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Deep velvet | 22 juin 2005

Assis derrière mon café,
Compagnon de la nuit,
Je regarde le filet bleuté
De ma cigarette qui fuit.


Du silence et de la lumière,
Un peu de musique et beaucoup de questions.
Tant de mots, de prières,
Tant de chemins sans direction.


Assis derrière mon café
Je réalise à 40 ans,
Que ma vie est un pâle cliché
Usé par les tourments.


Des années à garder des secrets,
Des mois à vouloir m'en sortir,
Des jours sans fin et sans intérêt,
Des heures passées à réfléchir.


J'ai donné mon passé,
Vendu mon avenir.
J'avance le dos tourné,
C'est ma façon de fuir.


Mes souvenirs me regardent ce soir,
Eux qui me dévoraient autrefois.
Le velours de leur peau à ma mémoire,
M'enveloppe comme manteau dans l'effroi.


J'ai froid, je tremble... Même mon café
Fumant et brûlant sous mes doigts,
N'arrive pas à me réchauffer.
Est-ce la mort qui rentre en moi ?


Soirée d'arrache coeur, où je ne vois plus rien,
Où je m'écrase dans un immense fracas.
Soirée d'absence où la vie est chagrin,
Où tout n'est que trépas.


Beaucoup souffrir, toucher le fond,
C'est enfin sentir un point d'appui.
C'est la limite de mon oraison,
Solitude lugubre qui me poursuit.


Mon corps reprend le pouvoir,
Il réclame la fermeture.
La fatigue souvent m'aide à surseoir,
A ces trop longues nuits de torture.


Nuits de douleur, douleur de vivre,
Angoisse de la méditation.
Comme j'aimerais être libre
Et atteindre la perfection !


Vaincre la mort, la déchéance,
Sortir de l'oubli et renaître
S'accorder une dernière chance
S'affirmer Enfin, ne plus se soumettre !

Publié par Phylmots à 22:48:04 dans Avec elle | Commentaires (7) |

Aimer sans doute | 21 juin 2005

Nous voilà, tous les deux, devant cette église,
Tous nos invités sont là, c'est une belle journée.
Nous allons enfin nous marier
Et je serai à jamais ta promise.


Nous voilà. Pourtant avant toi, il y a eu lui,
lui, que j'ai aimé à en perdre la raison,
Avec qui , je voulais contruire une maison
Dans laquelle nos enfants auraient grandi.


Les souvenirs deferlent, mon coeur raisonne,
J'ai chaud puis froid tout à la fois
De toute part le doute s'immisce en moi
Je panique, cherche un regard, ne trouve personne.


Soudain les cloches sonnent et tout le monde s'agite
Le moment est venu de franchir les dernières marches.
J'ai peur de bouger, de tomber de ma branche,
Je ne sais plus que faire, mes certitudes s'effritent.


Nous voici devant l'autel, le prêtre est là et moi,
Je sais qu'au fond d'elle-même, un doute subsiste.
Je sais qu'elle m'aime pourtant, car elle se bat et persiste,
Pour oublier celui qu'elle a aimé avant moi.


Et je ferai tout pour l'aider, la soutenir,
Tout pour qu'elle tire un trait sur cet amour passé,
Sur cet homme qui a prétendu l'aimer,
Pour qu'ensemble, nous construisions notre avenir.


Plus que lui c'est leur histoire qui est gravée.
La passion illusoire et romanesque de deux papillons,
Qui se sont envolés à en perdre l'horizon.
De cette hauteur elle est encore grisée.


Dans quelques instants elle va devoir trancher,
Nous sommes déjà unis dans le mystère de cette attente,
Dans ce qui ne semble qu'une formalité évidente,
Où nous semblons seul et ensemble à redouter.


Voilà, le prêtre fait son discours, je m'engage avec elle,
A la fameuse question, elle répond...Oui. Un oui
Naturel certes, dans de telles cérémonies,
Mais à mes yeux si profond, si sincère, si éternel.


Il me regarde, il est heureux. Je sais qu'il a eu peur,
Peur que je flanche, que je l'abandonne
Mais comment aurais- je pu, avec tout ce qu'il me donne :
Sa confiance, son amour, l'espoir de vivre un vrai Bonheur.

Publié par Phylmots à 12:13:14 dans Avec elle | Commentaires (1) |

Félin pour l'autre | 07 juin 2005

Il est arrivé un beau matin,
Il n'avait pourtant besoin de rien.
Il est arrivé surgissant de nulle part,
Comme une boule de billard....
Qu'avait-il donc en tête ?
Avait-il un but, une quête ?


Elle était fleur dans son jardin,
Une touche de couleur dans le paysage urbain.
Elle attendait le printemps chaque saisons,
Le coeur songeur, les yeux questions.
La peur de finir lui faisait mal,
En bouquet dans un vase de cristal.


Il est arrivé devant ce jardin et s'y arrêta, émerveillé
Par tant de couleur, tant de variété, tant de beauté.
L'immensité du jardin, l'étourdissait,
Les effluves des parfums, l'enivraient.
Ses forces l'abandonnaient, comme neige au soleil,
Il s'affaiblissait et sombra dans un profond sommeil.


Infirmière ou St Bernard à son chevet,
Le regard fixe la gorge serrée,
Elle voulait croire, n'osait espérer,
Qu'il pourrait bien être son jardinier.
Le sommeil bientôt a enveloppé ses rêves,
Il était ardent et elle élève.


Tandis qu'une goutte de rosée coulait sur ses lèvres,
Une voix suave voulait le tirer de ses rêves.
Pourtant, il se sentait bien là, sur le sol allongé,
L'endroit lui paraissait si familier.
Mais cette voix, qui l'invitait à faire un tour,
Semblait être un appel au secours.


