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Fiction suite 4 | 29 avril 2005

J'ai terminé mes achats, songeuse. Je repassais le film de cette rencontre, pour ce qu'elle avait mis en mouvement en moi, pour tenter de comprendre. Je ne suis pas femme à donner mon numéro de téléphone à la légère, et pourtant.

Ma rétine impressionnée me l'affichait encore, ses traits, ses courbes, ses accélérations à courte amplitude, la douce présence de son regard, de son regard sur moi. J'avais envie d'aller vers elle, derrière se regard, pour y voir, m'émouvoir.

C'est à la caisse que le téléphone m'a sonné. C'était Zel.


- Tu es libre demain midi ?
- Déjà...enfin..
- On pourra déjeuner ensemble, parler, apprendre..hum..à ce connaitre..
- Vous me bousculez...je ne sais pas..
- Oui, j'ai très envie de te bousculer et là il va falloir savoir, et puis oublie se VOUS s'il te plait.
- Tu as l'air bien sur de toi.
- Ca veut dire oui...génial ! Bon tu connaît l'Ecluse ?
- Oui
- Super, demain midi, midi 15 ?!
- Bon...entendue.
- Tchao Virginie.
- Au revoir.
 

Et voilà, j'avais un rencard, en moins de temps qu'il n'en faut pour étaler le contenu de mon Caddy sur le tapis. J'étais désarçonnée par le rythme qu'elle impulsait à nos échanges. Elle ne me laissait que le temps de la suivre. Pas de répit. J'avais peur de celle qui agissait en moi, je ne pouvais résister, il le fallait. J'ai payé et suis rentrée dans un état nouveau, un état anarchique. J'ai rempli le frigidaire et je me suis lancé dans un monstre ménage de Printemps.

Publié par Phylmots à 18:09:24 dans Mais aussi... | Commentaires (9) |

Fiction suite 3 | 28 avril 2005

Quelques jours plus tôt je faisais mes courses, banalement, absorbé par ma petite liste dans les rayons d'un hypermarché. J'étais attentive au bon choix de mes tomates, quand soudain quelqu'un a percuté mon chariot.


- Vous n'avez rien ?
- Pardon ?!
- Des dégâts ? Vous voulez que l'on fasse un   constat ?
- ... ?
- Vous êtes en état de choc ! C'est plus sérieux que je ne le pensais !
- Qu'est-ce que vous dites ?
- Vous voyez, altération de vos facultés cognitives !
- Mais...
- Il était temps que j'arrive.
- Mais qu'est-ce que vous voulez ?
- Allez détendez-vous, je vous ai vu, vous m'avez tapez dans l'œil alors j'ai foncé, c'est tout.
- Vous ne manquez pas de souffle !
- Et vous de charme !
- ... !


J'étais capté par cette fille comme un papillon dans la lumière d'une lanterne. Nous parlions et j'aimais cela, je ressentais comme une impression de « jamais vu » qui me titillait là. A un moment un homme chauve c'est placé près d'elle pour remplir son sac de légumes. Je le regardais de temps en temps, il était long, comme s'il nous écoutait à la dérobé. Suivant mon regard elle c'est retournée, et a invectivé l'inconnu comme si elle le connaissait de longue date.

- Ah salut !
- Salut !
- Ca a l'air de bien se passer ta chimio, j'vois que tu as retrouvé l'appétit !

Il a pris son Caddy et démarré plus vite que les pilotes de grands prix. J'étais scié par son insolente audace, par son aplomb, un peu séduite aussi. C'était la première fois qu'une autre femme tentait de me séduire en ces lieux. Je n'étais pas trop à l'aise et pourtant excitée par cette situation si inhabituelle.

Elle m'a dit se prénommer Nazélie, mais que tout le monde l'appelait Zel, et qu'elle voulait me revoir. Elle m'a demandé mon téléphone et mes mains lui ont donné sans que je puisse m'y opposer.

Publié par Phylmots à 11:09:13 dans Mais aussi... | Commentaires (12) |

Fiction suite 2 | 27 avril 2005

J'étais troublé par tout ce mouvement interne, désappointé. Elle a dû le sentir, elle s'est rapprochée du lit. A genou, elle a posé sa main adroite sur mon pied gauche  puis lentement est remontée le long de ma jambe. Son regard féline et calme plongé dans mon trouble. J'aurais voulu me jeter à ses lèvres, mais je sentais parallèlement dans mon ventre une boule de crispation, épicentre de frissons nauséeux qui me parcouraient inéluctablement. A bout je me suis retourné sur le ventre. Instantanément elle c'est jetée sur mon dos, pesant de tout son poids, de tout son corps. Ses paumes caressaient mes bras, ses cuisses mes cuisses en douces ondulations. Le visage dans mes cheveux elle ronronnait, un ronronnement bizarre, presque un langage. Elle me rendait dingue, j'étais autre et j'adorais cela, et totalement perturbée par ce que je vivais. Par ce qui m'était étranger, par ce qui était entrain de m'arriver, de me submerger. Puis elle a planté ses crocs dans ma nuque comme une panthère qui tiens sa proie, prête à la faire passer de vie à trépas. J'avais un peu mal mais je n'avais jamais atteint un tel niveau d'excitation. J'étais soumise à cette femme, à son désir et plus encore au mien. J'étais hors de moi, sous l'empire de mes instincts archaïques. J'ai joui jusqu'à l'ivresse, dans l'abandon et la fièvre.

