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Julien Guiborel

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Coupe de France DN (clm par équipe) | 23 juillet 2005

Revenons un peu sur ces dernières semaines. Après le tour du pays roannais, je décidais de ne pas courir le week-end suivant (tout comme mes équipiers) afin de me préserver et de bien m'entraîner dans l'optique du contre-la-montre comptant pour la coupe de France DN prévu la veille de la fête nationale. N'habitant pas tous aux alentours de Dijon, aucun entraînement en groupe n'était prévu. C'était risqué comme décision, mais nous étions dans la même situation lors du clm par équipe de 26km du tour nivernais Morvan. Cela ne nous avait pas empêché de prendre la 3e place. Cette fois-ci, la distance était beaucoup plus élevée (58km) avec un parcours également plus exigeant. Je préparais donc cette échéance en effectuant des intensités longues en veillant à travailler au seuil anaérobie (voir rubrique entraînement pour semaine de préparation). Notre seul entraînement collectif s'effectuait la veille du chrono en effectuant la reconnaissance du parcours, celui-ci se présentant sous forme de deux grandes boucles (25 et 34km). Cette sortie nous permettait ainsi de mettre en place les relais avec les positions que Romuald Bourdel, notre directeur sportif, avait prévu : Martial Locatelli pour démarrer, puis Olivier Grammaire, David Burgy, Nicolas Belot, Jérémy Dérangère et enfin moi pour « fermer la marche ». D'un point de vue technique, nous décidions de prendre les relais en ligne afin de laisser récupérer les équipiers dans l'aspiration, les plus forts prenant des relais plus longs, mais pas plus appuyés. Au niveau du matériel, le règlement interdisait l'utilisation des vélos de chrono, notre seul « atout aérodynamique » étant des roues profilées à jantes hautes.
Après avoir effectué un échauffement personnel (certain préférant s'échauffer sur home-trainer et d'autre sur route), c'est dans cet ordre que nous nous présentions au départ. En plus de la distance et du parcours vallonné, la chaleur allait jouer également un rôle majeur. Dans cette optique, nous avions effectué un échauffement minimal, nous emmenions avec nous deux bidons chacun et nous portions un casque normal, plus aéré.
Martial, fort d'une grande expérience de cette discipline (ancien membre de l'équipe de France du « 100 bornes »), lançait l'équipe sur de bonnes bases. Le démarreur a une grande importance, car c'est lui qui donne le rythme et la vitesse « de croisière » que l'équipe doit conserver tout le long de l'épreuve. Les relais se passaient bien, ce qui nous plaçais dans le temps des premiers au premier pointage (km15). D'ailleurs, c'est le seul pointage que nous allions avoir. Heureusement, car nous étions pointés dans les derniers au km25. Les autres équipes ont dû vouloir accélérer à cet endroit du parcours, alors que nous tâchions de respecter notre allure. Une grande osmose régnait dans l'équipe, personne ne sautant de relais, les plus fort prenant des relais plus longs, mais à la même vitesse. Martial, après un gros boulot, se relevait au pied de la dernière bosse à 3km de l'arrivée. Nous montions celle-ci au maximum de nos possibilités, Nicolas se relevant à son tour après avoir tout donné. Il ne restait plus que 1,5km au sommet quand Jérémy se trompait de route dans un rond-point. Nous devions l'attendre car le temps est prix sur le quatrième homme. Dans le dernier rond-point, des voitures nous faisaient encore perdre de précieuses secondes. Je faisais la descente à bloc et prenais le dernier virage en tête, avant de sprinter dans la dernière ligne droite. Verdict : 58km en 1h15min50sec, première place provisoire. Nous restions tous les six groupés après la ligne afin d'attendre l'arrivée des trois équipes parties derrière nous. Nous étions impatients et aucune équipe ne faisait un meilleur temps que le nôtre. Nous nous congratulions et je peux vous dire que ce fût un moment très fort à mes yeux. Il est clair que gagner une course à titre individuel est très gratifiant, mais pouvoir partager une victoire collective qui récompense tout notre début de saison et notre esprit d'équipe, c'est un souvenir qui restera gravé. Cette forte émotion me rappelle celle que j'avais déjà pu ressentir en devenant champion de France de poursuite par équipe junior avec l'île de France (Daeninck, Bouteloup, Lanceleur, Charlot).
Cette victoire est un peu inespérée pour nous car nous n'avions pas du tout préparé collectivement cette échéance comme d'autres équipes, même si pas mal de monde nous donnait parmi les favoris. Je pense que le mélange de l'expérience de certains avec la vitalité des jeunes nous a permis de vaincre. Avec un peu de recul, notre gestion de la chaleur, de la distance, du rythme régulier et du collectif était la clé de notre succès.

Publié par juguibol à 18:55:00 dans articles compétitions | Commentaires (0) |

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