Un jour triste, Un jour gaie
Fataliste ou Amusée
Un jour Oui, Un jour Non
Moi je suis Caméléon...
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Samedi après-midi. Je me prépare comme pour un rendez-vous. On ne sait jamais, au cas où je croiserai le bel O... ;-) Car je dois aller en ville pour trouver un cadeau à mon amie dont c'est l'anniversaire cette semaine. La mission ne va pas être simple. Mon budget est très serré (j'ai déjà dépensé 82 euros dans le billet de train pour descendre la voir et fêter l'événement). Elle a déjà tout et est plutôt familière d'un univers de luxe. Au grès de mes errances, je finirai par trouver deux petites choses : un joli vase « jardins d'Ulysse » peint à la main et un bracelet en argent, moderne et fin pour son petit poignet. J'espère qu'au moins l'un des deux présents lui plaira.
Samedi soir. Soirée cinéma. Nous avions prévu d'aller voir les bronzés 3 il y a déjà plusieurs semaines. Problème... Après les extraits en boucle et les critiques de ceux de mon entourage qui sont allés le voir, plus du tout envie de voir ce film maintenant... Mais aucun autre film ne tente mon homme. Le Chabrol ? nan nan, pas Chabrol. Mémoires d'une geisha ? Nan. Bon... Tant pis. Allons-y pour les bronzés alors... Je ne vais pas dire que j'y suis allée à reculons mais presque. Surtout lorsque, oh mauvaise surprise, je constate que le prix des places a encore augmenté. 18,20 euros la séance pour deux... Groumpf. Le film ne m'aura arraché que quelques sourires. En effet, il ne valait pas le déplacement. Je sors un peu dépité. Prise d'une envie soudaine de sourire, je souhaite un « bon appétit » en passant devant un groupe de jeunes qui avalent leur kebab adossés au mur dans la rue. Ils sont un peu étonnés mais me répondent en chœur un « merci ». Je me sens plus légère. C'est marrant. Juste un échange de regards, un mot qui sort spontanément et qu'on ne retient pas et quelques sourires avec des inconnus ça fait son petit effet sur le moral.
Pour nous aussi, il est l'heure de manger. Mon homme a envie d'un Mac Do. Pas moi. Mais il est déjà 22h30 et c'est tout près de la maison sur le chemin du retour. Soit. Là, je sens une sorte de chape morne et triste s'abattre sur moi. C'est limite glauque le Mac Do à cette heure, avec ses lumières qui nous donne un teint blafard, ses employés pressés de finir leur service, ces petits groupes de gens perdus dans un espace désespérement vide. Je ne parle plus. J'écoute distraitement mon homme parler des travaux de la maison. Il me reproche mon « enthousiasme débordant » alors que merde, je devrais être contente puisqu'on est dehors, on sort, on vient d'aller au ciné etc. Je sais bien qu'il a raison. Je lui dit juste que je n'ai pas envie de parler des travaux, encore et encore. Que ça me mine. J'ai des pensées qui tournent en boucle dans ma tête. Je me dis que l'ennui qui m'anime est vraiment bizarre puisqu'en effet, on a « bougé » et je ne me sens pas vraiment mieux pour autant. Je me dis qu'au fond, c'est peut-être lui qui m'ennuie ?
Dimanche. Rien de prévu au programme. La journée passe lentement. Dehors il fait trop froid pour sortir. Je reste enveloppée dans ma vieille robe de chambre toute la journée, en feuilletant les magazines achetés la veille. On tire des plans sur la comète pour notre future cuisine. On regarde de belles images et on se dit que ça pourrait être un peu « comme ça ». Je passe un peu de temps dans ma salle de bains que j'adooooore vraiment. Et je finis la soirée sous la couette devant « la ligne verte » pendant que mon homme regarde un match de foot. Je pleure, je pleure. Je ne peux m'empêcher de pleurer face à ce John Coffey comme le café sauf que ça ne s'écrit pas pareil. Je pleure et je n'ai qu'une envie, me blottir dans les bras de mon homme. Il me rejoint peu avant la fin du film. Je pose ma tête sur son épaule et je continue de pleurer quand John s'en va, sur la chaise électrique, face à un public qui le déteste alors que Merde, il est INNOCENT ! Il voulait juste les sauver ces petites filles... Il y a tellement d'amour dans ce film... Je pleure à chaque fois. Pas forcément autant. Mais chaque fois quand même.
Publié par Titinette à 12:22:38 dans Double je | Commentaires (4) | Permaliens