Rien à dire sur moi. Beaucoup à dire sur Lui.
Beaucoup disent Le connaître. Depp l'Acteur. Pour certaines, juste la tête d'ange qui fait la une des magazines pour groupies hurlantes.
Moi je vous présente l'Acteur, le Réalisteur, le Scénariste, le Peintre, le Musicien... l'Homme transformé, passionnant, talentueux, l'Homme Caméléon. Pas la star, non, l'Artiste, sachez faire la différence...
juste une petite règle, une seule, à respecter svp : PAS DE LANGAGE SMS ! Merci
dark_leia
<< Le Figaro Etudiant - janvier 2002 | Avant Première 1998 | Elle - Québec - 2001 >>
Vous avez deux films cette année, «Intrusion» et «Sleepy Hollow»: le rythme s'accélère?
Non, pas vraiment. L'un est une comédie, l'autre un conte. J'aime bien changer de cap.
C'est excitant, de tourner des choses aussi diverses?
Oui. Parce que le reste du temps, être sur un plateau, c'est ennuyeux. On ne fait rien, on attend que les techniciens aient fini leurs réglages. On travaille réellement deux ou trois minutes, puis c'est fini.
Vous êtes un acteur ou une star?
Un acteur. Une star, c'est quelqu'un comme Cary Grant ou Humphrey Bogart, qui a un charisme exceptionnel, et qui peut aussi être un acteur formidable. Brando, en revanche, est un acteur génial, mais il n'a jamais pu se conformer au rôle de star. Moi, je gagne ma vie. Je fais mon travail.
Vous avez débuté dans le rock, puis vous êtes devenu acteur. A quel moment la transformation s'est-elle opérée?
Je faisais partie d'un groupe de rock, «The Kids». C'est comme ça que je suis venu à Los Angeles. Et là, j'ai rencontré Nicolas Cage, le neveu de Coppola. On traînait ensemble. C'est lui qui m'a convaincu d'essayer de faire l'acteur. Son agent m'a envoyé un scénario et, deux jours plus tard, j'étais engagé. Le film, c'était «Les Griffes de la nuit». Je n'avais jamais fait ça avant, aucune notion de comédie. J'ai suivi mon instinct, je me suis débrouillé.
Comme Brando, vous avez toujours manifesté de l'intérêt pour la cause des Indiens...
Je suis d'ascendance cherokee. Mon arrière-arrière grand-mère était indienne, et elle a probablement été violée pendant les massacres de l'époque de la Piste des Larmes. En 1838, le gouvernement américain a déraciné treize mille Cherokees et les a expulsés de leurs terres du Mississippi pour les reloger en Oklahoma. C'était un voyage de mille cinq cents kilomètres à pied. La plupart sont morts d'épuisement, de maladie, de famine. Les autres ont été battus, rejetés. Je suis l'enfant de cette honte.
Vous avez eu une jeunesse assez bousculée.
Oui. On déménageait tout le temps, selon les jobs de mon père, qui était directeur des travaux publics en Floride. Quand je parle de mon enfance, ce n'est jamais lié à une maison, à un foyer: il y en a eu trop.
Vous vous souvenez de quoi?
De choses très différentes: nous avons dû changer vingt fois de domicile. Mes parents ne s'entendaient pas très bien, et ils ont fini par divorcer quand j'avais 15 ans.
Votre mère était serveuse?
Oui. Elle travaillait depuis l'âge de 14 ans.
Comment avez-vous traversé cette période?
En me retirant dans ma chambre, que je partageais avec mon frère, de dix ans mon aîné. J'avais un petit chien nommé Pepi. Je fermais la porte, je jouais de la guitare. Je voulais devenir musicien. A l'école, je venais avec ma guitare, je restais dans mon coin. La plupart du temps, je séchais les cours.
Que vous reste-t-il de vos débuts?
L'impression qu'il faut toujours se fier à son instinct. Il ne faut pas choisir les films qu'on fait pour atteindre un plus grand degré de célébrité, ou un meilleur cachet, ou je ne sais quoi. Il faut y aller par envie, c'est tout. Et il me reste aussi une vieille valise: j'ai racheté celle de Jack Kerouac, le roi des beatniks. Il a passé sa vie sur la route, à découvrir des gens. Il cherchait un autre horizon et, d'une certaine façon, moi aussi...
Vous n'êtes pas satisfait de votre carrière d'acteur?
Si, bien sûr. Mais je ne suis pas quelqu'un qui nage dans le bonheur. Je me pose des questions, j'ai mes démons. Les personnages qui m'attirent sont justement ceux qui sont les plus hantés: Van Gogh, Kafka...
Vous avez eu une période où ces démons étaient très présents.
Oui, je buvais et j'ai certainement abusé de ma santé. Mais j'ai 36 ans aujourd'hui, il est temps de trouver une certaine stabilité, de penser que la vie ce n'est pas seulement fumer, faire la fête et ne pas dormir.
La célébrité vous agace?
Parfois. Mais c'est le prix à payer. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les gens s'intéressent tellement à ma vie. Qu'est-ce qui fascine tellement les gens là-dedans?
Le rêve...?
Peut-être. Mais moi, mon rêve, il est mal parti dès le début, dès la Piste des Larmes. Ça vous donne un regard décalé sur les choses, des valeurs différentes.
Comme quoi?
D'une part, la vie n'est peut-être pas faite pour être toujours heureux. D'autre part, j'ai tendance à toujours m'intéresser aux oubliés, aux gens en marge, aux laissés pour compte. La vraie vie, c'est dans la marge.
Publié par dark_leia à 14:57:22 dans Presse | Commentaires (0) | Permaliens