Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Moi

Rien à dire sur moi. Beaucoup à dire sur Lui.

Beaucoup disent Le connaître. Depp l'Acteur. Pour certaines, juste la tête d'ange qui fait la une des magazines pour groupies hurlantes.

Moi je vous présente l'Acteur, le Réalisteur, le Scénariste, le Peintre, le Musicien... l'Homme transformé, passionnant, talentueux, l'Homme Caméléon. Pas la star, non, l'Artiste, sachez faire la différence...

juste une petite règle, une seule, à respecter svp : PAS DE LANGAGE SMS ! Merci

dark_leia

Juin

DiLuMaMeJeVeSa
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Glossaire

Rechercher

Album

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Elle - Québec - 2001 | 04 juin 2005

 

Le soleil se couche à peine sur Sunset Boulevard que déjà tout ce que Los Angeles compte de branchés au chic débraillé s'engouffre dans son lieu de prédilection: le Standard Hotel. Côté ambiance, le kitsh des années 70 règne en maître. Fauteuils-sacs argentés et moquette shaggy, serveuses en jupe pailletée et bottes disco. Un D.J. officie dans le hall, et derrière la réception un gigantesque aquarium accueille des modèles vivants, à peine vêtus, qui mangent, dorment et déambulent à la vue de tous dans leur cercueil de verre. Près des ascenseurs, un salon de barbier offre tontes à 15$ et tatouages, tandis que dans les présentoirs les friandises côtoient les objets sexuels.

Tout de l'endroit évoque l'âge d'or de l'hédonisme et semble se réclamer de la devise Sex, drug and rock and roll. Ce ne serait donc mieux convenir à une rencontre avec Johnny Depp, dont la boîte de nuit, le célèbre et glauque Viper Room, se trouve par ailleurs à deux pas. Ceci dit, l'acteur commence à faire figure de touriste dans ce monde qui fut le sien. Les vrais et faux dépravés qui rôdent dans les parages du légendaire boulevard lui sont devenus étrangers, et leurs tractations nocturnes le laissent indifférent. Celui dont les frasques, bien plus que les choix cinématographiques audacieux, ont fait la manchette a renoncé à sa vie d'antan et fait acte de contrition en devenant papa et en élisant domicile en France avec Vanessa Paradis.

La vie en Lily-Rose
«La naissance de ma fille m'a littéralement fait renaître, lance-t-il d'entrée de jeu. C'est la plus belle chose qui me soit arrivée, sinon la seule.» La voix est douce, le sourire rêveur. L'acteur de 38 ans s'enfonce dans un moelleux canapé. «Avant, je ne pensais ni à l'avenir ni aux conséquences de mes actes. J'ai vécu dans une sorte de brouillard pendant 36 ans. Le jour où ma fille est née, ce brouillard s'est dissipé d'un coup. C'est vraiment ce que j'ai fait de mieux dans ma vie.»

C'est vrai, Johnny Depp semble heureux comme un roi. Follement amoureux de Vanessa Paradis et de Lily-Rose Melody Depp, il invoque aussi la France pour expliquer sa lucidité retrouvée. Le couple possède un appartement à Paris et une propriété de deux millions de dollars sur la Côte d'Azur. «C'est la France qui m'a permis d'avoir une vie relativement plus normale, plus simple, dit-il en souriant. C'est la première fois que j'ai l'impression d'appartenir à un lieu. D'avoir un chez-moi. Il y a un minuscule village tout près; j'y emmène Lily-Rose et je m'arrête dans un café sans me soucier des paparazzis ou de qui que ce soit. Ici, on respecte la vie privée des gens. Et surtout, vivre en Europe me tient à distance de Hollywood et de tout ce cirque.»

Il tire une longue bouffée de sa cigarette roulée main. «D'accord, c'est mon gagne-pain, mais pas question que cela envahisse ma vie personnelle. S'il est vrai que mon esprit se nourrit du cinéma, je refuse toutefois d'en faire ma nourriture quotidienne.» Depuis deux ans qu'il a quitté Los Angeles, il avoue avoir un certain mal du pays. «Mais la vie reste beaucoup plus civilisée en France. Et je ne m'ennuie pas de voir à la télé les meurtres et les catastrophes qu'on y repasse en boucle. Ça dérape sérieusement aux États-Unis. J'aime ce pays, son histoire et ce qu'il pourrait redevenir, mais avec toute la violence, l'ignorance et la cupidité qu'on y trouve, je préfère être ailleurs. Impossible d'y vivre en restant sain d'esprit. C'est trop hostile comme société.» Est-ce dire que Lily-Rose ne connaîtra jamais les écoles américaines? «Exact. Je ne veux pas qu'elle grandisse dans un monde aussi tordu.» Clairement, la paternité a métamorphosé l'acteur, qui endosse cette responsabilité avec la même passion et la même intégrité qui caractérisent son jeu à l'écran.

