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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

De la motivation au boulot | 28 février 2007

Trois jours de pause. J'espérais retrouver l'énergie d'il y a quelques semaines, mais la motivation n'est toujours pas vraiment revenue. Je suis plutôt tiraillée entre mon envie de repartir prolonger cette pause au soleil, parmi les miens, et la nécessité de retourner au boulot, pour me remettre à la tâche, une sorte d'angoisse naissante face à la montagne de choses à accomplir et notamment pour l'organisation d'une manifestation que je ne sens pas du tout, mais alors pas du tout (je cours à la catastrophe et au déshonneur, je le sens bien).

Devoir sourire, devoir paraître, afficher l'énergie, le dynamisme, la volonté et la motivation. Poursuivre sur ma lancée. Démontrer que je vaux encore mieux. Tenter encore d'en faire la preuve. Je ne sais pas si je saurais faire ça encore longtemps. C'est aussi pour cette raison que naît en moi ce besoin de « passer à autre chose » dans ma vie. Curieux élément déclencheur s'il en est. Mais j'avoue, depuis quelques jours, je pense à autre chose qu'à construire ma vie professionnelle. J'ai essayé, j'ai donné, je me suis investie, beaucoup. Pendant 8 ans. Pour finalement en arriver à pas grand-chose. Pour finalement toujours devoir compter, calculer à la fin du mois, pour continuer encore à regarder voyages et soins bien-être comme des bonus inaccessibles et des objectifs à atteindre « un jour peut-être ».

Bien sûr, on reconnaît mes compétences, bien sûr, on m'a confié des responsabilités... Mais ce monde de machos fascistes ne me laisse pas beaucoup de place. J'en ai soupé des réflexions sur les femmes, leur allure d'homme ou au contraire leurs jupes trop courtes, leurs décolletés trop provocants ou leurs franfreluches « too much » à leurs yeux, mes courbes généreuses, mes t-shirts trop moulants ou que sais-je encore. Une femme compétente est forcément moche, une femme mince et jolie n'est forcément qu'un objet de désir dont on ne regarde pas les compétences, ou seulement à la marge. Tout ce cirque m'épuise. Et le pire, c'est qu'il n'est pas directement issu de mon entreprise (un peu aussi, mais moins depuis que j'ai remis les points sur les i en interne) mais de notre partenaire local, le donneur d'ordre sans lequel la filiale départementale dans laquelle je travaille n'existerait pas. Entendre des réflexions colportée sur une telle « prête pour la saillie » parce qu'habillée d'une jupe légèrement fendue sur le côté, un autre faire l'apologie d'un nouveau sex toy design pour femmes, le regard graveleux, un autre encore me demander si je suis intéressée pour tester avec lui le projet de telle école d'ingénieurs sur « le forage profond vibratoire »... Honnêtement, je n'en peux plus.

Publié par Titinette à 10:32:05 dans Titi at work | Commentaires (5) |

Scandaleux | 21 février 2007


Contexte : Déjeuner d'affaires avec des élus et des directeurs.


Thème de la conversation : politique (évidemment). Dérapage sur l'intervention de Ségolène Royal. Bon, ok. Et soudain, un élu s'insurge.

"C'est scandaleux cet homme handicapé qui se met à chialer à la télévision en plein débat politique, vraiment SCAN-DA-LEUX !  Vous en pensez quoi ?" dit-il en se tournant tour à tour vers chacun d'entre-nous. Tout le monde botte en touche. "ah, moi, j'ai pas vu l'émission" "moi, j'ai raté ce passage" etc... "Et vous, titi, vous en pensez-quoi ?".

Hummmm "'je pense que c'est dommage mais qu'il n'est pas toujours facile de contrôler ses émotions et..." et je n'aurais pas le temps de dire autre chose. Et franchement, c'est agaçant.

Alors, je voudrais vous dire quand même parce que merde. Ca me gonfle ces mecs qui croient toujours avoir raison et qui n'écoutent jamais ce que les autres ont à dire.

