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Attirantes, à tirer de leur torpeur, de toutes les couleurs, bien visibles et bien mises en beauté derrière la vitrine embellie pour ce rendez-vous d'exception...
Je pousse la porte. Les clochettes tintent. Je franchi le seuil. J'avance un « Bonsoir » timide. Elles restent silencieuses. Seule la taulière me répond.
Je me joins au groupe exclusivement masculin rangé patiemment à la queue leu-leu. J'attends. Le taulier termine de s'occuper de mes prédécesseurs bien emballés par la jeune soubrette présente ici uniquement ce jour-là. Mon attente continue. Plus vite, je suis pressé ! Pressé de me satisfaire, pressé de la satisfaire...
Vient mon tour. J'ai bien vite écarté les multicolorées regroupées en silence, mes bourses auraient dû founir trop d'énergie pour les obtenir. Longtemps, j'ai hésité entre les frippées, rouges de naissance, et les immaculées, blanches de teint. J'indique mon choix au taulier : une toute claire, bien fière du haut de sa longilignité. Hum, hum ! Il l'oriente vers la jeune soubrette, chargée de l'apprêter pour mon usage exclusif.
Au même moment, la taulière m'invite à lui montrer mes bourses pour lui en offrir une partie du contenu, protégé par la chaleur de mes vêtements. Si gentiment ordonné, si doucement dit, je m'exécute et lui cède une partie de moi. Dans l'instant suivant, la servante au tablier vert me tend ma longiligne immaculée emballée, par ses soins serviables, d'une transparence mettant à merveille l'immense tête blanche.
Enfin, je m'éloigne, tout penaud, doublant la file d'hommes dans l'attente puis franchissant le seuil d'un « Bonsoir » franc, ma fleur à la main.
Et, c'est ainsi que, au soir de la Saint-Valentin, j'ai cédé à ce moment commercial qui m'a incité à offrir à « elle » la rose blanche cueillie chez le fleuriste des environs, cadeau minimum sans lequel la soupe du soir aurait été composée d'une grimace froide ! Pffffff, susceptible, va !!!
Publié par ittou à 13:00:46 dans ittou | Commentaires (16) | Permaliens
On se cause ?