Alors, qu'est-ce qui l'a surtout étonné en devenant papa? «Le simple fait que ça m'arrive à moi, répond-il d'un air crédule. Quand j'y pense, c'est un sacré choc. Jamais je n'aurais imaginé être père. Or, je ne peux plus me voir autrement.» Il n'a jamais été séparé plus de deux semaines de Vanessa et de Lily-Rose. «Leur absence m'est insupportable. Ça semblera un cliché, du genre nouveau père et tout, dit-il en s'excusant presque, mais j'ignorais qu'on pouvait éprouver un amour aussi profond et sentir un lien aussi fort avec un petit être si fragile et si adorable.»

Son luxe, sa liberté
L'homme aura mis longtemps à se fixer et à trouver un sens à sa vie. Mais si l'on en juge par le nombre de films dans lesquels il a incarné un être marginal en quête de stabilité, ce n'est pas faute de l'avoir désiré. Car au-delà des manchettes des journaux à sensation (saccage d'une suite d'hôtel, agression contre des paparazzis, ruptures de contrat), c'est peut-être à travers ses rôles dans Edward Scissorhands, Cry Baby, What's Eating Gilbert Grape, Ed Wood, Dead Man, Benny & Joon ou Donnie Brasco que l'on peut appréhender le mieux le véritable Johnny Depp. «Il y a un énorme malentendu, confirme-t-il. On me décrit comme un voyou, un sombre ivrogne ou un inquiétant drogué. Mais ça n'a rien à voir. On a monté en épingle quelques incidents, puis la rumeur n'a cessé de s'amplifier. Je traîne ce boulet partout. C'est l'horreur, et je ne souhaite ça à personne.»

Il confesse avoir usé de substances illicites, mais la nicotine reste aujourd'hui son seul vice. «Tout le monde a vécu ça, se défoncer avec n'importe quoi et trouver ça génial. Et enfin réaliser qu'on ne fait que remettre à plus tard l'inévitable face à face avec ses propres démons.» S'il a quelque émotion à parler de son personnage de George Jung dans Blow, film de Ted Demme qui relate l'ascension du baron américain de la cocaïne, c'est bien davantage pour pleurer le drame des êtres qui courent après la richesse et la gloire.

«Ça m'a rappellé mes débuts. Je n'avais aucune envie de me prêter à cette mascarade, puis j'ai commencé à gagner plein de fric. Tout c'est enchaîné à une vitesse folle, la machine s'est amballé et rien ne pouvait l'arrêter.» Il chasse de son visage quelques mèches rebelles, puis attache en queue de cheval ses longs cheveux bruns légèrement striés de blond. Vêtu d'un jeans fatigué et d'un t-shirt immaculé, il a aux pieds des bottes d'armée éraflées qu'il portait bien avant le feuilleton 21 Jumpstreet qui l'a rendu célèbre. «Il y a 18 ans que je porte ces bottes, qui font bien trois pointures de trop, mais qui servent à me rappeler d'où je viens.»

Teint bronzé, bouc au menton et anneaux d'or aux oreilles, Johnny Depp ressemble à s'y mépendre au pirate des temps modernes qu'était à ses yeux le véritable George Jung, son personnage dans Blow. «C'est ce qu'il est devenu, explique l'acteur, un pirate vivant en marge de la société, insensible à tout ce qui est loi, politique ou système. Il menait son trafic sans rendre de compte à personne.» Mais contrairement à Jung, finalement trahi par l'appât du gain, Depp a toujours refusé la course aux cachets hollywoodiens.

«L'argent n'a jamais eu tellement d'importance pour moi. Quand j'ai commencé à faire des sous, j'ai trouvé ça bien, puis j'ai rapidement compris qu'il me faudrait donner quelque chose en échange... Tout ce que je voulais, quand j'étais gamin, c'était jouer de la guitare. Je m'imaginais bien sûr en rock-star, à faire des tournées et tout ça. Mais je ne pensais pas a faire fortune. Puis la vie a suivi son cours... Et voilà que je gagne aujourd'hui pas mal d'argent. C'est loin d'être inutile parce que dans ce monde l'argent est synonyme de liberté. J'ai donc la chance inouïe de vivre comme je l'entends. En fait, le véritable cadeau, ce n'est pas l'argent, c'est la liberté.»

Il connaît la musique
Cadet d'une famille de quatre enfants (il a un frère et deux soeurs), Johnny Depp a grandi dans la ville ouvrière d'Owensboro, au Kentucky, où il se rappelle avoir aidé son grand-père à la récolte de tabac. Son quartier, dit-il, ressemblait beaucoup aux décors pastels du film Edward Scissorhands, avec ses maisons proprettes, ses pelouses impeccables et ses rues paisibles. Son père était ingénieur civil et sa mère, Betty Sue (dont le nom est tatoué sur son biceps gauche), serveuse au restaurant du coin. Le gamin a sept ans lorsque la famille déménage en Floride, à Endora, près de Miami, où il faudra un an au père pour dénicher un emploi de fonctionnaire aux travaux publics. Entre-temps, on s'entasse à six dans une chambre de motel.

