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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Ce qui devait arriver... | 04 septembre 2006



...Arriva. Mon chef est retenu sur Paris sur un gros dossier. Notre entretien est reporté à la semaine suivante puisque je monte sur Paris pour un salon. Sauf que lui, sur les deux jours où je serais là, doit descendre une journée dans une autre région. J'espère qu'on ne va pas que se croiser.

En tous les cas, désormais, chaque semaine qui passe, j'augmente mes prétentions. Na.

(ne pas se démotiver, nan, nan, ne pas se démotiver. Se préparer à s'en prendre plein la tête cet aprem pendant la réunion à laquelle mon chef devait participer alors qu'il a déjà fait faux bond au directeur de cette entreprise au dernier moment il y a quelques mois... Ne pas se démotiver, nan, nan, ne pas se démotiver... Tu tiens le bon bout titi, tu vas voir, tu l'auras cette foutue augmentation, tu l'auras...).

Publié par Titinette à 11:58:18 dans Double je | Commentaires (4) |

Mon coiffeur et moi (3) | 04 septembre 2006

Voilà plus d'un an que je n'y ai pas mis les pieds. Mais cette fois, je ne peux plus repousser, j'ai un entretien lundi et je veux absolument être présentable. Exit la tête d'étudiante avec ses trop longs cheveux pleins de nœuds, impossibles à coiffer. Je veux mettre toutes les chances de mon côté. RDV est donc pris samedi pour rafraîchir tout ça. Avec ma coiffeuse préférée, celle qui ne coupe jamais trop. Sauf que cette fois, c'est le patron qui s'occupe de moi avant la coupe.

Phase shampoing, déjà, je boue. Il discute avec une autre cliente pendant qu'il me secoue plus qu'énergiquement la tête. De l'eau coule sur mon visage, adieu maquillage et pire, dans mon dos. Mon t-shirt est trempé en moins de cinq minutes. Je ne dis rien mais je trouve que ça commence plutôt mal. Il se charge ensuite de me démêler les cheveux. J'ai pris soin avant de venir, de me laver la tête et de défaire le plus de nœuds possible. Seulement, voilà, chez les coiffeurs, ils utilisent toujours de véritables instruments de torture pour venir à bout de ces petites choses. Et là, il n'y va pas de main morte. Je grimace, je préviens que je crains énormément les cheveux, il se moque et y va de plus belle. Je m'exaspère, pousse des « aïeuuuuhs ». Il continue. Ca le fait rire. Il me traite de douillette. Ce à quoi je lui réponds que je l'ai prévenu et que si j'avais eu le choix à la naissance, je n'aurais pas pris l'option fragile, mais que c'est ainsi et que je n'y peux rien.

La coiffeuse, celle dont j'ai l'habitude, murmure à son patron « cette dame aime bien la douceur vous savez ». Mais il continue encore. Il balance en rigolant un truc du genre « vous n'avez pas du encore avoir d'enfants vous, vous sauriez ce que c'est la douleur ». Je bouillonne encore plus. D'abord, qu'est-ce qu'il y connaît lui à la douleur des femmes hein ? Et puis en quoi ça le regarde si j'ai des enfants ou pas. Et puis merde, quand je vais chez le coiffeur, même si ce n'est pas pour me faire chouchouter, j'ai au moins envie de passer un moment agréable. Bref, je ne sais pas pourquoi, tout d'un coup, une larme s'échappe. Là encore, quolibets, bon enfant certes, mais c'en est trop. Et c'est parti. La fontaine est ouverte. Je n'ai plus pu m'arrêter de pleurer pendant une demi-heure. Je me trouvais totalement ridicule. Je n'avais qu'une envie, me sauver. Mais il fallait absolument que je sois présentable pour mon entretien, alors j'ai fait des efforts surhumains pour tenter de contrôler ces larmes. En vain.

La coiffeuse me laissera tranquille. Pas de bavardage inutile. Me dit que de temps en temps ça fait du bien d'évacuer. Sauf que là, je ne sais pas du tout ce que j'évacue. Je ne comprends pas pourquoi soudain je me sens si mal. Rien à voir avec la séance de torture en réalité. Même si je l'ai vécu comme une véritable agression. Et je n'ai toujours pas compris. Sauf que depuis, j'ai cette sensation de déprime qui me reprend. Je croyais m'en être débarrassé. Je ne comprends rien à ce qui m'arrive. Je ne sais toujours pas pourquoi, là, tout à coup, je me suis sentie si mal. Alors que tout allait bien quelques minutes avant.

En tous les cas, j'ai été tellement ridicule que maintenant, je n'ai plus qu'à trouver un autre coiffeur.

Pfff.

Publié par Titinette à 09:51:24 dans Double je | Commentaires (15) |