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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Mes "entretiens spontanés" | 02 août 2005

Dans ma méthode de recherche d'un nouveau job, il y les réponses à des petites annonces bien sûr, les candidatures spontanées bien évidemment, le réseau de relations à activer régulièrement et il y a ce que j'appellerai les "entretiens spontanés"... Une copine à moi appelerait plutôt ça des entretiens "au culot". Mais moi je ne trouve pas que ce soit particulièrement "culotté"... Juste pro-actif. Je repère des boites potentiellement intéressantes avec un service qui correspond à mes compétences (mine de rien, il n'y a pas beaucoup de structures ici qui ont ce genre de service) et j'essaie (souvent à plusieurs reprises) d'entrer en contact par téléphone avec le responsable qui m'intéresse. Surtout ne pas envoyer de CV avant. C'est par téléphone que tout se joue. Il ne faut pas avoir l'air d'une chômeuse en quête désespérée d'un boulot. Si on commence son argumentaire par "bonjour, je suis actuellement à la recherche d'un emploi et..." vous n'irez pas plus loin. Mon argument est à la fois celui de la curiosité (ou de l'intérêt si vous préférez) vis à vis de l'entreprise en question et de ce que la personne responsable du service qui pourrait être le mien fait concrètement dans son boulot. J'explique ensuite, bien entendu, que je cherche du boulot mais que je suis bien consciente qu'il n'y en a pas actuellement chez eux. Et que malgré tout, je suis très intéressée pour les rencontrer parce que vraiment, j'aimerais mieux les connaître et avoir l'occasion également de me présenter à eux. Au cas où dans quelques mois un besoin viendrait à surgir. Et bla bla bla, et bla bla bla. Généralement, cela fonctionne assez bien. Pas à tous les coups bien sûr. Surtout si je n'arrive pas à joindre la bonne personne en direct. Dans ce cas, c'est plus difficile, voire impossible.

Par exemple. Pour l'entretien de ce matin. J'ai découvert la boite en question à travers une petite annonce. Pour un poste auquel je ne correspondais pas, certes, mais qui décrivait une activité que je ne soupçonnait pas dans cette ville et je voulais en savoir plus. Je les ai donc contacté. Plusieurs fois. Car la personne cible était absente. Absente longtemps pour hospitalisation. Et puis j'ai trouvé du boulot entre temps. J'ai laissé passer quelques mois. Et là, il y a 15 jours, j'ai réactivé ce contact. Je suis enfin tombée sur la bonne personne. Et j'ai décroché un entretien. Ce matin.

L'activité de l'entreprise est intéressante. Mais aucun poste ne correspond vraiment à ce que j'ai fait auparavant. Difficile de se "vendre" dans ces conditions. Surtout face à ce petit vieux ventripotent, balancé en arrière sur sa chaise les bras croisés derrière sa tête (hum, difficile d'appliquer mes quelques rares notions de PNL face à ce genre d'attitude). Mais globalement, cela s'est bien passé. Pas d'embauche à court terme. Mais des projets alors peut-être... Dans quelques mois. J'ai moyennement apprécié le "a bientôt je l'espère" de ce bonhomme pas très alléchant. Mais pas de décolleté dans lequel loucher. Donc, pas de malaise. Un de fait, un de plus. Un entrainement utile et efficace pour être prête le jour où je serais face à un recruteur pour THE job.

Publié par Titinette à 13:56:28 dans Mme Tout le monde | Commentaires (2) |

Echec et mat' Titi bis | 02 août 2005

Un dimanche à la campagne

Après l'accrochage du samedi, le dimanche ressemblait au calme avant la tempête. Une promenade décevante dans le paté de maison du coin en réponse à ma demande "d'aller balader", un échange virulent sur l'état de nos comptes en banque et une réflexion déplacée de mon homme, regrettée aussitôt mais qui allume la mèche. Dispute. Qui se termine de ma part par un "ça ne peut plus durer comme ça". Lui dans son coin, moi dans le mien. Je me dis qu'il faut qu'on en finisse avec ces disputes interminables et ces discussions à répétition qui ne portent jamais autant de fruits que je l'espère. Parce que le naturel, le sien, le mien, revient au galop. Flot de reproches. Je monte et me plante dans le dressing. Je regarde mon sac à dos, pendant de longues minutes et me dit qu'il faut que je parte, que j'aille prendre l'air, que j'aille passer la nuit ailleurs... Il n'est que 15h. Et je suis là, plantée. Je n'arrive pas à bouger. Je suis figée. Je n'arrive pas à partir. Pourquoi ?

Parce que d'abord, tout bêtement,  je ne sais pas ou aller et que l'option hôtel n'est pas la meilleure, ni psychologiquement, ni financièrement.
Parce que je ne le sens pas. Je ne me sens peut-être pas, cette fois là, assez "au fond du trou" pour avoir la force de partir
Parce que je n'ai pas encore fini de vider mon sac et que je tiens à tout dire même si ce n'est pas la première fois
Parce qu'au fond de moi, j'ai toujours l'espoir d'un "nous deux" plus harmonieux
Parce que j'ai l'habitude de ces épisodes de crise ?
Je n'en sais rien. Mais si je n'y suis pas arrivée, c'est que ce n'était peut-être pas encore le bon moment.

Longtemps après, un pas de lui vers moi qui ne répond pas. Puis après encore, je vais m'assoir à ses côtés pour remettre, une fois de plus tout à plat. Je dis ou redis tout ce que je ne peux plus supporter. Il argumente encore et encore. Je lui répond que ça suffit, tout ça c'est un dialogue de sourds, que jamais il ne m'écoute, ni n'accepte que je ne sois pas comme les autres femmes de ses collègues. On discute assez calmement. Pour une fois, c'est lui qui me dit "ne crie pas quand tu parles". Je ne suis pas encore convaincue que ça changera quelque chose. Peut-être à réactiver sa prise de conscience que je suis mal et que dans cet état, je ne resterais pas ici très longtemps encore. J'ai encore redit clairement que ce n'est pas que je ne voulais pas d'enfant, mais que je ne pouvais pas envisager d'en faire quand, tous les trois mois, je me demande si je ne vais pas partir et tout plaquer parce que cette vie m'étouffe. Que je ne supporte pas qu'il me lance de méprisants "tu ne vas jamais au bout" alors qu'il ne montre jamais le moindre enthousiasme face à mes projets et ne me soutient pas. Surtout pas. Qu'un homme qui n'est pas capable de s'occuper de moi quand je suis malade parce que "ca le dégoute", ce n'est plus supportable pour moi... etc.

Bref, aujourd'hui, je ne sais plus trop où j'en suis. Je ne sais pas si je dois encore espérer après tant d'années d'explications vives de ma part et d'infimes efforts du sien. Je suis un peu triste, un peu mal à l'aise le soir quand je rentre. Parce que j'ai du mal à retrouver, après cette ultime explication, le calme du quotidien "comme si de rien n'était". Parce que je suis fatiguée de me battre contre lui et contre moi. Parce que j'ai envie que ce soit lui qui se batte pour moi, pour nous. Et qu'il ne me lance pas un simple "de toute façon tu as déjà décidé" quand je lui demande "que fais t'on tous les deux ?".

Publié par Titinette à 11:06:07 dans Conversations Intimes | Commentaires (10) |