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Préliminaires culinaires | 26 août 2005

Pour tout célibataire il est un moment de grande solitude auquel on ne peut échapper quand vient le temps de répondre à la question: mais que vais-je bien pouvoir lui préparer pour notre premier dîner ?

Alors pour vous éviter d'investir dans l'intégrale des DVD de Maïté, de perdre du temps dans la recherche d'un traiteur de qualité et pas trop chère ou pire encore de vous rabattre sur une banale pizza Sodebo, je vous propose une recette facile, rapide, à la porté des nuls et autres possesseurs de deux mains gauches (ou droites pour les autres, faudrait voire à rester politiquement correct en ces temps d'égalité absolue).

Eguillettes de canard à l'orange, un maximum d'effet pour un minimum d'investissement, et sans le matos des cuisines du Crillon.

 

Faites revenir les aiguillettes (environ 200g/pers.) dans une poêle pour les dorer sur chaque faces. Attention à ne pas laisser trop cuire, 1,5 à 2 mn par coté suffit. Pendant cette phase délicate invité mademoiselle à se saisir de vos deux belles oranges et à en extraire le jus.

Une fois cette chose faite vous ferez passer le feu (celui de la cuisinière) de fort à moyen. Vous noyez votre viande sous le jus d'orange, vous ajoutez 5 cl de rhum brun et vous laissez réduire une quinzaine de minutes.

Profitez de cette période pour récupérer un peu de zeste des oranges et pour ouvrir une bouteille de Gewurztraminer bien fruité (5 ans d'ancienneté, au diable la mesquinerie). Servez vous un verre pour l'apéro, inutile d'attendre d'être à table pour entamer ce précieux breuvage, et la cuisine baignée du parfum de votre préparation qui chantonne dans la poêle est le lieu idéal pour un moment de convivialité propre à l'éveille des sens.

Plongé votre regard dans le sien, que c'est bon ce que l'on voit à ce moment là et vite on retourne au fourneau. Vous écartez les aiguillettes dans les assiettes, de préférence tièdes puis vous ajoutez le zeste et deux cuillères à soupe de crème fraîche à votre jus de poêle. Faite réduire pendant 2 à 3 mn en remuant à l'aide d'une cuillère en bois.

C'est prêt, vous pouvez verser la sauce sur les aiguillettes, salé poivré et passer à table. En accompagnement je vous suggère une petite poigné de pâtes, de préférence des petites tortillées ou avec des formes originales.

 

Et voilà le secret des ambiances réussies en une demi-heure, pour le dessert je vous fais confiance. Il me reste à vous souhaitez une bonne soirée et un bon appétit.

Publié par Phylmots à 12:55:13 dans Et puis... | Commentaires (14) |

Célibat | 23 août 2005

Y'a comme un silence qui fige tout. C'est un soir comme ça, un soir sans peau, sans tristesse et sans joie. Un soir pour moi, sans elle, sans toi, sempiternel abscence. Alors je surfe, je franchis des montagnes, traverse des continents, la nuit est mon manteau. J'envisage des lèvres qui se posent, avec fermeté et délicatesse, sincérité et affection. Je trinque à cette idée, passé guidé, pas si guindé. Vous me suivez des yeux, le temps n'a plus cours sur les pages écrites, mais êtes-vous bien là ?

Trève de bavardage, il est temps de sortir et de traverser encore les vapeurs obscures. 

Publié par Phylmots à 21:38:57 dans Réservoir Blog | Commentaires (6) |

Horreur boréale | 23 août 2005

Sentiments précieux qui valez si cher
J'ai tant donné pour vous plaire
Mais vos prix sont bien élevés
Vous faut-il ma vie pour payer


A moins que votre clientèle soit privée
Vos bontés à quelques uns réservés
Le bonheur serait un produit codé
Disponible uniquement pour les abonnés


Sentiments précieux qui valez si cher
J'ai tant donné pour vous plaire
J'en ai payé le prix
Malheureusement à cor et à cri