Je voudrais dire que, certes, ce n'est pas glorieux de perdre ses moyens en direct devant des millions de gens et que putain, à sa place (ou à celle de Ségolène d'ailleurs), je me serais sentie très mal. Mais de là à trouver cela scandaleux pour la cause des handicapés... Il y a beaucoup de choses qui me scandalisent. La société Total incapable de mettre un euro pour aider à réparer les dégats causés par la pollution type catastrophe de l'Erika, les hommes politiques impliqués dans le sang contaminé qui ont contribué à tuer des milliers de gens et qui sont toujours sur la scène politique, ou plus quotidiennement, les propos scabreux qu'on doit se taper à longueur de journée quand on est une femme qui bosse dans un milieu d'hommes et qui, sous couvert de plaisanterie, se permettent des réflexions vraiment déplacées sans qu'on ne puisse rétorquer grand chose, sous peine d'être cataloguée et d'en reprendre encore une couche (et l'élu en question fait partie de ceux qui tiennent ce genre de propos) ; ou encore s'entendre dire un jour, par ce même élu qui a ferméla structure dans laquelle je bossais avant, que je ferais mieux de faire secrétaire parce que je ne trouverais pas de boulot dans ma branche ici (se serait-il permis ce genre de réflexion à un homme ? J'en doute.

Oui, il y a beaucoup de choses qui me scandalisent. Et avant qu'on puisse considérer que ces quelques larmes ne fassent du tort aux handicapés, je pense qu'il faudrait qu'on regarde d'abord tout le chemin qu'il reste à accomplir pour que notre société leur soit ouverte sans discrimination. Et y'a du boulot...

Publié par Titinette à 09:08:07 dans Titi at work | Commentaires (7) |

De fil en aiguille... ou en seringue | 19 février 2007

Petite mine ce matin. Un peu fatiguée. Pas trés motivée. Passe mon temps à blogguer. Pourtant faut que je mette à travailler. Il fait gris. J'ai un peu mal au ventre. J'ai envie de vacances. J'ai BESOIN de vacances. Pourtant, Noël, c'est pas si loin. Oui, mais Noël, c'est pas tout à fait comme de vraies vacances. Enfin si, mais pas tout à fait. Moins j'en fais, moins j'ai envie d'en faire, alors faut que je me booste. Oui, mais se booster toute seule... Pas facile quand on n'a pas la pêche.

Font chier ces ragnagnas. J'sais pas si ce sont les fautifs, mais bon. Mercredi, je dois reprendre la pilule. Mon homme, chaque mois, m'enjoins à arrêter. Cette fois, la prendrais-je ou pas ? Céderais-je ou pas ? Echos d'une amie d'une amie qui a mis au moins trois ans avant d'arriver à tomber enceinte. Et mon boss dont la femme a mis 6 ans avant d'y arriver. Merde. Je sais que je ne suis pas pressée, mais un truc pareil, ça me ferait flipper quand même. Dans un mois, 32 ans au compteur. Quand même. Ca commence à faire. Arf... Et puis l'envie de passer à autre chose dans ma vie qui me titille depuis cette déception professionnelle. Peut-être est-ce le moment ? Arrêter de se poser des questions. De toute façon, je ne serais jamais prête je crois.

Oui, mais si jamais ça marche tout de suite, hein ? Comment je fais ? Je n'ai même pas un bon gynéco à qui faire confiance. Le mien, je le supporte avec difficultés 10 mn par an, alors pour toute une grossesse, c'est pas possible du tout. Vraiment pas. En trouver un autre, oui, mais ça ne me paraît pas si simple. Pourtant va bien falloir que je commence à chercher... Il faut qu'il soit sympathique et souriant (le mien est aussi froid qu'une porte de prison) et qu'il accepte de répondre à mes questions toutes plus débiles les unes que les autres sans se moquer de moi, et de me rassurer aussi, parce que ce qui m'effraie le plus dans le fait d'avoir un enfant, c'est de le fabriquer et de devoir porter du poids en permanence (vu l'état de mon dos, ça promet) et surtout, de devoir le pondre... Ca, vraiment, je peux pas. S'il y a bien un truc qui me traumatise depuis toujours, c'est l'accouchement. Et merci, pas de commentaire sur le fait que toutes les femmes font ça depuis des milliards d'années hein. Je suis une hyper douillette qui, rien que d'y penser, a déjà mal. Les piquouses tous les mois, moi qui tourne de l'oeil rien qu'à la vue d'une seringue ou au récit d'une prise de sang (et rien que d'écrire ces lignes, mes mains tremblottent déjà, c'est affreux), je sais pas comment je pourrais les supporter. Et puis rien que l'idée de l'épisiotomie... C'est horrible ce truc là. Et devenir grosse comme une baleine... Déjà, rien que lors d'une crise d'aérophagie mon bide me tiraille afreusement, franchement, là... J'ai vue une femme enceinte avec un ventre tellement énorme que je me demandais comment elle faisait pour ne pas tomber en avant. Toutes ces images... Beurk... Et ces femmes qui s'épanouissent dans leur grossesse me direz-vous ? Oui, j'en connais aussi. Et je les ai toujours trouvé ridiculement béates... J'en connais même une qui en a déjà fait trois et qui, si elle pouvait, passerait sa vie enceinte ! Mouais, ben moi, le côté mère pondeuse, ça ne me branche pas du tout.

