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FRANCOPHONIE

Histoire et actualité de la francophonie

Annulation du sommet de l'UMA | 24 décembre 2003

Une fois encore, la diplomatie algérienne a vu ses espoirs de relancer la moribonde Union du Maghreb arabe (UMA) définitivement brisés. Prenant acte de la défection annoncée du souverain marocain, Mohammed VI, du dirigeant libyen, Muammar Kadhafi, et du président mauritanien, Maouya Ould Taya, Alger a donc dû annoncer, hier, à la dernière minute, l'annulation du premier sommet des chefs d'Etat de l'UMA depuis dix ans prévu aujourd'hui et demain.

Née en 1989, l'UMA regroupe les cinq Etats du Grand Maghreb (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye) et a pour but de promouvoir la difficile intégration politique et économique de la région. Officiellement célébrée à Rabat, Alger et Tunis comme "priorité stratégique", l'UMA est pourtant restée une coquille vide en raison notamment des tensions entre l'Algérie et le Maroc sur le conflit du Sahara occidental. Annexé par le Maroc en 1975, ce territoire désertique hypothèque depuis un quart de siècle la stabilité du Maghreb.

http://www.elmoudjahid.com/stories.php?story=03/12/22/6470087


Publié par Francophonie à 00:16:07 dans Francophonie - Revue de presse | Commentaires (0) |

Louisiane : deux siècles de lente disparition des francophones | 22 décembre 2003

Vendredi, Napoléon et Thomas Jefferson passaient au tribunal à La Nouvelle-Orléans. Dans un procès spectacle mis en scène par le barreau francophone de Louisiane, le premier était jugé pour avoir abandonné les Français vivant en Louisiane en 1803. L'acte de vente, disait l'accusation, ne prévoyait pas suffisamment de garanties de protection de la culture et de la langue française. Jefferson était lui accusé, entre autres, d'avoir tenté de faire disparaître la langue française.

Deux siècles plus tard, que reste-t-il du français en Louisiane? «Y a mon voisin et moi», rigole le chanteur Zachary Richard. Difficile d'ailleurs d'apercevoir un voisin depuis sa maison cachée sous les arbres. Selon les chiffres plus précis du dernier recensement, ils seraient encore 200 000 francophones en Louisiane. Les grands-parents de Zachary Richard appartenaient à la dernière génération de «francophones monolingues». Ses parents, octogénaires aujourd'hui, «ont rencontré l'assimilation de manière brutale». La loi de 1916 fait de l'anglais la seule langue autorisée à l'école.

Pas très loin, à Basile, en plein pays cajun, Daniel, 62 ans, raconte «les bleus sur les fesses», les coups de fouet reçus à l'école à chaque fois qu'il parlait français. Lorsque «l'américanisation» bat son plein à partir des années 30, il devient mal vu de parler français. Les «Texiens» et les autres anglophones arrivent afin d'exploiter le pétrole de la région. Pour se faire embaucher dans ces entreprises qui paient mieux qu'ailleurs, il faut parler anglais. Un commerçant installé en pays cajun se souvient comment un ami employé à la banque lui avait déconseillé d'y parler français s'il voulait y faire un emprunt.

Ceux qui continuent à parler français sont agriculteurs ou éleveurs et ne sont pas allés à l'école. «C'est à ce moment-là que le français est associé à l'ignorance et à la pauvreté», raconte Zachary Richard dont le bureau, entre documents familiaux et livres de la fin du XIXe siècle, est un véritable petit musée d'histoire de la Louisiane. Ses parents lui ont parlé en français. La plupart des gens de cette génération évitaient de le faire, croyant que l'anglais assurerait plus de portes ouvertes à leurs enfants. David Chéramie entendait ses parents discuter en français, entre eux seulement. De cette langue, lui ne connaissait que «maudit diable», les jurons et les insultes. Il a réappris le français plus tard, explique-t-il dans le bureau du Codofil décoré d'une pancarte «Ici on est fier de parler français».

