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Quoi de neuf docteur ? | 18 avril 2005

J'étais papa depuis deux jours, je vivais cela très consciemment. Je suis entrée dans la chambre et sur son visage j'ai tout de suite vue ce masque, que je n'attendais pas. Je me suis approché, inquiet, les rides du lion en avant.
 
Dans les larmes, elle m'a parlé d'un problème de pression sanguine au niveau des membres inférieurs. Notre Bébé était examiné de très près et nous ne savions pas grand chose de plus.
A ce moment là je me suis surtout senti touché par elle, par sa détresse de mère, par sa peine si anachronique. J'étais bouleversé et si proche d'elle. Pour la première fois je me sentais père à ses yeux, j'avais enfin quelque chose à voir la dedans. Pendant neuf mois il a fallu que je sois celui qu'elle attendait (un seul ne suffisait pas !), celui qui devait avoir les attitudes qu'elle attendait, quand elle l'attendait. Cette naissance à la paternité n'était pas abstraite, mais elle n'était pas physique.
Je ne me sentait pas tellement coupable de ses reproches car je ne la comprenais pas, je ne comprenais pas ce qu'elle voulait. J'avais de la peine car je l'aimais et ne parvenais pas plus à entendre qu'être entendu.
Le troisième jour notre fils a été transféré à l'hôpital pour de plus amples examens du coeur. Alors j'ai commencé à faire la navette, chaque matin, entre la maternité et lui. Je livrais le lait maternel pour qu'il puisse toujours s'en nourrir et être en contact avec sa mère. Je lui parlais un peu dans sa couveuse avant de repartir. Autour de lui il y avait plein d'autres petits bouts, surtout des prématurés, il semblait déjà grand avec ses 51 cm.
L'après midi je retournais voir sa mère pour lui parler de lui, pour être là, pour essayer de lui remonter le moral.
Heureusement mon boulot me permettait d'organiser mon temps, et bien que très touché et concerné par cette épreuve je suis resté très confiant et pas trop inquiet.
Nous avons appris qu'il souffrait d'une déformation de l'aorte qui nécessitait une intervention chirurgicale. L'opération à eu lieu six mois plus tard, à Paris, et cela a été un franc succès.
 
J'avais 23 ans et j'ignorais bien des choses. Je n'avais pas lu Dolto, entre autre. Je pense qu'il serait certainement très utile et salutaire d'enseigner quelques rudiments de psychologie à l'école.

Publié par Phylmots à 15:02:29 dans Réservoir Blog | Commentaires (8) |

AME | 11 avril 2005

Publié par Phylmots à 12:40:26 dans Et puis... | Commentaires (11) |

Le temps des cerises. | 08 avril 2005

Le retour du Printemps et de son soleil, qui parfois tarde à être le notre, me fait me souvenir de mon grand père.
C'était un homme de la campagne, débrouillard, robuste et plein de bon sens. Il savait bricoler, réparer la pierre et le bois, dompter la fée électricité, cultiver la terre, faire pousser de belles fleurs et les associer en bouquets de couleurs, de senteurs pour faire briller les yeux de ma grand mère. Il m'aidait à bricoler des petits moulins à eau qui faisaient mon bonheur quand j'arpentais les rivières pour les faire tourner comme les moulins de mon coeur.
Nous parcourions les bois, dans tous les sens, sans jamais perdre le nord et toujours les bras chargé des champignons qu'il savait trouver et reconnaître. Il me laissait une totale liberté sans jamais cesser de veiller, prêt à intervenir. Quand nous allions à la pêche il me faisait rire, parfois il emmêlait sa ligne et il poussait un tas de juron façon capitaine Haddock, bon dieu de cochon de chien d'ours ! Ca parait banal, écrit comme ça, mais si vous l'aviez vue et entendu vous auriez sûrement le sourire au lèvre.
La maison de mes grand parents était une caverne d'Ali Baba pour l'enfant que j'étais, et rien que le grenier (Vanes le tiens aussi est très beau !) m'a valut des journées de découvertes plus incroyable les unes que les autres (vieux livres, catalogues, malles de vêtements, imprimerie portative, petites machines à vapeur, tableaux...), sans compter les histoires que je me faisait dans cette environnement si fertile.
Mais ce que j'aimais par dessus tout c'était le triporteur. Une vieille moto qui faisait un bouquant d'enfer, aménagé avec une sorte de compartiment frontal de la capacité d'une petite remorque. Je grimpais devant et nous partions sur les routes calmes de l'époque, et j'étais fière et grisé par les trépidations de la machine.
Le long du canal jusqu'au vergé nous étions les rois de la route.
Pendant qu'il réparait la clôture je courais dans les hautes herbes qui fouettaient doucement mes guibolles de gamin heureux. La vie était belle, simple et juteuse comme la chaire des premières cerises.
Mon grand père savait aussi sculpter le bois et peindre, il conduisait des locomotives et il m'emmenait avec lui. C'était un homme simple et bon, quelqu'un de gentil qui savait avoir la bonne attitude. Capable de considérer l'enfant que j'était sans jamais me traiter comme un gosse.
Il est mort il y a deux ans, parti rejoindre sa chère femme. Ils ont fêté leur 65 ans de mariage, alors je sais que l'amour existe et qu'il peux durer très longtemps. C'est deux là étaient des cadeaux avec des sourires qui peuvent arrêter la pluie. Il m'en reste plein au fond du coeur alors si certain en on un peu besoin je vous en offre avec plaisir et n'hésitez pas à faire suivre. Cela semble un peu abstrait et mièvre peut-être, mais ça ne l'ai pas tant que cela, pas pour ceux qui son prêt à accepter un sourire bienveillant. 

