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"I am alone, falling free, trying my best not to forget"

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Porque te miro y Muero | 15 mai 2008

Tout s'est déclanché rapidement, juste dans le fracas du livre, fermé brutalement, et laissé en travers de mon lit.

Tout était brouillé, regard creux. Je m'étais levée tard, mes gestes formulaient dans un automatisme effrayant tous les rien que je m'étais promise de terminer aujourd'hui même. Et j'agissais, en conséquence, m'éxécutant mollement.

Mon esprit n'était occupé que par son visage, le haïssant et le désirant, simultanément, prête à tout lui pardonner, l'enserrer puis le frapper, aussi fort qu'il m'ait tué, quelques jours auparavant.

Les lignes défilaient sous mes yeux mais je n'en saisissais pas le sens, les mots étaient vides et je tournais les pages, tout comme j'aurais pu les brûler. Ma tête avait tourné vers la fenêtre d'où je distinguais juste les résidus d'un chantier qui, probablement, ne serait jamais terminé. Je me suis levée, ai fait mon sac dans la précipitation, scellé mon livre puis fermé la porte.

Dans le bus qui m'emportait vers Madrid, j'étais lasse, la nausée persistante. Je regardais le paysage fantôme qui s'étendait de toute part, somnolante.

Mes cigarettes étaient d'un pâle secours alors, qu'attendant devant la porte de son immeuble, ses voisins m'observaient, intrigués. Assise, je me persuadais d'avoir été idiote de débarquer ainsi, sans prévenir. Tout en tranchant que c'était la seule chose censée dont j'avais été capable depuis bien longtemps.

Je l'ai alors vu arriver, de loin, le puzzle s'est reconstruit et alors j'ai su.

Pourquoi j'étais prête à lui laisser une seconde chance alors que je le haïssais – haïrai- toujours d'avoir eu un geste pareil envers moi, pourquoi j'étais monté dans ce bus, sur un coup de tête enfantin et irréfléchi, pourquoi j'étais. Ailleurs.

La chaleur était étouffante alors que nous nous dévisagions, que chacun tentait de percevoir ce que l'autre souhaitait exprimer. Que chacun formulait un imperceptible « Pourquoi ? ».

Nous ne parlions pas alors que nous montions les escaliers, alors qu'il fermait la porte, alors que nos lèvres se rapprochaient, alors qu'il quittait à la hâte mes vêtements, alors que nous nous empoignions, plus fort.

Le bourdonnement de la pluie sur le balcon était enivrant.

Alors que l'orage inévitable exploserait. D'un instant à l'autre.

Publié par LaRousse à 19:23:46 dans | Commentaires (4) |

True Love Way | 06 mai 2008

Il était tard, la nuit était encore opaque, le jour peinait à se lever mais nous savions pertinement, tous deux, que la soleil serait à son zénith dans quelques heures.

Tout comme la première nuit.

Les cris fusaient tandis que nous marchions, côte à côté, distanciés. L'alcool avait fait son oeuvre, tout se brouillait, j'étais bien, physiquement, l'esprit hurlait. Tu n'aurais jamais dû avoir ce geste, me soumettre, ainsi, au milieu de ces autres, inconnus, flous. Jamais tu n'aurais dû, et jamais plus tu ne poseras ta main sur moi, de cette façon primaire. Stupide. Les verres avaient été outranciers et je valdinguais entre les pavés, suivant le trottoir qui me rapellait où était le point de chute. J'aurais pu, dû pleurer, mais la violence des mots contrebalançait mes larmes. J'aurais voulu le frapper, concretiser la douleur me donnant la nausée, ou bien était-ce l'alcool, jeter, tout, en une même masse hideuse. Je clamais qu'il n'avait aucun droit sur moi, remettant tout en cause, je fermais les yeux, oubliant le sens de mes pas, visualisant la scène, ravalant les pleurs, le regardant, et mon coeur se soulevait tandis que je fumais une autre cigarette que nous ne partagerions pas. Il tentait de se justifier, en vain, j'observais le visage d'un autre, et le fleuve des mots était lasse. Alors que je m'écartais, il m'attrapait le bras afin de me raccrocher à lui, ses mains me brûlaient, les mêmes qui faisaient vaciller mon corps, ailleurs, auparavant. Nos chemins se séparaient, lui annonçant que je ne l'accueillerai chez moi, peu m'importait l'endroit où il dormirait, qu'il trouve un corps de substitution et un lit afin de demeurer cette nuit, rien n'était important. Mes talons avaient tournés alors que j'avançais, droite, dans la nuit étouffante et je savais qu'il me regarderait m'éloigner, et mes piètres lectures m'avaient apprise à ne jamais me retourner, quoi qu'il advienne.

Je marchais, sans penser, j'étais vide, cherchant furieusement une autre cigarette. Et alors que je m' évertuais à allumer ma dernière salvation, mon briquet restait impassible, sentant les larmes monter, m'écorchant les doigts, ravalant mes sanglots, j'éclatais, en silence, dans les rues désertes de Salamanque.

Publié par LaRousse à 02:41:18 dans | Commentaires (0) |

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