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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Zapping | 30 mars 2006

20h. Je rentre enfin du boulot. Mes yeux pleurent. Vite enlever ces foutues lentilles et me démaquiller. Je crains une nouvelle keratite. Ne pas y penser. Profiter de l'heure qu'il me reste à passer seule. Apprécier ce temps précieux de calme, rien que pour moi. Un luxe que tant de femmes ne s'accordent pas ou plus. Retrouver ce plaisir. Il y a bien des moutons qui commencent à poindre le bout de leur nez dans les coins. Il faudrait passer l'aspirateur. Non. Ce sera pour demain. Pas ce soir, tant pis. Découvrir d'une oreille pendant que je suis sous la douche l'album de Camille. Et bien aimer. Et puis découvrir de l'autre oreille en préparant un truc à avaler « Twenty something », déposé par ma little sister sur mon ordinateur. Beaucoup aimé. La voix, le rythme. Note pour plus tard : penser à écouter des deux oreilles ces deux artistes la prochaine fois. Tellement longtemps que je ne prenais plus le temps d'écouter un peu de musique nouvelle pour moi… Même en m'activant à autre chose. Redécouvrir l'envie de découvrir. Et puis zapper sur la nouvelle star à 22h. Et puis zapper encore entre la nouvelle Star et Ca se discute et ses éclopés de Sitcom ou de boysband, retombés dans l’oubli. Ne rien regarder vraiment et feuilleter mon Elle. Et puis fermer les yeux, vers 00h45, sans même stresser pour la réunion de demain que je dois animer seule. Me laisser porter et dormir.

 

Publié par Titinette à 12:31:20 dans Double je | Commentaires (5) |

Pensées échevelées du matin | 27 mars 2006

Le réveil a sonné depuis un quart d’heure pour mon homme et je n’arrive pas à me rendormir. Il parle au téléphone et sa voix bourdonne depuis la cuisine jusque dans mon oreiller. En cet instant précis je le maudis. Je maudis sa façon tonitruante de parler au téléphone. Je déteste le bruit le matin quand j’ai encore un peu de temps pour dormir. De toute façon, il est temps que je me lève. Que mon lit est douillet. Mon oreiller est si confortable. C’est si doux. Pas envie de me lever. Pas de motivation. Ce boulot n’est pourtant objectivement pas moins bien que les autres. Pourtant, presque tous les matins, je dois me forcer à me tirer des draps. Je dois mentalement me rappeler quelle chance j’ai de n’avoir qu’un quart d’heure de voiture à faire pour m’y rendre et de pouvoir dormir jusqu’au dernier moment, d’avoir tranquillement accès à internet dans la journée, d’être en compagnie d’une équipe somme toute assez sympathique malgré quelques débordements de blagues machistes et malgré la rétention d’information qu’ils pratiquent sciemment compliquant ainsi mon job.

J’ai besoin de vacances. Besoin de soleil. Envie de soleil. J’imagine sa chaleur caresser mon visage. C’est le printemps. Il n’est donc plus très loin. Bientôt, oui, bientôt… Oui mais d’un coup cette pensée là me fait penser qu’il faudrait que j’aille faire vérifier quelques vilains grains de beauté. Je ne voudrais pas non plus me retrouver toute balafrée comme Monsieur Y. vu ce week-end qui vient de se faire retirer un petit mélanome et qui n’a désormais plus du tout le droit de s’exposer au soleil… Un truc pareil, moi, ça me rendrait folle. Depuis toujours je ne vis que dans l’attente de l’été, du soleil… Vite me sortir cette pensée de la tête, vite effacer la vision de ce visage défiguré par l’opération. Vite vite. Marre de ces mauvaises nouvelles tout autour de moi.

La semaine va être difficile au boulot. Beaucoup de tensions. Beaucoup de travail. Je ne sais pas encore où je vais puiser la force d’arriver au bout sans craquer, sans envoyer tout le monde balader. Ne pas craquer non. Etre méthodique. Passer le temps qu’il faudra sur ce dossier que je dois rendre. Traquer l’information en douceur pour ne pas braquer les autres contre moi. Demander qu’une secrétaire vienne enfin me remplacer pour accomplir les tâches ingrates qui m’exaspèrent de plus en plus. Lancer le recrutement puisque ce poste est déjà budgété, alors pourquoi s’en priver ? Et dans quelques mois, demander une augmentation. Oui mais pour ça, être efficace d’abord. Ne pas craquer. Rester professionnelle. Garder la tête haute. Sourire. Enlever ce masque triste et fatigué que je porte depuis quelques jours. Retrouver l’énergie…

 

Publié par Titinette à 11:25:24 dans Conversations Intimes | Commentaires (8) |

THE END | 22 mars 2006

Je pourrais parler de mon week-end comme d'un bon week-end. Avec les restes d'euphorie d'un vendredi passé à Paris pour une réunion sur les Champs-Elysée, la douce présence de mes parents et de ma sœur, ma mini-soirée d'anniversaire avec raclette, gâteau et cadeaux.

