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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Semaine 3 : retour au bercail | 11 août 2006

Le départ est difficile. Pour qu'il se fasse plus en douceur, nous choisissons de prendre les petites routes de campagne au lieu de l'autoroute. Au passage, nous visiterons une grotte et nous terminons la journée par une halte en Ardèche, chez les grands-parents de mon homme. Bon là, j'avoue, je déteste la maison où ils vivent l'été. Elle est sombre, sent le renfermé, le canapé est inconfortable au possible et autour, il n'y a rien. Rien à voir. Rien à faire. La désolation totale. Je prends mon mal en patience. Une soirée et une journée que j'offre à mon chéri pour qu'il profite de cet endroit où il a passé ses vacances petit.

Et puis, mardi soir, il faut rentrer. Nous avons des tas de choses à faire. Pour la première fois depuis longtemps, en arrivant, je me sens « chez moi » et je suis heureuse de pouvoir profiter quelques jours de ma maison. Je commence à l'aimer un peu sans doute. Elle et les rues de la petite ville qui la jouxte qui ressemblerait presque en été à un village du sud (enfin, surtout dans ma tête hein). Avec notre retour, c'est le retour des nuages et des températures dignes de l'automne. Ca me désespère. Ca sent la rentrée à plein nez et je n'ai pas envie de faire ma rentrée. Pas envie de retourner au boulot. J'ai pas encore ma dose de soleil. Pas encore assez déconnecté... On est déjà vendredi. La troisième semaine se termine et je n'ai rien vu passer. Mes parents viennent nous rendre visite demain. Peut-être avec mes grands-parents qui n'ont pas vu la maison depuis 3 ans. J'ai bien fait de prendre mon lundi. Vraiment, j'ai bien fait.

Publié par Titinette à 18:31:28 dans Double je | Commentaires (3) |

Semaine 2 : famille je vous aime | 11 août 2006

Dimanche soir, mes beaux-parents débarquent. Normal. C'est un peu leur appart qu'on squatte. Au bout de la première journée, je m'auto-félicite de n'avoir accepté que deux jours de cohabitation. Ils n'ont rien fait de spécial et on les voit peu mais simplement le fait de devoir partager le même espace, de les trouver là sur le canapé à mon réveil et ne pas savoir où m'asseoir, faire attention à ne pas faire de bruit la nuit ça m'exaspère. Bref, deux petits jours de cohabitation, histoire de profiter encore quelques heures de la plage. Puis direction ma propre famille pour 4 jours.

Ma sœur est là, maman travaille, papa vaque à ses occupations. Nous avons la piscine pour nous toute la journée. Moi qui n'aime pas du tout les piscines, même privées (à part pour leur effet décoratif bien entendu), je découvre pour la première fois comme une révélation les plaisirs qui y sont liés. Il faut dire qu'en principe je préfère me laisser flotter plutôt que de nager vraiment (suis pas une très bonne nageuse, je sais, pour une fille du sud, « ça marque mal » comme on dit chez nous, mais c'est ainsi) et donc, pour cela, la mer, c'est franchement mieux (vous avez déjà essayé de flotter tranquillement dans une piscine ? Sans avoir à remuer perpétuellement, c'est impossible ! Et donc épuisant ! Et moi je veux me re-po-ser. Na). Et puis le bruit du ressac, l'odeur de la mer, l'horizon sans fin, non vraiment madame, rien à envier aux piscines ! Mais là, pour la première fois de ma vie, j'aligne quelques longueurs et je tente même un crawl sur les conseils de ma sœur qui me donne quelques astuces (ouh là là, mettre la tête dans l'eau plus de quelques secondes, attention les yeux). Elle me prête ses lunettes de piscine et là, deuxième révélation, c'est vraiment génial ce truc. Bon, certes, j'ai bien conscience d'être totalement ridicule, j'ai du mal à respirer par la bouche, je commence à avoir rapidement mal aux oreilles mais je m'amuse. Tous ces regards moqueurs autour de moi ne me vexent pas. C'est ma famille et je les aime.  Je sais bien qu'en réalité, ils ne se moquent pas vraiment. Ils s'étonneraient presque plutôt. Ma sœur s'amuse à jouer les professeurs et je savoure cette complicité.

