<< Pétition... | Mourir pour des idées, George Brassens | Un viel anti-capote qui meurt, on en parle pendant des jours, les millions de sidéens, morts ou mourants, ont droit à une journée... par an! >>
Mourir pour des idées, l'idée est excellente,
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue.
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la Mort me sont tombés dessus.
Ils ont su me convaincre, et ma muse insolente,
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi,
Avec un soupçon de réserve toutefois :
Mourrons pour des idées, d'accord ! Mais de mort lente.D'accord, mais de mort lente...
Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure,
Allons vers l'Autre Monde en flânant en chemin.
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain.
Or, s'il est une chose amère, désolante,
En rendant l'âme à dieu, c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée :
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente, d'accord, mais de mort lente...
Les Saints Jean Bouche d'or, qui prêchent le martyre,
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas.
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire,
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas.
Dans presque tous les camps, on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité.
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en apparté :
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente, d'accord, mais de mort lente...
Des idées réclamant le fameux sacrifice,
Les sectes de tous poils en offrent des séquelles,
Et la question se pose, au victimes novice :
Mourir pour des idées, c'est bien beau, mais lesquelles ?
Et commes toutes sont, entre elles, ressemblantes,
Quand il les voit venir, avec leurs gros drapeaux,
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau :
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente, d'accord, mais de mort lente...
Encore, s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin, tout s'arrangeât,
Depuis tant de grands soirs que tant de têtes tombent,
Au paradis sur Terre, on y serait déjà.
Mais, l'âge d'or, sans cesse, est remis aux calendes,
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez,
Et c'est la mort, la mort, toujours recommencée ;
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente, d'accord, mais de mort lente...
Oh, vous, les boutefeux, oh, vous, les bons apôtres,
Mourrez donc les premiers, nos vous cédons le pas.
Mais de grâce, morbleu, laissez vivre les autres,
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas.
Car enfin, la Camarde est assez vigilante,
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux.
Plus de danses macabres autour de échafauds :
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente, d'accord, mais de mort lente...
Publié par jeannelapucelle à 17:16:49 dans Des textes pas à moi | Commentaires (2) | Permaliens
02-04-2005 19:05
De p'tibo nome Sujet:
t'es où ? 66kg de matière organique superbement athlétique (un peu trop athlétique). Plus très athlétique, en fait...
. Etalés verticalement sur 1.71 m.
Cheveux châtains.
J'ai aussi un blog anglophone(dans blogroll)
Yeux verts
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