Vient l'adolescence. Le beau Johnny a une gueule d'ange et s'intéresse surtout à la musique rock. Il a 15 ans lorsque ses parents divorcent. Suit alors une «période très difficile» qu'il traversera grâce à la musique, en grattant la guitare que lui offre sa mère. Réfugié dans sa chambre, il passe d'interminables heures à en maîtriser les rudiments. Ses efforts portent leurs fruits: deux ans plus tard, il se joint à un groupe appelé The Kids, qui se fait bientôt connaître dans le sud de la Floride en assurant la première partie des Ramones, des Pretenders, d'Iggy Pop ou des Talking Heads. Johnny est convaincu que son avenir est là: «Notre musique, c'était une sorte de pop sonore et agressive que je comparerais un peu à celle de U2 à leurs débuts.»

Rebaptisé Six Gun Method (ses musiciens n'étant plus des kids!), le groupe s'installe à Los Angeles quand Johnny a 20 ans, en quête d'un contrat de disque. Mais l'accueil est plutôt froid. «On en a bavé, se souvient-il. On faisait la tournée des petites boîtes pour se créer un auditoire, mais on ne gagnait pas un sou. Sans blague, on ne faisait parfois pas plus de 25$ par soirée.» Pour gagner sa vie, il essaie de vendre des stylos au téléphone. «Mais qui diable veut acheter des stylos d'un inconnu par téléphone! C'est là que j'ai commencé à jouer un rôle.»

Un acteur sélectif
Le groupe ne tarde pas à se dissoudre. «On avait tous le mal du pays. Les autres sont repartis et je suis resté seul.» Puis par hasard, il fait la connaissance de Nicolas Cage, qui le convainc de se rendre à une audition pour un film d'horreur qui ferait bientôt culte, A Nighmare on Elm Street. Or la jeune fille du réalisateur Wes Craven assiste à l'audition et c'est elle qui persuade son père de donner un rôle à l'incconu. Johnny Depp touche 1200$ par semaine: «Une fortune!» Il voulait être rock-star, le voici acteur. Et presque aussitôt vedette du feuilleton 21 Jumpstreet, qui allait en faire l'idole des jeunes Américaines. Pourtant, après trois saisons de gloire télévisuelle, il abandonne tout.

«Les producteurs me pressuraient en exploitant à la chaîne une fausse image de moi. Ils voulaient m'utiliser à toutes les sauces, et ça m'a terrorisé.» En réalité, Johnny Depp ne voulait plus être Johnny Depp. C'est ainsi qu'il se lie avec des metteurs en scène comme Tim Burton, John Waters, Emir Kusturica et Jim Jarmusch, qui lui permettent d'incarner des personnages dont il sera fier. «Je ne voulais pas que dans 30 ou 40 ans mes petits-enfants me reprochent d'avoir vendu mon âme à l'industrie et distribué mes sourires à la caméra pour apparaître dans des films merdiques.»

Tim Burton, qui lui a donné trois premiers rôles, dans Edward Scissorhands, Ed Wood et Sleepy Hollow, juge l'acteur passionnant: «La vanité, la prétention, Johnny ne sait pas ce que c'est. C'est pourquoi je l'adore. Il est prêt à tout. Il n'a pas peur de se salir, de se rouler dans la boue, de s'en mettre partout. Il se fout de son image. Ça lui donne une liberté de jeu exceptionnelle. Il aborde chaque personnage sous un angle totalement inédit. C'est un véritable caméléon.»

Son talent fait d'ailleurs l'unanimité. Rares sont les acteurs américains qui inspirent autant de respect et ont autant de poids dans l'industie cinématographique sans avoir eu de vrai succès au box-office. À contre-pied des tendances et en constant décalage avec le milieu, Johnny Depp privilégie des rôles inattendus, surprenants. Ce qui lui a fait refuser plusieurs premiers rôles, dans des films comme Titanic, Interview with a Vampire et Speed: «Ouais, les cachets sont énormes, mais je ne vois pas l'intérêt de refaire ce qui a été fait mille fois et souvent mieux.»

Passionné de ciné
Les projets qui appellent le plus l'acteur ne sont jamais les plus faciles ni les plus accessibles au public. «Il y a des films dont je me suis dit, après le tournage et juste avant qu'ils ne sortent, qu'ils feraient certainement un tabac. Mais le fait est que les gens préfèrent l'action et les explosions, les films à recette.»

