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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Accordez vos violons messieurs | 01 février 2006

Bis repetita.

Après avoir retenu un cri de joie à l'annonce du budget dont j'allais disposer pour mes actions, j'apprends par un autre de mes responsables (je vous rappelle que j'ai trois directeurs à qui rendre des comptes) que ce budget en local est loin (trèèèèèèèès loin même) d'être celui-là. Divise tes espérences par 10 ma belle. Heu... quoi ??? En gros, ce dont je pensais disposer par mois, revient à mon budget annuel ??? C'est quoi ce binz ? Du coup, j'ai engagé des actions (validées par mon directeur local) qui me bouffent le tiers de mon budget si j'en crois les dires de mon directeur national. Bref. Je viens de leur envoyer un message à tous les deux. Il est temps qu'ils accordent leurs violons. Parce que je ne vois pas comment je vais pouvoir travailler correctement dans ces conditions. Pfff.

Publié par Titinette à 11:32:24 dans Titi at work | Commentaires (1) |

Paris Paris... | 27 janvier 2006

9h. Je m'installe dans le train. C'est parti pour 3h. J'ai prévu un bouquin facile et rapide à lire de B.Werber, « nos amis les humains ». Et un magazine aussi. Le Marie-Claire de février. Parce que ça fait longtemps que je n'ai pas fréquenté Marie-Claire. Plus de 4 mois. Depuis que je suis devenue fidèle à Elle... Un petit retour aux sources était donc le bienvenu. Un Marie-Claire et un bouquin. Comme au bon vieux temps. Celui où je prenais régulièrement le train pour aller voir mon homme.

A côté de moi, un costard-cravate. Lui, il est plus sérieux que moi. Il profite du trajet pour bosser un peu. Je jette un œil discret et je le vois feuilleter des documents frappés du logo d'un de nos concurrents. Quelle coïncidence amusante. Je ne sais trop comment, la conversation se noue. Autour du temps, des flocons et du givre qui ralentit la course du train. Et accessoirement, qui risque de me faire arriver en retard à ma réunion. C'est là qu'il prend connaissance de ce que je fais. Légère crainte au départ (n'aurais-je pas du m'inventer une autre vie pour m'éviter d'entrer dans un débat dont je n'ai pas envie ?). Mais l'homme est courtois et la conversation glisse agréablement. Elle dérive sur d'autres sujets, toujours économiques, mais moins conflictuels. C'est dans ce genre de situation que je mesure tout l'intérêt de ma précédente expérience, même payée à coup de lance pierre. Elle me permet d'alimenter la conversation avec un directeur. C'est déjà ça.

Le trajet en métro sera moins agréable. Cela ne fait pas deux secondes que je suis dans la rame qu'une odeur insupportable arrive à mes narines. Un coup d'œil circulaire et je vois une vieille femme, entourée d'une flanquée de sacs plastiques débordant d'immondices, babillant seule dans un coin. Elle embaume tout l'espace. Contraste entre cette vision de la déchéance humaine qui fait au moins aussi mal au cœur que la nausée qu'elle provoque, et ces regards complices, presque moqueurs, que s'échangent les voyageurs, le nez plongé dans leurs manches ou leurs écharpes. Eux qui, le reste du temps, s'ignorent et se contentent de regarder le bout de leurs chaussures. C'est comme si, dans l'exclusion d'une tierce personne, un groupe se formait instantanément. Comme pour dire « nous, c'est différent, ça ne nous arrivera jamais » et confirmer cette pensée par l'attitude de rejet. Une façon de redevenir solidaire. Solidaire contre cette idée de misère. Mais putain quelle odeur... Vraiment, c'était écoeurant.

13h. J'arrive au siège de ma société. Je fais de nouvelles connaissances. L'occasion de mettre des visages sur des noms et des voix maintes fois entendues au téléphone. Rapide déjeuner avant de partir pour nos deux réunions, au siège de la grosse boite dont nous dépendons désormais. A notre arrivée, contrôle des papiers et tout et tout. Des bâtiments monumentaux, pour ne pas dire totalement mégalos. Mais je n'aurais pas vraiment le temps de faire le tour des lieux. Nous filons tout droit à notre première réunion. Celle-ci nous concerne directement, donc, un certain intérêt m'anime. La seconde me fait sourire. Du genre « bienvenu dans un monde meilleur, vous êtes désormais dans un grand groupe ». Pourtant, ils nous passent un film sans concession sur les travers de la société au gré des témoignages pris sur le vif pendant toute une année de tournage. Culotté. Et pas si mal que ça.

18h, c'est l'heure du cocktail. Je n'aurais qu'une vingtaine de minutes pour en profiter un peu (profiter étant un bien grand mot). J'ai bien conscience que je vais rater le meilleur de la journée, mais mon taxi m'attend pour me raccompagner à la gare (ah, un taxi payé par la boite, quel bonheur. Un vrai petit luxe). Le chauffeur, antillais, me fait la conversation.  Il est fort sympathique et me garanti que j'arriverai à temps pour changer mon billet (j'ai déjà raté le train initialement réservé). Je peux donc me détendre et profiter de la vue. Il me commente « ici le parc des princes, la, le pont de l'Alma, le siège de TF1, celui de France Télévision, puis Canal+... le musée d'Orsay que je reconnais avant même qu'il n'ouvre la bouche... Et au loin, ce scintillement... Mais... Mais... oui, c'est elle... la tour Eiffel ! Je ne m'attendais pas à passer si près d'elle, ni même à la voir. Je réalise que je suis vraiment à Paris. Je savoure cette douce balade. Un peu courte, certes. Mais tellement agréable.

