte le vestiaire sédunois bon dernier, comme d'habitude. Le temps de fixer un rendez-vous avec lui pour le lendemain matin et il part rejoindre ses coéquipiers dans la tribune des VIP du stade de Tourbillon.
Dimanche matin, 10 heures. Le brillant demi offensif du FC Sion est fidèle au rendez-vous, sur la place du midi, à Sion, qui commence gentiment à s'animer. Le temps de saluer quelques amis serbes ou des pays voisins et d'une franche poignée de main avec le soussigné et nous voilà parti pour une heure d'interview à bâtons rompus. Le sourire sur les lèvres et les yeux pétillants de bonheur. Génial, on vous le dit, ce Goran. Sur le terrain et en dehors.
Goran Obradovic, à la fin du match, on vous a vu enlever votre maillot, puis le short et enfin les chaussures pour les jeter dans le public. C'était pour vous débarrasser des derniers habits du FC Sion encore en votre possession en signe de départ?
Non non, pas du tout. C'était simplement pour répondre à la demande des supporters. Pendant le match, ils ont scandé mon nom et déployé une banderole à mon attention. J'ai voulu, à mon tour, leur faire plaisir. J'aurais bien voulu leur offrir aussi les trois points du match, mais c'est comme ça.
Le public vous a aussi offert une standing ovation à ce moment-là. Ç'a dû vous faire aussi très plaisir?
Le public est magnifique. Quand il aime bien quelqu'un, il va jusqu'au bout. Je crois qu'il m'aime bien et je lui dois bien ça en retour. Avec celui de Saint-Gall (n.d.l.r.: Obradovic y a joué neuf matches à la fin 2004), c'est le meilleur public que je connaisse. Je le compare volontiers à celui de Liverpool. Sans lui, on n'aurait jamais gagné la coupe. Il est en tout cas pour 50% dans notre victoire contre Young Boys. Il nous communique une énergie qu'on ne peut pas expliquer. C'est exceptionnel.
Cette fin de saison du FC Sion, avec cette victoire en coupe et le sauvetage en championnat, est somme toute plutôt positive. C'est aussi votre sentiment?
En remportant la coupe, nous avons gagné 50% des trophées en jeu. YB a bien joué toute la saison. Il termine 2e du championnat, mais il n'a rien gagné. C'est donc très positif. Maintenant, c'est certain, on aurait bien aimé montrer davantage en championnat. Les dernières semaines, avec nos victoires contre Young Boys, Neuchâtel-Xamax et Vaduz, ont sauvé notre saison.
Vous-mêmes, vous avez connu des hauts et des bas. Vous n'avez pas toujours été bien traité par certains entraîneurs. Vous avez des regrets aujourd'hui?
J'ai toujours été pro dans ma préparation et toujours travaillé à 100%. C'est comme dans la vie. Si tu donnes toujours le meilleur de toi-même, tu es récompensé un jour. A un moment donné, je n'étais plus dans le groupe. Je suis persuadé d'avoir les qualités pour faire partie de l'équipe. J'ai toujours cru en moi et beaucoup travaillé pour revenir. J'ai été récompensé sur la fin de la saison.
Vous avez envisagé un moment de claquer la porte, d'aller voir ailleurs?
Young Boys m'avait fait des offres lorsqu'il était encore entraîné par Martin Andermatt. Mais celui-ci a été viré trois semaines après et les choses en sont restées là. Depuis, je n'ai plus rien eu.
La saison est terminée. Dans quinze jours, la préparation de la prochaine reprendra. Vous serez à Tourbillon le 15 juin?
Je viendrai à Sion. Aujourd'hui, je n'ai pas encore de contrat. Je dois parler ces prochains jours avec le président Constantin. Je me plais beaucoup à Sion et j'ai envie de rester ici. J'ai déjà parlé avec Didier Tholot. Lui veut me garder. J'espère qu'on trouvera aussi un terrain d'entente avec le président. Si je peux rester, je reste.
Vous demandez deux ans ou plus. Constantin veut une année. Ça va être difficile?
Le président m'a proposé une année de contrat. J'en demande deux, parce que je pense que je mérite deux ans. Si on me les donne, je serai heureux. Vous savez, avant la finale de coupe, j'avais décidé que j'arrêterais le football si on la perdait pour me lancer dans le management de joueurs, ma future profession. On l'a gagnée et je veux continuer. Cette fantastique victoire contre YB et ce merveilleux public m'ont redonné envie de jouer. Physiquement et mentalement, je me sens prêt pour jouer encore deux ans.
La rumeur vous envoie volontiers à Aarau, qui vous aurait offert trois ans de contrat. Vrai ou faux?
C'est vrai. Mon manager a eu des contacts avec Aarau, mais j'ai tellement envie de rester ici que je ne me vois pas partir à Aarau. Ici, même si c'est parfois dur avec le président, on a une grosse pression qu'il n'y a pas à Aarau. J'ai trois enfants (n.d.l.r.: 2 filles de 12 et 7 ans et un garçon de 5 ans). Pour le dernier, il n'y aurait pas de problème de partir là-bas, mais pas pour la première qui va commencer le cycle. Je pourrais envisager de partir seulement si je n'avais pas d'autres choix.
Vous avez eu d'autres offres?
De Saint-Gall oui et de l'un ou l'autre club de Super League, mais les conditions financières ne répondent pas à mon attente. Plutôt que d'aller dans un club qui n'a pas de moyens, je préférerai aller au chômage. Je veux rester à Sion et c'est tout.
Christian Constantin affirme vouloir vous garder, mais que c'est à vous de dire ce que vous voulez faire. Avez-vous déjà discuté avec lui?
Je vais probablement le rencontrer ces prochains jours. Il sait maintenant que je veux rester en Valais et terminer ma carrière au FC Sion. S'il me donne 2 ans de contrat, je lui dis merci. Mais je respecterai son choix. Je ne sais pas quelles sont ses intentions.
Vous vous sentez si bien que ça en Valais?
C'est ici que je veux m'établir et faire ma vie. Mon seul regret à ce jour, c'est de n'avoir jamais pu jouer pour le titre. Ce sera peut-être la saison prochaine. Je suis certain que cette équipe a les qualités pour jouer le haut du classement. Cette année, nous avons perdu beaucoup trop de matches à Tourbillon. Sur 18 matches, on devrait en gagner 15 chez nous. Ce n'est de loin pas le cas.
STéPHANE FOURNIER Le Nouvelliste
Dans deux ans, vous ferez quoi?
Je ne serai en tout cas pas entraîneur. Mon avenir, c'est dans le management de joueurs que je le vois. Je ne veux pas travailler toute ma vie avec quelqu'un au-dessus de moi. Une fois ma carrière de joueur terminée, je veux retrouver la liberté. Je veux être mon propre patron.
Publié par obol à 21:18:45 dans Foot FC Sion Valais | Commentaires (0) | Permaliens
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