Je fais partie de ces abonnés absents
Qui ont puisé la vraie richesse du temps
Mais qui n'ont jamais manqué d'ardeur
Pour cette quête vers le bonheur


Sentiments précieux qui valez si cher
J'ai tant donné pour vous plaire
Genou plié, dos courbé,
Je vous ai, sans compter, imploré


Je vous ai cherché, inlassablement
Dans le calme, le tourment
Aujourd'hui je ne peux plus ignorer
Que je vous ai engendré


Sentiments précieux qui valez si cher
J'ai tant donné pour vous plaire
Laissez-moi au moins l'espoir
De gagner la bataille dans la gloire


Je ne peux me résoudre à quitter
Ce monde, sans pouvoir récolter
Dans l'allégresse, la douceur,
Les fruits de mes années de labeur

Publié par Phylmots à 16:02:51 dans Avec elle | Commentaires (5) |

Euréka | 19 août 2005

Voilà plusieurs mois que mon ordinateur souffrait de « déconnexionnite aïgu », ce qui a eu pour conséquence de limiter mon temps d'action sur le Net à 3 ou 4 minutes, quand tout allait bien.

J'ai consulté les plus éminents spécialistes et rien, un mystère pathologique digne du « Lancet » de l'informatique.

J'étais déconcerté, près à faire euthanasier ce pauvre computer et à casser mon cochon (pas celui qui sommeil en moi) pour acquérir son vigoureux successeur. Mais voilà, la saison n'ai pas au extravagances financières, entre les impôts et  l'augmentation du fioul mieux vaut faire preuve de créativité que de résignation.

Alors je l'ai regardé dans le blanc de l'écran, j'ai pris une bonne inspiration et j'ai plongé les mains dans le cambouis, enfin façon de parler. Le combat a été bref mais intense et une fois de plus l'homme a eu le pas sur la machine.

Je suis fière de moi, oui bon d'accord j'en fais un peu trop mais vraiment quel soulagement....pfff..

Plus qu'à croiser les doigts (y compris ceux des pieds) pour que ça tienne le plus longtemps possible.

Phylmots is back !

Publié par Phylmots à 15:58:58 dans Et puis... | Commentaires (6) |

Invisible ou presque | 07 août 2005

C'était une belle matinée pour débuter la journée, lumière douce, esprit clair et un rien d'effervescence dans les zygomatiques. Direction le centre, la librairie, envie de bouquins.


A peine dans la place je sens que je vais avoir du mal à me limiter. Je respire un bon coup, me laisse un moment caresser la rétine par les courbes d'une employée et je plonge dans les rayons. Je déambule au milieu des enfants, je regarde, je cherche, certains me parlent d'eux, un peu, parfois beaucoup. J'en adopte cinq.

C'est l'heure de l'apéro, j'ai envie d'un café et d'une clope. J'achète le pain et une lunette avant de franchir les quelques mètres qui me séparent du zinc. Elle est là, la femme de fin de semaine, attablée, un crayon à la main. Je fais mine de ne pas la voir, je saisis le canard et me perche au ras du comptoir.

Je me sens bien, le regard sur sa nuque, spectateur de ses mouvements. Elle commande « un petit café », je l'emboîte. La barmaid me le sert accompagné d'un sourire franc et léger, puis c'est son tour d'être servie. Elle boit par petites touches comme le pinceau d'un impressionniste, et j'aime ce tableau.
Elle écrit une carte ou une lettre de rupture, peut-être, à moins que ce ne soit la liste des courses.

Dans le bar les couleurs sont d'une rare évidence, la musique danse, c'est parfait. Je savoure avec lenteur dans le bleu de ma fumée caféïnée. 50 au cœur, et la chaleur, de mes doigts à ma bouche, coule avec sérénité. Moment fort et profond tellement banal au dehors.


J'ai relevé le nez du papier au moment de faire tinter la monnaie. Un coup d'œil sur la droite elle avait disparue, partie sans bruit, sans trace. Petit sourire, la vie est belle, je dis au revoir et poursuis mon chemin.

Publié par Phylmots à 11:18:07 dans Réservoir Blog | Commentaires (4) |

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