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Double Je

La double vie d'une trentenaire qui se cherche encore

Une vraie gamine | 17 juin 2004

Dès mon retour, je ne peux m'empêcher de repenser à ces derniers et uniques instants d'intimité partagé avec ce guide. Une drôle d'impression. Comme s'il n'en avait qu'après mon c.. et en même temps, une sorte de solitude et un besoin de parler sous-jacent, un certain respect malgré tout car il n'a rien fait pour venir me chercher et ses mains auraient pu être bien plus audacieuses que ce qu'il s'est autorisé. Je crois aussi que je l'ai beaucoup surpris, destabilisé peut-être un peu aussi par mon attitude... Je repense à ce « à bientôt » que j'ai cru entendre. Je l'ai peut-être rêvé. Pourtant, ce ne serait pas si improbable que ça. Après ce tour, il avait 4 semaines sans boulot. Sa mère habite en France. Peut-être ira t'il la voir... Il a évoqué aussi durant le voyage un projet d'organiser des tours en France pour des Américains. Quoi qu'il en soit, même s'il vient rarement, il vient tout de même en France de temps à autre. Au moins une fois an je suppose. Des le soir même de notre retour, je n'ai pu m'empêcher de consulter ma messagerie. Et le lendemain. Et le surlendemain. Mais rien... J'attends comme une idiote, un signe de sa part. Je doute fort qu'il m'écrive. Mais pourquoi pas... J'aurais aimé avoir des échanges écrits avec lui. C'est quelqu'un de riche, qui a énormément à raconter...

Publié par Titinette à 18:39:05 dans Double je | Commentaires (7) |

Retour à la réalité | 17 juin 2004

De retour dans la chambre d'hôtel où mon mari m'attendait, je le trouve, allongé sur le lit, télécommande à la main, qui me lance sur un ton renfrogné un « t'étais où ? ». Je ne sais pas exactement combien de temps je suis partie. Au maximum une demi-heure je pense, mais je ne sais plus trop. J'argue que j'ai du attendre un peu à la réception, que j'ai fait un tour à la boutique de l'hôtel, que j'ai croisé une fille du groupe qui cherchait où poster ses cartes et que je l'y ai conduite etc... Mais je sens bien qu'il ne mord pas. Après réflexion, j'en viens à me demander s'il ne m'a pas, une fois de plus, espionnée. Et s'il n'était pas remonté tout de suite dans l'ascenseur ? S'il m'avait vu, téléphoner depuis la réception ? J'en suis presque certaine... Mais il ne dit rien. Nous nous baladons dans les rues, faisons notre shopping, rejoignons le couple avec qui nous avons bien sympathisé... Et puis c'est le départ. C'est le moment de donner nos enveloppes de pourboires. J'ai glissé dans celle du guide une carte signée avec mon adresse e-mail... Une bouteille d'eau à la mer, à l'océan... Direction l'aéroport. Le guide serre la main de tous les hommes, fait la bise à toutes les femmes. Je crois entendre, quand mon tour arrive, un « a bientôt ». Mais je ne suis pas sûre... Je lui souris. Je pars, presque sans me retourner. Le voyage est terminé. Le retour est difficile. On s'est encore engueulé avec mon homme juste avant d'entrer dans l'avion au sujet d'un document qui doit nous permettre de retirer nos billets de train à Paris et que nous ne retrouvons pas. Par dessus le marché, nous ne sommes pas placés à côté dans l'avion. Nous sommes mêmes très loin. Ce n'est pas plus mal. Je suis à nouveau sur les nerfs. Tout le groupe s'inquiète de nous voir dans cet état et séparés... Mais finalement, les 9h d'avion passent assez vite. Je ne dors pas une minute. Mon homme vient me voir au bout de 2h, moi et nos nouveaux copains, et discute avec nous comme si de rien n'était. On déduit que ce document doit être resté à San Francisco, dans les mains de l'hôtesse qui a enregistré nos bagages et qui n'avait pas l'air très douée. Il n'y a pas d'autres solution possible. On se calme un peu. Dans le train (nous avons du racheter des billets), il me lance parfois des regards noirs. Je me demande, si, à un moment ou un autre, il va se lancer. Mais toujours rien. Il ne dit rien. Une fois rentré, il me serre dans ses bras. Me dit que c'était bien. Que la vie ici risque de nous paraître fade pendant quelques temps maintenant. Je me retiens de ne pas répondre que je trouvais la vie ici déjà fade avant de partir et que ça ne pouvait pas être pire. Je lui souris. Je suis bien dans ses bras quand je sens enfin son amour se libérer un peu... Juste avant de s'endormir, à sa question « qu'est-ce qu'elle me dit ma Titinette ? ». Je lui réponds sans hésiter « je t'aime ».