Matin cruel, prisonniers de l'oubli,
Ils resteront orphelins d'un soir, d'une nuit.
Le rideau est tombé au son du réveil,
Fin de l'histoire, je m'éveil.
D'un seul coup sur mes quatre pattes,
Je bondis vers mon bol de lait et je lape.

Publié par Phylmots à 14:16:26 dans Avec elle | Commentaires (6) |

Fiction suite 6 | 06 juin 2005

Difficile de ce concentrer sur le boulot avec Zel en tête. Il fallait qu'il y ait un bien grand vide en moi pour qu'elle prenne, si vite, tant de place dans mes pensées. Il est exaltant d'être dans le désir comme ça, toute la journée, mais c'est épuisant aussi. Cet état provoquait en moi une flopé de sentiments contradictoires et un grand trouble dans mes convictions. Comment savourer la subtile sensualité du rythme, de la nuance, des contrastes, du relief quand on est en permanence dans le rouge.

Je me souvenais de l'histoire passionnée que nous avions vécu avec Isa il y a quelques années. Une passion merveilleuse et totalitaire, exclusive comme je n'imaginais pas qu'il soit possible. Tout ce qui n'était pas elle, qui ne parlait pas d'elle, ne me ramenait pas à elle était de trop, secondaire, de vrais corvées. Je me comportais comme une toxicomane, je négligeais mes proches, ma famille, mon travail, et bien sur moi. Je vivais dans un rêve cauchemardesque comme si s'était  la vie, la vrai. Je croyais avoir enfin découvert l'amour, le pur, le tout puissant, sans doutes, sans limites, sans blague ! Mon sens du discernement était endormi plus profondément que la belle au bois dormant. Isa était mythomane et bien qu'à plusieurs reprises je fus chiffonnée par ce qu'elle avait pu faire ou dire, je restais aveugle aux signes comme face au soleil. Les mois passaient et j'ai commencée à réaliser que je ne m'intéressais plus qu'à elle. A cet état enchanteur qui m'habitait en sa compagnie. Je n'avais d'autre souhait que d'être avec elle, n'importe où, pour faire n'importe quoi, c'était sans importance. Il n'y avait pas d'avenir, pas de projets si ce n'est être ensemble et en jouir. Je me suis dit que quelque chose clochait, que ça n'était pas moi. Ses mensonges commençaient à m'apparaître, jusqu'à ce qu'elle dépasse les bornes et provoque en moi une sorte d'électrochoc. Elle m'a annoncé avoir le sida. Je n'y ai pas cru et cela ma mise en colère, j'ai exigé un test de dépistage le jour même faute de quoi je la ferai licencier. Nous travaillions dans la même entreprise et ma position me permettait non pas d'agir dans ce sens mais en tout cas de lui faire croire.  Elle a prit peur et m'a avoué, preuve à l'appui, qu'elle avait menti. Je suis redescendue d'un coup sur terre, la passion était resté dans les nuages, prête à tomber sur une nouvelle proie. Je lui ai très vite pardonné et nous avons gardé de bonnes relations jusqu'à ce que je quitte l'entreprise. Quand je la voyais j'avais du mal à comprendre comment j'avais pu ressentir des sentiments si fort pour elle, comment elle avait pu prendre autant de place dans ma tête et dans mon cœur. Elle était revenu à ses justes proportions, une femme comme une autre.

Depuis cette expérience je suis assez circonspecte quand mes pulsations cardiaques s'accélèrent, surtout face à quelqu'un de si différent de moi, comme peut l'être Zel.

Publié par Phylmots à 16:56:43 dans Mais aussi... | Commentaires (8) |

De l'amour | 03 juin 2005

Le thème « Avec elle » regroupe des textes écrient avec une collègue, il y a quelques années. L'un démarre un paragraphe et l'autre poursuit, ainsi de suite jusqu'au terme.

D'abord nos mains qui se saisissent,
Qui se croisent et se projettent
Sur nos corps, qui roulent du supplice,
De l'abandon retenu qui nous guette.
 

Ensuite nos lèvres qui se touchent
Dans la volupté d'un baiser brûlant.
Exquise et savoureuse touche
Sur l'échelle des sentiments.


Pulsion brûlante, désirs voraces,
de ces corps qui vibrent avec délice,
Sous ces bouches qui mordent et qui embrassent,
Jusqu'à la sueur, délectable épices.
 

Le souffle chaud de ta respiration
Me couvre de frissons magnétiques,
Et fait naître en moi, des sensations
Troublantes mais magiques.


Tes élans m'attisent jusqu'à la braise
Tes audaces ne me laissent pas le choix,
Je veux t'aimer jusqu'à la cendre, jusqu'au malaise.
Je rentre dans la cadence et me consume en toi.
 

Tant pis pour l'éthique, cette force sauvage
Qui bouillonne en moi, défie l'ordre des choses.
Je veux aller jusqu'au bout, t'aimer avec rage,
Etre ruisseau sur ton corps, vivre en osmose.
 

C'est en toi que je vis le Nirvana,
Nous sommes si proche, presque seul, transporté.
Je voudrais dompter l'instant pour qu'il reste là,
Corps et esprits indifférenciés pour aimer.
 

Aimer aujourd'hui, demain, encore et encore
Aimer toujours jusqu'à la lueur du matin
Se réveiller chaque jour après un corps à corps
Enivrant, véritable élixir qui rend la peau satin.

Publié par Phylmots à 17:10:14 dans Avec elle | Commentaires (5) |

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