Et tandis qu'il persiste à défier les modes et la célébrité, misant bien davantage sur ses talents d'acteur de composition que sur son physique de jeune premier, Johnny Depp n'a jamais été plus occupé. Au cours des deux dernière années, il a tenu la vedette dans Sleepy Hollow, The Astronauts' Wife, The Ninth Gate, Before Night Falls (un double rôle), Blow, Chocolat et The Man Who Cried. En octobre, juste à temps pur l'Halloween, on pourra le voir dans From Hell, un film adapté de l'oeuvre du bédéiste britannique Alan Moore sur l'histoire de Jack l'éventreur. «Ce sera un film génial», s'enthousiasme la star, qui incarne l'inspecteur Frederick Abberline alors que Heather Graham joue le rôle de Mary Kelly, l'une des prostituées de Whitechapel placées sous sa protection.

Ainsi nommé en référence à l'adresse de retour qu'inscrivait l'assassin sur ses missives, From Hell flirte avec l'idée longtemps entretenue d'un complicité royale dans l'affaire. «Le film implique le prince Édouard et le gouvernement britannique, s'amuse à préciser Johnny Depp, mais c'est avant tout un vrai thriller. Tout le monde est soupçonné, et ce n'est qu'à la fin qu'on démasque l'éventreur. Et c'est la théorie la plus plausible qu'il m'ait été donné de lire à ce jour.»

L'acteur devrait bientôt se glisser dans la peau de Chuck Barris, le bizarroïde animateur du défunt quiz télévisé The Gong Show, dont on dit qu'il aurait été un agent de la CIA. Puis Depp pourrait se parer de visons et de paillettes pour incarner le flamboyant pianiste Liberace. Comment parvient-il à rester au sommet en privilégiant ainsi des films sans grand potentiel commercial? «Finalement, grimace-t-il, ma carrière s'est construite sur une alternance d'échecs et de succès d'estime. Je ne représente pas grand chose au box-office et je m'en fous complètement. Je tombe toujours des nues quand les grands studios m'offrent un rôle. Il y a une sorte de top 10 des acteurs hollywoodiens et je suis sans doute celui qui est le plus souvent chassé de la liste puis accueilli de nouveau...»

«Je suppose qu'on ne m'aime pas trop à Hollywood, se résigne à dire Johnny Depp avec un haussement d'épaules. Enfin, je ne sais pas trop, c'est une impression que j'ai. Mais je suis peut-être paranoïaque...»

Publié par dark_leia à 15:20:12 dans Presse | Commentaires (0) |

Avant Première 1998 | 04 juin 2005

 

Vous avez deux films cette année, «Intrusion» et «Sleepy Hollow»: le rythme s'accélère?
Non, pas vraiment. L'un est une comédie, l'autre un conte. J'aime bien changer de cap.

C'est excitant, de tourner des choses aussi diverses?
Oui. Parce que le reste du temps, être sur un plateau, c'est ennuyeux. On ne fait rien, on attend que les techniciens aient fini leurs réglages. On travaille réellement deux ou trois minutes, puis c'est fini.

Vous êtes un acteur ou une star?
Un acteur. Une star, c'est quelqu'un comme Cary Grant ou Humphrey Bogart, qui a un charisme exceptionnel, et qui peut aussi être un acteur formidable. Brando, en revanche, est un acteur génial, mais il n'a jamais pu se conformer au rôle de star. Moi, je gagne ma vie. Je fais mon travail.

Vous avez débuté dans le rock, puis vous êtes devenu acteur. A quel moment la transformation s'est-elle opérée?
Je faisais partie d'un groupe de rock, «The Kids». C'est comme ça que je suis venu à Los Angeles. Et là, j'ai rencontré Nicolas Cage, le neveu de Coppola. On traînait ensemble. C'est lui qui m'a convaincu d'essayer de faire l'acteur. Son agent m'a envoyé un scénario et, deux jours plus tard, j'étais engagé. Le film, c'était «Les Griffes de la nuit». Je n'avais jamais fait ça avant, aucune notion de comédie. J'ai suivi mon instinct, je me suis débrouillé.

Comme Brando, vous avez toujours manifesté de l'intérêt pour la cause des Indiens...
Je suis d'ascendance cherokee. Mon arrière-arrière grand-mère était indienne, et elle a probablement été violée pendant les massacres de l'époque de la Piste des Larmes. En 1838, le gouvernement américain a déraciné treize mille Cherokees et les a expulsés de leurs terres du Mississippi pour les reloger en Oklahoma. C'était un voyage de mille cinq cents kilomètres à pied. La plupart sont morts d'épuisement, de maladie, de famine. Les autres ont été battus, rejetés. Je suis l'enfant de cette honte.

Vous avez eu une jeunesse assez bousculée.
Oui. On déménageait tout le temps, selon les jobs de mon père, qui était directeur des travaux publics en Floride. Quand je parle de mon enfance, ce n'est jamais lié à une maison, à un foyer: il y en a eu trop.

Vous vous souvenez de quoi?
De choses très différentes: nous avons dû changer vingt fois de domicile. Mes parents ne s'entendaient pas très bien, et ils ont fini par divorcer quand j'avais 15 ans.

Votre mère était serveuse?
Oui. Elle travaillait depuis l'âge de 14 ans.

