Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Apologie de la non-civilisation. | 11 octobre 2005

Trop, oui, trop de civilisation. Trop de confort, trop de rectitude, trop de platitude dans ces villes asphaltisée, aseptisées. Trop de facilité. On se déplace en ligne droite sinon assis tranquillement dans une bagnole qui pue, nos jeunes corps ramollis par ces heures passées assis, fatigués même de marcher sur des surfaces pas assez plates, pas assez lisses à notre goût de poules de luxe.

Et si nos pauvres corps, demandant qu'on les entretienne, se font entendre, ils sont maltraités intensivement pendant deux heures de temps en temps dans une salle de sport, sous une température de trente degrés, dans une atmosphère pseudo-socialisante, médisante et "sympa".

Et s'ils demandent à se défouler plus sauvagement, ils ne peuvent le faire que selon les règles sociales, dans un air enfumé, étouffant, dans quelque cave qui mérite bien le nom de "boîte" de nuit. Danser en d'autres circonstances, simplement parce qu'on en a envie, est tout simplement impensable. Alors on  réfrène cette envie qui nous prend parfois dans l'euphorie d'un soleil chaud, de sauter, de danser, de crier sa joie. On va me prendre pour une folle...

Et quand le paysage urbain, à cause de travaux qui font râler les vieux, se cabosse, devient rugueux, et qu'on sent qu'il n'est plus ridicule, grâce à l'impatience normale de l'étudiant en retard, de couper par les gravats, quel bonheur d'enjamber des trous, de grimper des tas crasseux, parfois même, bonheur suprême, de sauter par-dessus un fossé, acte à la dangerosité risible mais jouissive parce que non civilisée, acte libérateur de l'animal en cage qui passe, furtivement, son museau de l'autre côté des barreaux de sa prison dorée.

Publié par jeannelapucelle à 17:00:21 dans Sur le bûcher | Commentaires (4) |