Je ne savais plus qui j'étais, ce qui m'arrivait. J'avais besoin de calme, de retrouver mes marques, il fallait que je sois seule, au risque de la vexer. J'ai attendu un peu et je lui ai demandé avec délicatesse de partir. En silence elle s'est habillée, m'a demandé si j'avais un fruit à lui offrir. Je suis allé lui chercher une pomme, elle a croqué dedans avant de se diriger vers la sortie. Elle a fait demi tour avec une impétueuse assurance, m'a embrassé tendrement et dit :

-   On s'appelle !

J'étais scié, pour la seconde fois, je suis tombé assise par terre et j'ai pleuré sans savoir pourquoi, juste pour faire sortir le trop plein.

Publié par Phylmots à 12:02:15 dans Mais aussi... | Commentaires (6) |

Fiction suite 1 | 26 avril 2005

J'ai ouvert, c'était elle, nous nous sommes enveloppés de nos regards, jusqu'à nous embrasser à pleines bouches. Sa peau me brûlait, ses lèvres et sa langue étaient un orage qui me trempait. Ses mains me caressaient et me palpaient en vagues déferlantes. Nous étions submergés par la volupté, nous nous sommes traîné jusqu'à mon lit et nous avons fait l'amour, passionnément, sans avoir prononcé un mot.

Allongé sur le ventre, la tête sur ses bras croisés, elle laissait paisiblement ma main étaler la douceur de mes sentiments le long de son dos. Je lui ai proposé un verre de vin blanc, qu'elle a accepté. Nous avons trinqué à ce petit quelque chose qui était dans l'air, et roulé quelques olives dans ma bouche, à moins que ce ne soit la sienne.

Je l'observais marcher, nu, dans la pièce. Elle prenait un livre, l'ouvrait, semblait le lire puis me regardait un moment sans rien exprimer, comme pour fixer l'instant. Elle a poursuivie comme ça quelques minutes. J'étais captivé par ses mouvements, sa façon d'incliner la tête, de présenter son cou dans le balancement de ses cheveux. La position de son bras quand elle s'est accroupi, et toute cette fluidité qui me touchait au plus au point. Je la regardais infiniment comme je n'avais jamais vu, comme je n'avais pas imaginé que l'on puisse voir. Et j'étais stupéfaite par cette soudaine conscience, par la grâce de cet instant. Elle était comme ces petites herbes de plage des Landes, que le vent fouette dans un murmure rasant. J'avais Pat Metheny en accompagnement musical, et son odeur sur mes doigts, mes fosses nasales.

Publié par Phylmots à 14:32:00 dans Mais aussi... | Commentaires (9) |

Fiction | 25 avril 2005

Il était près de 19h00 quand je suis rentrée chez moi. J'ai lâché tout ce que je tenais et libéré mes pieds dans un soupir. Je n'étais pas si fatiguée,plutôt impatiente d'entamer la soirée. De me retrouver là où j'allais l'accueillir ce soir. Deux jours sans elle, à la penser, la désirer, à la chasser de mes pensées. Encore un peu de ce temps, énervant, et elle sera là, et je pourrai la sentir, et nous pourrons être ensemble.

J'avais soif de ce grand verre d'eau que je laissais vide, deux fois. Il était temps que je
mette une bouteille de vin blanc à la porte, à la porte du frigidaire. Que je sorte les olives, qu'elle aime tant faire rouler dans ma bouche. Ma bouche déjà si impatiente de son corps, avide oralité.


La lumière d'avril jaillissait dans l'appartement avec force. Le soleil soulignait ses propres choix, m'éclairait sous un nouveau jour. Je me sentais heureuse et très excitée. J'ai pensé prendre une douche, me suis ravisé, je ne tenais pas à me mettre en vitrine. J'avais envie de m'offrir sans voile et sans gène. Un bon bain de musique était plus approprié, alors je me suis mise à bouger sur Black Eyed Peas. J'avais pris soin de régler le volume sonore en fonction de la sonnette. Ainsi je me suis présenté à la porte au premier son.

Publié par Phylmots à 17:57:01 dans Mais aussi... | Commentaires (9) |

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