Quand le temps se gâte un chouïa, petite balade dans les rues d'une ville provençale. Je glane en rentrant quelques gratuits sur l'immobilier. Mauvaise idée. En feuilletant ces revues, je me sabote le moral. Tous les tarifs sont exorbitants. Jamais nous n'aurons les moyens d'avoir une vraie maison par ici. Pour chasser les larmes qui me montent aux yeux je file dans la chambre de ma sœur et je surfe un peu pour penser à tout sauf à ça. Jusqu'à ce que le calme revienne dans mon cœur. Mais il s'en est fallu de peu qu'on surprenne mes hoquets désespérés. La deuxième semaine se termine.
 

Publié par Titinette à 18:28:24 dans Double je | Commentaires (0) |

Semaine 1 : le goût des vacances | 11 août 2006


A y est. Ca se termine. Un petit résumé de mes trois semaines de break.

Nous n'avons qu'une semaine sur les trois seuls tous les deux (enfin presque), au bord de la mer et je compte bien en profiter pour me détendre. Certes, toujours le même endroit, même paysage, mêmes activités. Pas de découverte, ni de surprise. Mais au moins, le soleil est au rendez-vous. Couchés vers 2h du matin tous les jours, levés vers 11h (ça faisait une éternité que nous ne dormions plus si tard, à cause des travaux de la maison), petit-déjeuner vers 13h, plage de 16 à 19h et le soir, invitation chez les uns (la tatie, la mamie de mon côté) chez les autres (l'oncle de mon homme et ses cousins en vacances ici aussi comme tous les ans). Pas de quoi fouetter un chat mais je savoure malgré tout ces quelques jours dont j'ai failli devoir me passer (j'en serais devenue dépressive, si si, du coup je ne râle pas une seule fois sur le fait que ça fait 15 ans que je passe toutes mes vacances ici).

Je savoure, enfin presque. S'il n'y avait pas eu tous les matins cette question laissée sans réponse avant de partir qui me revenait en boucle tous les matins « que ferais je de plus, de mieux, de différent si j'avais une plus grande confiance en moi ? ». Une petite voix me souffle au réveil tous les matins « partir pour te laisser une chance de rencontrer peut-être quelqu'un d'autre qui réponde mieux à tes attentes » OU «  faire un enfant ». Deux alternatives chocs. Biensûr, il y a pleins d'autres petites choses, certainement, mais j'y reviendrais plus tard. Donc, lutter tous les matins pour sortir de ma tête ces questions existentielles. Ce n'est pas le moment. Je n'ai qu'une seule semaine pour décompresser vraiment comme je l'entends. Bien entendu, pas de dance floor au programme, comme d'hab, mais cette année, j'essaie de ne pas en faire un drame (serais-je en train de devenir sage ???).

Je propose de partir passer une soirée à Y et d'y rechercher le petit resto mexicain où nous avions passé une si bonne soirée il y a quelques années. Mon homme, au dernier moment (alors que j'ai passé trois jours à me délecter à l'avance de cette idée, groumpf), propose de m'emmener plutôt dans un resto chic du coin pour « fêter nos trois ans de mariage » (ma remarque en pleurs fin juin sur le fait que ni l'un ni l'autre n'avait songé à le fêter « c'est dire à quel point on s'en fout hein ? » a du le traumatiser). Il argumente que le mexicain, on n'est pas sur de le retrouver, ni même qu'il existe encore, et qu'il veut un endroit bien pour cet anniversaire etc. Je ne peux qu'être d'accord avec ses arguments et pourtant, je ne peux m'empêcher de ressentir un profond agacement. Comme si, tout ce que je proposais, devait systématiquement être revu et corrigé à sa sauce. Je rumine un peu et puis je le lui dis en essayant de ne pas le vexer « c'est une très bonne idée, c'est vrai, mais c'est un peu agaçant cette façon que tu as de toujours vouloir transformer ce que je propose ». Il ne retiendra que le « c'est une bonne idée ». Pfff. La bouffe du resto me laissera dubitative. Vraiment, je ne suis pas convaincue. Plutôt déçue même (merde, on aura quand même laché 80 euros, je m'attendais à mieux). Je ne dis rien de ma déception. Enfin pas tout de suite. La semaine passe. Trop vite.

Publié par Titinette à 18:24:27 dans Double je | Commentaires (2) |