Comment avez-vous traversé cette période?
En me retirant dans ma chambre, que je partageais avec mon frère, de dix ans mon aîné. J'avais un petit chien nommé Pepi. Je fermais la porte, je jouais de la guitare. Je voulais devenir musicien. A l'école, je venais avec ma guitare, je restais dans mon coin. La plupart du temps, je séchais les cours.

Que vous reste-t-il de vos débuts?
L'impression qu'il faut toujours se fier à son instinct. Il ne faut pas choisir les films qu'on fait pour atteindre un plus grand degré de célébrité, ou un meilleur cachet, ou je ne sais quoi. Il faut y aller par envie, c'est tout. Et il me reste aussi une vieille valise: j'ai racheté celle de Jack Kerouac, le roi des beatniks. Il a passé sa vie sur la route, à découvrir des gens. Il cherchait un autre horizon et, d'une certaine façon, moi aussi...

Vous n'êtes pas satisfait de votre carrière d'acteur?
Si, bien sûr. Mais je ne suis pas quelqu'un qui nage dans le bonheur. Je me pose des questions, j'ai mes démons. Les personnages qui m'attirent sont justement ceux qui sont les plus hantés: Van Gogh, Kafka...

Vous avez eu une période où ces démons étaient très présents.
Oui, je buvais et j'ai certainement abusé de ma santé. Mais j'ai 36 ans aujourd'hui, il est temps de trouver une certaine stabilité, de penser que la vie ce n'est pas seulement fumer, faire la fête et ne pas dormir.

La célébrité vous agace?
Parfois. Mais c'est le prix à payer. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les gens s'intéressent tellement à ma vie. Qu'est-ce qui fascine tellement les gens là-dedans?

Le rêve...?
Peut-être. Mais moi, mon rêve, il est mal parti dès le début, dès la Piste des Larmes. Ça vous donne un regard décalé sur les choses, des valeurs différentes.

Comme quoi?
D'une part, la vie n'est peut-être pas faite pour être toujours heureux. D'autre part, j'ai tendance à toujours m'intéresser aux oubliés, aux gens en marge, aux laissés pour compte. La vraie vie, c'est dans la marge.

Publié par dark_leia à 14:57:22 dans Presse | Commentaires (0) |

Le Figaro Etudiant - janvier 2002 | 04 juin 2005

Qu'est-ce qui vous a convaincu de faire ce film ?

Un, travailler avec les frères Hugues ; deux, ma fascination pour le mystère de Jack l'éventreur : depuis tout petit, j'ai toujours été passionné par cette histoire ; trois, faire le voyage dans une autre époque, enquêter sur cette période où la vie était tellement différente afin d'essayer de comprendre les gens.

 

Lorsque vous préparez un rôle, avez-vous aussi l'impression d'enquêter ?

Oui, j'adore ça. Surtout en l'espèce car je suis un dingue d'Histoire. Toujours cette idée de voyage dans le temps, en lisant des livres d'histoire, des biographies. Je mène peut-être même finalement plus d'investigations dans ma vie que dans mon travail !

 

Avez-vous lu la BD-roman dont est tiré le film ?

Oui, c'est très impressionnant. Il y a aussi tout un travail qui est moins apparent, notamment les recherches qui ont été faites. Ils ont assemblé tous ces éléments d'une grande noirceur comme une sorte de puzzle, mathématique. J'ai été soufflé.

 

Cela change-t-il quelque chose d'interpréter un personnage réel ?

La difficulté, lorsque l'on joue quelqu'un qui a existé il y a plus d'un siècle, c'est que l'on possède assez peu d'informations. J'ai lu un article, dans un magazine, sur un officier de police contemporain qui admettait utiliser des drogues, de l'alcool alors qu'il menait l'enquête, en raison de la pression liée au travail. J'ai combiné cette histoire avec celle de l'inspecteur Abberline qui, en 1888, fumait de l'opium, buvait de l'absinthe. Le hasch, à cette époque, était même vendu en pharmacie, sous forme de bonbon ! Interpréter un personnage réel amène des responsabilités, particulièrement lorsqu'il est encore en vie. Ne serait-ce que parce que le cinéma reste, notamment dans la mémoire du public. (...)

 

Se laisser aller, dans ce type de rôle, n'est-il pas dangereux ?

Ce qu'il y a de bien, dans le métier d'acteur, c'est que l'on peut penser exactement à ce que l'on veut du moment que cela nous mène où l'on souhaite aller. Ce peut être un chien ou une peinture ! L'essentiel, quand il s'agit d'un rôle difficile, est d'en sortir très vite. Autrefois, j'étais trop dans le film. Pour Gilbert Grape, je suis resté dans cet espace cérébral pendant six mois. C'était horrible. Je ne sais toujours pas si je me suis mis dans cet état inconsciemment – parce que le rôle le nécessitait – ou si cela a coïncidé avec la manière dont je me sentais à cette époque. On voit la pression, la gravité qui pèse sur le personnage. Je me suis sorti de cette période avec Ed Wood. Ca repart dans un sens différent, un peu comme une fusée. C'est l'autre face de l'univers. Mais il y a clairement un peu de moi dans chacun des personnages que j'interprète.