Publié par Phylmots à 12:47:21 dans Réservoir Blog | Commentaires (9) |

Avis, 2 décès. | 06 avril 2005

Samedi soir, assis sur le canapé, le fils à la gauche du père, c'est ça l'alternance, nous regardons la TV. Le couple Belluchi-Cassel joue les agents secrets, j'y crois pas mais je vois bien qu'ils aiment jouer, ensemble et puis avec nous, les baveurs du samedi soir. Et puis d'un coup un bandeau défile pour nous annoncer le communiqué du Vatican: le pape est mort. Ben alors la on s'y attendait vraiment pas ! Les médias avaient raté Molière, ils ont eu le plus haut prélat, c'est chouette. C'est pas tout ça mais on voudrait bien voir la fin du film, des fois qu'il y aurait un moment de suspense qui arrive. Fin, ça sera pour une autre fois enfin on a quand même eu droit au seins de Monica. Vraiment une soirée catho !
Comme tout le monde en parle, alors l'émission a été déprogrammé ! Pfff !
Bon ben j'vais aller faire le beau en boite.
J'arrive tôt y'a encore de la place sur la piste, j'en profite avant que le torrent gonfle. Je suis bien entouré, les femmes de Patrick son là, se soir. Un sourire par ci un déhanché par là, je ne suis pas à l'abri de passer une bonne soirée.  Je me sens de bonne humeur, je tiens une forme, à la limite de l'insolence. Il ne manquerait plus qu'il passe de la musique et se serait le bonheur.
J'ai chaud, j'ai soif, je me dirige vers le bar. Je commande un Get Perrier, le serveur me tend la main, je lui en serre cinq, étonné, j'ai pourtant pas fait de réality show ?! Je pose mes fesses sur un tabouret, façon décontracté mais pas trop. Je m'allume une clope, j'inhale, les yeux au plafond, c'est presque aussi bon qu'un massage du cuir chevelu. Et je regarde le manège des aller et venues de tout ce petit monde. Les visages, les expressions, les circuits, les frôlements et si l'un d'eux était un bloggeur de Bloggland !! Oui depuis quelques temps je pense à cela quand je suis dans la foule, j'suis sûrement pas tout seul.
Back to reality, j'entame la conversation avec la brunette de droite. On se raconte un tas de banalités, c'est bon parfois la superficialité. Le temps passe doucement dans la fumé, je la touche, elle m'effleure, c'est d'une légèreté tangible.
Elle veut danser, elle m'emmène dans le magma, fin du suspense. Série de slow, proximité, contact, caresses, embrassade, un samedi soir sur la terre, c'est ça ?
Le matin même ma TV rendait l'âme, elle allait avoir 10 ans, ne cherchez pas, personne n'en parlera.

Publié par Phylmots à 18:00:43 dans Réservoir Blog | Commentaires (21) |

Le travail c'est la santé... | 30 mars 2005

Déjà 1 an et demi que je recherche un job, et c'est plus rare que les truffes. Enfin pour le moment c'est surtout moi la truffe. Les offres sont à l'image de la forêt amazonienne alors y'a des petits malins qui en profitent pour rogner sur la rémunération proposée, très motivant.
Je me suis ouvert, c'est d'actualité, à d'autres secteurs d'activité. Alors là on frôle le corporatisme, chasse gardé, pas touche.
Comme si ça ne suffisait pas je postule pour des postes, hiérarchiquement inférieurs, à celui que j'ai occupé en avant dernière position. Par goût pas par dépit. Alors du coup je suis surdimensionné qu'ils disent, les plus pétochards.
Le plus difficile c'est de passer le stade des cabinets de recrutement et de ne pas être reçu par les entreprises pour pouvoir argumenter. Aujourd'hui encore j'ai appris que mon dossier n'était pas retenu au profit de candidats issues du secteur concerné. Je vais finir par aller voir le nouveau film de Costa Gavras.
Je ne suis pas victime, je ne suis pas menacé financièrement, mais là j'accuse un peu le coup. J'ai toujours confiance en mes compétences professionnelles mais je commence à piquer du nez pour ce qui est de me faire embaucher. Je l'avoue je suis inquiet. Peut-être que je vais devoir changer radicalement de job, c'est possible, mais là j'suis dans le brouillard. Pour la peine je me suis offert une figue et une part de flan, trop bon !
Je me sens toujours vivant et la vie est merveilleuse alors je m'en sortirai, si ça pouvait venir là, j'suis à point !
Le chômage est une source intarissable de fantasmes plus pernicieux les uns que les autres, tant pour les chômeurs que les autres. Parfois je perds un peu la réalité, heureusement j'me soigne !

Publié par Phylmots à 18:00:09 dans Réservoir Blog | Commentaires (12) |

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