Publié par Titinette à 18:06:03 dans Double je | Commentaires (0) |

Complètement timbrée | 17 juin 2004

Lundi 15 juin 2004. 9h00. San Francisco. Le voyage se termine. On part dans quelques heures. Et il ne s'est rien passé avec ce guide qui me plaît pourtant beaucoup. Mais les circonstances (voyage de noces, présence permanente de mon mari, contexte professionnel pour lui)... font que rien ne pouvait se passer de toute façon. Et pourtant... Je ne peux pas partir sans en avoir le cœur net... Après le petit-déjeuner et juste avant de repartir pour notre dernière virée shopping, je plante mon mari pour « aller acheter des timbres à la réception de l'hôtel ». Je demande le numéro de sa chambre sans savoir vraiment encore si j'irais le voir ou pas et là, la réceptionniste refuse de me le communiquer mais compose son numéro et me passe le combiné... Je suis affreusement gênée. Je ne sais plus trop quoi dire. Il me demande ce que je fais ce matin, je lui dis que nous allons faire un dernier tour en ville et que j'avais encore quelques cartes à poster. Je lui demande si « la poste est encore ouverte » puisque durant tout le voyage il nous a régulièrement approvisionné en timbres et il me répond : « bien sûr, tu es où ? » moi, « à la réception »... Lui «Ah... tu veux monter les chercher parce que là, je ne suis pas vraiment... » moi « visible ? », lui « oui, c'est ça... ». Il me donne le numéro de sa chambre et je le rejoins. Quand il ouvre la porte, j'ai presque envie d'exploser de rire. Je me retrouve confrontée a un cliché et je nous trouve ridicule. Il m'ouvre la porte, à moitié nu, une serviette autour de la taille pour seul vêtement. Là encore, nous tournons autour du pot... Je lui achète ces fameux timbres dont j'avais vraiment besoin, il me donne quelques adresses pour notre virée shopping et penchés ensemble sur un plan de San Francisco, il me vole, comme un enfant, un baiser sur la joue...Nous finissons par nous embrasser et je me dis que ça doit faire vraiment longtemps qu'il n'a pas donné dans le french kiss car sa langue reste introuvable...Intérieurement, cela me fait sourire. Mais cet homme, très seul en définitive, me parle, me parle de ces quelques jours, de sa gêne vis à vis de mon mari qui, dit-il, a bien remarqué quelque chose, de mes regards, de mon audace de ce matin qui l'étonnait, de mes seins qui le narguaient tout au long du voyage. Il les frôle de ses mains et me demande si mon homme sait que je suis là. Non bien sûr. « Quand dois-tu le retrouver ? ». « Tout de suite ». « Alors pars vite, sinon je te viole tout de suite, là, maintenant. C'est bien ça que tu es venue chercher hein ? ». J'embrasse une dernière fois ses lèvres et lui répond en sortant « non, ce n'est pas ça »...