 

Quelle est la part de vous dans Abberline ?

Il a un besoin profond – c'est presque une obsession – de justice, de trouver la vérité quelle qu'elle soit. J'ai la même obsession, la même envie d'aller au cœur des choses. J'ai passé des années à essayer d'éviter une certaine réalité, je fuyais la douleur. J'essayais de m'auto médicamenter pour ne rien sentir, arriver à un point où l'on peut « faire avec ». Abberline fonctionne de cette façon.

 

Était-il possible de sentir, dès le tournage, le style coup de poing des frères Hugues ?

Avant même le tournage ! Ils sont venus me voir chez moi avec d'énormes livres rassemblant des photos, qui n'avaient pas forcément de rapport avec Jack l'éventreur mais qui les inspiraient et qu'ils utilisaient comme référence. Ils étaient incroyablement préparés. Il y avait de belles images mais qui donnaient parfois envie de tourner la page : un globe oculaire, une main dans le noir... On sentait qu'ils allaient faire quelque chose de différent. Les scènes de rêve liées aux effets de la drogue sont frappantes.

 

Quel est votre film de serial killer préféré ?

Badlands (de Terrence Malick, 1973) est le premier qui me vient à l'esprit. Il est assez pesant.

 

De qui avez-vous le plus appris dans votre travail ?

J'ai beaucoup appris de tellement de gens... Marlon Brando a été un grand professeur dans beaucoup de domaines. Pour lui, je ressemblais à Hamlet. Il me disait : « Échappe-toi du cinéma, étudie Shakespeare, joue Hamlet avant d'être trop vieux... » Et je ne l'ai jamais fait ! Pourtant, je suis toujours étonné de voir que personne n'ait jamais abordé la dimension comique de la pièce. Les gens se focalisent sur son côté sombre mais elle est pleine d'humour.

 

N'avez-vous jamais regretté de ne pas être une rock star ?

Mon Dieu, non ! C'était certainement mon rêve lorsque j'étais enfant puis adolescent. Mais, d'une certaine façon, je suis content de ne pas avoir eu un énorme succès avec ma musique. C'était mon premier amour et, quand cela devient votre véritable métier, cela peut parfois devenir ennuyeux, et même générer des rapports de haine.

Publié par dark_leia à 14:48:40 dans Presse | Commentaires (0) |

Le Matin - août 2003 | 04 juin 2005

 

Vous n'êtes d'habitude pas très client des gros films hollywoodiens. Pourquoi celui-ci?
Quand on m'a suggéré ce projet, il n'y avait rien. Pas de scénario. Juste l'idée du film. Puis le producteur Jerry Bruckheimer est arrivé. Ted Elliott et Terry Rossio, auteurs de «Shrek», que j'adore, ont écrit le scénario. Et Gore Verbinski, réalisateur de la «Souris» et du «Cercle» s'est mis sur le projet. Là, je me suis dit que c'était parfait. J'avais un bon feeling à propos de tout ça.

C'était comme un rêve d'enfance?
De jouer un pirate? C'est sûr. Je me souviens que, quand Lee Marvin a incarné une vieille épave alcoolique dans «Cat Ballou» (western de 1965, réd.), on lui a demandé comment il s'était préparé pour le rôle et il a répondu que cela faisait quarante ans qu'il s'y préparait! Je ressens la même chose pour «Pirates des Caraïbes».

Comment Hollywood vous considère-t-il en tant qu'acteur?
En fait, je crois que Hollywood m'ignore. J'imagine qu'ils doivent être aussi surpris que moi de savoir que je suis toujours dans le métier et que je peux encore obtenir des rôles. Ils doivent me prendre pour une erreur bizarre qui s'est glissée hors du système et a survécu miraculeusement.

C'est pour cette raison que vous êtes tellement attiré par les rôles de marginaux?
Non. J'ai eu suffisamment de chance pour jouer des personnages que je trouve intéressants et auxquels je peux m'identifier ou du moins leur apporter quelque chose. Mais de là à dire que ce sont des marginaux... Quand on y pense, les gens qui sont considérés comme normaux sont bien souvent, selon moi, complètement tarés.

Arrivez-vous à équilibrer votre vie professionnelle et votre vie familiale?
Oui. Même si, sur «Pirates des Caraïbes», dont le tournage a duré six mois, ça a été plutôt dur. Mais le côté positif, c'est que Vanessa (Paradis) et mes enfants étaient avec moi durant cette période. Sauf quand nous tournions aux Caraïbes. Ils se sont rendus à Los Angeles et étaient avec moi du matin au soir. Et puis je sais que la chose la plus importante dans la vie, c'est la famille.

