
La bonne humeur de David Burgy!
Après un convenable Paris-Auxerre terminé en 9e place, je me retrouvais au départ du tour de la Creuse (du mardi 19 au jeudi 21/07) à la tête d'une équipe inédite de jeunes. Et oui, pour une fois, j'étais le plus vieux de la bande. Je peux vous dire que ça fait drôle, un vrai coup de vieux ! Il y avait là Olivier Nari (de 1981), David Burgy (1982), Nicolas Belot (1985), Alexandre Friboulet (1986) et Aurélien Sthely (1986) pour m'accompagner, les deux derniers cités sortant seulement des juniors.
On m'avait prévenu que le tour de la Creuse était dur, on ne m'avait pas menti. Nous allions nous en rendre compte dès le départ de la première étape longue de 165km : le baisser de drapeau était donné au pied d'une bosse de cinq bornes, de quoi se mettre dans le rouge dès le début. En effet, c'est parti à bloc et s'en était déjà terminé pour une bonne partie du peloton au sommet de cette difficulté. Après un bon moment d'intensité, nous étions un gros groupe de trente à l'avant, mais je n'étais accompagné que d'Olivier, les jeunes s'étant faits « piéger » bêtement pas ce départ ultrarapide. Le reste de la course allait se résumer à une course d'usure sur des routes toboggan, l'écrémage se faisant par l'arrière au fur et à mesure des nombreuses attaques et de la répétition de la principale difficulté (la bosse du départ). Pas très veinard, je cassais les branches du chariot de ma selle en passant dans un trou alors qu'il restait encore cent bornes à couvrir. La poisse ! Elle bougeait dans tous les sens et je devais être descendu d'un bon centimètre. J'avais l'impression de pédaler comme un crapaud, mais j'avais surtout l'appréhension quelle cède complètement. Je ne sais toujours pas comment j'ai pu finir sans problème, réussissant même à accrocher une 8e place, arrivant dans le groupe des costauds pour la 4e place. Malheureusement, le vainqueur du jour, Gourov de Roanne, avait déjà creusé de sérieux écarts, reléguant ses premiers poursuivants à 50sec et notre groupe à 1min 50sec. De quoi voir venir, surtout avec une équipe de Roanne qui marche du tonnerre en ce moment (Herbreteau et Luminet dans le même temps que moi). Olivier terminait dans un groupe de contre alors qu'Alexandre finissait plus loin. Il fallait attendre un peu plus encore pour voir arriver les autres dans le gruppetto. Cest le métier qui rentre !
Ce soir-là, j'essayais de remonter le moral de certains, démoralisés après une telle déconvenue. Mais le vélo n'est malheureusement pas fait que de bons moments, le tout est de ne pas perdre le moral et de repartir de l'avant.
Le lendemain était consacré à demi-étapes : une étape de 90km répartie sur 7 tours proposant une montée et une descente le matin, et un clm par équipe de 26km vraiment très « mal plat » ! Pour continuer avec la poisse, j'étais pris de maux intestinaux depuis la veille au soir, pas terrible vu le menu qui nous était proposé. D'ailleurs, je n'ai pas été étonné de ma prestation du matin. À bloc du début à la fin ! Je n'avais pas de force. Les jeunes se sont bien rattrapés en allant chacun leur tour dans les coups, mais ça roulait vraiment trop vite et toutes les tentatives étaient neutralisées. Un petit groupe sorti dans la dernière ascension de la bosse du circuit parvenait quand même à garder un petit avant age sur la ligne pour se disputer la victoire. Personne de chez nous, mais il n'y avait pas grand-chose à faire. Luminet était dans ce groupe, me faisant reculer d'une place au général (9e).