Je pourrais parler de mes plans contrariés par l'arrivée de ma belle-mère samedi à midi au lieu du soir, m'empêchant ainsi de profiter de ma maman et de ma sœur rien que pour moi, de les emmener faire les boutiques sans les partager avec les autres.

Je pourrais parler de ces bons moments qui m'ont permis de tirer un trait sur ce lundi tristouille où je me suis sentie bien seule pour passer la barre de cette nouvelle année. Mais je ne peux pas. Parce qu'il restera de ce week-end d'anniversaire une trace noire dans les cœurs. Parce que mon homme, en rentrant de son après-midi de foot, portait sur le visage le choc de la mort. Celui d'un de ses co-équipiers, mort sous les yeux de tous, sur le terrain, théâtre de sa fin. Avec pour spectateurs ses deux enfants.

Il est parti sans prévenir, 3mn après être entré sur le terrain. Ses dernières paroles ont été pour mon homme, choqué par cette vision d'une disparition violente. Quelques minutes et puis plus rien. Sans que personne ne puisse rien faire. Même l'infirmier de l'équipe, qui lui est encore plus choqué. Dans le sac de foot mon homme, l'odeur de la mort avec les divers sweets et k-way maculés, que les joueurs ont prêté pour le couvrir pendant son malaise. Il faut bien que quelqu'un les nettoie. Alors ce sera lui, nous, moi.

J'ai écouté le récit, les détails. Je sens la scène se répéter dans sa tête, en boucle. Je vois défiler les images dans ses yeux. Je vois les yeux rouler, le corps se tordre, les jambes s'agiter comme en pleine crise d'épilepsie. J'entends les râles et le cri des enfants. Ses enfants. Je sens les vomissements. Je vois l'agitation, les efforts de X pour le réanimer, les pressions de toutes ses forces, le bouche à bouche. Les pompiers qui viennent prendre le relais. Et je vois ce corps, abandonné sur la pelouse, en attendant que la famille arrive... J'entends les cris, les pleurs... la souffrance. Je pleure et je ne le connaissais même pas.

Publié par Titinette à 20:26:02 dans Double je | Commentaires (2) |

Soirée de la loose | 14 mars 2006

31 ans hier. Ma journée a été noire.
(je vous rassure, aujourd'hui j'ai la pêche, tout va mieux).

Ca y est. Je suis définitivement une trentenaire. J'ai passé la barre des 30. Ca fait mal. J'ai l'impression que ma vie va s'accélérer et que je n'aurais rien le temps de voir, de faire... Que tout est passé trop vite jusqu'à aujourd'hui. Je me sens perdue. Déphasée.

8h. Je me lève la tête dans le brouillard. Je sens un poids dans mon cœur. Je n'ai pas d'énergie. Je n'ai pas envie d'aller au boulot. Je me sens vieille. J'ai l'impression que rien d'intéressant ne se passe dans ma vie.

13h. Je me retrouve seule au dernier moment pour déjeuner à midi. J'appelle une copine. Elle a déjà déjeuné. Je fais un détour par le Mac Do et passe tout de même la voir à son bureau, histoire de trouver un peu de chaleur pendant ½ heure et je repars au bureau continuer ma journée. Je ne reçois que peu d'appels... Je me tape un boulot de secrétaire, fax et photocopies à l'ordre du jour. Même mes visiteurs de Bloggland semblent avoir complètement déserté Double Je. Décidément, sale journée. J'ai hâte d'en finir.

19h30, je rentre chez moi. Mon homme sort à mon arrivée et me demande de ne pas fermer le portail. Sursaut d'éveil. Ah ? A-t-il l'intention de m'emmener quelque part ? Cette pensée m'effleure même si je n'y crois pas une seconde. Le voyant, poubelles à la main, je me dis qu'il va certainement tout simplement descendre les poubelles pour le ramassage du mardi matin. Je rentre, dépose mon manteau et là, il me dit « reste habillée comme tu es ». Double Aaaah ??? Me serais-je trompée ? A-t-il vraiment une intention ? J'ose poser la question, trop étonnée. Il me dit que son patron doit passer récupérer des données. Je me demande si c'est la réalité, comme par hasard pile poil le jour de mon anniversaire alors que son patron n'a jamais mis les pieds chez nous... Ca me semble un peu étrange. Alors, une nouvelle pensée m'effleure... Et si c'était une excuse, pour déguiser une surprise ? Je lance un « je vais enlever mes lentilles » et là encore, il répond un « mais pourquoi ? Reste comme ça non ? ». Il guette par la fenêtre toutes les 5 mn. Je me dis qu'il a peut-être invité un couple d'amis... J'espère pendant quelques minutes que je me suis trompée. Que mon intuition qui me susurre, « meuh non, c'est pas possible » est fausse.