Le Conseil pour la défense du français en Louisiane est né du «réveil ethnique» des années 60. Autre écho, les programmes d'immersion au français mis en place dans les écoles dans les années 80: les élèves suivent tous leurs cours en français, à l'exception d'une heure d'anglais par jour. Près de 3 000 enfants sont aujourd'hui inscrits dans ces programmes d'immersion, des Cajuns qui tiennent à leur héritage comme des «Américains» qui veulent une carte de plus pour leurs enfants. «Ici, le programme est devenu intouchable», se réjouit Nicole Boudreaux, responsable de celui de Lafayette qui, avec 830 élèves, est le plus gros de Louisiane. A quelques kilomètres de là, celui d'une école fréquentée essentiellement par des enfants noirs met la clé sous la porte, faute d'élèves dans les classes. «La nouvelle directrice n'y tenait pas.»Ils ne sont peut-être plus que quelques poignées à pouvoir dire «I am an American mais je ne suis pas américain», mais le français est encore là, de l'avenue du Général-de-Gaulle de La Nouvelle-Orléans jusqu'au village de Grosse Tête en pays cajun. «Le français fait partie de notre identité, même pour ceux qui ne parlent pas la langue», note David Chéramie.

Les Cajuns de Louisiane se sont officiellement réjouis des excuses récentes du Canada pour les «torts historiques» endurés par les Acadiens, ces Canadiens francophones victimes d'une déportation massive entre 1755 et 1763. Secrètement, on ne sait pas bien si on doit s'en plaindre. «S'il n'y avait pas eu le Grand Dérangement, on serait en train de se geler sous un mètre de neige», rigole David Chéramie.


Publié par Francophonie à 01:00:25 dans Francophonie - Revue de presse | Commentaires (3) |

Bonaparte a cédé la colonie en trois jours | 22 décembre 2003

Dans l'aventure coloniale française, la Louisiane occupe une place à part. Un livre vient à propos nous rappeler que son annexion en 1682 par Cavelier de La Salle et sa vente par Bonaparte, Premier Consul, en 1803, se firent sans affrontements majeurs. Maurice Denuzière, journaliste et auteur du best seller Louisiane, a travaillé pendant près de douze ans sur cette ancienne colonie, nous offrant un regard historique fondé sur les archives de Louisiane, de Suisse et de France. Une documentation minutieuse, souvent inédite, lui a permis, sans le recours à la fiction, de nous faire comprendre les destins de ceux qui se croisèrent sur le Mississippi.

Propos recueillis pour Marine de Tilly pour Le figaro

LE FIGARO - Pourquoi la France s'est-elle séparée de la Louisiane ?

MAURICE DENUZIERE - Thomas Jefferson craignait que les Français, moins accommodants que les Espagnols, s'assurent du contrôle du Mississippi et empêchent le transport du commerce américain. Or, il avait besoin de la Louisiane pour unifier le territoire d'est en ouest. Une délégation est donc partie en France pour proposer au Consulat le rachat de ce qu'on appelait l'île d'Orléans, c'est-à-dire La Nouvelle-Orléans et les chenaux qui permettent de naviguer et de remonter le Mississippi. Les envoyés américains sont arrivés à Paris au moment où la guerre était sur le point de reprendre entre la France et l'Angleterre. Napoléon avait alors tout intérêt à négocier avec les Américains pour repousser les risques de guerre.

Comment se sont passées les négociations ?

En trois jours, tout était réglé! Sans aucune résistance, Bonaparte concédait ce territoire. Le 3 mai, l'acte de vente était signé par Bonaparte et le dossier était entre les mains des ministres des Finances et des Affaires extérieures. Après l'accréditation et le règlement avec les Espagnols, la passation a eu lieu le 20 novembre 1803, en grande pompe à La Nouvelle-Orléans.

Combien la Louisiane a-t-elle coûté aux Américains ?

Bonaparte avait demandé à ce qu'elle soit vendue entre 50 et 100 millions de francs. Le prix de la vente s'est finalement élevé à 60 millions.

Ce qui représente, en dollars ?

Quinze millions. Soit, à l'époque, l'équivalent d'un cinquième du budget de la France. Ce qui n'était naturellement pas négligeable.

Les Américains ont-ils réglé l'intégralité de la somme ?

En réalité non. Ils n'ont pas versé les 15 millions de dollars prévus. Ils n'ont donné que 12 500 000 dollars.

Pourquoi ?

Jefferson a déduit de la somme le prix des navires de commerce américains arraisonnés par les révolutionnaires français. Il a estimé le préjudice à 2 500 000 dollars qu'il a soustrait des 15 millions. Il n'a donc versé que 12 500 000 dollars au Consulat.

Où les Américains ont-ils trouvé le financement ?

Thomas Jefferson et son secrétaire d'Etat aux Finances, un Suisse, Albert de Gallatin, ont été contraints de faire des emprunts.

