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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

ode au plaisir | 23 juillet 2004

"Le plaisir présente un avantage : contrairement au bonheur, il a le mérite d'exister." Frédéric Beigbeder

Publié par Titinette à 16:01:32 dans Un brin de culture... | Commentaires (1) |

Plaisirs de la chair | 23 juillet 2004

15 jours que nous ne nous étions pas vu. Volontairement, j'essaie de ne pas céder à la tentation de le voir chaque semaine. Je n'en ai pas vraiment envie de toute façon. C'est ce qui nous a perdu avec mon Petit Prince. Enfin, ce n'était pas la seule raison bien sur. Mais cela a joué pour beaucoup je pense, parallèllement au fait qu'il était, de son côté, célibataire...

Espacer nos rencontres, c'est maintenir le désir et en même temps, c'est aussi ne pas trop s'attacher. Une fois de plus c'était bien... Ce que je cherche, je l'ai trouvé. L'émotion, le coeur qui s'emballe et le désir. Même si la jouissance n'est pas encore à son apogée, nos étreintes étaient si fortes... Encore un peu de retenue et peut-être de culpabilité cachée. Bientôt nous en serons débarassés :

7h30. Je me lève beaucoup plus tôt que d'habitude. Mon mari est en RTT et j'ai du trouver, une fois de plus, un prétexte pour devoir m'éveiller à cette heure. Je n'aime pas ça et j'essaie de ne pas trop penser à mon mensonge. Déjà mon corps tremble du désir des bras de mon amant.

8h20. Je pars, habillée d'une jupe de soie mauve douce comme une caresse et d'un petit haut blanc et rose très décolleté. Je me sens bien mieux dans mes vêtements que la dernière fois. Je suis prête pour l'amour, la peau douce et parfumée. Mélange subtil de crème sur ma poitrine, mon ventre et mes cuisses, de parfum dans mon cou, de gloss aux fruits de la passion sur mes lèvres pour la faire naître au premier baiser... Un texto m'indique que la voie est libre depuis 8h05 mais je ne pouvais décemment pas partir plus tôt. Désormais je connais la route. Plus j'approche et plus ma respiration devient rapide. J'ai hâte...

8h45. J'arrive devant chez lui. Il m'ouvre avant même que je n'ai besoin de signaler ma présence. Il m'attend, impatient. Dès la porte franchie, il mange mes lèvres et m'enlace tendrement, heureux de me voir, de me sentir dans ses bras. Sur une musique lente, nous gagnons à petits pas la chambre qui nous attend, sans que nos lèvres ne se détachent... Ses mains se glissent sous mon t-shirt, détachent mon soutien-gorge sans même en avoir vu la couleur et caressent mon dos, mes seins avec douceur mais fermeté. Nous prenons notre temps avant de nous déshabiller complètement. Nus, l'un contre l'autre, je me laisse aller, je me donne totalement sans réfléchir à l'image que je peux donner. Je prends le plaisir qu'il m'offre. Timidement, ses lèvres descendent, sa langue s'approche de mon sexe. Hésitant, je l'encourage, lui qui redécouvre ce plaisir après plus de deux ans de refus de son officielle. Puis à mon tour, je le renverse. Je veux lui faire redécouvrir (découvrir peut-être ?), le même plaisir. Je reste douce. Je n'en fais pas trop. Je veux garder quelques effets pour "la prochaine fois". Car je sais aujourd'hui, qu'il y en aura probablement d'autres... Il reste encore très discret sur son plaisir. Les yeux fermés. Immobile comme paralysé. Il n'a pas l'habitude de se laisser aller. Je ne veux rien précipiter. L'habituer peu à peu.

10h. Nos corps moites enlacés. Je le couvre de petits baisers. Il a un sourire béat. Un quart d'heure après, je lui murmure à l'oreille "j'ai encore envie de toi...". Lui aussi... Et nous reprenons nos danses. Je me rend soudain compte que l'armoire de la chambre a un miroir et j'aperçois notre reflet dans la pénombre. C'est un peu étrange. Ca ne m'était jamais arrivé. Je ne veux pas qu'il voit mon coup d'oeil alors je ferme les yeux... Puis il me retourne doucement et me prend de dos. Au bout de quelques minutes, mes bras tremblants d'émotion faiblissent. Je m'allonge sur le ventre et il s'allonge sur moi. Nous irons ainsi jusqu'au bout, nos mains serrées l'une dans l'autre.

11h. Nous nous sentons épuisés. Il allume le ventilateur et l'air caresse nos peaux. Nous sommes bien. Nous ne disons presque rien. Soudain, on sonne à la porte. Nos coeurs accélèrent. Et si c'était Elle ? Déjà la dernière fois, alors qu'Elle ne rentre jamais le midi, nous avons appris le soir même que nous nous étions "ratés" de peu... Le sort s'acharnerait-il ? Nous nous précipitons hors du lit. J'enfile rapidement mes vêtements, me rattache les cheveux et enfourne ma petite culotte au fond de mon sac. Dans ce cas, je suis censée être là en réponse à une annonce pour la vente de son ordinateur portable... Mais il faut quand même que je sois un minimum présentable !!! Nous ne faisons pas un bruit et attendons quelques minutes. Plus rien. Plus un bruit. Un recommandé dans la boite aux lettres. C'était seulement le facteur...

Publié par Titinette à 15:34:44 dans Double je | Commentaires (5) |