Vous avez réalisé un film il y a quelques années, «The Brave». Allez-vous continuer sur cette voie?
Peut-être. Tant que je ne suis pas obligé de jouer dedans. Ce que j'ai dû faire pour «The Brave» afin d'avoir les financements nécessaires.

Avez-vous été blessé par la mauvaise réception de ce film?
Non. En fait, j'ai été fasciné, car j'ai subi des attaques personnelles. Comme si on me reprochait d'avoir un message, un cerveau et d'essayer de faire quelque chose de différent au lieu de me contenter d'être un simple divertisseur. Le principal, c'est que j'ai fait le film que je voulais faire.

Selon vous, qui sont les pirates des Temps modernes?
Keith Richards (guitariste des Rolling Stones). Sans doute le plus grand pirate de tous les temps. Shane McGowan (chanteur des Pogues). Et quelques autres qui ne voudraient sans doute pas que je dise leur nom en public.

Publié par dark_leia à 14:41:36 dans Presse | Commentaires (0) |

Canal star - janvier 2002 | 04 juin 2005

 

S'il joue encore un inspecteur sombre et dépressif dans From Hell, le Johnny Depp de tous les jours n'a rien de glauque. Au contraire, c'est un papa comblé, qui n'arrêterait jamais de parler de sa petite Lily Rose...

Malgré son penchant pour les bons vins et sa consommation exagerée de cigarettes, Johnny Depp ne paraît pas ses 38 ans. Et même à l'approche de la quarantaine, il continue d'affoler toutes les midinettes de la planète. Et pourtant, même s'il n'est pas marié, le beau Johnny n'est plus un coeur à prendre, et depuis longtemps. Notre Vanessa Paradis nationale est en effet l'heureuse élue, et ce, depuis trois ans. A ce bonheur conjugal, s'est ajouté une petite Lily Rose. Serait-ce la paternité qui rend Johnny Depp encore plus séduisant aux yeux de la gent féminine ? Il le prouve encore une fois dans son dernier film, From Hell, où il interprète l'inspecteur opiomane Fred Abberline, à la poursuite de Jack l'éventreur. Entre deux meurtres bien sanguinolents, il séduit la jolie Heather Graham, ajoutant une autre conquête à la longue liste de ses ravissantes partenaires féminines. Mais sa partenaire préférée dans la vie, c'est bien sa petite Lily Rose, dont il nous parle longuement, entre deux considérations sur Jack l'éventreur, l'absinthe et la France...

 

 

Il semble que vous ayez toujours été fasciné par la personnalité de Jack l'Eventreur. Qui y a-t-il de si fascinant chez lui et en quoi est-il différent des autres « serial killers » ?

 

Tout simplement parce qu'il était le premier meurtrier de ce genre, très méthodique. Et aussi le premier à susciter autant l'attention des médias, en Angleterre et dans le monde entier. A l'époque, Jack L'éventreur a provoqué la naissance de nombreux tabloïds qui l'ont élevé au rang de célébrité ! Et depuis lors, les médias n'ont cessé d'être fascinés par les meurtriers. Et puis l'histoire de l'éventreur est si horrible, et il y a tant de théories à son sujet. Ça rend l'affaire encore plus intéressante...

 

Est-ce que la théorie élaborée dans le film correspond à votre propre explication de l'histoire ?

Le fait que tous ces meurtres aient servi à couvrir un membre de la famille royale ? Oui, je pense que c'est une bonne explication, très probable. Mais il y en a beaucoup d'autres, notamment une que j'aime beaucoup, tiré d'un livre de Stewart Evans, The Lodger. Selon lui, Jack l'éventreur aurait été un médecin américain, complètement dingue, vivant à Londres à l'époque. Poursuivi par Scotland Yard, il n'a jamais été arrêté. Et les meurtres ont continué, mais aux Etats-Unis, cette fois-ci. Théorie assez forte, là encore.

 

Comment êtes-vous arrivé sur le projet ? Vous avez contacté les frères Hughes ?

Bizarrement, je les connais depuis quelques années, je savais qu'ils préparaient From Hell, mais nous n'en avions jamais discuté ensemble. Deux ans après notre première rencontre, il n'y a pas si longtemps, ils m'ont contacté pour le rôle de Fred Aberline, l'enquêteur. J'ai bien sûr sauté sur l'occasion, non seulement pour l'histoire, mais surtout, parce que j'avais envie de travailler avec les frères Hughes depuis longtemps. J'ai beaucoup d'admiration pour eux, et elle n'a fait que s'accroître pendant le tournage.

 

De quelle manière approchez-vous vos rôles, avez-vous un plan de carrière ?

Pas vraiment, ma carrière n'est pas quelque chose que je modèle, comme une sculpture. Elle est assez hétéroclite, sans but particulier. Je choisis juste les choses que j'aime, les réalisateurs que j'admire et avec qui j'ai envie de travailler. Mais c'est vrai que mes derniers rôles étaient tous plutôt sombres, de Las Vegas parano à Sleepy Hollow, en passant par La neuvième porte. Et maintenant, From Hell. Je ne sais pas, c'est ma période glauque !