A qui ?

Aux Anglais et aux Hollandais. C'était une période assez difficile du point de vue économique pour les Américains et ils n'ont pas vraiment eu le choix. Ils ont emprunté à deux banques, avec des intérêts à 6 %.

Une bonne affaire pour la France ?

Oui, on peut considérer que c'était une bonne affaire. Pendant longtemps, personne n'avait voulu de la Louisiane. Elle coûtait trop cher à ses colons.

Pour quelles raisons ?

A l'époque, le commerce ne comptait que sur l'importation et la Louisiane ne produisait que peu de chose. Le climat insupportable, les infections de fièvre jaune et la terre marécageuse posaient énormément de problèmes. Il a d'ailleurs été très difficile pour les différents colons de peupler la région. Personne n'en voulait !

Et le coton ? La canne à sucre ?

Ces deux commerces ont effectivement fait recette, mais seulement après la vente de la Louisiane par la France. Economiquement, elle était encore faible au moment de la transaction, alors qu'après 1803, notamment en 1812, elle a connu une grande prospérité.

Comment la vente a-t-elle été perçue en France? Et en Louisiane ?

En France, un certain nombre de personnes n'étaient pas du tout d'accord. Chateaubriand, par exemple. Il pensait que la Louisiane était une grande colonie. Il fallait selon lui la garder, l'exploiter et la développer. Cela dit, il avait une vision très utopique de l'Amérique et je ne suis pas sûr qu'il y soit vraiment allé! Du côté américain, la grande majorité considérait que c'était tout de même cher payé, pour un désert de marécages moyennement fertile... Or, 9 cents l'hectare quand on sait que la Louisiane avait une superficie de 1 600 000 kilomètres carrés, ça fait beaucoup! Même si cette région représentait quand même la moitié du territoire américain. Aujourd'hui, la Louisiane ne correspond qu'à un cinquième de la superficie de la France.

- Maurice Denuzière vient de publier Au Pays des bayous, Je te nomme Louisiane, et Pour amuser les coccinelles (Fayard).


Publié par Francophonie à 00:27:44 dans Francophonie - Revue de presse | Commentaires (0) |

Un territoire grand comme trois à quatre fois l'Hexagone | 21 décembre 2003

Le territoire de la Louisiane, cédé en 1803 par Napoléon Bonaparte aux Etats-Unis et dont l'explorateur français René Cavelier, sieur de la Salle, avait pris officiellement possession en 1682 au nom de Louis XIV, était immense. Hormis les nombreuses tribus des Indiens d'Amérique, la Louisiane française était relativement peu peuplée, avec à peine 50 000 habitants. Bien qu'aucun relevé géographique exact n'ait jamais été effectué, sa superficie était estimée à environ 2 millions de kilomètres carrés, soit près de quatre fois la France. La «Grande Louisiane» s'étendait alors le long de la vallée du fleuve Mississippi jusqu'aux Rocheuses (sauf le Texas). Les possessions récupérées ainsi par les Etats-Unis recouvrent aujourd'hui tout ou partie d'une quinzaine d'Etats actuels de l'Union: Montana, Dakota du Nord, Dakota du Sud, l'ouest du Minnesota, le Kansas, le Wyoming, l'Iowa, le Colorado, le Nebraska, le Missouri, l'Oklahoma, l'Arkansas et l'actuelle Louisiane.

Publié par Francophonie à 19:44:32 dans Francophonie - Revue de presse | Commentaires (0) |

Retrouvailles franco-américaines en Louisiane | 21 décembre 2003

Le bicentenaire de la vente de la Louisiane en 1803 par la France aux Etats-Unis sera l'occasion ce week-end, pour une poignée de dignitaires des deux pays, de mettre de côté leurs divergences afin de célébrer l'amitié franco-américaine. Ni le président américain, George W. Bush, ni son homologue français, Jacques Chirac, n'ont cependant prévu de participer à cette commémoration: "Ça ne tombait pas bien dans leur emploi du temps", a remarqué diplomatiquement une responsable de l'Etat. Les festivités s'ouvrent aujourd'hui par une mise en scène durant laquelle des acteurs joueront en costume la signature des documents qui ont permis aux Etats-Unis de pratiquement doubler leur superficie, en achetant près de 2 millions de kilomètres carrés de colonies françaises.

