J'ai
parfois la sensation de vivre avec un dictateur de la pensée unique.
Parce que j'ai eu le malheur de ne pas m'extasier sur le week-end que
nous venons de passer et d'emettre certaines réserves lorsqu'il m'a
posé la question "alors ? C'était bien ce p'tit week-end hein ?", j'en
ai encore pris plein la tête sur mon insatisfaction permanente et
blablabla.
Et ensuite, comme si
ce laïus ne suffisait pas, il a enchaîné sur ma façon de doser le riz
(et oui, nous étions dans la cuisine lors de ce petit échange"), me
prenant la tête sur le verre à utiliser, comment le remplir etc.
Saoulant. Véritablement saoulant. Tant et si bien que je l'ai planté
dans la cuisine avec son verre doseur pour qu'il termine tout seul
comme un grand la préparation du repas.
Je me demande parfois comment je fais pour supporter tout ça en
quasi-permanence. Quelquefois je me dis que ce n'est pas étonnant que
j'ai mal partout. Que mon petit corps se crispe face à ce genre de
situation. Et quand je lui confie cette pensée, il s'emporte "c'est ça,
c'est encore de ma faute, tout est toujours de ma faute, t'as pas fini
de raconter n'importe quoi ?".
Bon, maintenant, il ne
me reste que deux jours pour retrouver une certaine zenitude. Il n'est
pas question que je me gâche ce séjour à Barcelone par des prises de
tête mal venues.