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FRANCOPHONIE

Histoire et actualité de la francophonie

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Retrouvailles franco-américaines en Louisiane | 21 décembre 2003

Le bicentenaire de la vente de la Louisiane en 1803 par la France aux Etats-Unis sera l'occasion ce week-end, pour une poignée de dignitaires des deux pays, de mettre de côté leurs divergences afin de célébrer l'amitié franco-américaine. Ni le président américain, George W. Bush, ni son homologue français, Jacques Chirac, n'ont cependant prévu de participer à cette commémoration: "Ça ne tombait pas bien dans leur emploi du temps", a remarqué diplomatiquement une responsable de l'Etat. Les festivités s'ouvrent aujourd'hui par une mise en scène durant laquelle des acteurs joueront en costume la signature des documents qui ont permis aux Etats-Unis de pratiquement doubler leur superficie, en achetant près de 2 millions de kilomètres carrés de colonies françaises.

La Nouvelle Orléans : Guillemette Faure - Le Figaro

Canons et baïonnettes, acteurs en costumes d'époque, parterre international, tout a été prévu aujourd'hui pour commémorer la signature de l'acte d'acquisition de la Louisiane. Les officiels français étaient là aussi, disposés à célébrer l'anniversaire d'une des pires opérations immobilières de tous les temps, lorsque, le 20 décembre 1803, les Etats-Unis célébraient leur achat à la France près de 2 millions de kilomètres carrés de terre, de quoi caser 15 nouveaux Etats, pour 15 millions de dollars.

Pourtant, contrairement à ce dont La Nouvelle-Orléans rêvait il y a encore un an, ni George Bush ni Jacques Chirac ne sont là pour assister aux cérémonies marquant le bicentenaire de l'achat de la Louisiane. Tout comme Napoléon et Jefferson deux cents ans plus tôt, ils ont préféré se faire représenter, l'un par le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, l'autre par la secrétaire d'Etat américaine à l'Intérieur, Gale Norton.A Lafayette, au bureau du Codofil, une institution pour la défense du français en Louisiane, un article du journal local le Times Picayune de 1955 est accroché au mur. Il fait le portrait d'un jeune étudiant français de 22 ans venu étudier l'économie du port de La Nouvelle-Orléans. Son nom: Jacques Chirac. Lui aurait volontiers fait le voyage.

Mais, en mars dernier, au plus fort du différend irakien, Bobby Jindal, politicien louisianais en campagne pour le poste de gouverneur, déclare que, si la France ne veut pas avoir sa place aux côtés des Etats-Unis en Irak, Chirac n'a pas la sienne aux côtés de Bush pour les commémorations. Gaston Crowe, représentant républicain au congrès de Louisiane, propose dans la foulée une résolution "désinvitant" Jacques Chirac des cérémonies. Impossible pourtant de «désinviter» le président français qui n'a pas encore été invité, et qui aurait dû être convié en Louisiane par son homologue américain. Or, à la Maison-Blanche, on explique que Bush, qui reçoit des milliers d'invitations chaque année, n'a pas réussi à faire de la place dans son agenda.

Parmi le demi-million de Louisianais d'ascendants français, on trouve la même fracture face à la guerre en Irak que dans le reste de la population américaine. Au Codofil, David Chéramie dit avoir rencontré parmi les Cajuns "des gens qui voulaient s'ouvrir les veines et se vider de tout leur sang français" comme d'autres qui auraient bien vu Chirac recevoir le prix Nobel de la paix. Pour les politiciens de Louisiane, la France, sujet sensible, est une arme à double tranchant. La tentation était forte au printemps dernier de se laisser aller à un peu de «french-bashing» pour flatter l'électorat conservateur du sud du pays. Mais la France, c'est aussi le fonds de commerce de l'économie touristique de la région. Plus de 75000 Français visitent la Louisiane chaque année, les étrangers les plus nombreux après les Britanniques. Et l'Etat capitalise sur ses racines françaises pour attirer le reste du pays. Comme le prouve ce magasin Vive la France à La Nouvelle-Orléans, tenu par... un Américain.Pour naviguer entre ces deux courants, des politiciens comme le maire de La Nouvelle-Orléans ont simplement préféré éviter d'aborder le sujet. Le prochain gouverneur, Kathleen Blanco, a renvoyé la balle à la Maison-Blanche, expliquant que les relations avec Jacques Chirac étaient du ressort de George Bush.