Publié par Titinette à 17:38:16 dans Double je | Commentaires (2) |

Regards | 17 juin 2004

Chaque jour, à chaque occasion, je plante mon regard dans le sien. Nous échangeons quelques sourires. Mais je ne décèle plus rien. Je commence à me dire que je me suis bercée d'illusions et qu'il a discuté avec moi comme il devait le faire avec n'importe qui d'autre dans le cadre de son boulot, pour m'être agréable tout simplement, pour passer le temps éventuellement. Et pourtant, je ne crois pas vraiment à cette version. Mes regards sont de plus en plus insistants. Je cherche le plaisir des sous-entendus, des frôlements de peaux... J'effleure une fois sa main en montant dans le car... Mais rien. J'ai même l'impression qu'il m'évite presque. A chaque montée dans le car pourtant nos regards se croisent et on se sourit. Je ne sais plus sur quel pied danser... Si je dois arrêter ou continuer... Et puis, de temps à autre, on se croise un peu plus isolement du reste du groupe, et il en profite à chaque fois pour s'intéresser à moi, me poser une question... Un soir, alors que nous dînions, lui, comme à son habitude, à l'écart du groupe avec le chauffeur, je croise son regard à nouveau et là, je sais. Je sais que je ne me suis pas trompée. J'étais seule au buffet, personne du groupe devant ni derrière moi. Je traverse la pièce dans laquelle il dîne pour rejoindre les autres, dans la salle d'à côté et il ne me lâche pas des yeux, tête inclinée, sourire accroché à ses lèvres.... C'est un peu comme une victoire.

Publié par Titinette à 17:07:16 dans Double je | Commentaires (0) |

Mon guide | 17 juin 2004

Toutes les merveilleuses images qui me bercent le soir en m'endormant sont brouillées par Son image, son sourire. Je ne l'ai pourtant pas vraiment remarqué en arrivant. C'était lui notre guide, c'est tout. Je ne saurais pas dire vraiment à quel moment j'ai commencé à le regarder différemment. Peut-être à mi parcours, après notre très court passage dans la vallée de la mort, où, déçue de n'avoir pas vu ce que je voulais, je suis allée lui parler à l'avant du car, envoyée par mon mari qui voulait savoir si nous allions voir ou non de beaux et grands cactus. Nous avons commencé à discuter et j'ai été étonnée de l'entendre me poser autant de questions sur moi, mon age, mon signe astrologique, ce que je faisais dans la vie... Nous avons rapidement oublié les cactus pour nous raconter un peu, l'un à l'autre. A ce moment là, j'ai ressenti beaucoup de plaisir. Je me suis sentie revivre un peu, je retrouvais le sourire. Ce n'était rien, rien qu'une conversation anodine mais je ne sais pas, le courant passait bien me semblait-il. Et j'en étais heureuse. De retour à ma place, je n'ai pu effacer ce sourire béat et cette lumière dans les yeux qu'il venait d'allumer. Mon mari, qui veut toujours que je lui restitue toutes mes conversations, me demande ce qu'il a bien pu me raconter sur les cactus depuis une demi-heure et tous les autres me demandent ce que j'ai « appris » sur les Etats-Unis, le désert etc... J'avoue que nous avons parlé de choses et d'autres, de nous, de ses voyages, de sa vie, de la mienne... Et il comprend. En quelques secondes, que quelque chose s'est passé. Je sais qu'il a compris. Je détourne le regard. On passe à autre chose.

A partir de là,  je commence à regarder notre guide différemment. Assez bel homme, 45 ans mais au physique encore très jeune, sportif, mâchoire carrée, sourire enjôleur... Cultivé, grand voyageur qui a fait le tour du monde, français habitant depuis 17 ans aux Etats-Unis, marié à une américaine pendant 6 ans, divorcé, qui fuit aujourd'hui les américaines « même pour une nuit » nous a t'il raconté parmi ses anecdotes... Sans attache, à part sa mère qui vit toujours en France. Et un professionnel hors-pair, qui gère parfaitement le groupe, les visites, le rythme endiablé de ces 10 jours et organise même quelques pauses « kodak » lorsqu'on passe devant un paysage formidable sans avoir trop de temps à y consacrer non plus... Tout est chronométré. Un vrai chef d'orchestre.

Publié par Titinette à 16:36:07 dans Double je | Commentaires (0) |