 

Vous travaillez sans arrêt...

Effectivement, pendant cinq ans, j'ai enchaîné film sur film. Mais rien n'était prévu, c'est arrivé comme ça. Mais le rythme s'est ralenti depuis l'arrêt du projet Don Quichotte. A part quelques semaines de tournages sur le dernier film de Robert Rodriguez, Once upon a time in Mexico, je suis au chômage depuis un moment, en fait. Don Quichotte a été un énorme désastre. Nous avons joué de malchance, d'abord avec Jean Rochefort qui tombe malade, ensuite avec la compagnie d'assurance qui ne voulait pas nous rembourser. Mais j'espère que nous pourrons recommencer bientôt. Je sais que Terry Gilliam essaye de faire redémarrer le projet par tous les moyens. J'ai confiance en lui, il est si brillant.

 

Que faites-vous quand vous voulez vous évader ?

Et bien, je passe du temps avec ma femme, Vanessa (Paradis : NDLR), ma fille, je lis, je fais de la musique, je peins. Ma fille commence à dessiner et c'est génial de voir un si petit être mettre de la peinture sur une toile et mélanger les couleurs. Elle est géniale...  Je voudrais qu'elle devienne une grande artiste-peintre et non pas une actrice. Et si elle veut quand même se tourner vers la comédie ou bien vers la chanson, je l'emmènerai chez un psy ! Je rigole, bien sûr, mais j'espère sincèrement qu'elle ne sera pas actrice. Quand vous connaissez le monde du cinéma, son racket, ses règles impitoyables, vous n'avez vraiment pas envie que vos enfants suivent vos traces. D'ailleurs, je pense qu'elle est trop intelligente pour travailler dans l'industrie du divertissement. Je la verrai bien écrivain, ou même chef d'état. Oui, voilà, elle sera présidente de la république...

 

Qu'est-ce que vous a apporté la paternité ?

Le jour où ma fille est née, elle m'a redonné la vie. Comme si le brouillard s'était enfin éclipsé pour laisser place à la lumière. C'est un moment très intense quand vous découvrez enfin pourquoi vous vivez. C'est incroyable ce que ma fille m'a fait. Si vous la voyiez, elle n'a que trois ans, et c'est déjà une petite femme, elle met vingt minutes pour choisir une robe, et quand elle en a choisi une, elle change encore d'avis. Et elle peut recommencer comme ça six ou sept fois. C'est vraiment une petite fille étonnante...

 

Vous vivez maintenant en France. Comment vous-y sentez-vous ?

Vivre en France me permet vraiment de mener une vie normale. Quand je suis chez moi, avec mes deux petites femmes et mes amis, non seulement, nous ne parlons jamais de cinéma, mais nous n'y pensons même pas. Nous nous demandons si les olives et le raisin seront bons l'année prochaine, nous jouons à la pétanque. Puis nous buvons un pastis à cinq heures et demi, et le soleil se couche...

 

Vous parlez bien français maintenant...

Je suis encore trop timide pour parler mais je peux parfaitement suivre une conversation entière. Si vraiment il le faut, j'arrive à me débrouiller. C'est ma fille qui m'apprend le plus de choses. J'étais sûr qu'elle commencerait à parler vers l'âge de deux ans, et qu'à ce moment-là, je maîtriserai suffisamment la langue, mais en fait, elle parle déjà mieux que moi. Elle m'apprend un nouveau mot chaque jour. Je suis toujours entrain de m'extasier : « Qu'est ce qu'elle vient de dire ? »

 

Revenons à From Hell. Vous apparaissez dans une scène, en train de boire de l'absinthe...

C'est une expérience intéressante de boire de l'absinthe, même si c'est très dangereux. Évidemment, il y a plusieurs recettes, notamment de très vieilles recettes qui peuvent vraiment vous endommager le cerveau. Cela vous fait comprendre pourquoi Verlaine a tiré sur Rimbaud, ou comment Van Gogh en est arrivé à se couper l'oreille. L'absinthe est à boire avec la plus grande précaution. Dans le film, ce qui est drôle, c'est qu'on me voit préparer avec soin le breuvage, le porter lentement à ma bouche, mais on ne me voit pas le boire. Tout simplement parce que pour les besoins de la scène, nous avons rajouté de l'essence pour que le liquide brûle plus facilement. Et je n'arrêtai pas de me dire, en portant le verre à mes lèvres : « Coupez, coupez ! »

 

Vous avez également un accent extraordinaire dans le film, les frères Hughes ont dit que vous vous étiez inspirés de la voix de Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones. Vous pouvez nous en parler ?

Oui, mon personnage, l'inspecteur Abberline me faisait penser à Keith Richards, ou aussi à Pete Townsend des Who. On ne peut pas faire plus complexe comme mec...

Publié par dark_leia à 14:35:46 dans Presse | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| >>