J'avais dit peut-être. Peut-être une nouvelle visite ce vendredi matin. Les heures sont passées. Il ne m'attendait plus. Quand je suis arrivée devant sa porte comme une surprise en début d'après-midi, son sourire, son regard... J'ai su que ma présence le touchait. Nous avons passé plus d'une heure, enlacés, à papoter pendant qu'il zappait. Otant peu à peu nos vêtements pour combattre la chaleur dégagée par nos deux corps enlacés. Il m'a fait part de ses craintes, ses hésitations... Peur parfois de me dire qu'il a envie que je vienne, peur que je pense n'être pour lui qu'une femme objet. Je l'ai rassuré. Nous sommes toujours en accord sur ce que nous attendons l'un de l'autre. Il n'arrive toujours pas à croire qu'il ait pu trouver sur son chemin une femme qui puisse voir les choses de la même façon que lui. Je lui ai certifié que je n'étais probablement pas la seule ;-)
Il s'ennuyait ferme devant le petit écran avant mon arrivée. Je l'en ai doucement détourné. Nous nous sommes presque endormi dans les bras l'un de l'autre. Un moment de partage, de tendresse. Je n'avais presque pas de désir. Juste envie de rester comme ça. Ma tête sur son épaule, ses mains dans mon dos... Et puis de caresses en baisers, nous avons fait l'amour tout doucement, dans cette chambre que je voyais baignée de lumière pour la première fois, découvrant la couleur des murs et le sol encombré. Une étreinte sans acrobatie, pleine de force et de retenue. Pas vraiment de jouissance physique pour moi dont la vessie avait choisi ce moment pour se réveiller, mais une douce sensation... Sentir les battements de son cœur. Et après, son regard timide en me confiant que je venais de lui rendre le sourire qu'il avait perdu depuis le matin, qu'il se sentait bien. Je me sentais bien aussi. Pas envie de partir après la douche. Nos peaux fraîches et douces. L'heure passe. Je sens qu'il est moins détendu et jette quelques regards inquiets vers l'horloge. Je dois partir avant que son amie ne rentre. Il n'a pas besoin de dire quoi que ce soit. Je crois que c'est aussi pour ça qu'il m'apprécie. Je pars et je sens que lui aussi aimerait que je reste pour prolonger ce moment. Nous n'avons aucune idée sur « la prochaine fois ». Aucun engagement. Aucune promesse. On respecte seulement les choix de l'autre. On se sent libre. Sur le chemin du retour, je me sens « ailleurs », avec l'impression de sentir la douceur de ses lèvres sur les miennes. Je plane presque. Envie de m'allonger, de m'endormir avec cette sensation...