Des élans de colère francophobe, il ne reste plus grand-chose. Le candidat gouverneur qui voulait "désinviter" Chirac n'a pas été élu. L'homme qui voulait organiser une pétition pour rebaptiser le quartier français "Freedom Quarter" a admis n'avoir recueilli qu'une poignée de signatures pour ce qui n'était finalement qu'une blague. Il n'y avait plus personne pour tempêter à la réunion du village cajun qui voulait se "déjumeler" d'une ville française. "Les relations commerciales sont redevenues normales. Il n'y a plus de réserves sur l'utilisation du mot France", constate Damien Regnard, le président de la chambre de commerce franco-américaine qui se prépare à emmener un groupe d'Américains en Normandie en juin pour l'anniversaire du débarquement.

Le soufflé antifrançais est retombé, hélas, les cérémonies avec. Et les Louisianais regrettent cette occasion perdue de mettre leur Etat sur le devant de la scène. «Du beau gâchis», selon David Chéramie.


Publié par Francophonie à 19:32:53 dans Francophonie - Revue de presse | Commentaires (4) |

12-10-2006  15:32  12-10-2006 15:32
info  De  couvois  Sujet:  info
Bonjour, Je souhaite savoir s'il existe des associations ou organismes favorisant les échanges entre france et louisiane (hors étudiants). Merci pour les renseignements JPaul Couvois
03-01-2005  05:51  03-01-2005 05:51
Le sort des francophones  De  Jean-Marc  Sujet:  Le sort des francophones
D'après ce qu'on voit, les francophones de cet état se font assimiler plus facilement et ils ne prennent plus la peine de se battre pour leur culture. Peut-être qu'ils ont PEUR de s'affirmer en tant que francophone. Au Canada, les francophones se battent pour se faire reconnaître hors du Québec. Que ce soit en Ontario, en Alberta ou encore au Nouveau-Brunswick. Il commence à avoir de plus en plus de francophones. Et cela prouve que les francophones canadiens n'ont pas peur de se battre pour s'affirmer qu'ils sont francophones. Et cela hors du Québec. Je crois que les francophones de la Louisiane n'ont pas à avoir peur de s'affirmer en tant que francophone. De plus, ils ont une gouverneure francophone. Et je peux vous dire que je suis fier de cette femme parce qu'elle à montré qu'elle est courageuse en faisant face au stéréotypes, à la discrimination, et à l'indifférence. Et ce, en affrontant ces problèmes, elle devient non seulement la première femme, mais aussi à être francophone à être gouverneure. Kathleen Babineaux Blanco peux être un modèle à suivre pour les francophones de la Louisiane.
14-01-2004  21:00  14-01-2004 21:00
Franco USA  De  Bertrand  Sujet:  Franco USA
J'ai eu l'occasion de voir sur certains blogs US des photos d'américains se promenant avec un tee shirt ou était marqué (en anglais) : "Après Irak, la France"... Ce type de malentendu est incompréhensible. Accessoirement, n'oublions pas que la france est la seule puissance européenne significative à n'avoir jamais été en guerre contre les USA.
14-01-2004  16:49  14-01-2004 16:49
Lien franco USA  De  BALANGER  Sujet:  Lien franco USA
Depuis plusieurs mois les relations entre la France et les Etats - Unis se détériorent. Que politiquement nos représentants ne soient pas d'accord c'est un fait mais que l'américain "moyen" considère que nous ne sommes pas des amis m'indispose. En effet, grâce au sport et à l'armée j'ai eu la chance à deux reprises de visiter des Etats de ce pays frère. De plus à l'époque dans les années 1990 nous échangions regulièrement entre nos deux équipes nationales. Enfin toujours grâce à l'armée j'ai sauté en parchute sur la DZ de St Mère l'Eglise pour le quarantième anniversaire du débarquement...Quel merveilleux souvenir et que d'émotions en présence des vétérans. Aussi j'envisage d'adhérer dans une association qui prône le rapprochement de nos deux peuples. Cordialement.

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