Assis là, son âme dans les mains
Il use la racine de ses ongles fatigués...
fatigués de chercher.
Assis là, sur ce sol presque mouillé de larmes alchoolisées,
Il souille son coeur séché...
Séché de ses pas las,
Trotine et trébuche jusqu'à tomber plus bas.
Ses cils s'abîment tant ils battent
Et s'abattent sur ses yeux seuls et salis
salis et trahis de son magique ami : L'idéal absolu.
Elle est là et s'agite
Elle l'imite.
Ecorchée vive mais bien vivante,
Elle tire le couvercle de leur vie pour le placer plus haut
Le touche, et retouche ses cils abîmés
Ignorants malheureux : ils sont aimés.
Publié par camomille à 09:45:34 dans Poêmes.. c'est comme ça que ça s'appelle | Commentaires (3) | Permaliens
extrait de Le livre du rire et de l'oubli de Kundera
"La domination du monde, comme on le sait, anges et démons se la partagent. Pourtant le bien du monde n'implique pas que les anges aient l'avantage sur les démons (comme je le croyais quand j'étais enfant), mais que les pouvoirs des uns et des autres soient à peu près en équilibre. S'il y a dans le monde trop de sens incontestable (le pouvoir des anges), l'homme succombe sous son poids. Si le monde perd tout son sens(le règne des démons), on ne peut pas vivre non plus.
(...)
Les choses soudain privées de leur sens supposé, provoque chez nous le rire. (ex: un marxiste formé à Moscou croit aux horoscopes)
(...)
Quand l'ange a entendu pour la première fois le rire du Mâlin, il en a été frappé de stupeur. CA se passait pendant un festin, la salle pleine de monde et les gens ont été gagné l'un après l'autre par le rire du diable, qui est horriblement contagieux. L'ange comprenait clairement que ce rire était dirigé contre Dieu et contre la dignité de son oeuvre. Il savait qu'il devait réagir vite, d'une manière ou d'une autre (...) ne pouvant rien inventer lui-même, il a singé son adversaire (...) mais en lui donnant un sens opposé: Tandis que le rire du diable désignait l'absurdité des choses, l'ange voulait au contraire se réjouir que tout fût ici-bas bien ordonné, sagement conçu, bon et plein de sens.
Ainsi, l'ange et le diable se faisaient face et, se montrant leur bouche ouverte, émettaient à peu près les mêmes sons, mais chacun exprimaiet par sa clameur des choses absolument contraires. Et le diable regardait rire l'ange, et il riait d'autant plus, d'autant mieux et d'autant plus franchement que l'ange qui riait était infiniment comique.
Un rire ridicule, c'est la débâcle. Pourtant, les anges ont quand même obtenu un résultat. Ils nous ont trompés avec une imposture sémantique. Pour désigner leur imitation du rire et du rire originel (celui du diable) il n'y a qu'un seul mot. Aujourd'hui on ne se rend même plus compte que la même manifestation extérieur recouvre deux attitudes intérieures absolument opposées. Il y a deux rires et nous n'avons pas de mot pour les désigner (les distinguer)
Publié par camomille à 12:52:24 dans C'est pas bête les livres... | Commentaires (1) | Permaliens
Si les gens aiment la passion, moi je la déteste, elle est vile et rend les gens faibles. Elle fait passer pour légitime des situations inadmissibles et fait accepter aux uns les comportements inacceptables des autres. Elle fait mal. Elle se fait passé pour quelque chose qui a de la valeur alors qu'elle n'est rien, puisqu'au contraire d'être fondée, méritée, au contraire de désirer de la perennité, elle est instinctive, abusive et éphémère.
Comment faire mon Dieu pour savoir ce qui est le mieux entre la raison et les sentiments ? La raison porte son nom ; elle a toujours raison, mais c'est toujours le coeur qui crie le plus fort.
C'est niais à lire quand on prend du recul.. mais sur le coup le souvenir que j'ai c'était que je ressentais exactement ces mots là.. avec autant d'amphase que de pathétisme..
Publié par camomille à 19:28:20 dans REMARQUES PERTINENTES (ou pas) | Commentaires (0) | Permaliens
Elle vient comme une envie d'aimer.
Petite d'abord, on sent bien le cocon qui se forme autour d'elle
Tout pour la protéger comme si elle avait des ailes
On le sent au de soi :
Il gonfle et s'ouvre : Elle se révèle
Elle vient comme une envie d'aimer.
Elle se nourrit de tout :
De toi, de moi,
de toi de toi de toi
Elle monte et monte :
D'abord au coeur, au fond de la gorge
Mélange de sueur, de sucre d'orge
Elle vient comme une envie d'aimer.
La pression monte, l'envie est là
Le papier devient Conte
Crayon petit soldat se laisse dicter..
Il apprend à Aimer.
La poetesse
Publié par camomille à 19:10:45 dans Poêmes.. c'est comme ça que ça s'appelle | Commentaires (0) | Permaliens
Tu es mon étranger..
Les yeux, les mains,
La bouche et touche et touche et communique..
Sans pouvoir ignorer que tu es étranger.
Tu es loin, je te sens, tu me sens, on s'entend et pourtant..
Comme un voile léger, transparent,
Il révèle l'essence inavoué :
Tu es un étranger.
Que nos coeurs aient la même mesure
Que nos rêves se mêlent
Que nos soupirs s'entre-choquent
La vérité :
Tu es Mon Etranger.
Publié par camomille à 19:05:39 dans Poêmes.. c'est comme ça que ça s'appelle | Commentaires (0) | Permaliens
" Il en est de nos jugements comme de nos montres ; aucune ne dit comme l'autre, mais chacun se fie à la sienne. "
A. Pope
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