Rien à dire sur moi. Beaucoup à dire sur Lui.
Beaucoup disent Le connaître. Depp l'Acteur. Pour certaines, juste la tête d'ange qui fait la une des magazines pour groupies hurlantes.
Moi je vous présente l'Acteur, le Réalisteur, le Scénariste, le Peintre, le Musicien... l'Homme transformé, passionnant, talentueux, l'Homme Caméléon. Pas la star, non, l'Artiste, sachez faire la différence...
juste une petite règle, une seule, à respecter svp : PAS DE LANGAGE SMS ! Merci
dark_leia
<< Le Matin - août 2003 | Le Figaro Etudiant - janvier 2002 | Avant Première 1998 >>
Qu'est-ce qui vous a convaincu de faire ce film ?
Un, travailler avec les frères Hugues ; deux, ma fascination pour le mystère de Jack l'éventreur : depuis tout petit, j'ai toujours été passionné par cette histoire ; trois, faire le voyage dans une autre époque, enquêter sur cette période où la vie était tellement différente afin d'essayer de comprendre les gens.
Lorsque vous préparez un rôle, avez-vous aussi l'impression d'enquêter ?
Oui, j'adore ça. Surtout en l'espèce car je suis un dingue d'Histoire. Toujours cette idée de voyage dans le temps, en lisant des livres d'histoire, des biographies. Je mène peut-être même finalement plus d'investigations dans ma vie que dans mon travail !
Avez-vous lu la BD-roman dont est tiré le film ?
Oui, c'est très impressionnant. Il y a aussi tout un travail qui est moins apparent, notamment les recherches qui ont été faites. Ils ont assemblé tous ces éléments d'une grande noirceur comme une sorte de puzzle, mathématique. J'ai été soufflé.
Cela change-t-il quelque chose d'interpréter un personnage réel ?
La difficulté, lorsque l'on joue quelqu'un qui a existé il y a plus d'un siècle, c'est que l'on possède assez peu d'informations. J'ai lu un article, dans un magazine, sur un officier de police contemporain qui admettait utiliser des drogues, de l'alcool alors qu'il menait l'enquête, en raison de la pression liée au travail. J'ai combiné cette histoire avec celle de l'inspecteur Abberline qui, en 1888, fumait de l'opium, buvait de l'absinthe. Le hasch, à cette époque, était même vendu en pharmacie, sous forme de bonbon ! Interpréter un personnage réel amène des responsabilités, particulièrement lorsqu'il est encore en vie. Ne serait-ce que parce que le cinéma reste, notamment dans la mémoire du public. (...)
Se laisser aller, dans ce type de rôle, n'est-il pas dangereux ?
Ce qu'il y a de bien, dans le métier d'acteur, c'est que l'on peut penser exactement à ce que l'on veut du moment que cela nous mène où l'on souhaite aller. Ce peut être un chien ou une peinture ! L'essentiel, quand il s'agit d'un rôle difficile, est d'en sortir très vite. Autrefois, j'étais trop dans le film. Pour Gilbert Grape, je suis resté dans cet espace cérébral pendant six mois. C'était horrible. Je ne sais toujours pas si je me suis mis dans cet état inconsciemment parce que le rôle le nécessitait ou si cela a coïncidé avec la manière dont je me sentais à cette époque. On voit la pression, la gravité qui pèse sur le personnage. Je me suis sorti de cette période avec Ed Wood. Ca repart dans un sens différent, un peu comme une fusée. C'est l'autre face de l'univers. Mais il y a clairement un peu de moi dans chacun des personnages que j'interprète.
Quelle est la part de vous dans Abberline ?
Il a un besoin profond c'est presque une obsession de justice, de trouver la vérité quelle qu'elle soit. J'ai la même obsession, la même envie d'aller au cœur des choses. J'ai passé des années à essayer d'éviter une certaine réalité, je fuyais la douleur. J'essayais de m'auto médicamenter pour ne rien sentir, arriver à un point où l'on peut « faire avec ». Abberline fonctionne de cette façon.
Était-il possible de sentir, dès le tournage, le style coup de poing des frères Hugues ?
Avant même le tournage ! Ils sont venus me voir chez moi avec d'énormes livres rassemblant des photos, qui n'avaient pas forcément de rapport avec Jack l'éventreur mais qui les inspiraient et qu'ils utilisaient comme référence. Ils étaient incroyablement préparés. Il y avait de belles images mais qui donnaient parfois envie de tourner la page : un globe oculaire, une main dans le noir... On sentait qu'ils allaient faire quelque chose de différent. Les scènes de rêve liées aux effets de la drogue sont frappantes.
Quel est votre film de serial killer préféré ?
Badlands (de Terrence Malick, 1973) est le premier qui me vient à l'esprit. Il est assez pesant.
De qui avez-vous le plus appris dans votre travail ?
J'ai beaucoup appris de tellement de gens... Marlon Brando a été un grand professeur dans beaucoup de domaines. Pour lui, je ressemblais à Hamlet. Il me disait : « Échappe-toi du cinéma, étudie Shakespeare, joue Hamlet avant d'être trop vieux... » Et je ne l'ai jamais fait ! Pourtant, je suis toujours étonné de voir que personne n'ait jamais abordé la dimension comique de la pièce. Les gens se focalisent sur son côté sombre mais elle est pleine d'humour.
N'avez-vous jamais regretté de ne pas être une rock star ?
Mon Dieu, non ! C'était certainement mon rêve lorsque j'étais enfant puis adolescent. Mais, d'une certaine façon, je suis content de ne pas avoir eu un énorme succès avec ma musique. C'était mon premier amour et, quand cela devient votre véritable métier, cela peut parfois devenir ennuyeux, et même générer des rapports de haine.
Publié par dark_leia à 14:48:40 dans Presse | Commentaires (0) | Permaliens