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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Envies d'été | 04 mai 2006

Plus grand-chose dans ma garde robe pour faire honorablement face aux températures d’été qui arrivent. Des tenues super décontractées (un pantacourt, un pantalon léger type treillis, une vieille jupe trop longue esprit bohème et une jupe en jean zippée vraiment out) ou une petite robe noire et blanche légère mais très chic. Tant pis, je n’ai aucun rendez-vous aujourd’hui mais j’opte pour la petite robe noire associée à mes escarpins noirs C.Jourdan.

Je marche dans la rue pour faire une course avant d’aller au boulot. Je sens des regards se poser sur moi, celui de quelques hommes et même de quelques femmes… Je m’aperçois dans le reflet d’une vitrine et l’espace de quelques secondes je me sens belle. Je me sens tout à coup très femme. Je me dis que 31 ans, c’est pas si mal, que c’est un bel âge, que je suis encore jeune mais plus rayonnante qu’à 18, pleine d’énergie avec malgré tout l’avenir devant moi. Je me dis que j’ai de la chance en croisant ces quelques vieillards qui sont sur la pente douce, ces femmes sans âge au look plus qu’improbable, cette personne en fauteuil pourtant encore jeune. Je respire, je sens le soleil sur ma peau, je souris à la vie, je veux profiter de ces quelques minutes d’optimisme.

Au bureau, le directeur technique glisse à son collaborateur qui s’étonne de me voir vêtue de la sorte que je suis « à croquer ». Plus tard, quand il demande dépité si on va déjeuner encore une fois à la cafet. du coin et que je réponds « à moins que vous ayez autre chose en tête ». Il répond l’œil coquin « j’ai bien autre chose en tête, mais ça n’est pas alimentaire ». Hum hum. L’été arrive, sans passer vraiment par la case printemps. Les envies de séduire, d’explorer de nouveaux horizons, de flirter à fleur de peau, les désirs, les fantasmes refont surface…

 

Publié par Titinette à 14:28:45 dans Double je | Commentaires (8) |

De l'eau sous les ponts | 04 mai 2006

L’amie déçue - suite bis

La maison est vide. Je suis tranquille. Je m’installe confortablement sur ma couette, attrape le téléphone et compose son numéro. Je prends une grande respiration en espérant que ce soit elle qui décroche. Raté. C’est son mari. Il a l’air un peu surpris. Je parle comme si de rien n’était, demande des nouvelles etc. Il me répond mais j’ai l’impression qu’il n’a pas trop envie, qu’il essaie de faire court. Premier malaise. Je demande si H. est là « elle est au téléphone ». Ah. «  Je lui dis de te rappeler ? Tu es chez toi ce soir ? ». Oui, je suis chez moi.

Toute la soirée, je traînerai ce foutu téléphone avec moi. De la chambre au salon, du salon à la cuisine, de la cuisine à la chambre. 23h15. Toujours rien. Je suis prise soudainement d’un gros sanglot. Je me dit que je suis vraiment trop conne d’avoir réagi comme ça et que j’ai gâché 15 ans d’amitié simplement sur un coup de tête. Mon homme me console. Me dit qu’elle rappellera à un autre moment, quand on ne l’attendra pas forcément, qu’elle est comme ça, que j’ai bien fait de remettre les points sur les i.

Moi je n’ai pas l’impression d’avoir remis les points sur les i. Juste de m’être emportée et d’avoir scellé cette colère par quelques mots maladroits. Mais j’ai quand même décidé d’attendre son appel. De ne pas la relancer tout de suite. Après tout, ne dit on pas qu’il faut parfois laisser couler de l’eau sous les ponts ? Pfff.

 

Publié par Titinette à 11:34:21 dans Double je | Commentaires (3) |