La Nouvelle Orléans : Guillemette Faure - Le Figaro

Canons et baïonnettes, acteurs en costumes d'époque, parterre international, tout a été prévu aujourd'hui pour commémorer la signature de l'acte d'acquisition de la Louisiane. Les officiels français étaient là aussi, disposés à célébrer l'anniversaire d'une des pires opérations immobilières de tous les temps, lorsque, le 20 décembre 1803, les Etats-Unis célébraient leur achat à la France près de 2 millions de kilomètres carrés de terre, de quoi caser 15 nouveaux Etats, pour 15 millions de dollars.

Pourtant, contrairement à ce dont La Nouvelle-Orléans rêvait il y a encore un an, ni George Bush ni Jacques Chirac ne sont là pour assister aux cérémonies marquant le bicentenaire de l'achat de la Louisiane. Tout comme Napoléon et Jefferson deux cents ans plus tôt, ils ont préféré se faire représenter, l'un par le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, l'autre par la secrétaire d'Etat américaine à l'Intérieur, Gale Norton.A Lafayette, au bureau du Codofil, une institution pour la défense du français en Louisiane, un article du journal local le Times Picayune de 1955 est accroché au mur. Il fait le portrait d'un jeune étudiant français de 22 ans venu étudier l'économie du port de La Nouvelle-Orléans. Son nom: Jacques Chirac. Lui aurait volontiers fait le voyage.

Mais, en mars dernier, au plus fort du différend irakien, Bobby Jindal, politicien louisianais en campagne pour le poste de gouverneur, déclare que, si la France ne veut pas avoir sa place aux côtés des Etats-Unis en Irak, Chirac n'a pas la sienne aux côtés de Bush pour les commémorations. Gaston Crowe, représentant républicain au congrès de Louisiane, propose dans la foulée une résolution "désinvitant" Jacques Chirac des cérémonies. Impossible pourtant de «désinviter» le président français qui n'a pas encore été invité, et qui aurait dû être convié en Louisiane par son homologue américain. Or, à la Maison-Blanche, on explique que Bush, qui reçoit des milliers d'invitations chaque année, n'a pas réussi à faire de la place dans son agenda.

Parmi le demi-million de Louisianais d'ascendants français, on trouve la même fracture face à la guerre en Irak que dans le reste de la population américaine. Au Codofil, David Chéramie dit avoir rencontré parmi les Cajuns "des gens qui voulaient s'ouvrir les veines et se vider de tout leur sang français" comme d'autres qui auraient bien vu Chirac recevoir le prix Nobel de la paix. Pour les politiciens de Louisiane, la France, sujet sensible, est une arme à double tranchant. La tentation était forte au printemps dernier de se laisser aller à un peu de «french-bashing» pour flatter l'électorat conservateur du sud du pays. Mais la France, c'est aussi le fonds de commerce de l'économie touristique de la région. Plus de 75000 Français visitent la Louisiane chaque année, les étrangers les plus nombreux après les Britanniques. Et l'Etat capitalise sur ses racines françaises pour attirer le reste du pays. Comme le prouve ce magasin Vive la France à La Nouvelle-Orléans, tenu par... un Américain.Pour naviguer entre ces deux courants, des politiciens comme le maire de La Nouvelle-Orléans ont simplement préféré éviter d'aborder le sujet. Le prochain gouverneur, Kathleen Blanco, a renvoyé la balle à la Maison-Blanche, expliquant que les relations avec Jacques Chirac étaient du ressort de George Bush.

Des élans de colère francophobe, il ne reste plus grand-chose. Le candidat gouverneur qui voulait "désinviter" Chirac n'a pas été élu. L'homme qui voulait organiser une pétition pour rebaptiser le quartier français "Freedom Quarter" a admis n'avoir recueilli qu'une poignée de signatures pour ce qui n'était finalement qu'une blague. Il n'y avait plus personne pour tempêter à la réunion du village cajun qui voulait se "déjumeler" d'une ville française. "Les relations commerciales sont redevenues normales. Il n'y a plus de réserves sur l'utilisation du mot France", constate Damien Regnard, le président de la chambre de commerce franco-américaine qui se prépare à emmener un groupe d'Américains en Normandie en juin pour l'anniversaire du débarquement.

Le soufflé antifrançais est retombé, hélas, les cérémonies avec. Et les Louisianais regrettent cette occasion perdue de mettre leur Etat sur le devant de la scène. «Du beau gâchis», selon David Chéramie.


Publié par Francophonie à 19:32:53 dans Francophonie - Revue de presse | Commentaires (4) |

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