L'après-midi, la douleur au ventre se faisant plus forte, je ne savais vraiment pas ce que j'allais donner pour le chrono par équipe. J'essayais de ne pas trop montrer ma perplexité aux jeunes, ils avaient déjà assez de stress avec cet effort si redouté. Le mot d'ordre était cohésion du groupe. Cette tactique avait marché au clm par équipe comptant pour la coupe de France DN, pourquoi pas cette foi-ci. Il est important dans cet exercice de rester uni le plus longtemps possible pour profiter de la force de chacun tout en s'octroyant quelques plages de récupération en profitant de l'aspiration. Comme le matin, je n'avais pas trop de force, je gérais donc ce chrono afin de donner le maximum pour l'équipe tout en veillant à ne pas sauter. Nous avions un bon rythme, Olivier et David passant de bons relais, mais pas un rythme suffisant pour viser la victoire. J'aurais aimé prendre de meilleurs relais mais ce n'était pas mon jour. Nous terminions tout de même à une méritante 7e place (même temps que le 6e, Etupes) sur 19 équipes, alors que nous étions sûrement l'équipe la plus jeune du peloton avec Aurélien et Alexandre qui sortent tous les deux des juniors. J'étais vraiment content d'eux !
Le lendemain, pour la quatrième et dernière étape (155km au programme), j'étais pointé à la 10e place au général, mais le ventre n'allait toujours pas mieux. Je pensais que le mal allait passer. Le médecin de la course me donnait du Spasfon avant le départ afin de me soulager. Comme le départ était rapide, comme d'habitude, je décidais de rester un peu dans les roues jusqu'au premier grimpeur répertorié. Olivier, placé au classement des rushs, remportait le premier de la journée (emmené royalement par David), le rendant leader virtuel de ce classement. Le Spasfon ayant fait son effet, je me sentais d'attaque, et tentais plusieurs fois ma chance à partir du 40ekm. Je trouvais l'ouverture au bout de 55km en compagnie de quatre autres coureurs avides de liberté. Seulement, le vent et des routes vraiment difficiles (jamais plat, montées et descentes se succédant, mauvais revêtement) n'avantageaient pas notre fugue. Le peloton, emmené par l'équipe du leader (Roanne) aidée « gracieusement » pas d'autres formations, ne nous octroyait pas plus d'une minute, nous laissant « mourir » à petit feu. Nous résistions tout de même jusqu'aux deux derniers tours du circuit final (4 tours de 11km) après 70km de fugue. Rageant, encore une occasion de manquée ! surtout que maintenant je me demandais si j'allais pouvoir suivre le peloton jusqu'au bout et préserver ma place au général, mon mal de ventre ayant fait un retour fulgurant en même temps que celui du peloton. Après avoir été repris, Nicolas sautait dans un coup de 4 coureurs qui résistait jusqu'au bout au retour du peloton. Nico terminait 3e et finissait donc ce tour de la Creuse sur une bonne note après avoir douté. Je parvenais à finir au sein du peloton, mais perdais une nouvelle place au général, Paul Brousse, présent dans l'échappée, me passant au classement final. Malheureusement, Olivier perdait sa place de leader virtuel des rushs au profit de Kritt, présent dans mon échappée et leader au départ de cette étape.
Vu le contexte (selle cassée et maux de ventre), je ne peux être que satisfait de ce dénouement, la force de l'équipe de Roanne étant incontestable en ce moment (Gourov 1er, Luminet 2e et Herbreteau 4e). Mais ma satisfaction vient surtout de la prestation des jeunes de l'équipe. Ils se sont bien repris après leur déconvenue de la première étape. C'était un gros niveau, ils ont sûrement été surpris lors du premier jour, mais ils n'ont pas démérité ensuite, ne faisant pas de complexes. J'ai vraiment été épaté par leur prestation lors du chrono par équipe, car il ne faut pas oublier que deux d'entre eux sortent des juniors. Finir le tour de la Creuse en ayant participé au déroulement de la course, ce n'est pas donné à tout le monde. Je pense que ces jeunes ont beaucoup de qualités, c'est de bon augure pour l'avenir du club...
Pour finir, je tiens à énormément remercier Romuald, Véro et Sophie pour toute leur aide durant ces trois jours : MERCI !
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