Bon... Je ne suis pas sortie de l'auberge...

Publié par Titinette à 11:51:57 dans Double je | Commentaires (8) |

Perfect Valentine | 15 février 2007


Pas de 14 février pour moi. Comme d'hab. Je ne me formalise plus. J'ai même quasiment sciemment choisi ce jour pour l'un de mes multiples déplacements parisiens. J'ai passé ma soirée de Valentine à somnoler dans le TGV, pour arriver à 22h30 à la maison. Et puis voilà. Le pire (ou le meilleur de l'histoire) c'est que ça ne m'a rien fait du tout. Ca ne m'a pas beaucoup traversé l'esprit que ce jour là pouvait éventuellement être un jour un peu différent des autres. J'y ai plus pensé ce matin, en me disant "tiens, hier c'était le 14".

Bon, et après ? Et après rien. C'était juste pour écrire un petit mot au passage parce que je ne suis pas motivée du tout pour bosser cette semaine. Mais alors, pas du tout. Surtout, qu'en plus, aujourd'hui il fait soleil. Et qu'en plus, je viens de changer de bureau ce matin. J'ai maintenant un vrai bureau avec une vraie fenêtre qui donne sur l'extérieur. Je peux enfin voir ce qui se passe "dehors", je peux enfin aérer la pièce quand il fait chaud, je peux enfin travailler sans la lumière artificielle. Et franchement, ça fait un bien fou :-).

Publié par Titinette à 17:22:26 dans Double je | Commentaires (0) |

Désir attitude | 12 février 2007


Mon homme hier. Confidence sur l'oreiller. Il est en manque de... Disons que oui, c'est vrai, si on fait le compte ces derniers temps, les galipettes se font rares. Une fois par mois ? A peu près et encore. Je n'en suis même pas certaine. Je ne peux même pas dire que cela ne me manque pas. C'est faux. J'aime ça. Cela me manque aussi. Mais je n'arrive plus à ressentir du désir physique pour lui. Je n'arrive plus à me poser et à me dire "là, j'ai envie". Et encore, c'est moins pire qu'il y a quelques temps. Moi aussi j'ai envie d'avoir envie comme dirait l'autre. C'est une des choses que je préfère dans la vie.


Alors, je le rassure. Non, je n'ai pas un autre homme dans ma vie. Oui, je l'aime toujours. Mais depuis quelques temps notre rythme boulot, travaux, TV, dodo ne nous laisse que peu de temps pour ce genre de choses. Je dis que j'ai du mal avec l'aspect standardisé de nos rapports, le dimanche après-midi après la douche. Quasi-systématiquement. Comme s'il ne restait QUE ce moment là dans nos vies pour nous retrouver. Je dis qu'en semaine, le soir, on pourrait faire autre chose que de nous avachir devant une débilité TV (je le répète depuis bien longtemps, mais lui apprécie ce moment de déconnexion presque indispensable à son équilibre). En même temps, je souris intérieurement qu'il imagine que ce manque de désir pour lui est peut-être synonyme d'un désir pour un autre. Alors qu'en réalité, lorsque j'étais avec Ptit loup par exemple, mon désir était exacerbé et j'avais plus envie de lui qu'à l'habitude.

Il nous faudrait une vraie coupure. Pas une semaine de vacances en famille ou quelques jours de repos à la maison. Non. Il nous faudrait quelques jours loin de tout et de tous. Dans un cadre nouveau. Et ce n'est malheureusement pas pour tout de suite. Travaux et finances obligent : il va nous falloir trouver autre chose. J'entends sa souffrance. Je n'ai pas envie de le frustrer. J'ai envie de retrouver le plaisir de la chair avec lui. Je ne sais simplement plus trop comment m'y prendre pour déclencher le désir qui sommeille en moi (je fais même parfois des rêves érotiques, c'est bien que je suis en manque moi aussi hein !).

Publié par Titinette à 11:45:32 dans Double je | Commentaires (8) |

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