23h30, je suis enfin chez moi. Et je tombe comme une masse. Dire que lundi, j'y retourne J

Publié par Titinette à 13:06:59 dans Titi at work | Commentaires (5) |

Suivre la bonne direction | 21 janvier 2006

Attention, post long et chiant.

J'ai deux directeurs (et un troisième sur Paris, mais bon... laissons le de côté pour l'instant. Deux, c'est déjà pas mal). Le premier, le vrai directeur de la boite, est jeune, connaît son métier sur le bout des doigts, sait de quoi il parle. Mais il bosse aussi beaucoup à la maison mère sur Paris et n'a pas de relationnel (surtout politique) ici. Il a donc embauché un « pseudo directeur ». Une sorte de prestataire local qui n'est pas salarié de l'entreprise mais intervient surtout auprès des élus qu'il connaît presque tous pour apporter une crédibilité locale à la boite et donc au projet. Un vieux de la vieille qui connaît tout le monde ici  et qui a longtemps bossé dans un secteur d'activité très proche du notre. Même moi, je connaissais déjà ce bonhomme.

Bref. Il se trouve que je dois me taper avec lui des dizaines de rendez-vous de présentation du projet. Au début, j'écoutais beaucoup n'ayant eu droit à aucune présentation détaillée moi-même. Je me suis appropriée peu à peu le discours, et les multiples réunions auxquelles j'ai participé par ailleurs m'ont apporté des compléments d'information. Au fil des rendez-vous, j'ai envie d'intervenir pour compléter la présentation du dit directeur qui, il faut le dire, n'est pas toujours très clair dans ses explications... Et là, le hic. Impossible d'en placer une. Dès que j'ouvre la bouche, il continue de parler, couvre ma voix et enchaîne sur la suite. Je suis obligée de me taire pour que notre interlocuteur ne se retrouve pas face à un brouhaha incompréhensible. Je ne peux intervenir que lorsqu'il a un trou de mémoire, cherche ses mots ou bafouille un peu (et ça arrive régulièrement, heureusement pour moi)... Mais j'ai cette sensation désagréable de n'être là que pour lui servir de faire valoir et d'aide mémoire. Et je n'aime pas du tout ça.

Hier, lors d'une énième présentation, je sens notre interlocuteur complètement perdu. Il faut dire que, même moi qui connaît le projet, j'ai du mal à comprendre ce que raconte mon directeur. Alors, je me permets d'intervenir, haussant la voix, pour apporter quelques éclaircissements et imposer mon intervention. Merde. Moi aussi j'ai des choses à dire. Et je sais qu'en général je suis bien plus claire que lui (on m'a souvent dit que mes présentations étaient très claires par le passé, il n'y a pas de raisons que cela ne soit pas vrai dans ce cas ci). J'interviens peut-être trois fois tout au plus, mais je sens comme une tension s'installer. Et je ne vais pas avoir longtemps à me poser la question. Sitôt les fesses dans la voiture pour se rendre au rendez-vous suivant, mon vieux directeur me rabroue. Me faisant part de son agacement, que je ne dois pas l'interrompre ainsi etc. J'argue que j'ai senti notre interlocuteur un peu perdu et que c'est pour cette raison que je me suis permise de reformuler certaines choses. Il n'en démord pas. Je n'ai pas à intervenir comme ça (je sais, c'est pas beau. En principe, je ne coupe jamais la parole, mais là, j'ai saturé). Je m'excuse et me tais tout le reste du trajet.

Rendez-vous suivant. Mon directeur a un peu repris le fil de ses pensées et son discours est un peu plus clair qu'au rendez-vous précédent. Tant et si bien que, ne pouvant intervenir de toute façon, mon esprit s'évade un peu. Je ne l'écoute qu'à moitié. Soudain, il recommence à bafouiller et cherche ses mots. J'attends. Je ne sais pas exactement ce qu'il veut dire, après tout, je ne suis pas dans sa tête. Je le sens s'énerver. Et d'un geste, il me tapote le genou, appelant ainsi à l'aide ? Je jette un œil sur la diapo en cours, écoute le mot qu'il répète et lance le mot que, je suppose, il cherche. Il enchaîne. Je ne dirais rien de plus. Surtout que cette fois, une autre personne de l'entreprise est là pour aborder d'autres questions complémentaires, l'heure avance et je ne veux pas allonger la présentation au risque de rater mon cours de danse. Il ne manquerait plus que ça.

Shit. J'ai au moins une quinzaine d'autres rendez-vous de ce genre à faire avec lui... Va falloir que je trouve une issue. Potiche, c'est pas le métier que j'ai choisi.

Publié par Titinette à 16:04:55 dans Titi at work | Commentaires (2) |

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