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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

L’amie déçue | 19 avril 2006

Plus de 15 ans que nous nous connaissons. Je suis sa seule amie fille qui ait tenue si longtemps. Il faut dire, qu’elle n’est pas facile l’amie. Inconstante, jamais à l’heure, douée pour les plans foireux, les annulations de dernière minute, les excuses bidons et parfois même franchement bidons… la même qui n’est jamais satisfaite de ses cadeaux et qui finit toujours par les faire échanger. Bref… J’ai toujours mis tout cela de côté parce que je suis attachée à son amitié, parce qu’on a partagé beaucoup de choses à l’adolescence, parce qu’elle est un peu fragile. Parce que je l’aime beaucoup pour tout un tas d’autres raisons bien plus valables que ses défauts.

Mais aujourd’hui encore je me demande si je ne suis pas un peu trop gentille… Depuis que j’habite ici elle n’est venue me voir qu’une fois. Il y a trois ans. Ce n’est pas faute de l’avoir invité. Ce n’est pas non plus la distance puisqu’elle part volontiers avec son mari quelques jours sur Paris, Lyon, ou en Italie. Mais ici, c’est vrai, c’est beaucoup moins glamour. Sa réaction il y a trois ans me l’a fait clairement comprendre (était-ce utile ? Je sais parfaitement que ce n’est pas un endroit fantastique). A l’occasion d’un week-end que nous avons partagé il y a quelques semaines, et fortes du plaisir que nous avons eu à passer tout ce temps ensemble, nous avons fixé une date plus d’un mois à l’avance pour que le petit couple puisse venir passer un week-end chez nous. Envie qu’elle voit la maison qui a tellement changé, qu’on partage encore un peu de temps ensemble....

Nous avons choisi le premier week-end de mai. Parce qu’il y a trois jours et que ça permet de profiter pleinement sans avoir à courir sur la route. Elle me rappelle en début de semaine. Il y a cette même semaine une méga braderie à Paris blablabla. Je ne comprends pas bien : les dates n’empêchent pas leur venue. Et user de l’argument que cela fait cher de monter à Paris pour redescendre dans le sud puis remonter chez moi ne prend pas. Ils sont loin d’être à plaindre à ce niveau et même si c’était le cas, alors pourquoi aller dépenser dans une braderie à Paris ? Mais je sens déjà la fille qui cherche une excuse. Je lui confirme avoir bloqué de mon côté ce week-end là, n’avoir rien prévu, attendre leur venue pour le samedi matin (sachant qu’ils n’arriveront pas avant midi de toute façon).

Hier soir, 23h. Le téléphone sonne. Toujours une angoisse qui monte quand le téléphone sonne à cette heure. C’est l’amie. Ah. Il se trouve que les dates de la braderie ne sont plus en semaine mais le vendredi samedi dimanche et il se trouve que la grand-mère de son mari fête son anniversaire le dimanche alors ils veulent bien venir quand même mais seulement le samedi pour repartir le dimanche matin parce qu’ils sont obligés d’aller voir la mamie le dimanche sinon cela va faire un drame et blablabla… Il est 23h. Je n’ai pas envie de tergiverser. Pas envie de discuter. Ni de chercher des solutions. Je suis profondément déçue et je lui dis que je ne veux pas leur faire faire 5 heures de route pour passer juste une soirée avec nous… Merci et bonne nuit. Et le pire, en raccrochant, c’est de devoir supporter le « je te l’avais bien dit. J’étais sûr qu’ils ne viendraient pas » de mon homme qui me nargue avec son petit sourire en coin. Et voilà. J’ai trois jours totalement libres maintenant. Et une tristesse au fond du cœur.

Alors maintenant, je fais quoi ? Comme d’habitude ? Je passe à autre chose en gardant le vague espoir qu’un jour peut-être elle viendra me voir ? J’abandonne l’idée qu’un jour elle vienne me voir ? Je lui propose une nouvelle date ? Je lui demande qu’elle me propose une nouvelle date ? Je la rappelle pour lui dire que j’en ai marre de ses excuses bidons et je me fâche tout rouge au risque de la perdre ? Les votes sont ouverts…

 

 

 

Publié par Titinette à 10:13:52 dans Conversations Intimes | Commentaires (12) |