20h30, phares dans le jardin. On sonne... J'ouvre et je vois... Son  patron. Petit pincement au cœur. C'était bien la vérité toute nue, toute crue. Pas de surprise à l'horizon. Je me suis fait un film en technicolor. J'ai beaucoup trop d'imagination. Suis trop con d'avoir ne serait-ce que quelques secondes, pensé qu'il aurait pu organiser un truc pareil... Au bout d'une demi-heure, son boss repart. Mon homme revient vers moi. Me souhaite à nouveau un bon anniversaire. Et ? « et pour ton cadeau, j'ai eu une idée, mais il faudrait que tu viennes avec moi pour choisir le modèle »... Groumpf. Même refrain que bon nombre d'années précédentes. Pas eu le temps de s'en occuper etc.

Et vous savez quoi ? Je n'ai même pas été déçue. Je le savais. C'est le contraire qui m'aurait étonnée. Ca ne m'a rien fait. Je suis restée froide. Un steack et quelques pates plus tard, je lui avoue que j'ai cru un instant qu'il avait préparé une surprise. Ca l'a fait sourire. Bien bien bien... Rien de plus à ajouter. Vite que la journée se termine. Vite vite vite.

Publié par Titinette à 15:37:03 dans Double je | Commentaires (9) |

Week-end privilège | 13 mars 2006

Pour mon anniversaire et celui de mon amie, je pars, deux jours entiers dans le sud. Sans passer par la case papa-maman. Sans mon homme qui a préféré rester ici pour jouer au foot samedi. Du temps rien que pour moi. Elle et moi.

            Les +

-          Un week-end entier avec l'une de mes meilleures amies. Plaisir d'être ensemble, tout simplement.

-          Retrouver nos longues conversations interminables à deux heures du  matin dans la chambre, à raconter nos vies, nos envies, nos frustrations jusqu'à ce que nous tombions de sommeil, l'une ou/et l'autre.

-          Revoir sa sœur qui m'invite à venir chez elle un week-end quand bon me semble à Montpellier pour faire la fête !

-          Un environnement magnifique : bastide provençale digne d'un magazine de décoration (la demeure a d'ailleurs déjà fait l'objet d'un reportage dans un magazine spécialisé !). Plaisir des yeux. Plaisir de vivre quelques heures en ces lieux, comme un privilège.

-          Mon joli cadeau : une nuisette princesse tam tam (bon, j'ai un peu de mal avec les nuisettes parce qu'une fois couchée, mes seins débordent tout le temps, c'est pas top agréable) et au passage, détour par son armoire pour emporter un petit haut bill tornade qu'elle avait acheté pour elle mais qui lui va trop grand et un vieux sac Longchamp qu'elle n'utilise plus mais qui pourra me servir de porte documents pour mes rendez-vous professionnels. Rien que ça !

-          Visionnage de Moulin Rouge en DVD. Cela faisait longtemps que je voulais le voir et j'ai beaucoup aimé J (c'est mon côté midinette, je sais).

-          Je repars avec la promesse de les voir tous les deux chez moi bientôt pour un week-end (en mai probablement).

Les - (mais on va vite les oublier hein)

-          Au dernier moment (10 mn avant l'arrivée du train en gare), coup de fil pour me prévenir qu'on ne peut pas venir me chercher

. Obligée de prendre le métro avec mon gros sac pour les rejoindre en ville... Groumpf. Après 3h de trajet, j'enrage qu'ils ne soient pas capables de s'organiser un minimum... (mais je les connais si bien que cela ne m'a même pas étonnée...)

-          Sur le lieu dit, attendre en plein vent que le mari de mon amie arrive enfin (ça commence bien le week-end)

-          Un samedi un peu trop tranquille à mon goût. De longues heures assis sur les canapés (moelleux les canapés tout de même), à regarder le temps passer (mais devant un feu de cheminée, c'est pas si mal)

-          Un vent invivable. Impossible de mettre le nez dehors.

-          Un de mes deux cadeaux recalé. Elle est difficile à satisfaire l'amie. Je repartirai avec le bracelet trop grand pour son petit poignet (je la soupçonne de ne pas l'avoir trouvé à son goût de toute façon !), même pas certaine de pouvoir l'échanger. Mais je sais qu'au fond, même pour elle c'est l'intention qui compte...

-          Un budget de 160 euros environ pour ces deux petits jours, ouch.

Bilan : opération à renouveler. Le plus souvent possible, si possible ! Avec peut-être seulement une petite sortie en prime, histoire de prendre l'air...

Publié par Titinette à 13:06:38 dans Double je | Commentaires (0) |

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